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Les nœuds de vérité

Le premier réflexe de Lys fut de vouloir retirer sa main de celle de Kael.

Le contact brûlait. Pas à cause de sa peau — elle était fraîche, presque froide — mais à cause du fil rouge qui s’était resserré autour d’eux au moment même où Maestra Deren apparaissait en haut des marches.

Elle réussit à dégager ses doigts, mais la sensation de lien resta. Le fil rouge ne se souciait pas de leurs gestes visibles.

— Maestra… commença-t-elle.

— Silence, Lys, dit Deren sans élever la voix.

C’était pire que des cris. Les runes tatouées sur ses tempes s’étaient mises à luire d’un bleu dur, presque blanc. L’air autour d’elle vibrait comme au-dessus d’une forge.

Kael, lui, ne bougeait pas. Il se contentait de la regarder, calmement, comme on regarde une vague approcher en sachant qu’on ne pourra pas l’éviter.

— Vous êtes en territoire de l’Académie, jeune homme, reprit Deren en descendant lentement les marches. Toute intrusion non déclarée est passible d’un interrogatoire officiel.

Elle s’arrêta à quelques pas d’eux.

— Nom ?

Kael inclina légèrement la tête, comme s’il saluait une souveraine.

— Kael suffit, Maestra.

— Je ne t’ai pas demandé ce qui « suffit », répliqua-t-elle sèchement. Je t’ai demandé ton nom.

Un silence tomba. Lys sentit la tension augmenter, comme si les fils eux-mêmes retenaient leur souffle.

— Les noms complets ont du pouvoir, dit tranquillement Kael. Vous le savez mieux que moi. Vous ne voudriez tout de même pas qu’on commence cette conversation sous le signe de la contrainte, n’est-ce pas ?

Les lèvres de Deren se pincèrent.

— Insolent, murmura-t-elle.

Ses yeux se posèrent sur Lys.

— Tu le connais depuis combien de temps ?

Lys sentit le piège. La vraie question n’était pas « depuis combien de temps », mais « jusqu’où es-tu impliquée ».

— Je l’ai rencontré hier soir, sur la passerelle haute, répondit-elle, la voix un peu rauque. Par hasard.

— Par hasard, répéta Deren, comme si elle goûtait les mots. Et, « par hasard », tu te retrouves aujourd’hui à échanger des confidences avec lui devant les portes de l’Académie, alors que tu viens tout juste d’affirmer qu’il n’y avait aucun changement notable dans les fils de la ville.

La honte lui monta au visage, brûlante.

Kael prit la parole avant qu’elle ne puisse répondre.

— Ce n’est pas entièrement sa faute, dit-il. Si vous cherchez un coupable, Maestra, c’est plutôt de mon côté qu’il faut regarder.

— Je n’ai pas encore parlé de « coupable », répliqua Deren. Mais je peux sentir, même sans voir comme elle le fait, que quelque chose cloche ici.

Elle fit un léger geste de la main. Les runes de la porte derrière eux s’allumèrent, dessinant un verrou lumineux.

— Personne ne sort, personne ne rentre tant que je n’ai pas compris ce qui se passe.

Lys regarda les glyphes se souder en une trame serrée. C’était un sort de confinement classique, mais exécuté avec une précision qui lui rappela pourquoi Deren était Maestra.

— Maestra, tenta Lys, je peux expliquer…

— Je l’espère bien, coupa Deren. Commençons par le plus simple. Que vois-tu en ce moment, Lys ?

Le cœur de la jeune Tisseuse accéléra.

— Les… fils ?

— Oui. Ici. Maintenant. Entre toi, ce… Kael, et la ville. Décris.

Lys hésita. Dire la vérité revenait à avouer qu’elle avait menti plus tôt. Mais inventer maintenant serait pire.

Elle ferma les yeux.

Le monde bascula dans sa vision.

Les fils étaient d’une densité presque suffocante autour de Deren, comme un manteau de lumière qui la reliait à des centaines de sorts, d’élèves, de lieux. Autour de Lys, des liens plus modestes s’étiraient vers l’Académie, ses camarades, quelques objets précieux.

Autour de Kael…

Elle réprima un frisson.

Les fils refusaient toujours de s’accrocher à lui correctement. Certains glissaient sur sa silhouette comme de l’eau sur de l’huile. D’autres se divisaient en deux, l’un restant, l’autre se perdant dans le vide. Et il y avait ce fil rouge sombre qui sortait de sa poitrine, traversait l’espace pour s’enrouler autour de son propre poignet.

Plus loin, dans les profondeurs, un écho noir d’un fil bien plus énorme vibrait, relié à ce même point.

— Il y a un lien direct entre nous, dit-elle d’une voix blanche. Un fil rouge. Très… serré.

— Rouge, répéta Deren. Comme les fils de sang ?

