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Chapitre 5: Nagnouma

**** Sous d'autres cieux****

*** Nagnouma Keita***

Non, Non, Non !

Je me réveille en sursaut, le regard perdu dans le vide et de grosses gouttes de sueur ruisselants sur mon corps. J’ai l’impression que mon cœur va s’arrêter et que le vent dans la chambre est insuffisant, je suis au bord de la suffocation.

Yaye : Encore des cauchemars ?

Moi : Oui, quand est ce que ça va s'arrêter Yaye?

Yaye : C’était le même cauchemar ou cette fois c’est différent ?

Moi : Le même à quelques détails près

Yaye [Me présentant la tisane] : Bois, ça te feras du bien

Moi : Yaye, cela fait une année que tu me fais boire ce truc amère mais que je continue de faire des cauchemars cas même.

Tu ne penses pas qu’on devra arrêter avec cette absurdité maintenant et chercher autre chose ?

Yaye; du genre?

Moi: Un psychologue

Yaye [Essayer de contrôler sa colère] : Cette absurdité comme tu le dis est la raison pour laquelle tu es encore vivante et en bonne santé, n’oublie pas.

- Si tu n’avais pas fait des bêtises nous ne serions pas là, et crois moi un psy ne te sera d'aucune utilité.

- Tu crois que ça m’amuse de devoir être à tes trousses tous les jours afin que cette chose ne finisse pas par te tuer ?

- Cette tisane est une recette légué de génération en génération depuis mon grand-père qui était ton arrière, arrière-grand-père.

Moi [Me faisant toute petite] : Pardon Yaye, je ne voulais pas t’offenser mais comprend que toute cette histoire me pourri la vie, tu ne me dis rien et pourtant tu me vois entrain de souffrir depuis une année.

- Snif, qu’ai-je fais pour mériter cette souffrance?

Yaye [compatissante] : Sois patiente, ce n’est plus pour longtemps. Le processus de guérison est déclenché.

- Sèche tes larmes ma petite puce, tu sais que je n'aime pas te voir dans cet état hein?

Moi [Essayant de me ressaisir]: Pourquoi tu ne me dis pas ce que j'ai,

Yaye : Je te dirai tout au moment opportun, tu dois dépasser cette phase. Et ensuite on verra

Moi : Je n’y comprends rien comme d’habitude mais bon, Tu peux dormir maintenant, c’est ton tour

Yaye : [Se couchant sur son lit] : Réveille-moi quand le soleil sera au Zenith

Moi : D’ accord, bon repos

Je me régale du petit déjeuné qu’a fait Yaye et profite pour aller prendre de l’eau au marigot et faire la lessive.

Après je pourrai préparer quelque chose à manger pour midi.

Le soleil venait de se lever, une autre journée commence.

Sur la route qui mène au marigot je peux entendre les oiseaux qui gazouillent, le bruit que font les arbres quand le vent souffle, le ruissellement de l’eau du marigot, l’air frais non polluée et la sensation de la terre humide.

Je peux aussi entendre le bêlements des moutons du voisin ou encore les braiements des ânes de transport.

Toutes ces choses font la beauté du village. Ces choses-là, nous ne les trouvons pas en ville, c’est pourquoi je trouve cette endroit magique, je suis dans mon élément ici et quand je suis ici, je peux me reposer, enfin sauf cette dernière année.

je respire un bon coup avant de rattacher mon pagne en le retroussant au niveau de la ceinture, ceci afin qu'il ne se salisse pas.

Ensuite je m' accroupi pour puiser l'eau du marigot avec ma calebasse et le verse dans mon seau

Je suis Nagnouma Kéita âgée de 29 ans. Je suis fille unique, mes parents sont décédés dans un accident de la route quand j’étais jeune, je n’avais alors que 8 ans.

J’ai été élevé par ma grande mère Yaye et mon grand père Balla. Yaye a 70 ans mais Balla est décédé il y’a une dizaine d’année.

Ma grande mère fut une belle femme dans son temps, rien qu’en regardant son allure, je le sais.

Malgré son âge elle a pu maintenir une bonne santé grasse à l’entretien et au sport qu’elle fait, quand je parle de sport il s'agit de tout le mouvement qu'elle fait pour régler elle même ses petites affaires.

Nous vivons dans un village à quelques kilomètres de Koutiala (L’un des cercles de la région de Sikasso, la troisième région du Mali).

Yaye a su être là pour moi, elle joue trois rôles en ce moment, le rôle de père, de mère et aussi de grande mère. [Rire].

Je ne suis certes pas sa seule petite fille, j’ai des cousins et cousines, mais je suis celle qui est resté le plus longtemps avec elle, donc elle a une affection particulière pour moi.

Je suis même jalousée par les autres petits-fils pour cela, mais ce qu’ils oublient c’est que je n’ai pas eu le choix.

Si mes parents étaient vivants peut être que je ne serais pas avec elle mais avec eux. Mais ne dis ton pas que ce que Dieu fait est toujours bon ?

