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— J’espère que tu as vraiment changé et que tu ne feras plus de mal à personne.

— Euh oui oui.

On était là, côte à côte en train de marcher et c’est lui qui poussait mon pousse. Je ne savais pas trop comment le définir. Des fois il était gentil, des fois non. Des fois il parlait, des fois non et quand même il parlait, c’était pour dire ce que lui voulait dire et non ce que moi je voulais forcément entendre.

Nous étions presque arrivés chez moi quand il a reçu un appel et comme j’étais près de lui, j’ai entendu la conversation.

— Allô?

— Oui chéri tu es où?

— Bah je serai là dans moins d’une heure.

— Mais tu étais censé être là depuis! C’est quand même l’anniversaire de ma mère!!!! Tout le monde est déjà là, sauf toi.

— Je suis désolé. J’ai eu un imprévu. Je serai là bientôt.

— D’accord chéri.

Au lieu d’arriver à temps à l’anniversaire de sa belle-mère, il avait décidé de s’arrêter quand il m’a vue. J’ai commencé à avoir des idées…

— Mais, vous étiez censé aller à l’anniversaire de votre belle-mère nor? Pourquoi est-ce que vous vous êtes arrêté?

Il s’est placé en face de moi…

— Merci pour le repas! Au revoir et bon retour!

Quelques semaines plus tard, c’était la rentrée.

C’était la rentrée scolaire et j’avais hâte de retrouver mes camarades et j’espérais être dans la même salle qu’eux, surtout Jessy et Patrick car ces deux gens étaient mes meilleurs amis.

On avait fait la seconde scientifique et on avait réussi pour la première scientifique.

Moi je devais être en première scientifique numéro deux mais je ne savais pas pour eux car on ne s’était plus revus depuis.

Je suis arrivée à l’école et c’était le grand rassemblement. Je suis allée me glisser dans la foule et quand on a fini, j’ai rejoins ma salle et j’ai vu Patrick et Jessy et d’autres personnes de l’année précédente qui avaient choisi la même série. J’étais tellement heureuse.

— Je ne vous ai pas vus dans les rangs!

— Jessy : Yoooo Kabé Kabéraaaaa! Nous sommes chanceux hein les amis!!!!

— En vrai!

Nos retrouvailles se sont très bien passés.

J’avais décidé de faire un effort sur mon style vestimentaire scolaire. Je me suis cousue une très belle tenue. Au début, je portais des baskets avec mais au fur et à mesure, je me suis retrouvée en train de mettre des ballerines au moins deux fois par semaine. L’argent que j’avais gagné pendant les vacances m’avait beaucoup aidé.

Ça faisait trois mois que je n’avais pas vu Ariel et pour être honnête, il me manquait tellement. Je l’avais entendu dire à son oncle que sa sœur allait continuer sa scolarité au collège. Mais, ça ne m’avait pas empêché de la chercher de temps en temps au lycée pour l’agacer un peu, question de revoir son frère.

C’était donc les congés de Noël et mes amis et moi avions décidé d’aller faire les courses.

Jessy était avec son copain et Patrick et moi sans personne. On était célibataires et pour être honnête, l’envie d’être en couple passait déjà dans ma tête mais c’était quelque chose que je n’avais jamais expérimenté. J’avais peur de ne pas assurer, je ne savais pas trop comment les couples fonctionnaient.

Nous sommes allés dans un grand magasin de vêtements. J’avais un budget de 60.000f et je comptais m’acheter un pantalon jean avec un bon basket, un t-shirt et quelques petites choses pour la maison.

Quand nous sommes entrés dans le magasin, j’ai failli pisser sur moi tellement tout était cher.

J’ai acheté un petit t-shirt et j’ai acheté l’okok dans un autre coin du marché, ainsi que tous les ingrédients et je suis rentrée. Les autres sont restés, question de visiter un peu.

Moi je voulais avoir beaucoup d’argent pour bien fêter. J’avais quand même dix-sept ans non? L’âge où on aime bien danser, être en compagnie de ses proches avant que le monde du travail ne vienne bouffer notre temps.

Le lendemain c’était dimanche. Durant la soirée, j’ai préparé mon pousse-pousse, les plats, etc.

Le jour suivant, je me suis réveillée très tôt et j’ai mis la marmite au feu.

Vers 9h, j’étais déjà au marché.

Beaucoup de gens y travaillaient car c’était les périodes de fêtes et quand on travaille beaucoup, on a faim et on mange. Donc j’étais sûre que j’allais tout vendre et j’ai tout vendu au bout de 5h. L’okok? L’un des plats préférés des camerounais!

Avant de rentrer chez moi, je suis passée dans une boutique acheter un pantalon car j’avais déjà le t-shirt.

Je suis rentrée chez moi toute joyeuse et j’ai dit à ma mère qu’elle ferait mieux de laisser les enfants chez la voisine de temps en temps pour s’y mettre aussi comme ça on aurait moins de souci d’argent. Elle est allée s’arranger avec la voisine et moi je suis restée avec mes frères et sœurs. Mon père était au travail.

Au retour de ma mère, je suis allée à la cuisine et j’ai fait un autre okok mais une toute petite quantité car maman avait déjà fait à manger et ce que j’étais en train de faire n’était pas pour les gens de chez moi mais pour Ariel.

Oui, j’avais décidé d’aller le voir.

Je ne savais pas trop ce qu’il allait dire ou penser. Est-ce qu’il allait se fâcher? Le fait d’aller chez lui sans le prévenir allait-il l’énerver?

J’avais peur! Peur qu’il pense du mal de moi avec ce geste; Qu’il pense que je l’aime ou que je suis facile bref… Beau-gosse comme il était, plusieurs filles couraient derrière lui et j’en étais consciente et je ne voulais pas qu’il me prenne pour ces filles folles.

À la dernière minute, j’ai changé d’avis et je suis restée à la maison de peur de me faire ridiculiser.

Quelques jours plus tard, j’étais au marché en train de vendre et ce jour, j’avais vendu en soirée comme j’avais l’habitude de faire. On était à deux jours du 25 décembre.

Pendant que les clients mangeaient, un s’est approché de moi.

— Est-ce qu’on peut parler s’il vous plaît! Moi c’est Rodrigue en passant.

— Bonsoir Rodrigue. Euh oui bien sûr!

— Merci. C’est quoi votre prénom? La meilleure vendeuse d’okok du marché.

— Haha merci. Je m’appelle Kabéra.

— Vous êtes très jolie!

C’était un homme de la vingtaine à peu près. Il n’était pas très beau, ni laid. Il était au milieu. Bref, il se battait quoi!

— En fait j’ai l’habitude de manger ici…

— Oui oui, je sais!

— Et je trouve que vous êtes une bonne personne. J’aimerais apprendre à vous connaître.

J’avoue que j’étais flattée mais pour être honnête, Je n’étais pas intéressée. Il était cool mais il n’y avait pas d’alchimie. Je ne voulais pas qu’il perde son temps donc, je lui ai dit que ça ne m’intéressait pas car dire à un homme qu’on veut aussi le connaître lui fait déjà voir à 50% qu’il vous aura…

Je n’avais jamais été en couple mais mes ami(e)s et ils avaient l’habitude de me raconter leurs histoires.

J’étais de l’autre côté de la table avec lui et on causait en se regardant. Tout d’un coup, j’ai entendu:

— Bonsoir, un plat s’il vous plaît!

Ô mon Dieu, c’était Ariel.

À suivre…

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