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3

Ma Belle-mère et Moi

Episode 03

« Sans l’ironie, le monde serait comme une forêt sans oiseaux » : Anatole France

( Dariska Lissouk)

La grosse pendule accrochée au mur affiche six heures du matin. Je me suis levée du lit avec de grosses céphalées et une migraine épouvantable. Mon état de santé ne me permet malheureusement pas de bouger à ma guise, mais je dois absolument prendre la route de Matomb pour aller chercher ma belle grand-mère mama Mado,la grand-mère paternelle de Gérard.

Gérard veut absolument que tout se passe bien alors il a exigé que le chauffeur m’y accompagne et je lui ai strictement interdit de parler de ce plan à sa machiavélique de mère. Je me suis levée malgré tout et j’ai pris une douche bien froide pour retrouver des forces. Après un bon petit déjeuner bien copieux en compagnie de mon homme, il a pris la route de son bureau pendant que moi j’ai pris celle de la ville de Matomb. Mama Mado ne sait pas que j’arrive donc c’est une grande surprise et je prends bien soin de lui garder de nouveaux vêtements et quelques provisions de la ville, car selon moi, je passerai la nuit avec elle avant de reprendre le chemin retour pour Yaoundé le lendemain, espérant qu’elle acceptera me suivre.

-Prends bien soin de toi et fais attention à toi. Me dit Gérard en montant dans son véhicule pour la SOPECAM .

-Merci chéri. Je prendrais soin de moi. Répondis-je avant de monter sur le siège arrière.

C’est une grande première car je n’ai pas croisé Léna ce matin là. Gérard m’a fait comprendre qu’elle est sortie de bonne heure pour des courses avec son acolyte Eurielle. Certainement pour préparer le grand Gala de Samedi. Pendant tout le voyage, je ris intérieurement en pensant de ce fait à la tête que fera cette vielle mégère de Léna ,lorsque je ferai mon entrée théâtrale aux bras de mama Mado, elle piquera certainement une crise. Pure moment de gloire !! Me disais-je intérieurement. N’eurent été les embouteillages, c’est vers deux heures de l’après midi que nous sommes (mon chauffeur et moi ) arrivés dans la grande ville de Matomb. La porte de mama Mado est fermée elle est certainement au champ donc nous sommes restés dans la voiture,lorsque soudainement Emilie la fille mentalement atteinte nous a réveillés.

-Bonsoir, dit-elle en toquant sur l’une des portières.

-Bonsoir, répondis-je.

-Vous cherchez quelqu’un ? Nous demande-t-elle en ajustant son foulard qui tendait à tomber de sa tête.

-Oui, nous voulons rencontrer mama Mado.

-Elle est allée aider ma mère pour la récolte d’ignames. Néanmoins, vous pouvez l’attendre à notre domicile au lieu de rester dans votre véhicule,me dit Emilie.

Très hésitante nous avons répondu négativement, mais celle-ci insiste. J’ai un peu peur.Étant donné que mama Mado m’a un peu conté sa fameuse histoire la dernière fois.

-Elle ne rentrera qu’en soirée, a-t-elle rajouté en me tendant la main.

-Alors pourquoi pas ? Dis-je en sortant du véhicule.

Nous sommes descendus du véhicule y laissant toutes les provisions et nous avons empruntés les petits sentiers qui mènent au domicile d’Emilie, l’ex de Gérard. Une fois surplace, cette dernière nous a servis un bon plat du pays bassa « la sauce Mbomgo avec du macabo blanc » que mon chauffeur Duval et moi avons dégusté avec appétit. La panse bien pleine et fatiguée du voyage, je me suis allongée sur une banquette dans la cuisine et je me suis endormie sur-le-champ pour être réveillée par des gémissements provenant derrière la petite maisonnée. Je lève ma tête croyant sortir d’un mauvais rêve, mais mon regard à travers les trous tombe sur Duval, mon chauffeur, qui est entrain de coucher avec Emilie. J’ai crié et sursauté de mon lit la scène m’a laissé toute pensive. À quel moment ont-ils fait les présentations au point de se donner l’un à l’autre ? je me suis directement levée du lit et j’ai marché d’un pas pour les interrompre dans leur besogne.

-Oh oui, vas-y bel inconnu. S’écrie Emilie couchée sur des vielles lianes avec ses deux jambes grande ouvertes

-Oh yes, tu es bonne.Pourquoi les gens te prennent même pour une folle ? rajoute Duval.

Je ne peux m’empêcher de riposter.