Lys secoua la tête.

— Non. Plus sombre. Et il ne passe pas par le Cœur.

Le regard de la Maestra se durcit.

— Tu en es sûre ?

— Absolument, répondit-elle. Je… je l’ai suivi hier. Il contourne toutes les trames officielles. Comme s’il… refusait d’être vu.

Deren inspira lentement, comme pour garder le contrôle.

— Et ce jeune homme ? Est-il le point d’origine du fil ?

Lys hésita, puis acquiesça.

— Il sort de sa poitrine.

— Charmant, commenta Kael, les lèvres étirées en un sourire ironique. On dirait presque un compliment.

— Ce n’est pas un jeu, siffla Deren en le fusillant du regard. Un lien qui contourne le Cœur est une menace pour la ville entière. Et tu l’ignores assez peu, à en juger par ton calme.

— Disons que j’ai eu le temps de m’y habituer, répondit-il.

Lys sentit une piqûre de curiosité.

— Depuis combien de temps tu… portes ce fil ? demanda-t-elle.

Kael la regarda, et son ironie se fit plus douce.

— Depuis que je suis né. Ou, pour être plus précis, depuis un peu avant.

— Impossible, protesta Lys. Personne ne peut naître avec un lien actif qui ne passe pas par le Cœur. La magie de Veridia s’équilibre à travers…

— Ce qu’on t’a appris, coupa Kael doucement. Ce qu’on m’a appris aussi. Et pourtant, me voilà.

Il posa une main sur sa poitrine, à l’endroit où Lys voyait le fil émerger.

— Je suis ce qu’il reste d’un rituel que votre Académie préfère oublier. Un résidu vivant, si tu veux. Une anomalie.

Deren ferma brièvement les yeux. Quand elle les rouvrit, quelque chose comme de la fatigue s’y lisait, derrière la colère.

— Tu parles du Rituel de Détournement, dit-elle. Celui qui a failli briser le Cœur, il y a cent ans.

— Celui-là même, confirma Kael. Sauf qu’il ne s’agissait pas seulement de « détourner » le pouvoir. Il s’agissait de le sortir du contrôle du Cœur pour le lier à une lignée. À une famille.

Lys sentit l’air se figer dans ses poumons.

— Ta famille, murmura-t-elle.

Kael eut un sourire sans joie.

— On n’échappe pas à ce genre d’héritage.

Deren serra les dents.

— Si ce que tu dis est vrai, les Archives scellées auraient dû…

Elle s’interrompit, comme si elle venait de se rendre compte de quelque chose.

— À moins qu’on vous ait gardés volontairement dans l’ombre, ajouta Kael doucement. Il est plus facile d’ignorer un problème quand on fait semblant qu’il n’existe pas.

Lys observa la Maestra.

Pour la première fois depuis qu’elle la connaissait, Deren semblait réellement ébranlée.

— Que veux-tu ? demanda-t-elle à Kael. Pourquoi te montrer maintenant ?

Kael haussa les épaules, mais son regard restait sérieux.

— Je n’avais pas l’intention de me montrer, répondit-il. Je me débrouillais très bien en marge de vos jolis cercles de runes. Mais hier, quelqu’un a mis la main sur le fil. Et ça… ça a tout changé.

Son regard se posa sur Lys, sans accusation, mais avec une intensité qui la fit rougir.

— Je n’ai pas fait exprès, protesta-t-elle. Je voulais juste le comprendre.

— C’est souvent comme ça que commencent les catastrophes, murmura Deren. Avec quelqu’un qui « veut comprendre ».

Elle se frotta les yeux, comme si une migraine menaçait.

— Très bien. On va procéder correctement. Kael, ou quel que soit ton nom complet, tu vas nous suivre au bureau des Maestri. Nous allons vérifier tes affirmations. Si tu mens, tu seras…

— Exécuté ? suggéra Kael, calme. Emprisonné ? Dissous dans l’aether ?

— Neutralisé, corrigea Deren. Pour la sécurité de la ville.

Lys sentit un froid brutal la traverser.

— Non, lâcha-t-elle avant d’avoir réfléchi. Vous… vous ne pouvez pas. Pas tant qu’on ne sait pas ce que ce fil va faire au Cœur.

Deren tourna vers elle un regard dur.

— La sécurité de Veridia passe avant tout, Lys. Avant toi. Avant lui. Avant moi.

— Justement, insista-t-elle. S’il est lié au rituel d’origine, s’il est… une « ancre », comme il le dit, alors le supprimer sans comprendre pourrait aggraver les choses. Rompre brutalement un fil trop tendu, ça peut…

— …faire éclater la trame entière, acheva Kael. Elle a raison.

Deren serra les lèvres, visiblement irritée de devoir admettre même la possibilité qu’ils aient un point.

