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27    

Il revient quelques minutes plus tard, une poche de glace dans la main et accompagné de nos deux supérieurs. Mme Saint-Martin s'enquiert immédiatement de l'état de Marina tandis que Mr Archer examine en détails sa cheville et lui ordonne de ne pas bouger. Elle semble réellement souffrir et la glace ne la soulage qu'à moitié. Je reste à ses côtés, une main sur son épaule et une immense panique commence à s'emparer de moi.

Je tente de me calmer, de me forcer à inspirer et expirer calmement mais je perds le contrôle. Ma présentation, tout le stress accumulé ces dernières semaines, l'attitude exécrable de mon boss, ses mots blessants, ses lèvres si délicieuses, notre étreinte si envoûtante, le trouble et le désarroi que j'ai ressenti juste après, ma réaction quand je l'ai vu ce matin, sa froideur, la blessure de Marina... c'est trop. Beaucoup trop pour moi. 

Les pompiers arrivent à peine cinq minutes après l'appel d'Alessandro et ils nous demandent de sortir de la pièce. Moi, je suis incapable de bouger. Sans m'en rendre compte, mes doigts se sont crispés sur le dossier de la chaise de ma collègue, ma respiration saccadée ne m'apporte plus aucun oxygène, mes jambes ne me portent plus et le sol se dérobe sous mes pieds. Je n'arrive plus à reprendre mes esprits, j'ai cédé à la panique et je ne sais plus comment revenir à la réalité. 

L'agitation s'empare maintenant du second étage et je crois qu'un pompier me pousse délicatement vers la sortie. Je ne comprends pas vraiment comment mais mes jambes me conduisent maladroitement jusqu'au couloir. Les tremblements ne s'emparent plus seulement de mes mains mais ils envahissent maintenant tout mon corps. Je suffoque. Je ne comprends plus ce qu'il m'arrive. Il me semble que je me retiens au mur à ma droite mais une poigne chaude et ferme attrape mon bras et me guide très délicatement dans la petite pièce attenante. 

Lorsque j'entends la porte se verrouiller, je sors de ma transe. Je me tiens debout, droite face à mon patron qui m'a isolée dans le local ménager de l'étage. Il se retourne et pose son regard sur moi. Il semble inquiet, ses yeux me scrutent en détails comme s'ils cherchaient à me comprendre. Je suis absolument incapable de prononcer le moindre mot, incapable d'esquisser le moindre geste. Je sais que mon cœur ne devrait pas s'emballer comme il le fait, que mes mains ne devraient pas vouloir le toucher et que mes lèvres ne devraient pas le réclamer. Mais je crois que mon corps n'en fait qu'à sa tête et que je ne le maîtrise plus. 

Il s'approche tout doucement de moi, comme s'il voulait m'apprivoiser et je ne sais plus si mes tremblements sont dus à ma crise de panique ou à sa présence. J'ai tout à coup peur de moi-même, de ce que je pourrais faire si je me laissais aller. Je dois immédiatement sortir de cette pièce. Le souffle coupé, j'avance tout en me décalant pour éviter tout contact physique avec mon fantasme incarné et lorsque je le dépasse de manière totalement frénétique et désordonnée, il attrape mon bras. Par réflexe, j'essaie de le récupérer dans un geste brusque et violent qui le cloue sur place. Il ouvre grand les yeux, surpris par ma réaction sans doute disproportionnée. Il faut me comprendre, notre isolement est beaucoup trop dangereux. 

Ses deux mains capturent maintenant mes bras avec douceur et il plante son regard interrogateur dans le mien. 

-Candice ? Vous allez bien ? 

Ma respiration est toujours hachée et mon corps soubresaute sous les assauts de la panique qui ne veut apparemment plus me quitter. Je refuse de le regarder dans les yeux et tente de m'échapper, en vain. 

-Candice, répondez-moi s'il vous plaît. Vous allez bien ? Que se passe-t-il ? 

Il a sincèrement l'air soucieux de mon état et cette réaction me trouble encore plus. N'est-il pas censé jouer avec moi ? Alors pourquoi s'inquiète-t-il tout à coup de me voir comme cela ? Un tas d'interrogations nait dans mon esprit et m'empêche de m'ancrer dans cette réalité que je refuse de toute façon de vivre en cet instant. Voyant que je suis toujours en pleine crise de panique, il se rapproche légèrement de moi et me susurre: 

            

              

                    

-Candice.... dites-moi quelque chose. Calmez-vous... respirez lentement... suivez mon rythme... faites comme moi... 

Il glisse lentement ces mots à mon oreille et je ne peux empêcher mon corps de se connecter au sien. Je calque difficilement mes respirations sur les siennes et j'autorise mes yeux à se poser sur son torse. Cette vision me fait un bien fou. Cet homme me paraît en cet instant si rassurant ! Il est mon roc et je tente de m'accrocher à lui comme si ma vie en dépendait. Mais mon cerveau m'envoie des signaux de danger et m'empêche de me calmer. Mes inspirations sont toujours aussi secouées de spasmes. 

