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Chapitre : 01

À toutes ces âmes séparées.

À toutes ces personnes qui ont vu leur amour voler en éclats.

À toutes celles et ceux qui ont été contraints d’épouser quelqu’un pour sauver l’honneur de leur famille.

À toutes ces personnes qui n’ont pas pu vivre leur amour à cause de leur milieu, de leurs choix imposés, de la vie.

Je vous dédie cette œuvre.

En la lisant, puissiez-vous puiser la force de ces deux âmes séparées qui ont fini par se retrouver.

Puisse Isabella vous permettre de vivre l’amour que vous n’avez pas pu vivre.

Puisse ce récit raviver l’espoir perdu, le courage éteint.

Car le véritable amour, lorsqu’il est sincère, rien ni personne ne peut le séparer.

Il trouve toujours son chemin.

Isabella et Liam l’ont prouvé à travers ces lignes.

Aventurez-vous dans cette histoire.

Vous vous y reconnaîtrez peut-être.

L'auteur.

***

  Ce matin-là, le soleil avait inondé toute la ville de ses rayons lumineux. Les passants se précipitaient pour se mettre à l’abri, tout comme les motocyclistes. Quant à ceux qui se déplaçaient en voiture, ils conduisaient avec calme et élégance, sans se presser.

  Au milieu de ce brouhaha intense, une jeune femme, casque sur les oreilles, dansait au rythme de la musique qu’elle écoutait. Elle était tellement plongée dans son univers qu’elle ne remarqua même pas qu’une voiture fonçait droit sur elle à vive allure.

  Le conducteur, un homme d’une quarantaine d’années, klaxonnait de toutes ses forces pour l’avertir du danger qui la guettait, mais elle ne réagissait pas. Les passants criaient, certains gesticulaient pour l’alerter, mais elle s’en moquait complètement.

  N’ayant plus le choix, le conducteur tenta de freiner, mais les freins semblaient avoir perdu toute efficacité. À quelques mètres de la jeune femme, il poussa un cri de panique. Soudain, un jeune homme surgit de nulle part et la poussa brusquement. Tous deux roulèrent sur le trottoir ; la jeune femme se retrouva allongée sur lui. Son casque, qui l’avait accompagnée dans sa bulle musicale, était brisé au sol, tout comme son téléphone portable.

  La voiture s’immobilisa enfin à quelques mètres de la scène. Si ce jeune homme n’était pas intervenu, la demoiselle y aurait laissé la vie.

  La jeune femme se redressa et fixa son sauveur. Leurs regards se croisèrent un instant. Leurs cœurs s’emballèrent, et c’était comme si le temps venait de s’arrêter.

- Vous n’avez rien ? demanda le jeune homme.

  La jeune femme ne répondit pas tout de suite. Elle se concentra sur ce beau visage qui la fixait, sur cet homme qui venait de lui éviter une mort soudaine.

- Je..., balbutia-t-elle en se redressant enfin.

  Les passants qui avaient assisté à la scène les entouraient déjà, ainsi que le conducteur.

- Merci, mon bon monsieur, vous m’avez sauvé la vie ! lança ce dernier, soulagé.

- Jeune demoiselle, ce n’est pas prudent de porter des écouteurs de cette manière, conseilla l’un des témoins.

  Les voix s’élevaient contre elle. Perdue dans le chaos, elle n’arrêtait pas de s’excuser.

- Je suis désolé, mais votre casque et votre téléphone sont endommagés, dit le jeune homme en les lui tendant.

- Je peux prendre en charge tout cela, proposa le conducteur en sortant son portefeuille.

- Non, stop ! intervint la jeune femme. Ce n’est pas la peine. J’ai été imprudente, et cela m’apprendra à être plus vigilante la prochaine fois.

- Laissez-moi au moins vous emmener à l’hôpital.

- Non, je n’ai rien. Vous pouvez demander...

  Elle s’interrompit brusquement. Son regard se posa sur le bras du jeune homme. Ses yeux descendirent lentement jusqu’à son avant-bras gauche : il saignait.

- Vous saignez ? demanda-t-elle.

- Ce n’est rien, répondit-il calmement.

  Elle saisit son bras pour examiner la blessure.

- Ce n’est qu’une égratignure, ne vous inquiétez pas pour moi.

- Je peux quand même vous accompagner à l’hôpital, vous le méritez après tout.

- Non, vraiment, ce n’est pas nécessaire. Ça va passer.

- Laissez-moi au moins vous donner quelque chose.

- C’est gentil, mais inutile.

  Le conducteur, rassuré que tout soit rentré dans l’ordre, remonta dans sa voiture et partit. Les curieux se dispersèrent peu à peu, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les deux jeunes gens.

- Je pense que je vais rentrer, dit le jeune homme.

- Si cela ne vous dérange pas, j’aimerais soigner votre blessure.

- Je vous ai déjà dit que ce n’était pas grand-chose, répondit-il avec un sourire. Merci de vous inquiéter pour moi.

- C’est plutôt moi qui devrais vous remercier. Puisque vous ne voulez pas de mon aide, je ne vais pas insister. Mais j’ai bien le droit de connaître le nom de mon sauveur, non ?

- Je m’appelle Liam, étudiant en ingénierie pétrolière.

- Moi, c’est Isabella, étudiante en marketing.

- Enchanté !

- Le plaisir est partagé.

- Bon, si vous le permettez, je vais y aller.

- Oui, bien sûr. Merci encore pour tout.

  Liam sourit et tourna le dos à Isabella. Debout, figée sur place, elle le suivait du regard. Sa démarche, son sourire, tout en lui lui semblait étrangement familier, comme si elle le connaissait depuis toujours. Elle resta ainsi jusqu’à ce qu’il disparaisse au coin de la rue.

- S’il n’était pas intervenu, je serais morte à l’heure qu’il est, murmura-t-elle.

  Elle sortit son téléphone : impossible de passer un appel.

- Je n’ai pas le choix, je vais devoir prendre un taxi.

  Un véhicule passait. Elle fit signe, et le chauffeur s’arrêta.

- Bonjour monsieur, je vais au district, deuxième rue, villa cinquantaine. 

- Cela fera cinquante dollars.

  Isabella ne discuta pas le prix. Elle ouvrit la portière arrière et s’installa. Le taxi démarra.

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