
Résumé
Un loup et sa proie. Deux mondes que tout oppose. Quand Cassandra croise Andrew Morvan, le roi alpha impitoyable, l’attraction est immédiate, brutale, incontrôlable. Chaque regard devient une étincelle, chaque geste un jeu dangereux. Deux vies, deux forces opposées… puis un lien prêt à tout dévorer.
Chapitre 1
***Cassandra***
C’est un soir de pleine lune. Le ciel est beau, dégagé et plein d'étoiles mais je ne peux malheureusement pas le contempler. Je suis trop occupée à servir les clients. Tout respire le luxe et je sens le parfum des fleurs artificielles se mêler à celui des sols cirés de l’hôtel, les lumières scintillent partout et je me sens minuscule au milieu de ce luxe qui n’est pas le mien. C’est mon premier jour de travail et je dois donner l’impression que je maîtrise tout, alors que mes mains tremblent un peu sous l’appréhension. Mon téléphone vibre et je vois le nom de ma tante s’afficher. Je décroche, déjà tendue.
— Cassandra, ton futur mari t’attend déjà à la maison, dépêche-toi, dit Anne d’une voix glaciale.
Je sens mon cœur se serrer. Toute ma vie, on m’a élevée pour être vendue, vierge, à un millionnaire réputé pour sa violence, un veuf dont tout le monde murmure qu’il a assassiné sa précédente épouse. Je raccroche et m’éloigne un instant, laissant l’idée se former dans mon esprit comme un feu dangereux : plus de virginité, plus de mariage. Personne ne me possédera. Et sans réfléchir davantage, je décide que je coucherai avec le premier homme que je verrai en marchant le long du couloir de l’hôtel, peu importe s’il est fou ou handicapé, juste pour reprendre le contrôle de ma vie et brûler le plan que ma famille a tracé pour moi. Mon cœur bat fort, mon esprit bouillonne et l’adrénaline me pousse à avancer, prête à transformer ma peur en rébellion.
Je marche longtemps dans ce couloir qui semble ne jamais finir, mes pas résonnent doucement sur la moquette épaisse et mon cœur bat encore trop vite à cause de ma décision folle, mais je ne recule pas, pas maintenant, pas après tout ce que j’ai décidé. Arrivée au milieu, je tombe sur une collègue qui pousse un chariot rempli de plateaux, mais son visage est crispé par la douleur et elle se tient le ventre comme si elle allait s’effondrer d’une seconde à l’autre. Elle me voit et soupire de soulagement avant de me dire qu’elle doit livrer une commande à un client de la chambre 441 mais qu’elle n’en peut plus, qu’elle a trop mal, qu’elle a besoin que je prenne le relais. Je fronce les sourcils et je lui réponds que je ne sais même pas où se trouve cette chambre, mais elle balaye ma remarque d’un geste rapide en pointant vaguement le bout du couloir en disant que c’est la dernière porte, tout au fond, avant de tourner les talons et de partir presque en courant sans même attendre ma réponse, me laissant seule avec ce fichu chariot. Je soupire, agacée, parce que mon service est déjà terminé, parce que je voulais partir, mais je n’ai pas vraiment le choix alors j’attrape le chariot en râlant intérieurement et je me dirige vers le fond du couloir, là où les lumières semblent un peu plus tamisées, un peu plus étranges. Arrivée devant la porte, je frappe une fois, puis une deuxième, mais personne ne répond, pourtant j’entends du bruit à l’intérieur, un mouvement, quelque chose qui n’est pas normal. J’hésite une seconde, puis j’appuie doucement sur la poignée et la porte s’ouvre sans résistance, comme si elle avait été laissée volontairement ouverte, ce qui me fait penser à cette cliente du matin qui avait demandé qu’on dépose directement sa commande sans déranger. Alors j’entre, prudemment, poussant le chariot, et je commence à décharger les plateaux, posant les assiettes et les verres sur la table basse sans trop regarder autour de moi. C’est à ce moment-là que je sens une présence derrière moi et je me retourne brusquement pour tomber face à un homme torse nu, vêtu d’un simple pantalon, la peau encore mouillée comme s’il venait de sortir de la douche, mais quelque chose ne va pas, il a l’air mal en point, étrange, presque… dangereux. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine mais je m’avance quand même, malgré moi, et je lui demande s’il va bien, s’il a besoin d’aide, si je dois appeler quelqu’un, mais il ne répond pas, pas un mot, il reste là, silencieux, et son regard me donne une sensation bizarre, comme si je venais d’entrer dans quelque chose qui me dépasse complètement.
Je sens tout de suite que quelque chose ne va pas chez lui, son souffle est irrégulier, presque… animal, et ça me donne un frisson que je ne comprends pas vraiment, mais au lieu de reculer, j’avance encore, attirée malgré moi. Il lève une main vers moi, comme pour me repousser, et me demande de reculer d’une voix basse, instable, tout en titubant légèrement comme s’il luttait pour rester debout. Je fronce les sourcils et, fidèle à moi-même, je parle sans réfléchir, lui disant que je vais appeler de l’aide s’il ne va pas bien, que je ne peux pas le laisser dans cet état, mais je m’approche quand même, ignorant son avertissement. Et soudain, tout bascule. L’homme qui semblait à peine tenir debout m’empoigne avec une force brutale et me projette sur le lit sans effort. Mon cœur s’emballe et la panique me traverse, rapide, violente… puis elle se transforme en quelque chose d’autre, quelque chose que je viens à peine d’accepter. Je me rappelle. Ma décision. Ma fuite. Mon choix désespéré de reprendre le contrôle. J'ai juré de donner ma virginité au premier que verrai et il s'avère que c'est lui. Puisque le destin l'a décidé... qu'il en soit ainsi.
Il essaie de se redresser, comme s’il reprenait ses esprits, comme s’il voulait s’éloigner de moi, mais je ne le laisse pas faire. Je l’attrape et je l’embrasse, sans réfléchir, sans hésiter. Il me repousse immédiatement, surpris, presque choqué, mais je ne recule pas. Je le regarde droit dans les yeux et je lui dis que je sais ce que je fais, même si au fond, tout en moi tremble. Alors je l’embrasse encore. Cette fois, il ne recule pas. Au contraire, quelque chose en lui cède, quelque chose de brut, de sauvage, et il répond à mon baiser avec une intensité qui me coupe le souffle, une force qui n’a rien à voir avec l’homme fragile que j’ai vu quelques secondes plus tôt. Rien à voir avec l'homme qui titubait.
Le reste de la nuit se transforme en un tourbillon flou, intense, incontrôlable. Il n’y a plus de logique, plus de peur, juste cette énergie étrange entre nous, cette force qui me dépasse et qui semble le dépasser lui aussi. Et malgré ses moments de faiblesse, malgré son état étrange, il y a en lui une puissance brute, presque terrifiante, comme si je n’étais pas avec un homme ordinaire.
Quand tout se calme enfin, une pensée me traverse, lente, glaciale… peut-être que je n’ai pas choisi au hasard. Peut-être que je viens de franchir une limite dont je ne comprends pas encore les conséquences.