-Mais mon ami je dis hein,je t’emmène à Matomb et toi tu viens pour sauter les filles ? On est ici pour prendre mama Mado toi tu viens pour t’amuser ? Qui te demande de coller cette fille ?

-Désolé madame, c’est elle qui me l’a demandé.

-Demander quoi ? lève toi de là, s’il te plait.

Il s’est relevé et a ajusté son pantalon pendant qu’Emilie se rhabillait. Puis, tous les trois sommes rentrés à l’intérieur de la grande case.Sans plus tarder, les femmes revenaient déjà des plantations. Emilie est sortie de la cuisine et a couru vers elles certainement mama Mado était parmi elles. Quelques minutes plus tard mon chauffeur et moi sommes donc allés à la rencontre de celles-ci et mama Mado s’est mise à me sourire lorsqu’elle m’a vue. Elle m’a prise dans ses bras comme toujours. Le contact de son corps me fait toujours un bien fou et je suis dès lors sûre et certaine qu’elle est celle qu’il me faut pour contrecarrer ma belle mère.

-Bonsoir mon enfant comment tu vas ? Me demande-t-elle en se défaisant de sa hôte bien lourde.

-Je vais bien maman, laisse-moi t’aider.

Je l’aide à se défaire pendant que Duval sort les provisions de la voiture et les installe dans la petite maison en terre battue.

J’ai rapidement remercié Emilie et je suis entrée dans la cuisine avec mama Mado.

-Tu as mangé?

-Oui nous avons mangé chez Emilie.

-Ah okay.Qu’est ce qui t’amène à Matomb ma fille ?

-Maman, j’aimerais que tu viennes vivre avec nous à Yaoundé. Toute seule, je ne peux pas m’en sortir avec Léna.Plus le temps passe, plus les choses s’enveniment et la situation devient implexe et incontrôlable .Cette femme est capable de m’hotter la vie.

-Dariska, tu sais que je n’ai jamais vécu hors de Matomb.Cette ville est mon âme.Je suis née et ai grandi ici, j’ai toute ma vie et mon histoire ici.

-Je sais maman, mais tu es déjà vielle tu as besoin de vivre dans un environnement sain et te reposer.

-Je ne connais personne là-bas.

-Mais avec le temps tu t’habitueras mami, s’il te plait tu dois m’aider.

-J’ai peur de Léna.Cette femme a tué mon mari.

-Ensemble nous allons la conquérir.

-Je ne veux pas encore mourir Dariska.

-Mais non mami ! Tu ne mourras pas tant que je suis encore en vie Dieu est avec nous.

-Que Dieu t’entende,mais je dois encore aider la maman d’Emilie dans ses récoltes. Il nous faut encore une semaine. Aussi j’aimerais venir ici une fois toutes les deux semaines pour voir mes amies et visiter mes plantations.

-Pas de problème mami.

-Ok d’accord. As-tu utilisé les herbes que je t’ai données la fois dernière ?

-Non ! On a fait un accident en rentrant et tout s’est malheureusement perdu.

-Ça c’est Léna. Elle a senti qu’il y’avait quelque chose.

-Mama, penses-tu vraiment que Léna soit à mesure de faire une chose pareille ?

-Mais bien-sûr mon enfant cette femme est capable de tuer. Crois moi sur parole

-Waouh !

-Tout compte fait, je dois comme je t’ai dit, aider la mère d’Emilie et ensuite tu pourras revenir me chercher ce weekend.

-Mais non mama Mado, je peux rester avec toi ici et renvoyer mon chauffeur Duval à Yaoundé.

Il reviendra nous récupérer toutes les deux Samedi.

-Ok d’accord, pas de souci.

J’ai fini de discuter avec elle et elle est allée prendre son bain.Je suis donc sortie pour demander à Duval de rentrer en ville.

-Duval ?

-Oui madame.

-Tu vas rentrer en ville moi je vais faire une semaine ici avec la maman et tu pourras revenir Samedi très tôt pour nous récupérer.

-D’accord madame et qu’est ce que je dis à monsieur ?

-Moi-même je me chargerai d’appeler monsieur.

-Okay.

-Vas-y avant la tombée de la nuit.

Il a démarré en tronche et est parti. Je pense que ce séjour chez mama Mado me fera un grand bien. Je me sens même plus à l’aise ici que chez mes propres parents qui ne m’écoutent jamais. Mama Mado m’a toujours tendu la main et aidé quand je me retrouvais dans les difficultés.