— Et que proposes-tu ? demanda-t-elle à Lys. Que nous le laissions courir dans la ville avec un lien interdit accroché à lui ?

Lys inspira profondément.

— Non. Qu’on l’enferme dans un cercle contrôlé. Mais avec moi à l’intérieur.

Les deux se tournèrent vers elle.

— Tu es devenue folle, souffla Deren. Tu n’as aucune idée de ce que ce lien peut faire à ton esprit.

— Il est déjà là, Maestra, dit Lys doucement. Que je sois dans un cercle ou pas ne change rien au fait que je suis liée.

Elle montra son poignet.

— Si je reste dehors, il va continuer à m’attirer vers lui de façon chaotique. Si je suis avec lui, sous votre surveillance, vous pourrez observer. Mesurer. Comprendre.

Deren la fixa longuement. Dans ses yeux, on lisait une tempête de calculs, de risques, de souvenirs d’autres élèves qu’elle avait peut-être perdus.

— Tu veux te sacrifier pour cette… anomalie ? demanda-t-elle enfin.

— Je veux protéger Veridia, répondit Lys avec plus de fermeté qu’elle ne se croyait capable d’en avoir. Et je veux cesser de subir ce lien à l’aveugle. Si je dois être entraînée, je préfère marcher que me laisser traîner.

Un silence lourd suivit.

Kael la regardait avec une expression indéchiffrable. Une ombre de respect, peut-être. Ou quelque chose de plus doux qu’il n’osait pas laisser paraître.

— Elle a plus de courage que bon nombre de vos Tisseurs décorés, Maestra, dit-il finalement. Vous devriez l’écouter.

— Je ne t’ai pas demandé ton avis, répliqua Deren, mais sa voix avait perdu un peu de sa dureté.

Elle ferma les yeux un moment, comme pour consulter une réponse intérieure. Quand elle les rouvrit, ils avaient la couleur d’une décision déjà prise.

— Très bien, dit-elle. Nous allons utiliser la salle d’ancrage inférieure. Les trames y sont indépendantes du Cœur principal. Si quelque chose déraille, nous pourrons couper plus vite.

Elle jeta un regard appuyé à Kael.

— Mais je te préviens : au moindre signe de manipulation de ta part, je n’hésiterai pas.

Les runes sur ses tempes brillèrent plus fort.

— Et crois-moi, tu ne veux pas que j’hésite.

Kael esquissa un salut ironique.

— Message reçu.

Deren fit un geste, et les glyphes de la porte se déverrouillèrent, se divisant en éclats de lumière qui se dissipèrent dans l’air.

— Lys, avec moi. Kael, devant. Et ne tente pas de disparaître dans quelque brume tordue. Les trames de l’Académie sont plus anciennes que toi.

Ils se mirent en marche.

Le couloir qui menait aux salles inférieures était plus sombre, les murs plus épais, percés de niches où brûlaient des flammes bleues sans chaleur. Lys sentit le fil rouge vibrer à chaque marche qu’ils descendaient, comme si le lien reconnaissait les lieux.

Des portes se succédaient, chacune marquée d’un symbole différent : un œil, une main, une clé, un serpent.

Devant la dernière, Deren s’arrêta.

Le symbole gravé sur le bois était un nœud. Un tressage complexe de lignes qui semblaient ne jamais se croiser, et pourtant formaient une figure fermée.

— La salle d’ancrage, murmura Lys. Je croyais qu’elle était réservée aux Maestri.

— Elle l’est, répondit Deren. Aujourd’hui, elle sera aussi… ton lieu d’épreuve.

Elle posa la paume sur le nœud. Les lignes se mirent à briller, puis la porte s’ouvrit dans un souffle.

La salle était circulaire, sans fenêtres. Le sol était couvert d’une seule immense trame de runes, si complexe que même Lys ne parvenait pas à en suivre toutes les boucles. Au centre, un cercle vide les attendait.

— Entre, ordonna Deren à Kael.

Il obéit sans discuter, s’avança jusqu’au centre du cercle et s’y arrêta. Les lignes autour de lui commencèrent à luire d’un bleu pâle.

— Lys.

Elle sentit son cœur battre contre sa poitrine.

— Tu es sûre ? demanda la Maestra, plus bas.

Lys jeta un coup d’œil à Kael. Il ne la regardait pas ; il observait les runes sous ses pieds avec une curiosité presque respectueuse.

Le fil rouge tira doucement sur son poignet, comme une question muette.

— Oui, répondit-elle. Je suis sûre.

Elle entra dans le cercle, à distance de bras de Kael.

Deren traça un geste circulaire. Les runes se mirent à pulser à l’unisson, créant une vibration sourde qui montait du sol.

— À partir de maintenant, dit-elle, aucun lien ne sort ni ne rentre sans passer par moi. Vous êtes tous deux isolés du Cœur.

