
Résumé
Il s'agit de l'amour inébranlable entre Fred, un homme en quête de vérité et Nelly, une femme qui incarne l'essence même de l'amour. À travers les épreuves et les ombres de la jalousie, Nelly brille par sa douceur et sa force. Le récit, écrit dans une prose poétique, peint la puissance des sentiments et la magie des rencontres. Chaque moment partagé résonne comme une mélodie intemporelle qui célèbre un amour éternel qui défie le temps. La promesse d'un amour infini est résumée dans la phrase poignante : "T’aimer, encore et encore, jusqu’à ce que l’éternité s’épuise."
Chapitre 1. Découverte
L’attente avait été insoutenable. Depuis que j’avais soumis ma candidature pour être rédacteur lors de la réunion de dialogue œcuménique au Burundi, je vivais dans un état de fébrilité constante. Chaque jour, plusieurs fois par heure, je rafraîchissais ma boîte mail, espérant y voir apparaître une réponse. Ce poste représentait bien plus qu’un simple travail pour moi : c’était une opportunité unique de contribuer à un projet d’unité, un moment rare où des hommes et des femmes de confessions différentes allaient se rencontrer, non pas pour débattre ou s’opposer, mais pour trouver des passerelles entre leurs croyances et bâtir ensemble une paix durable.
Trois jours s’étaient écoulés, trois jours d’impatience mêlée d’angoisse. Puis, ce matin-là, alors que le soleil perçait timidement à travers ma fenêtre, mon regard se posa sur l’écran de mon téléphone. Une notification. Un e-mail. Mon souffle se coupa l’espace d’un instant en lisant l’expéditeur : Père Gustavo. Mon cœur accéléra tandis que je cliquais sur le message.
Les premières lignes dissipèrent aussitôt mon anxiété. J’étais sélectionné. Une chaleur douce se répandit en moi, un mélange de soulagement et d’excitation. Mon esprit, jusque-là en proie au doute, s’emballa soudain à l’idée de ce qui m’attendait. Le Père Gustavo, supérieur de la congrégation franciscaine qui allait accueillir l’événement, m’annonçait officiellement que j’étais retenu comme rédacteur de la réunion. Il précisait que cette rencontre rassemblerait des prêtres, des pasteurs et des imams autour d’un même objectif : ouvrir un dialogue sincère entre les confessions pour apaiser les tensions et renforcer la fraternité entre les communautés religieuses.
En poursuivant ma lecture, je découvris un autre détail qui accéléra encore mon pouls. Le Père Gustavo indiquait qu’il allait m’envoyer une somme d’argent pour couvrir les frais de mon voyage, de Bukavu jusqu’à Bujumbura, la capitale burundaise. Une vague de reconnaissance m’envahit. Non seulement j’étais sélectionné, mais tout était mis en place pour que je puisse me rendre sur place sans encombre.
Je me levai d’un bond, traversé par une énergie nouvelle. Mon esprit se mit à calculer l’itinéraire. Le voyage ne serait pas de tout repos. De Bukavu à Bujumbura, il me faudrait emprunter des routes sinueuses, traverser des frontières, patienter aux postes de contrôle, supporter de longues heures de trajet en bus, parfois sur des chemins cahoteux. Mais rien de tout cela ne me décourageait. Au contraire, l’idée de ce périple ajoutait une dimension d’aventure à cette mission.
Je pouvais déjà m’imaginer : les gares routières bourdonnant d’activité, les conversations animées des passagers, le paysage défilant à travers la fenêtre, tantôt des collines verdoyantes, tantôt des plaines baignées de lumière. Et puis, l’arrivée à Bujumbura, cette ville au bord du lac Tanganyika, où m’attendrait sans doute une effervescence toute particulière à l’approche de l’événement.