( Gérard Lissouk )

Pim Pim sonne mon combiné.

-Oui ?

-Monsieur Lissouk, une certaine Eurielle à la réception me dit ma secrétaire.

-Heuh, je ne l’attendais pas celle-là elle vient pourquoi ?

-Elle dit qu’elle vient chercher le chèque pour la soirée de Samedi.

-Okay faites la monter dans ce cas.

Je paris que c’est encore une machinerie parmi tant d’autres de madame ma mère pour que je me retrouve nez à nez avec cette femme.

Je range quelques documents éparpillés sur mon bureau, j’ajuste ma cravate et je parfume bien ma bouche.

La porte s’ouvre sur elle, elle porte une robe fine bretelle mauve, ses cheveux sont lâchés et tombent sur ses épaules carrées. Je la balaie du regard. Elle y répond en souriant, s’avance vers moi et me fait une bise.

-Bonjour Gérard.

-Bonjour Eurielle comment tu vas ? Lui demandé-je en lui montrant le sofa du doigt pour qu’elle s’asseye.

-Je vais bien et toi ?

-Ça peut aller. Je peux savoir ce qui t’amène ici ?

-Ta mère m’a demandé de venir récupérer le chèque pour les grandes courses.

-Ça pouvait attendre le soir non ?

-Et bien, je suis juste les ordres et les directives de ta maman.

-Je ne sais pas ce que tu manigances avec elle mais c’est peine perdue Eurielle.

Elle se lève de son fauteuil et vient se tenir devant moi.

-Ecoute, je ne suis pas là pour chercher quoi que ce soit.Je suis venue prendre le chèque, le reste ne m’intéresse pas.

-Oui c’est ça ? Je te connais très bien Eurielle, tu ne fais jamais rien pour rien. Plus manipulatrice que toi n’existe pas.

-Et pourquoi tu m’en veux encore depuis toutes ces années ? Pourquoi tu m’en veux tant Gérard ? Tu sais très bien qu’à l’époque ma mère ne voulait pas de notre union parce qu’elle disait que ta mère est une sorcière bien que celle-ci m’appréciait.

-Eurielle je t’ai aimée et tu le sais. Mais tu t’es bien foutu de moi donc s’il te plait prends le chèque pour la préparation du grand gala que maman et toi organisez et sors de mon bureau. Je suis marié et comblé au jour d’aujourd’hui. Rien à branler de ta personne. Et je te prie de ne plus traiter celle qui m’a mis au monde de sorcière.

Elle s’approche de moi et me regarde droit dans les yeux.

- Dis-moi que tu ne penses plus à moi Gérard ?

Elle agrippe ma ceinture de ses deux mains.

-Regarde-moi droit dans les yeux et dis-moi que Dariska te rend heureux ?

-………………………….

-C’est bien ce que je pensais ! Dit-elle en me tendant sa main pour que je lui donne le chèque que j’étais entrain de signer.

Être à coté d’elle me donne des frissons et je peux encore humer son parfum et me ressasser des souvenirs de tout ce qu’on a pu vivre elle et moi en France il ya plusieurs années.

-Tiens, lui tendis-je le billet.

-Merci Gérard !Me dit-elle en me dévorant du regard.Je peux avoir ton numéro au cas où il y’aurait une urgence ?

-Ma mère pourra t’appeler.

-Okay.C’est comme tu veux alors

Je me suis levé de mon fauteuil et je lui ai ouvert la porte.

Cette fille est belle et intelligente, je l’avoue. Par contre, j’ai l’impression qu’elle cache bien son jeu comme elle a fait à l’époque. Elle m’a mené en bateau en me faisant croire qu’elle avait fait une fausse couche et pourtant elle s’était faite avorter et jusqu’aujourd’hui je n’ai jamais vraiment su ce qui s’était réellement passé entre elle , ma mère et la sienne. J’aimerais bien savoir ce qu’elle mijote.

Je me remets au boulot et je reçois un appel de Dariska depuis Matomb.

-Allô ?

-Oui allô chéri.

-Comment tu vas ma belle tu as bien voyagé ?

-Oui,merci.Et toi, tout se passe bien au boulot ?

-Tout se passe bien mon bébé.Alors, que dit mama Mado ?

-Elle a accepté de venir vivre avec nous bébé.

-Wow ! Congratulations ma biche !Tu as réussi à la convaincre ? Waouh c’est bien ça ma chérie.

-Oui, mais je vais rester ici pendant toute cette semaine.

-Mais pourquoi ?