Lys retint son souffle. Sa vision bascula d’elle-même.

Les fils qui les reliaient au reste de la ville s’étaient estompés, comme coupés. Ne restaient que quelques liens internes — la vie, les souvenirs — et le fil rouge sombre, plus présent que jamais.

Il vibrait violemment, comme un animal pris au piège.

Kael releva enfin les yeux vers elle.

— Ça va secouer un peu, prévint-il. Accroche-toi.

— À quoi ? demanda-t-elle.

— À moi, si tu veux, répondit-il avec un petit sourire.

Elle allait répliquer quand le fil rouge se tendit d’un coup, tiré par une force invisible située très loin sous leurs pieds.

Le sol sembla se dérober.

Lys eut l’impression de tomber sans bouger, aspirée dans un espace où il n’y avait plus ni haut ni bas, seulement la lumière des fils qui tourbillonnaient autour d’eux. Elle sentit Kael saisir sa main pour de bon, cette fois. Le contact l’empêcha de se dissoudre complètement dans ce maelström de liens.

Des images éclatèrent :

Une salle semblable à celle-ci, mais plus ancienne, les runes tracées à même la pierre. Un cercle de personnes encapuchonnées, leurs mains tendues vers un enfant au centre. Un fil noir se tissant à partir de l’obscurité, s’enroulant autour de la poitrine du petit corps. Des voix murmurant des mots interdits.

Lys sentit son cœur se fendre. L’enfant avait les mêmes yeux gris que Kael.

Le maelström se resserra encore. Elle crut entendre le Cœur de la ville battre à toute allure, paniqué, comme un animal acculé.

Puis tout se figea.

Elle se retrouva à genoux dans le cercle, haletante. Kael était resté debout, mais à peine ; ses poings étaient serrés, ses mâchoires crispées. Une veine battait à sa tempe.

Deren, à l’extérieur, les fixait avec une expression qu’elle n’avait jamais vue sur son visage : un mélange de stupeur et de terreur pure.

— Qu’est-ce que… commença-t-elle.

Sa voix se brisa.

Lys leva les yeux.

Au-dessus d’eux, flottant à quelques centimètres du sol, un nouveau nœud de fils était apparu. Ni doré, ni bleu. Rouge sombre, veiné de noir. Il tournait lentement sur lui-même, émettant un bourdonnement sourd qui faisait vibrer les runes du sol.

Le fil rouge qui reliait Lys et Kael montait désormais directement jusque-là, tendu comme un arc.

— C’est le cœur du rituel, murmura Kael, la voix presque inaudible. Le nœud d’origine.

Lys sentit la panique monter.

— Mais… il ne devrait pas être ici, balbutia-t-elle. Il devrait être dans les profondeurs, près du Cœur principal…

— Il a trouvé un nouvel ancrage, dit Deren, livide. Vous.

Le bourdonnement s’intensifia, comme si le nœud réagissait au son de leurs voix.

Lys voulut reculer, sortir du cercle, rompre le contact. Mais le fil autour de son poignet était devenu aussi dur que du métal. Chaque mouvement envoyait une douleur brûlante jusque dans son bras.

— Maestra, gémit-elle. Coupez-le. S’il vous plaît.

Deren leva les mains. Les runes sur ses tempes brûlèrent d’une lumière aveuglante.

— Je vais essayer, dit-elle. Tenez bon.

Elle lança un sort de rupture, un de ceux que l’Académie réservait aux liens dangereux. Les lignes sur le sol se mirent à scintiller, convergeant vers le nœud rouge et noir.

Pendant une seconde, Lys crut voir le nœud vaciller.

Puis quelque chose se produisit.

Le nœud sembla… répondre. Une onde de choc invisible jaillit de lui, parcourut les runes de la salle, remonta le long des murs, traversa les tatouages de Deren.

La Maestra fut projetée en arrière, comme frappée par un poing géant. Elle s’écrasa contre la paroi avec un bruit sourd, les runes sur ses tempes s’éteignant brutalement.

— Maestra ! cria Lys.

Elle voulut se précipiter vers elle, mais le fil la retint dans le cercle. Kael serra sa main plus fort.

— Ne bouge pas ! Si tu sors de la trame maintenant, ça pourrait…

Le nœud au-dessus d’eux pulsa.

On entendit alors un son étrange, venant de très loin, comme un grondement étouffé. Les pierres de la salle vibrèrent. De la poussière tomba du plafond.

Lys sentit un autre battement se superposer à celui de son propre cœur. Un rythme profond, ancien.

Le Cœur de Veridia venait de répondre.

Et, pendant une fraction de seconde, elle eut la certitude glacée que la ville entière venait de sentir quelque chose se réveiller sous ses pieds.

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