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5

Il avait posé ses deux mains sur la table (mon comptoir) et il nous regardait…

— Euh bonsoir, d’accord je vous sers.

Je suis allée le servir et j’ai continué ma discussion avec Rodrigue qui ne faisait qu’insister…

— Bon, donne-moi alors ton numéro s’il te plaît…

— Je n’ai pas de téléphone, je suis désolée.

Il faut avouer qu’il faisait déjà pitié. J’ai sorti le stylo que j'utilisais pour faire comptes et je lui ai donné pour qu’il y note son numéro et il l’a fait.

Ariel était là, en train de nous regarder sans rien dire.

Ce mec était naturel. J’avais du mal à croire qu’il était là, assis sur un tabouret en train de manger avec les autres.

Tout le monde a fini et est parti, mais lui il est resté et il m’a aidé à ranger les choses sans dire un mot. Il était trop mystérieux et très peu bavard.

— Merci beaucoup pour ce que tu fais.

Il n’a pas répondu. Il a regardé sur la table et il a pris mon petit sac qui était posé sur la table et il a sorti la feuille où il y avait le numéro de Rodrigue et il l'a déchiré.

— Qu’est-ce que vous faîtes?

Il s’est approché de moi tout doucement, en me fixant droit dans les yeux.

— Mon anniversaire c’est demain!

Il a sorti une invitation et il m’a donné puis, il s’est tourné pour partir.

— Et c’est aujourd’hui que vous me dîtes ça?

Quand j’ai dit ça, il s’est retourné vers moi et il a dit:

— Ça commence à 18h normalement mais comme tu es encore un bébé, viens plus tôt comme ça tu pourras rentrer tôt. Bonne soirée.

Je devais encore dire quoi? N’est-ce pas j’ai bien rangé l’invitation dans mon sac et je suis rentrée seule sans qu’il ne m’accompagne? En tout cas il n’était pas obligé de le faire.

Je positionnais déjà mon pousse-pousse pour pousser quand il est revenu.

— Euh, voici ton argent.

— Merci.

J’ai attendu qu’il soit loin pour compter et c’était 20.000f en plusieurs billets de 2000f. J’étais vraiment aux anges…

Et dire que j’avais même oublié qu’il n’avait pas payé? Et j’avoue que s’il ne l’avait pas fait, je ne lui aurais pas rappelé car j’étais prête à le faire manger gratuitement.

#Le_lendemain…

Ce que j’aimais bien c’était la liberté que j’avais. Mes parents me faisaient entièrement confiance à condition que je rentre avant une certaine heure et moi je faisais tout pour ne pas les décevoir. Je ne faisais pas de bêtises avec les hommes, je ne buvais pas, je ne fumais pas, et je n’étais même pas si délinquante que ça. C’est vrai qu’à l’école il m’arrivait toujours d’être dure mais ça avait baissé.

Nous étions donc le 24 décembre, le jour de son anniversaire. Je me suis levée tôt et je me suis préparée. J’ai mis mon pantalon jean, mon t-shirt et mes baskets que j’avais achetés pour la fête. J’ai pris la moto et je me suis arrêté au marché pour acheter un petit cadeau avant de prendre un taxi pour aller chez lui.

J’ai sonné et un homme en tenue a ouvert…

— Oui bonjour. Que puis-je faire pour vous?

— Euh je suis là pour l’anniversaire de Mr Ariel. Voici le billet d’invitation!

Je lui ai montré le billet mais il m’a regardée bizarrement comme pour dire « Celle-ci sort du village? ».

— Entrez!

— Merci bien!

Ô mon Dieu! Je n’avais jamais vu ce genre de maison dans la vie réelle. C’était le genre qu’on voyait seulement à la télé.

La cour était immense avec des gazons, des fleurs et des arbres. Il y avait des canapés dehors avec de gros parapluies au-dessus pour protéger en cas de pluie ou de forte chaleur.

C’était juste incroyable!

Je suis arrivée sur la véranda, je suis montée et j’ai sonné.

J’ai attendu pendant environ une minute avant de sonner encore et là j’ai entendu « J’arrive » et c’était la voix d’Ariel.

Il a ouvert la porte et j’ai failli m’évanouir.

Il était tout mouillé et il avait une serviette sur lui.

— ARIEL : Ah tu es déjà là? Bonjour!

J’étais allée chez lui un peu trop tôt. Il devait être environ 9h. Mais bon, c’est lui qui me l’avait demandé non?