-Elle a des choses à faire avant de voyager.Donc j’ai décidé de l’attendre.

-Mais chérie tu sais que j’ai mon grand gala ce samedi et tu dois impérativement être là parce que tous mes collègues et amis seront là donc mon épouse doit être à mes cotés.J’ai besoin de toi ici Dariska.

-Mais je rentrerai à temps mon chéri.

-Je l’espère bien.Tu pouvais bien rentrer et repartir à Matomb samedi ou dimanche pour la chercher.

-Je sais chéri,mais j’ai aussi besoin de me changer les idées. Ta mère me rend malade tu sais.

-Okay c’est comme tu veux.

Je raccroche et je continue à travailler. Vers dix-huit heures, je reprends la route de la maison et grande est ma surprise de voir que madame ma mère a demandé à Eurielle de s’installer chez nous pendant la préparation du grand gala de Samedi.

-Maman, tu sais que tu ne dois pas prendre une décision pareille sans me demander au préalable.

-Je sais mon fils, mais j’ai besoin d’Eurielle ici dans cette maison plus que jamais.

-Oui mais je vis dans cette maison et c’est moi qui prends les décisions et non toi.

-En passant,où est ton écervelée de femme ?

-Ma femme n’est pas une écervelée maman.Elle s’appelle Dariska.Elle est chez ses parents.

-Que va-t-elle faire chez ses parents, pourtant une grande fête se prépare ici ?

-Elle voulait être avec les siens.

-Qu’elle y reste donc. Cette fille est une fainéante à souhait , elle finira comme sa pauvre mère qui vend les beignets sous le soleil.

-Maman, c’est de ma femme dont tu parles.

-Quelle femme ? elle peut tenir un foyer celle-là ? La preuve, c’est une autre femme qui prépare ta soirée pendant que madame joue au bébé à maman chez ses parents.

Je la laisse et j’évite de me prendre la tête avec elle.J’ai promis à Dariska de garder le secret et je ne dirai rien à ma mère. En allant dans ma chambre pour changer mes vêtements, je croise Eurielle qui sort de la chambre d’invités vêtue d’un pagne et d’un petit t-shirt qui tient à peine sur sa poitrine.

-Bonsoir Gérard. Me dit-elle sensuellement.

-Bonsoir.Je vois que tu as aménagé chez moi ?

-Ta mère me l’a demandé.

-Et tu as tout bêtement accepté?

-Mais non.Tu connais ta mère elle ne lâche pas l’affaire tant que tu n’exécutes pas.

-Eurielle ! Soupiré-je. Je ne sais pas ce que tu trafiques avec ma mère, mais je t’ai dit que j’aime ma femme plus que tout.

Elle s’approche de moi et me fixe droit dans les yeux.

-Je n’ai pas dit le contraire et je ne suis pas ici pour nuire à ton mariage, mais pour aider ta maman.Une fois que la fête sera terminée, je rentrerai tranquillement chez moi.Donc tu n’as pas a t’en faire.

-Si tu le dis.

Je monte et me change ensuite je vais àla gym.Je ne sais pas quoi faire de cette affaire.Si Dariska trouve Eurielle ici, ce sera un très grand problème vu que mama Mado doit séjourner dans la chambre d’invités où celle-là s’est déjà installée. Ma mère est vraiment un vrai casse-pied et je commence à croire que c’était une grosse erreur de la laisser vivre avec nous sous le même toit et il serait peut-être temps de lui trouver un appartement en ville.

Quelques jours plus tard

(Léna Lissouk )

-Tu es même comment comme ça Eurielle ? La fainéante de Dada-machin-truc n’est pas là avec son ventre vide et ses fesses qui sentent les « pipi ».Tu dors sous le même toit que Gérard, au lieu d’attaquer tu le regardes ?

-Maman, Gérard a été clair avec moi qu’il l’aime sa femme.Je ne veux pas de problème.

-Mais non ma fille ! Ah-ka toi aussi.Tu sais très bien que mon fils est un gros timide et qu’il ne fera jamais le premier pas. Au contraire, c’est toi qui devrait le faire.

-Okay je vais essayer.

-Voilà !Demain c’est la grande fête.Tu dois être à ses côtés comme sa crève-la-faim de femme ne veut pas jouer son rôle d’épouse.

-Okay. Maman, je verrai ce que je peux faire alors.

-Tu as intérêt à jouer toutes tes cartes.

-Okay.