Mais au-delà du voyage physique, c’était un autre voyage, plus profond, qui me fascinait. Celui du dialogue, de l’écoute, de la découverte des perspectives et des expériences de ceux qui, malgré des chemins de foi différents, cherchaient un terrain d’entente. Comment ces leaders religieux allaient-ils s’exprimer ? Quels seraient les points de convergence et les sujets de tension ? Comment allais-je retranscrire ces échanges avec fidélité et clarté, pour qu’ils servent de référence et peut-être, de guide pour d’autres initiatives similaires ?
Un frisson d’anticipation me parcourut. J’avais un rôle à jouer dans cette grande rencontre. Mon stylo, mon clavier, allaient être les instruments d’une mémoire collective en train de s’écrire. Je fermai les yeux un instant, laissant ces pensées m’envahir. Puis, inspirant profondément, je me promis d’être à la hauteur de cette responsabilité. Le voyage venait à peine de commencer.
Le jour du départ était enfin arrivé. Tôt le matin, alors que la brume enveloppait encore Bukavu, je me tenais sur le bord de la route principale, mon sac solidement accroché à l’épaule, attendant le bus qui devait m’emmener vers la frontière rwandaise, à Cyangugu. Le cœur battant, je laissais mon regard errer sur les silhouettes des marchands installant leurs étals, sur les motards klaxonnant à tout-va, sur les premiers rayons du soleil qui perçaient timidement le voile de l’aube.
Quand enfin le bus arriva, j’y montai avec empressement. À l’intérieur, l’air était chargé d’une odeur de poussière et de sueur mêlée à celle des épices et des fruits transportés par certains passagers. Je pris place près d’une fenêtre, désireux d’observer chaque détail du paysage qui défilerait tout au long du trajet.
Le moteur gronda, et bientôt, Bukavu s’éloigna derrière moi. La route serpentait à travers des collines verdoyantes, bordées de champs de thé et de bananeraies. La beauté du Kivu s’offrait à moi dans toute sa splendeur, entre montagnes embrumées et eaux scintillantes du lac qui apparaissaient par instants au détour des virages.
À mesure que nous approchions de Cyangugu, la frontière se dessinait à l’horizon. L’effervescence des lieux me frappa immédiatement : des files de véhicules, des piétons chargés de marchandises, des agents en uniforme s’activant pour contrôler les papiers. Mon tour arriva. Je descendis du bus, passa les contrôles sans encombre, et quelques formalités plus tard, je me retrouvai de l’autre côté, sur le sol rwandais.
Cyangugu avait une atmosphère différente. Plus ordonnée, plus calme aussi. Je pris un autre bus, direction Kamanyola, de l’autre côté de la frontière congolaise. Le trajet fut court, mais intense. La route longeait les rives du lac Kivu, offrant un panorama à couper le souffle. Des pêcheurs s’activaient sur leurs pirogues, lançant leurs filets avec des gestes précis et ancestraux.
Mais l’instant de contemplation fut vite remplacé par l’agitation du poste-frontière de Kamanyola. Cette fois, l’ambiance était plus tendue. Des militaires congolais patrouillaient, scrutant chaque mouvement. Les voyageurs défilaient un à un devant les agents d’immigration, certains discutant à voix basse, d’autres visiblement pressés d’en finir avec les formalités.
Mon tour vint. Je présentai mon passeport et mes documents de voyage. L’agent les examina en silence, leva les yeux vers moi, puis apposa un tampon avant de me faire signe de passer. Un soupir de soulagement m’échappa.
De l’autre côté de la barrière, le voyage continuait. Kamanyola m’accueillait avec son tumulte habituel : des vendeuses de fruits installées sous de grands parasols, des camions chargés de sacs de farine et de bidons d’huile, des motos zigzaguant entre les passants. Je savais que la route était encore longue jusqu’à Bujumbura, mais en cet instant précis, j’étais pleinement plongé dans l’instant, savourant chaque étape de ce périple qui me menait vers une mission bien plus grande que moi.