C’était mon destin, c’était notre destin à Yaye et moi d’être ensemble de se consoler mutuellement et de chercher ensemble un sens à nos vies.

Yaye m’a épaulé pour que je puisse faire des études, des longues études tel que l’ont fait mes autres cousins et cousines.

Elle ne voulait pas que l'absence de mes parents soit un handicap soit un frein à mes études et à mon épanouissement.

Il eut des jours où je n’avais pas envie d’aller à l’école ni apprendre mes leçons mais elle trouvait toujours le moyen de me faire partir [Rire].

Avec le peu qu’elle avait et la petite fortune laissée par mes parents, j’ai pu poursuivre mes études dans de bonnes écoles.

Après avoir eu mon Baccalauréat je devais me rendre à la capitale pour poursuivre mes études.

Yaye appréhendais tellement mon départ à la capitale!

Au début je pensais qu’elle avait peur que la ville ait des impacts négatives sur moi, qu’elle avait peur de me voir seule dans un monde au quel je n’étais pas habitué et par-dessus tout qu’elle avait peur de faire la cuisine toute seule [Rire].

J’ai toujours trouvé qu’elle me surprotégeait, mais je comprenais son attitude, car j’ai perdu mes parents jeunes et je suis le seul souvenir qu’ils lui ont laissé en quittant ce monde.

Alors j’acceptais le fait qu’elle me surprotège, et qu’elle fasse de moi ce qu’elle veut.

Mais il y’avait autre chose, qu’elle ne me disait pas et je ne savais pas quoi en réalité tout ce que je sais c’est qu’elle ne cessait de répéter que je suis spéciale, mais en quoi étais je spéciale ?

Je me trouvais normale, comme toutes les filles de mon âge. Je n’y accordais pas d’importance et je me disais que la vieillesse la fait disjoncter souvent [Rire].

Il y’a douze ans, j’ai atterri à la ville, à l’époque j’avais 17 ans, jeune fille innocente avec un seul objectif, réussir ses études et devenir une grande personnalité du pays.

Quand je voyais les ministres et directeurs à la télé je disais toujours à Yaye, qu’un jour elle me verra aussi à la télé tout comme ces gens.

La justice a toujours été un domaine que j’ai aimé, je voulais être avocate ou juge car je trouvais qu’il y’avait trop d’injustice dans notre pays, surtout envers les femmes, donc chaque fois que j’étais témoins de ce genre de chose, je me disais, il faut que ça change.

C’est pourquoi le choix de ma filière n’a pas été difficile, ni au lycée ni à l’université.

J’ai été admise à la faculté des sciences juridiques de Bamako.

Les années scolaires je les passais pratiquement au campus, seuls quelques weekend je venais chez mon oncle (le grand frère de papa) qui était mon tuteur.

Pendant les vacances je retournais au village près de Yaye.

Après un cursus brillant de quatre années, j’ai obtenu une bourse d’étude pour me spécialiser dans l’une des grandes universités des états unis.

Ceci est un privilège que peu d’étudiant Maliens bénéficient et Yaye était aux anges de savoir que ses efforts ont portés leurs fruits.

Quatre années d’études et des stages dans des cabinets d’avocats réputés aux états unis m’ont permis d’avoir un doctorat en droit pénale international.

J’avais même eu des propositions d’emplois mais je voulais revenir au pays, car mon pays avait besoin des gens comme moi pour pouvoir se développer.

A mon retour au pays, j’ai été retenu par trois grands cabinets d’avocat de Bamako, j’ai dû faire mon choix en tenant compte de mes priorités et objectifs.

Après avoir emporté deux grandes affaires je me suis fait une renommée et un respect énorme dans le milieu, surtout lors du jugement d’un gros carpe de la nation.

Deux années de carrière et les portes commençait à s’ouvrir, j’étais sollicité même dans d’autres pays que le Mali. Ce n'est pas facile pour une femme de faire ce métier mais j'étais déterminée

J’avais pris mon appartement à dans un quartier proche du centre ville qui se nomme hippodrome.

Par moment, je faisais venir Yaye de temps en temps à Bamako pour qu’on soit que toutes les deux, comme je ne pouvais pas me déplacer désormais à cause de mon travail.

Mon chauffeur se chargeait d’aller la chercher en voiture 4x4 climatisé, nous mangions de très bons plats que nous préparions ensemble.

Cependant, Yaye refusait de s’installer définitivement avec moi.

Selon elle, elle était la gardienne de notre famille au village, et elle devait y rester afin que la maison soit protégée et que les esprits qui habitent la maison et qui protègent notre lignée ne s’en aillent.

Tout le long de ma vie, Yaye n’a pas cessé de parler de ces esprits, je ne sais pas s’ils existent vraiment mais elle y croyait et moi je respectais ses croyance.

Durant les quatre années que j'ai faite aux Etats Unis, Je m’étais fait des amis et aussi à Bamako.

Des nouvelles amis, différents de mon amie d’enfance qui est restée ici au village, elle s’est mariée et a trois enfants actuellement.