— Euh oui je suis là. Je peux attendre ici dehors, le temps que vous finissiez si vous voulez!

— Je vois que tu m’as regardé, vas-y entre!

Je ne saurais trouver les mots exacts pour décrire ce que j’avais vu.

Déjà il faut savoir que c’était une maison à étages. Le salon était très grand. Il y’avait les plus beaux canapés que je n’avais vus de toute ma vie. Il y’avait un tapis rouge sur les ecacaliers qui menait sur le niveau du dessus.

La télé avait la taille du mur de la maison où je vivais. C’était juste magnifique!

Je suis entrée en marchant avec le bout de mes chaussures pour ne rien salir tellement tout brillait. À un moment donné, j’ai vu la moquette et j’ai eu le réflexe d’enlever mes chaussures.

— ARIEL : Pas besoin d’enlever les chaussures, t’inquiète!

J’avoue que j’ai souri dans mon cœur. Mes chaussettes étaient blanches certes mais pas assez blanches pour que je marche sur ce genre de moquette avec.

— D’accord.

Je me suis assise comme un condamné assis sur sa chaise d’électrocution tellement j’avais peur de faire un faux pas.

Ariel quant-à lui était là, debout en train de me regarder. Je me sentais gênée.

— ARIEL : Fais comme chez toi. Il y a la télécommande sur la table si tu veux visionner et il y a tout à la cuisine si tu veux manger. Je n’avais pas prévu que tu viendrais maintenant donc je n’ai rien préparé…

Je lui ai dit merci et j’ai attendu qu’il parte pour vraiment faire comme chez moi.

La télécommande était d’abord comme un désert plein de grains de maïs. Il y avait trop de boutons. Je ne savais pas sur quel point appuyer.

J’ai laissé et j’ai commencé à me balader partout pour chercher la cuisine: j’avais vraiment faim car je n’avais pas mangé avant de me rendre chez lui.

C’est au bout de plusieurs minutes que j’ai trouvé la cuisine. Elle était immense. Tout était propre. Je me suis demandée si sa copine et lui préparaient souvent.

J’ai pris les œufs au frigo et tout le reste pour faire un bon petit déjeuner.

La partie qui m’a achevée c’était la plaque de cuisson. Je savais qu’il fallait appuyer sur quel bouton? C’était d’abord écrit en anglais, ma bête noire!

J’ai commencé à crier « Mr Ariel » à haute voix mais personne n’a répondu.

« Bon, je vais faire comme si personne n’était là et je vais allumer la plaque. J’ai d’abord faim jusqu’à ». C’est la phrase que j’ai chuchotée dans mon cœur avant de me remettre au travail.

Je me suis placée devant la plaque et j’ai commencé à analyser tous les boutons. C’était toujours compliqué. Je me suis tournée pour partir et je me suis retrouvée face à Ariel. Ô son odeur! J’étais quand même petite par rapport à lui du coup ma tête était exactement en bas de sa poitrine. J’ai senti son cœur battre profondément et le mien aussi battait. J’ai senti une sensation incroyable, je me sentais tout simplement bien. Ça s’est passé tellement vite puis, je me suis reculée…

— Oups pardon, je suis désolée. Je n’ai pas su que vous étiez là.

— Si tu veux cuisiner, mets juste la poêle ou la marmite au feu. Ça va s’allumer, c’est automatique!

La honte!??‍♀️

— Et les boutons servent alors à quoi?

— Bah tu peux régler le nombre de minutes de la cuisson, tu peux décider la fréquence à laquelle tu aimerais que le feu chauffe. Il y a plusieurs fonctionnalités.

— Je peux régler le nombre de minutes? Donc si je comprends bien, je peux mettre par exemple un truc et je règle pour trente minutes et pars moi. Dès que trente minutes vont passer ça va s’éteindre? Waouh!

— ARIEL : Exactement! Euh on ne dit pas « truc ».

— D’accord grand!

— ARIEL : Et deuxièmement, tu saignes et la question que je me pose c’est est-ce que ça a touché le canapé aussi?

Mon cœur a failli descendre dans mon ventre. Donc depuis que j’étais sortie de chez moi je saignais? Est-ce que les gens avaient vu quand j’ai voulu prendre la moto? Quand je suis allée acheter son cadeau? Quand j’ai pris le taxi? Est-ce que le gardien avait vu sans rien dire? Était-ce la raison du regard qu’il avait lancé sur moi?

Si j’avais eu la possibilité de creuser un trou pour y entrer, je l’aurais fait sans hésiter.

