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Le plan de Vianney

•• PRÉCÉDEMMENT ••

••MICHELINE••

Jusqu’à présent, je n’arrive pas à comprendre ce qu’il se passe. Les gens me rendent coupable de la mort de mon mari, pourtant je suis innocente. J’ai tellement pleuré lorsque la femme de Vianney m’a appelé. Je croyais qu’elle allait me consoler, comme on a l’habitude de le faire, mais ce n’est pas le cas. Franchement, je préfère mourir afin de ne plus entendre toutes ces accusations, mais c’est impossible.

König et son frère auront forcément besoin de moi afin de pouvoir survivre. Après l’appel, Rodrigue est venu me voir. Je l’ai pris dans mes bras et on se met à discuter.

_ Maman, qui vient de t’appeler ?, me demande Rodrigue.

_ Ne t’inquiètes pas !

_ Et pourquoi tu es encore triste après la discussion téléphonique ?

_ Non, je ne suis pas triste. Où est ton frère ?

_ Laisse König tranquille et continuons notre discussion !

Je me sens tellement stressante, à chaque fois que Rodrigue est à mes côtés. Ses questions me rendent très triste et je n’arrive pas à lui répondre parfois. J’essaie toujours de le calmer et dans un instant, le boss est venu nous rejoindre.

_ Maman, maman… ! Papa est de retour, nous dit König en s’approchant.

_ Arrête de l’appeler papa ! Il n’est pas notre père. Ok ?

À chaque fois que König appelle tonton Vianney ainsi, son frère se met en colère. Malheureusement, le pauvre König ne connaît rien. Il est toujours très petit.

_ D’accord König, j’ai compris. Tu peux repartir.

_ Moi j’ai faim.

_ Rodrigue, tu n’as pas encore mangé depuis le matin, donc il va falloir que tu dégustes avec ton frère en même temps.

_ Toi-même qui me parles, est-ce que tu as déjà mangé ?, me demande Rodrigue.

Il n’a que neuf ans, mais il est très sage. Comme d’habitude, je ne lui ai pas répondu et il est parti avec König. Je leur ai servi dans la chambre et ils se mettent à manger. Quant à moi, je suis allée saluer tonton Vianney.

Je maîtrise bien ma colère, sinon je n’allais plus parler avec Vianney. La manière dont sa femme m’a insulté au téléphone, je voulais lui dire cela, mais mon intuition ne me le permet pas.

_ Bonne arrivée tonton !

_ Tu deviens de plus en plus très belle hein. Où sont les enfants ?

_ Jusqu’à maintenant, je ne trouve pas que la mort de ton frère te dit quelque chose.

_ Oui, tu as raison. Tu sais quoi, mon grand frère est déjà décédé, donc ce n’est plus la peine de se soucier de lui.

Je ne dis rien et il continue ses histoires bizarres devant moi. À moins de trois minutes, il a reçu un appel.

_ Le corps de ton mari n’a même pas encore fait deux semaines à la morgue, pourtant j’ai déjà dépensé plus de cinq cents mille francs CFA hein.

_ D’accord !

_ Donc, c’est tout ce que tu trouves à me dire ?

_ On dirait que tu n’es pas normal. Lorsque ton frère était malade, je ne t’ai pas informé ?

_ Tu m’as dit ça.

_ Nous sommes allés à l’hôpital, on nous a chassés à cause de cinquante mille francs. Tu étais capable de payer le double de cette somme, mais tu ne l’as pas fait. En dehors de tout ça, tu es la première personne à t’occuper des funérailles.

_ Si je ne m’occupe pas des obsèques de mon frère, qui d’autre va le faire ? Madame, je suis en deuil, donc arrête de m’énerver.

Il n’a rien d’intéressant à me dire, donc je me suis retournée dans ma chambre. Au même moment, Rodrigue a fait son entrée. Oh seigneur !

_ Je vous ai bel et bien entendus. Pourquoi il est très méchant ?

_ Non Rodrigue, ton oncle n’est pas méchant.

_ Si, il l’est. Tu ne vois pas sa réaction envers toi.

_ Tu as fini de manger avec ton frère ?

_ Hum maman, pourquoi tu es toujours comme ça ?

Mon cœur saigne chaque jour, mais je ne veux pas que mon enfant le sache.

_ Ce soir, je vais me rendre chez votre directeur. Je dois lui expliquer la raison pour laquelle vous ne venez plus à l’école.

_ On va t’accompagner.

_ Bien-sûr ! On va y aller ensemble.

_ Maman, je t’aime beaucoup. König aussi t’aime et on te promet qu’on te fera plaisir.

Les mots de Rodrigue m’ont tellement touchée et je l’ai embrassé dans mes bras. König est revenu et je l’ai aussi embrassé. J’aimerais bien sentir l’odeur de mon mari parmi nous, mais hélas ! La vie n’est pas du tout facile aux veuves et orphelins.

Deux jours après.

