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Chapitre 2

L’homme me fixait toujours du regard sans s’en détacher.

– En fait, je suis un peu pressée parce que j’ai un autre cours tout à l’heure à quatorze heures, avouai-je avec tristesse.

– Cela voudra dire que c’est la raison pour laquelle tu m’as ignoré tout ce temps ? Et si je te donnais un coup de poing sur la tête, que vas-tu dire ? me cria-t-il d’une voix perçante.

Je pris peur et commençai à grelotter telle une poule mouillée d’une forte pluie.

Comment peut-il donner un coup de poing sur la tête de l’enfant d’autrui ? Restait-il encore des méchants de l’époque de Jésus-Christ sur cette terre ? songeai-je.

Ma copine, quant à elle, était pâle, silencieuse et me regardait. C’est alors qu’une pensée me hanta l’esprit et me chuchota de lui présenter mes excuses afin qu’il nous laisse passer.

– S’il vous plaît, ne me donnez pas de coup de poing sur la tête je vous en prie. Ma tête n’est pas assez dure pour supporter ce coup. Elle pourrait se fendre en deux, lui répondis-je révérencieusement.

En fait, lorsque j’étais encore très jeune, j’avais beaucoup peur. Je n’aimais pas qu’on me fasse du mal. Et c’est surtout la raison pour laquelle à l’école, jamais je ne me querellais.

– Bien, reprit-il après m’avoir longuement observée ; on dirait que tu sais déjà quelque chose de la raison pour laquelle je t’appelais et c’est pour cela que tu ne t’arrêtais pas, continua-t-il cette fois d’un ton un peu rassurant.

– Non, je n’en ai aucune idée ! lui répondis-je, sérieuse.

– Arrête de nier ! Je suis sûr que tu le savais, et c’est la raison pour laquelle tu faisais le paon. D’ailleurs, dis à ta copine de partir.

– De partir ? Elle ne peut pas. Elle est ma sœur et jamais elle ne peut rentrer à la maison sans moi sinon on sera toutes les deux punies.

– Ok, quelle classe fais-tu ?

– Je fais la sixième, lui mentis-je.

– Pour qui me prends-tu ? Pour une personne née de la dernière saison ou pour un amateur de thé ? commença-t-il par me gronder.

Mon Dieu ! Mais, d’où était sorti cet imbécile pour me faire si peur ? Pour qui se prend-t-il ? Et si je criais au secours, me laissera-t-il passer ?

Et Vanessa, pourquoi ne pouvait-elle pas dire quelque chose au moins pour me sauver de l’affaire ? Ou était-ce un plan établi entre eux deux ? Mille et une questions m’effleuraient l’esprit car, Vanessa et moi étions de meilleures amies et on se défendait presque tous les jours. Mais où lui était passé ce cœur de protection et de défense ? Va-t-elle se taire et on allait me faire du mal.

Or, la peur avait toujours été le plus grand défaut de ma camarade et je le savais moi-même.

– Tu ne réponds pas ou veux-tu que je t’arrache les cheveux avant que tu ne parles ? me demanda-t-il en sortant de sa poche une paire de ciseau.

Son regard était très dur. Je m’imaginais déjà dans une grande merde.

– Non, ne faites pas ça ; ne m’arrachez pas les cheveux je vous en supplie. Et toi Vanessa, tu ne dis rien ?

– Laisse-le on va partir ou bien c’est quoi la chose ? répartit ma copine.

L’inconnu fut vexé par cette phrase et voulait se rapprocher davantage de nous les deux. Que voulait-il nous faire ? Nous frapper ? Nous arracher nos cheveux ? Ou plutôt nous donner des coups de poing sur la tête ?

Et puisque Dieu est toujours vivant et n’abandonne jamais ceux qui l’implorent, mon père apparut avec sa grosse voiture. Il la gara puis ma copine et moi courûmes et la montâmes à bord.

Pendant que mon père reprenait chemin, j’ai jeté un coup d’œil par la vitre et ai aperçu le jeune homme debout en train de secouer incessamment la tête en guise de regret.

« Merci Seigneur » me dis-je tout bas.

Mais d’où sortait-il en réalité ? Pourquoi parmi toutes ces jeunes lycéennes qui passaient dans la rue, c’était plutôt moi que cet imbécile prenait pour cible et voulait faire du mal ? Pourquoi mes cheveux l’intéressaient aussi tant ? Et que lui ferais-je la prochaine fois quand il osera s’afficher sur mon trajet ? Crier au secours ? L’éviter ? Et que voulait-il au juste de moi ?

Un tas de questions me tourmentaient l’esprit lorsque tout à coup, nous atteignîmes le seuil de la maison de Vanessa. Sans plus attendre, Vanessa descendit du véhicule et nous fit au revoir d’un signe de la main.

Papa remit la vitesse encore et nous reprîmes le chemin de notre maison. Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes à la maison. Je descendis du véhicule que papa avait stationné dans la cour, sur les pavés triangulaires d’où poussaient quelques mauvaises herbes récalcitrantes.

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