Le tumulte de Kamanyola bourdonnait encore à mes oreilles lorsque je trouvai enfin un taxi-bus en direction d’Uvira. Le véhicule, un minibus fatigué par les années, était déjà bondé de passagers serrés les uns contre les autres. Je me faufilai à l’intérieur, me retrouvant coincé entre un vieil homme en boubou traditionnel et une jeune femme portant un nourrisson endormi contre sa poitrine. L’odeur du carburant, mêlée à celle de la sueur et de quelques fruits trop mûrs transportés par des passagers, imprégnait l’habitacle.
Le moteur toussota, puis, dans un sursaut métallique, le bus se mit en mouvement. La route de Kamanyola à Uvira serpentait entre des plaines arides et des collines verdoyantes. Par moments, nous croisions des bergers poussant leurs troupeaux, des cultivateurs courbés sur leurs champs de manioc, et parfois même des enfants qui couraient le long de la route en riant, agitant la main pour saluer notre passage.
Lorsque nous atteignîmes Mulongwe, un petit village en périphérie d’Uvira, le chauffeur s’arrêta brusquement. Il descendit pour négocier avec un groupe de jeunes qui semblaient gérer un point de contrôle improvisé. À travers la fenêtre, j’observais les alentours. Mulongwe était un point de passage important, à quelques kilomètres seulement d’Uvira, et son marché grouillait de commerçants vendant du poisson séché, du riz et des légumes sous des parasols de fortune.
Après quelques minutes de négociation, le chauffeur remonta, et nous poursuivîmes la route jusqu’à Uvira. Là, je dus descendre et chercher un autre moyen de transport pour rejoindre Bujumbura. Le soleil tapait fort lorsque je me dirigeai vers la gare routière. Uvira, avec ses rues poussiéreuses et son agitation constante, dégageait une énergie particulière. Le lac Tanganyika s’étendait majestueusement sur le côté, ses eaux miroitant sous la lumière intense de l’après-midi.
Je trouvai finalement un bus reliant Uvira à Bujumbura. Contrairement au précédent, celui-ci était plus confortable, bien que toujours surchargé. Je pris place près d’une fenêtre, appréciant la brise qui venait atténuer la chaleur accablante. Le trajet jusqu’à la frontière burundaise fut relativement fluide, bien que la route, par endroits, devienne cahoteuse.
L’arrivée à la frontière entre la RDC et le Burundi marqua une autre étape cruciale du voyage. À Gatumba, le poste-frontière burundais, l’atmosphère était plus ordonnée qu’aux précédents contrôles. Les douaniers vérifièrent minutieusement mon passeport et mes documents avant de me laisser passer. Une fois sur le sol burundais, le paysage changea légèrement : les routes étaient mieux entretenues, et l’architecture des maisons témoignait d’une influence légèrement différente.
Le bus reprit sa route, longeant le lac Tanganyika dont la surface scintillait sous les derniers rayons du soleil. Les rives étaient bordées de palmiers et de petits villages de pêcheurs. À mesure que nous approchions de Bujumbura, la circulation se densifiait. Des motos zigzaguaient entre les voitures, des vendeurs ambulants proposaient de l’eau fraîche et des collations aux passagers coincés dans les embouteillages.
Enfin, après des heures de voyage, le bus entra dans la ville. Bujumbura s’étendait devant moi, vibrante et animée. Les larges avenues bordées d’arbres, les marchés bruyants, les terrasses de cafés où les gens discutaient autour d’un thé ou d’une Primus... Tout indiquait que j’étais enfin arrivé.
Je descendis du bus, étirant mes jambes engourdies par le long trajet. Un vent léger venu du lac apporta une fraîcheur bienvenue. J’étais à Bujumbura. La réunion œcuménique approchait, et avec elle, la mission qui m’attendait. Mais pour l’instant, je voulais juste savourer ce moment : celui de l’arrivée après un voyage aussi éprouvant qu’enrichissant.