•• VIANNEY ••

Dans quelques jours, les choses sérieuses vont commencer et j’imagine comment les gens vont me cotiser. Bien que mon village natal ne soit pas si grand, mais quand il s’agit des funérailles, même les villages voisins se déplacent et font toujours quelques gestes pour soutenir la famille frappée par le deuil. À cause de ça, j’adore tellement notre tradition.

J’ai appelé ma femme pour lui dire que je ne pourrai pas rentrer cette soirée, car j’ai une mission très importante. Sans mentir, la forme de Micheline me plaît énormément, après la mort de mon frère. Sincèrement, Micheline m’a jeté un sort.

_ Pourquoi tu ne peux plus rentrer ?

_ Tu poses trop de questions. Dis à Victorine que je serai de retour demain matin, à la première heure ! Bisous !

_ Hum !

J’ai raccroché l’appel afin de ne plus entendre les palabres de ma femme. Angèle est très compliquée hein. Oh vraiment !

J’essaie de maîtriser Rodrigue, mais il ne me considère même pas. Par contre, son petit frère m’aime bien. La façon dont il se comporte, je suis très convaincu qu’il va aussi mourir très jeune comme son père. Tel père, tel fils !

_ König, viens chez moi !

_ Papa, où est ta voiture ?

_ Je l’ai garée derrière la maison.

_ D’accord papa !

Une immense joie déborde de mon cœur, à chaque fois que König m’appelle ainsi. Le pauvre König, toujours innocent !

Deux heures de temps plus tard, la nuit est tombée et la majorité des villageois sont déjà couchés. Je ne fais que guetter ce voyou afin de pouvoir accomplir ma mission. Tant que Rodrigue ne dort pas, ce serait très difficile pour moi de réussir mon plan.

Encore une trentaine de minutes après, je n’entends plus sa voix. Sûrement, le sommeil l’a emporté. Je suis sorti de la chambre du défunt, en marchant lentement dans le but de ne pas faire du bruit avant de me rendre dans celle de Micheline. J’ai légèrement ouvert la porte et ils sont tous allongés sur le lit. Je me suis assis tout juste à côté de ma seconde épouse et j’ai commencé par la caresser. Par malheur, elle ne dort pas, et m’a encore giflé. Sa main aussi fait très mal hein.

_ Qu’est-ce qu’il ne va pas chez toi ?, me demande-t-elle en criant.

_ S’il te plaît Micheline, ne crie pas ! Les gens vont nous entendre.

_ Dans ce cas, ce serait mieux de sortir d’ici !

_ Laisse-moi faire un coup seulement ! Je ne vais pas durer, s’il te plaît !

Micheline voulait encore me gifler, mais, cette fois-ci je l’ai stoppée. Tant que je ne le fais pas, je ne sortirai pas de cette chambre. Je l’ai attrapée très fort, mais elle aussi ne voulait pas se laisser faire. On se bagarre sur le lit et par malheur, Rodrigue s’est levé. La première des choses qu’il a faite, c’est d’allumer la lampe. Ce voyou va gâcher ma mission hein.

Je croyais qu’il allait sauver sa mère, mais ce n’est pas le cas. Je suis très content, car Rodrigue est sorti de la chambre sans dire un mot. Vu que cette sorcière ne voulait pas me laisser faire, juste un coup, je suis alors obligé de lui faire du mal. En ce qui concerne les villageois, je vais les calmer avec l’argent. Ah oui, même le chef du village ne pourra rien dire, s’il a appris la nouvelle.

Je suis sur le point de déshabiller Micheline et du coup, j’ai senti une forte douleur à la nuque. Je me suis vite tourné le dos pour voir ce qu’il se passe et à ma grande surprise, c’est Rodrigue. Il a tenu dans la main, un gros bâton. On dirait que je suis un voleur.

_ Sors d’ici avant que je ne te fasse du mal !, me dit-il d’un air arrogant.

_ Calme-toi mon fils, je suis ton père !

Il a encore soulevé le bâton pour me frapper et immédiatement, je suis sorti de la chambre. J’ai gravement mal à la tête à cause de Rodrigue. Ce petit m’a fait du mal hein. Je suis allé chercher la clé de ma voiture pour partir. Je ne peux plus passer ma nuit dans ce village, sinon ce petit va me tuer. Il est très dangereux, on dirait.

Je suis au volant en étant très énervé, car mon plan a échoué. Mon seul souci, c’est ma femme. Si elle est au courant de ce qu’il vient de se dérouler, je serai foutu. Tous les villageois peuvent être au courant, sauf ma femme. Telle est ma prière !

Je suis bien arrivé à la maison et j’ai appelé Angèle. Elle est venue m’ouvrir la porte sans dire un mot. Dans un instant, elle m’a dit :

_ Chéri, attends !

_ C’est quoi ?

_ Qu’est-ce que tu as ?, me demande Angèle. Je vois le sang sur ton habit. On dirait que tu saignes hein !, ajoute-t-elle.

_ Vraiment ?

_ Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

_ C’est une longue histoire. Remercions Dieu, car ces braqueurs ne m’ont pas tué !

La pauvre Angèle s’est agenouillée pour remercier Dieu.

À suivre….

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