Le gala se prépare très bien. Eurielle et moi avons déjà fait tout le nécessaire. Il ne reste plus que les services traiteurs. La cérémonie commence demain vers huit heures du soir et la maitresse de maison est porté disparue vraiment pff et on me dira que celle-là c’est une femme ? Ton mari aura une promotion et toi tu vas élire domicile chez tes parents du gros n’importe quoi vraiment. Je vais lui montrer que Gérard c’est d’abord mon fils avant d’être son soi-disant mari.Grosse poufiasse de son état qu’elle reste une fois là-bas

( Dariska Lissouk)

Des jours se sont écoulés et mon séjour à Matomb s’est vraiment bien déroulé. Mama Mado a rangé toutes ses affaires. Nous quittons ce soir, vu que demain c’est la grande cérémonie de Gérard et je dois être là pour jouer la charmante épouse.

-Tu es prête maman ?

-Oui je suis prête.

Duval mon chauffeur est arrivé ce matin, mais je lui ai dit de n’informer à personne. Gérard sait qu’on arrive plutôt demain matin.

C’est donc vers midi que nous quittons Matomb avec beaucoup de nostalgie. Mama Mado n’a jamais quitté ce village depuis 70 ans. C’est difficile pour elle de laisser toute son existence derrière elle et surtout pour aller cohabiter avec une sorcière comme Léna.

Vers 14 heures par-là, nous arrivons enfin dans mon domicile familial. Le chauffeur sort les bagages pendant que je prends mama Mado par la main pour l’aider à descendre du véhicule et entrer dans le grand portail. En entrant dans la pièce qui fait office de salon je tombe sur une Eurielle en babouche. Celle-ci se comporte carrément comme la femme de la maison.

-Bonsoir lui dis-je toute étonnée de la voir là . Que fais-tu ici, lui demandé -je d’un air surpris.

-Je suis là depuis mardi pour aider Léna.

-Aider Léna à faire quoi ?

-A préparer le Gala.

-Tu ne peux pas le faire étant chez toi ? Es-tu obligée de t’installer chez moi ? Mon Dieu !Ce n’est pas possible ça !

Je tiens mama Mado et je l’installe sur le canapé. Je vais lui chercher à boire dans la cuisine.Quand je reviens au salon, je trouve Léna débout.

-Dariska, tu joues à quoi ?

-Je n’ai pas de compte à te rendre. Tu oses aller porter cette fille pour qu’elle vienne séduire mon mari n’est ce pas ?

-Et de quel droit tu emmènes Madeleine Lissouk ici ?

-C’est moi qui décide qui doit vivre ici madame et toi Eurielle dégage tes effets de la chambre car ma grand-mère va dormir la dedans.

-Elle ne dégage rien. Remmène plutôt cette chose à Matomb. Elle n’a pas de place ici dans cette maison.Une villageoise comme ça !

-Cette chose comme tu le dis est la mère de ton défunt mari et la grand-mère de ton fils.Donc elle restera ici autant qu’elle le voudra.

Elle sort et prend son téléphone certainement pour appeler Gérard.Mais de quoi parle l’auteur ? Rien à cirer et celui de Gérard va me sentir. Il sait qu’Eurielle vit ici, mais il ne m’informe pas.

J’entre dans la chambre d’amis et je sors les valises ‘d’Eurielle. J’enlève les draps sur le lit et je demande à la ménagère de ranger la chambre.

-Je suis désolée Dariska.Moi je ne suis pas ici pour créer des problèmes entre ton mari et toi.Me dit Eurielle en ramassant ses valises que j’avais jetées au couloir.

-Ce n’est pas mon problème.Continue de t’allier à Léna.C’est Dieu qui va te traiter.Bande de sorcières comme ça.Va dormir avec elle dans sa chambre.

-Je rentre chez moi, j’étais là juste pour aider ta belle-mère rien d’autre.

-Fiche le camp Eurielle !Dégage de ma vue, s’il te plait !Tu penses prendre ma place dans cette maison ? Léna t’a menti ma chère.Tu vas devoir me tuer d’abord avant de t’accaparer mon mari.

Je cesse de discuter avec elle. Je range les effets de mama Mado, ensuite je vais à la cuisine lui faire à manger et ranger toutes les provisions qu’on a apportées de Matomb madame Léna s’y échauffe comme une braise

-Tu penses que tu as gagné Dariska, mais tu as déclenché la guerre et j’espère que tu pourras résister. Parce que moi Léna on ne manque pas de respect.