Je n’ai rien dit. J’ai juste enlevé mon pull et j’ai attaché sur moi. Puis, je suis allée au salon pour voir si j’avais saigné sur son canapé et non, ce n’était pas le cas. J’ai soupiré et j’ai remercié Dieu dans mon cœur malgré que je ne le connaissais pas. J’appelais son nom chaque fois que je vivais une situation difficile, ou bien une bonne situation comme l’année où j’avais réussi mon BEPC et j’ai crié « merci Seigneur ».

Ariel était derrière moi.

— Il y a des chambres pour visiteurs là-haut avec une douche chacune. Choisis une chambre et nettoie toi. Je vais faire le petit déjeuner.

Ariel m’épatait de plus en plus en plus avec sa nature de caméléon. Il pouvait être gentil et autoritaire à la fois, toujours posé, objectif dans ses dires…

N’est-ce je suis montée? J’ai utilisé la première chambre que j’ai trouvée pour éviter de fouiller sa maison.

Même le deuxième niveau était tellement immense avec plusieurs espaces. J’étais vraiment dans la maison du gouverneur du pays.

La chambre était d’abord classe! Le lit était bien dressée. La télé était accrochée sur le mur. Seulement la télé de la chambre pouvait payer le loyer de la maison où je vivais pendant des années.

Je suis entrée dans la salle de bain et pour la première fois, j’ai vu une baignoire.

J’ai réussi à me doucher sans problème. Je n’ai pas galéré comme à la cuisine.

Quand j’ai fini, j’ai appelé Ariel car il n’y avait pas de serviette. Il est venu…

— ARIEL : Il y a une salle pour tout ce qui est lingerie. Je suis navré, j’ai oublié de te prévenir. Je t’ai trouvé une serviette quand même!

— Ce n’est pas grave. Posez-la alors sur le lit s’il vous plaît.

Je n’ai plus entendu sa voix. J’ai un peu guetté et je ne l’ai pas vu et la serviette était sur le lit. Je suis sortie et je me suis enroulée avec le plus vite possible.

Il y’avait un autre souci: Je j’avais ni graniture, ni de vêtement de rechange.

Une fois de plus, je l’ai rappelé mais, il n’a pas répondu.

Je suis descendue et je l’ai trouvé en bas en train de visionner. J’étais derrière lui quand j’ai dit ces mots:

— J’ai laissé les habits que j’ai enlevés dans la salle de bain. Je n’ai pas de serviette hygiénique, ni un vêtement de rechange.

Va dans la chambre qui est après le premier couloir et prends une de mes chemises pour mettre. Je vais aller te chercher de quoi de protéger, là-haut, dans la salle de lingerie.

Il a parlé sans même se tourner pour me regarder. Il a attendu que je parte pour aller chercher de quoi me protéger.

Je n’avais jamais vu une chambre aussi belle de toute ma vie. Elle était tellement propre et bien rangée. Il y avait une lumière bleue à l’intérieur: une couleur masculine quoi! L’armoire avait la taille de ma chambre celle de mes parents.

Heureusement que les habits étaient bien classés donc, j’ai pu trouver une chemise facilement et j’ai porté.

C’était comme une robe sur moi.

Une fois de plus au moment de sortir, je me suis retrouvée en face de lui. Il avait un tampon en main. Je n’avais jamais mis les tampons. J’utilisais seulement les granitures.

— Je vais aller mettre ça aux toilettes. Je ne peux pas le faire ici dans la chambre.

— Ne t’inquiète pas, vas-y!

Pour la première fois, il n’avait pas changé de sujet.

— Sortez alors pardon.

— ARIEL : Je comptais le faire mais avant, j’aimerais savoir si tu es vierge car ce que je t’ai donné pourrait te faire exagérément mal si tu l’es…

— Euh oui, je le suis mais même si j’ai une graniture, je ne vais pas pouvoir la mettre car j’ai lavé mon sous vêtement.

— Bon je sors! Fais l’effort de ne pas crier s’il te plaît.

Quand il est sorti, j’ai lu l’heure. C’est la douleur que vous voulez voir? J’ai crié et quand j’ai entendu ses pas devant la porte, je me suis levée et j’ai arrangé ma chemise ou plutôt sa chemise et je suis sortie.

Je l’ai croisé devant la porte et pour la première fois, je l’ai vu sourire.

— ARIEL : Ta démarche est drôle! Allez, le petit-déjeuner est prêt!

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