Si je n’avais pas fait d’étude, je serai surement dans les mêmes conditions qu’elle.

Je ne dis pas que se marier et avoir des enfants est mal, loin de là, c’est une bénédiction de pouvoir se marier et avoir sa propre famille.

Seulement, nous n’avons pas les mêmes objectifs et les mêmes rêves.

Je n’allais pas devenir cette grande avocate que suis, je n’allais pas voyager à travers le monde et réaliser le rêve que mes parents ont toujours eu pour moi.

Je suis fière d’être leur fille aujourd’hui, je suis fière d’être la petite fille de Yaye.

Malgré ce qui m’est arrivé et ce qui continue à m’arriver j’ose espérer sur un avenir plus meilleur que celui-là.

L'une des amies que je me suis faites aux USA s’appelle Fata. je dirai même que c'est la seule vraie amie que j'ai eu là-bas.

Fata se spécialisait en politique des affaires étrangères, elle était du genre pragmatique, contrairement à moi qui calculais tout et pesais toujours le pour et contre

Elle vivait l’instant présent, et rien d’autre, ce qui fait que... elle faisait ce qui lui chante et quand ça lui plait.

Les sorties, les histoires de copains ce n’était pas trop mon truc.

Ce n’est pas que je ne suis pas jolie, loin de là. J’ai un joli teint noir qui brille grâce aux beurre de karité que Yaye a l’habitude de me fabriquer. Je suis elancée avec une belle taille de guêpe.

Tout est proportionné chez moi, la poitrine, les fessiers. En tout cas, suffisants pour attirer les regards et les hommes.

je possède une très belle dentition me donnant un beau sourire.

Les hommes ne mettaient pas de temps avant de m’aborder seulement je rejetais tout le temps leurs avances.

J’avais eu un copain aux Etat unis, le seul copain d'ailleurs.

Un malien qui faisait la même université que moi, il était venu se spécialiser aussi, en criminologie.

Nous nous sommes connu lors de ma deuxième année, il venait d’arriver et avait besoin de certains renseignements sur l’université.

Nous nous sommes fréquentés pendant quelques mois avant qu’il ne puisse me déclaré sa flamme.

J’ai hésité longtemps avant de lui donner sa chance après une année de fréquentation. Il se passa ce qui devait se passer? Nous avons couchés ensemble.

Contre toute attente j’ai baissé la garde et nous avons fait l’amour un soir, c’était bien à mon avis, sauf qu’apparemment Siriman n’était pas du même avis que moi.

J’ai fait une erreur, j’ai merdé sur ce coup, je me suis fié à la mauvaise personne. Je l'ai su quand Siriman s’éloigna de moi petit à petit, de jour en jour.

Un mois après notre acte, nous avions rompu. J’avais mal au cœur, je me sentais trahie, abusé et tout ce qui va avec.

J’avais perdu mon honneur, ma virginité bêtement.

Je pleurais chaque jour que Dieu fait, et surtout avant de dormir quand j'étais seule dans mon lit.

J’étais bien parti pour une dépression, mais grâce à ma copine Fata, j’ai pu remonter la pente.

Elle est ce qu’elle est mais en amitié je n’ai pas connu plus sincère qu’elle.

Son coté femme trop indépendante me dérangeais au début, Fata n’hésitait pas à aborder un garçon, à coucher avec lui quand ça lui chante et à rompre quand ça lui chante.

J’ai été très surprise d’apprendre qu’elle s’est fiancé récemment, elle qui ne faisait pas six mois avec le même homme [Rire].

Je me suis adaptée à elle au fil du temps, et j’ai vu qu’au fond d’elle ce n’est pas une mauvaise personne mais que la vie avait fait d’elle une rebelle et une tête brûlée.

En tout cas elle était toujours là pour moi et me réconfortais quand j’avais la dalle, ce que j’appréciais beaucoup.

Elle avait eu une proposition d’emploi aux Etats unis donc y est resté pendant que moi j’étais pressé de rentrer au Mali, nous sommes restés en contact et nous le sommes toujours.

Nous discutons presque tous les jours de nos folies, du travail et j’en passe.

L’année passée, elle est rentrée au pays, pour ses vacances, à l’époque elle n’était pas encore fiancée. Je l’ai invité à venir passer un weekend avec moi dans mon appartement, ce qu’elle accepta volontiers.

Nous avons discuté du bon vieux temps de nos projets et de nos amours.

Enfin, des amours de Fata car après Siriman, je n’avais pas essayé d’avoir une histoire avec qui que ce soit, je me consacrais à mon travail et c’est tout.

Yaye me disait tout le temps d’être moins renfermée sinon les hommes auront peur de moi mais je ne l’écoutais pas.

Elle savait ce qui m’était arrivé aux Etats Unis, je dis tout à Yaye, c’est ma confidente.

Si je sais, c’est que Yaye sait aussi, je ne peux et je ne veux rien lui cacher.

Toute cette histoire a commencé il y’a une année, à cause d' un jeu stupide et irresponsable que j’ai eu à faire avec Fata.

un jeu vraiment stupide!

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