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PDV de Mathieu

Ce matin, lorsque je suis arrivé au bureau, comme à mon habitude, j’ai salué tout le monde. Monica m’a interpellé quand je suis passé devant son bureau.

« Mathieu… Bonjour. » dit-elle avec des joues avec une teinte rosée.

Je sais qu’elle essaie de se rapprocher de moi dès qu’elle en a l’occasion. Elle est mignonne mais elle n’est pas du tout mon genre. Sans vouloir être méchant, elle s’habille trop vulgairement à mon goût avec des décolletés plongeants et des jupes qui ne cachent presque rien. Et puis, mon père ne l’approuverait définitivement pas. Il m’a certes laissé mon choix de carrière bien que je sois l’aîné de la fratrie, mais il ne me laissera pas faire honte à la famille qu’est la nôtre. Vous vous souvenez de Monsieur GAVINO que nous avons rencontré avec Maître VOLTER mercredi il y a quinze jours. Eh bien, c’est mon père ! Nous ne portons pas le même nom parce que je ne voulais pas que ma réussite en tant que qu’avocat soit dû au nom de mon père. Avant le début de mes études, j’ai décidé de prendre le nom de jeune de fille de ma mère et surtout de payer par mes propres moyens mes années à l’université. Ça ne lui a pas plu du tout au début comme vous pouvez l’imaginer de la part d’un PDG qui aurait voulu que je prenne sa suite. Le fait que je change de nom de famille a été la goutte d’eau pour lui les premiers jours mais il a fini par comprendre pourquoi je le fais. Je ne voulais surtout profiter de l’argent de mon père comme le font mon frère et ma sœur, ni de son influence. Donc, entre mon salaire au cabinet et les différents petits boulots que j’ai trouvé l’été dernier et que je poursuis les week-ends et les vacances scolaires, je devrais pouvoir payer mes cinq années de Master sans trop de soucis. Enfin, j’espère, sinon je piocherai dans mes économies.

« Bonjour Monica. Quoi de neuf ? Maître VOLTER est-elle déjà arrivée ? »

« Elle ne t’a pas prévenu, elle a eu une urgence médicale ce matin et c’est Maître COTTON qui m’a demandé d’annuler tous ses rendez-vous de la matinée à eux deux. »

« Elle n’a pas dû avoir le temps je suppose ! » commente-je un peu vexé qu’elle ne m’ait pas envoyé un SMS directement, mais rapidement remplacé par de l’inquiétude. « Est-ce que tu sais ce qu’il s’est passé au moins ? Est-ce qu’elle va bien ? »

« Aucune idée ! Mais cela ne doit pas être très grave puisqu’ils reviennent cet après-midi. »

« Oui, tu as raison ! Je vais en profiter pour traiter le dossier qu’elle m’a confié la semaine dernière. A plus. »

« D’accord à plus tard »

Elle m’offre un sourire qui ferait sans doute effet sur d’autres hommes mais pas moi. En entrant dans le bureau de Maître VOLTER, le parfum de roses fraîches envahit mes sens. Cela va peut-être vous paraître étrange mais depuis que mon père est venu au cabinet l’autre jour, je fais des rêves où nous sommes elle et moi les protagonistes du rêve. Avant je ne la voyais que comme ma patronne mais depuis qu’elle a dit qu’elle était plus en âge de sortir avec l’un des fils de mon père que lui, ma perception d’elle a changée pour devenir plus romantique. J’ai décidé de faire livrer des fleurs tous les lundis à Maître VOLTER anonymement pour le moment sans même un mot qui les accompagne. Je ne veux pas l’effrayer dès qu’elle verra mon nom sur la carte ou pire me faire virer !

* * *

A plusieurs heures de travail et de recherches sur le dossier, je suis prêt à remettre mes conclusions à Maître VOLTER quand elle reviendra. En attendant, il est l’heure d’aller déjeuner et je descends donc à la salle de pause au rez-de-chaussée.

* * *

En retournant vers le hall d’accueil, je vois arriver ma belle avocate avec toujours le même homme, Alexandre COTTON. Rien que l’idée qu’ils puissent avoir une relation en dehors du travail mon cœur se serre douloureusement, je balaie ce sentiment pour ne pas être jaloux inutilement parce que je n’en ai pas le droit.

« Bonjour Maîtres » salue-je en souriant.

« Bonjour Mathieu, vous savez, je vous l’ai déjà dit plusieurs fois que vous pouvez nous appeler par nos prénoms lorsque nous sommes simplement entre nous. » dit-elle avec un sourire radieux qui ne quitte pas son visage depuis qu’elle est arrivée il y a quelques minutes. Ce n’est pas habituelle de la voir comme ça depuis que je suis ici.

« Je sais mais je trouve ça inapproprié avec vous ! »

« Pourquoi ? Parce que nous sommes vos employeurs ! » demande-elle en montant les escaliers.

« Oui, il y a effectivement beaucoup de ça ! Je vous admire énormément, j’admire votre parcours professionnel, votre détermination à vouloir réussir dans un monde où la plupart de vos confrères sont des hommes, donc vous appelez par votre prénom me semble… » Je cherche le bon mot pendant que je les suis dans le couloir.

« Irrespectueux ? » questionne Maître COTTON à côté d’elle en me jetant un coup d’œil par-dessus son épaule.

« Oui exactement ! » annonce-je en rougissant légèrement.

« Eh bien, il n’y a pas besoin d’être aussi formelle entre nous quand il n’y a pas de clients à proximité » Elle informe avant d’ouvrir son bureau et de froncer les sourcils à la vue des roses mais son expression redevient joyeuse la seconde suivante.

Quelles jolies roses ! Aurais-tu un admirateur, ma belle ? » demande Maître COTTON.

Son ton n’est ni exaspéré ni jaloux, donc peut-être qu’ils sont juste proches ! Je ne peux m’empêcher de rougir plus profondément à la mention de l’admirateur dont il parle, mais les prochaines paroles de Maître VOLTER me font rougir encore plus mais de colère cette fois.

« C’est sans doute Monsieur GAVINO, il m’a demandé d’aller diner l’autre jour mais apparemment il n’a pas abandonné l’idée. »

‘Putain ! Comment elle peut en venir directement à la conclusion que ça vient de mon père ?’ pense-je en baissant la tête pour cacher ma réaction excessive.

« Je ne suis pas sûre que ça vienne de lui ! » affirme Maître COTTON et je relève la tête pour le voir me fixer avec des yeux de faucons, comme s’il savait déjà que ça vient de moi. Je rabaisse immédiatement la tête en sentant un réchauffement de mes oreilles jusqu’au bas de mon cou.

« Quoi ? »

« Rien ! Juste une supposition ! » dit-il en s’éloignant vers son bureau. « Cela va devenir de plus en plus intéressant dans les semaines à venir, Céline ! » poursuit-il avant de fermer la porte.

‘Je ne vois vraiment pas ce qui va devenir de plus en plus intéressant à l’avenir !’ De toute façon, je n’ai pas le temps de m’attarder sur toute cette histoire. Il faut que je présente mon travail à Maître VOLTER, ce que je ne tarde pas à faire.
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