Bibliothèque
Français
Chapitres
Paramètres

Chapitre 2 : Un départ et un cheval

Puis, d’un pas mesuré, je traversa les longs couloirs du palais Seppun avant d’arriver aux écuries impériales. L’odeur du foin et du cuir flottant dans l’air, tandis que des palefreniers s’affairent autour des montures.

L’un d’eux, un jeune homme aux mains calleuses, releva la tête en me voyant approcher. Il s’inclina respectueusement.

- Seigneur Seppun, votre monture est prête. Une jument rapide et obéissante, sélectionnée selon les ordres de votre Sensei.

Devant moi, une jument au pelage blanc crème piaffait légèrement. Ses yeux sombres brillent d’une intelligence vive. On l’avait harnachée avec soin, une selle de cuir noir orné de motifs en fil d’argent marquant son appartenance à la Maison Seppun.

Elle se nomme Shirokaze, “Vent Blanc’" ajouta le palefrenier en caressant doucement l’encolure de l’animal. Un bon présage pour un shugenja de l’Air.

La route vers Kaigawa était longue et traversait des vallées isolées. Il me faudra chevaucher plusieurs jours avant d’atteindre ce village en proie aux murmures du vent.

Alors que j’ajustais le harnachement de Shirokaze, mon regard glissa un instant vers l’étui vide accroché à ma ceinture. Un symbole silencieux de ma maîtrise unique des arts spirituels : là où d’autres shugenja dépendaient de leurs rouleaux, moi, je portais les prières et les invocations gravées dans ma mémoire.

Tu sentis le souffle léger du vent effleurer mon visage, comme une promesse que les kamis de l’Air veillaient sur moi.

Je montais en selle avec fluidité, et dès que je pressais légèrement mes talons contre les flancs de Shirokaze, la jument s'élança sur le chemin de pierre menant hors du domaine Seppun.

Les vastes terres de l’Empire s’étendaient devant moi. Kaigawa se trouvait à plusieurs jours de chevauchée vers l’ouest, aux frontières des terres impériales. La route serait solitaire, ponctuée seulement par quelques villages et relais de voyage.

Alors que le palais Seppun disparu derrière moi, je ressentis une étrange sensation… Comme si quelque chose m’attendait déjà sur cette route.

J’inspirais profondément, laissant le vent caresser ma peau tandis que je plongeais dans un état de concentration. Les kamis de l’Air était partout autour de moi, invisibles mais toujours présents, soufflant à travers les feuilles, glissant sur le pelage de Shirokaze, s’entremêlant aux murmures du monde.

Je ferma les yeux un instant et prononça une prière silencieuse, un appel léger, respectueux. Pas une demande, mais une invitation.

Le vent se leva doucement autour de moi, et je ressentis une réponse subtile, comme si l’air lui-même portait un frisson d’attention. Les kamis acceptent ma demande.

Un courant d’air tourbillonna brièvement autour de Shirokaze, soulevant quelques brins de crinière blanche. La jument dressa légèrement les oreilles, et lorsqu’elle tourna la tête vers moi, je perçu quelque chose de différent dans son regard.

Un lien s’était établi. Une connexion au-delà des mots.

Je ne pouvais pas "entendre" ses pensées comme un échange clair, mais je ressentais ses impressions, ses instincts, ses émotions brutes.

Elle était curieuse de moi, mais elle savait déjà que j’étais digne d’elle. Elle n’avait aucune peur du voyage à venir, mais elle ressentait un léger malaise dans la direction de Kaigawa. Quelque chose n’était pas naturel là-bas. Elle m’acceptait comme cavalier, mais elle m’attendait aussi en tant qu’égal : elle ne voulai pas être simplement un moyen de transport, mais une compagne d’esprit.

Le lien était subtil, mais bien réel. Les kamis avait tissé un fil entre nous.

Désormais, je pourrais ressentir ses réactions plus clairement, et peut-être, à travers elle, percevoir ce que les esprits du vent murmuraient sur mon chemin.:

Alors que ma main glissait doucement sur l’encolure soyeuse de Shirokaze, je ressentis la tension subtile qui animait sa musculature. Elle n’était pas agitée, mais vigilante. Les kamis du vent continuaient de danser autour de nous, porteurs de murmures invisibles que seul mon esprit entraîné pouvait percevoir.

Dans une prière silencieuse, je remerciais les esprits pour leur bienveillance et leur guidance. Ne cherchant pas à leur demander plus, ils m’avaient déjà offert un lien précieux avec ma monture.

Shirokaze piaffa légèrement, relevant la tête avec une certaine fierté. Elle avait compris que je l'acceptais non comme un simple cheval, mais comme une alliée.

Le vent soufflait légèrement derrière moi, comme pour m’encourager à reprendre la route.

Je dirigeais Shirokaze sur le sentier menant à Kaigawa. La route serpentait à travers des collines vallonnées et longeait parfois des rizières dont les reflets argentés dansaient sous le soleil couchant.

Les premiers relais était encore loin, et je savais que le crépuscule tomberait avant que je ne croise un village.

Shirokaze perçu quelque chose. Par moments, je ressentais un frisson le long de son échine, un léger doute, comme si elle sentait un courant anormal dans l’air.

Rien ne semblait visible à l’œil nu, mais je savais que les kamis voyaient et ressentaient bien au-delà des mortels.

Je laissais les rênes légèrement lâches, permettant à Shirokaze de choisir sa route. Son instinct était plus affûté que le mien pour détecter un bon emplacement de campement.

Après quelques minutes à marcher hors du sentier, elle s’arrêta près d’un petit bosquet, à flanc de colline.

L’endroit était légèrement surélevé, offrant une bonne visibilité sur la route.Il était assez discret, caché par des arbres et un léger relief. Un ruisseau coulait non loin, permettant de s’abreuver sans aller trop loin.

Je descendis de selle et posa une main sur son flanc en signe de gratitude. Elle souffla doucement, signe qu’elle approuvait cet endroit.

J’installais mon bivouac simplement mais efficacement :

Téléchargez l'application maintenant pour recevoir la récompense
Scannez le code QR pour télécharger l'application Hinovel.