Je fais fi de ce qu’elle vient de dire je continue mes occupations. Mon séjour à Matomb avec mama Madeleine m’a redonné la force et l’énergie pour combattre cette pétasse et je suis décidée à reprendre les rênes de mon foyer. Trop bonne, trop conne quoi.

Le soir venu, Gérard rentre plutôt que d’habitude certainement parce que sa mère lui avait déjà fait un briefing de la situation.

-Bonsoir mon cœur me dit-il.

Je ne réponds pas et je sers juste à mama Mado la bouffe.

-Tu ne me réponds pas ? Après une semaine sans voir ton mari c’est cet accueil que tu me réserves ?

-Quand tu laissais Eurielle vivre ici en mon absence, tu t’attendais à quoi ? Tu laisses toujours ta mère faire comme bon lui semble dans notre foyer, mais je ne vais plus me laisser faire.

-Chérie, je voulais t’en parler.

-Mais ? Comme toujours tu as oublié n’est ce pas ?

-Ce n’est pas ça mon bébé.

Je le laisse là et je vais au salon.Eurielle est rentrée chez elle et madame la sorcière s’est enfermée dans sa chambre.

La soirée s’est bien déroulée. Gérard a un peu discuté avec sa grand-mère et celle-ci est allée se coucher.J’ai regardé un peu la Tv au salon ensuite j’ai rejoint mon époux au lit conjugal.La maison était bien décorée.J’avoue que madame Léna s’est bien battue dans l’organisation du Gala.

Vers trois heures du matin, j’entends des hurlements dans la maison provenant de la chambre d’amis où dormait la petite grand-mère.

J’ai essayé de réveiller Gérard pour le lui dire mais il dormait à poings fermés. Inquiète, je me suis levée et j’ai longé le couloir pour la chambre et c’est avec beaucoup d’amertume que j’ai trouvé Léna couchée carrément sur mama Mado entrain de taper sur cette dernière à l’aide d’une ceinture en fer. Cette femme est-elle vraiment normale ? Comment peux-tu taper sur une maman de 70 ans ? J’ai bondi sur elle et je l’ai tirée de toutes mes forces.

-Tu n’as pas honte Léna ? Tu n’as pas honte ? Ce n’est pas possible ça !

La bagarre a donc déclenché elle s’est mise à me tirer les cheveux pendant que mama Mado essayait de la griffer et la taper aussi. Les cris ont dû réveiller Gérard qui est arrivé en toute vitesse.

-Mais qu’est ce qui se passe encore ici ?

-Demande à ta mère ! Elle se lève en pleine nuit pour taper sur mama Mado.

-Elle ment Gérard. Ne la crois pas, c’est elle qui cherche les problèmes.

-J’en ai plus qu’assez de vous deux. Crie Gérard en se frottant les yeux. Je veux la paix.Bon sang !,À cette heure, je ne peux pas me reposer chez moi ? Maman, dès demain je te cherche un appartement en ville.Il faut que tu aies le chez toi, car ici c’est chez nous, Dariska et moi.

-C’est ce que tu dis mon fils ? Tu préfères cette menteuse à moi ? une mauviette comme ça ?

-Je ne préfère personne, mais trop c’est trop.Tu auras ta propre maison et nous la nôtre. ‘

Elle a jeté sa ceinture qu’elle tenait et est sortie de la chambre en courant pour je ne sais quelle direction. Mama Mado s’est recouchée tranquillement et moi j’ai regagné le lit. Le lendemain matin, elle n’était pas dans la chambre mais je sais juste que j’ai reçu un coup de fil de ma mère qui pleurait que son petit restaurant avait brûlé et que tout était calciné.

-C’est elle Dariska, c’est Léna qui a brûlé le restaurant de ta mère.Me dit mama Mado qui sort de la douche et qui m’a entendu.

-A quelle heure ? je lui demande

-Je ne suis pas sûre qu’elle ait dormi ici après la scène d’hier.

-Il ne faut pas encore tirer de conclusion hâtive, ça peut aussi être les gens du quartier, dit Gérard en ajustant son costume.

-Hum j’espère vraiment que ce n’est pas ta mère qui a fait brûler le restaurant de maman, parce que si c’est elle, ma mère ne la laissera pas tranquille.

Elle peut me maltraiter, m’humilier et me traiter de tous les noms sans que je ne réagisse, mais ma mère est tout le contraire de moi elle a juste signé son arrêt de mort. A la guerre comme à la guerre elle veut maintenant s’attaquer a la famille Fossi ? elle verra d’elle-même.

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