Voyant que mon état ne s'améliore pas, les mains d'Ethan glissent délicieusement de mes bras jusqu'à mes mains qu'il empoigne avec la plus grande quiétude pour poser délicatement mes paumes sur sa chemise. Sous ma peau, je sens son torse se soulever paisiblement au rythme de sa respiration. Les battements de son cœur s'écrasent contre mes mains et cette sensation se répand dans tout mon corps pour m'apporter un apaisement salvateur. Je ferme les yeux et me laisse enfin aller, me détendant instantanément grâce à ce contact. Ethan libère un long souffle et je sens son corps se décrisper imperceptiblement sous mes doigts. 

Ma respiration retrouve petit à petit un rythme normal tandis que les tremblements qui s'étaient emparés de tous mes membres semblent se calmer. Je n'ai plus l'impression de défaillir, au contraire je retrouve la sensation de mes pieds ancrés dans le sol. L'impression d'étouffer est remplacée par d'exquises inspirations remplies d'oxygène. Et mon cœur ne tremble plus de panique mais de contentement. Malgré tout, je n'ose pas enlever mes mains de sa poitrine, j'ai trop peur de replonger. De toute façon, même si je le voulais, je ne le pourrais pas. Ses mains tiennent les miennes aussi fermement que délicatement. 

Nous restons ainsi de longues minutes, sans bouger. Nos respirations sont synchronisées et les pouces d'Ethan caressent nonchalamment le dos de mes mains. Nos corps ne sont séparés que de quelques centimètres et en cet instant, je ne souhaiterais pas être ailleurs. Quand ma crise de panique s'est emparée de moi, il a été le seul à le remarquer. Il a profité de l'agitation générale pour nous isoler et m'apporter le réconfort dont j'avais besoin. 

-Merci... je lui murmure d'une toute petite voix. 

Pour toute réponse, il serre plus fermement ses mains sur les miennes et baisse la tête afin de me regarder. Moi, je refuse toujours de parcourir ses sublimes iris, j'ai bien trop peur de me laisser envoûter. Sa main droite quitte alors la mienne pour se poser immédiatement sur ma joue. Il a agi si vite, comme si ma peau lui manquait déjà. Ses doigts se mettent à cajoler ma joue puis descendent sur mon cou qu'ils parsèment d'infinis frissons. Mes yeux toujours clos se mettent à papillonner sous le plaisir qu'il m'offre. Cela ne lui échappe pas et sa main se positionne alors sous mon menton pour me forcer à relever la tête et à croiser son regard. Je ne dois pas craquer. Je m'autorise seulement à me délecter de son toucher. 

Il approche maintenant sa bouche près de mon oreille et me susurre: 

-Candiiiiiiice...

Mon prénom dans sa bouche sonne comme une invitation au plaisir. Malgré moi, j'enfonce légèrement mes doigts dans sa poitrine. 

-Regarde-moi... 

Ses paroles résonnent jusque dans mon bas-ventre qui se contracte instantanément. Je ne dois surtout pas le regarder. Mon cœur bat déjà beaucoup trop vite et le désir commence à sérieusement m'envahir. Il répète à nouveau mon prénom mais cette fois, ses lèvres subtilement humectées se promènent sur ma joue, juste à côté de mon oreille. Son souffle chaud glisse sur mon visage et j'avale difficilement ma salive, trop troublée par ce torrent de sensations exquises mais interdites qui s'offrent à moi. Je rassemble mes dernières forces pour lui répondre: 

            

              

                    

-J-je... ne peux... p-pas... 

Et c'est vrai. Je ne peux pas le regarder car ses mains me brûlent de désir. Je ne peux pas le regarder car je suis perdue. Je ne peux pas le regarder car il est beaucoup trop dangereux. Je ne peux pas le regarder car j'en meure d'envie. 

Sa main gauche remonte insoutenablement vers ma nuque qu'elle agrippe tout en emmêlant le bout de ses doigts à mes cheveux. Sa main qui maintenait mon menton se positionne exactement de la même manière de l'autre côté de mon cou et je me sens prise au piège de cet homme si attirant. Il colle son front au mien et ses lèvres ne sont maintenant plus qu'à quelques centimètres des miennes. Habilement, ses jambes guident les miennes en arrière et mon dos se plaque avec douceur contre la porte. Si précédemment une distance peu raisonnable séparait nos deux corps, nos jambes sont maintenant emmêlées et nos torses ne font plus qu'un. Je crois que j'ai définitivement perdu le contrôle de la situation. 

Mes longues heures de réflexion ce week-end m'ont convaincue d'une chose: je ne supporterai pas qu'Ethan joue avec moi dans le seul but de me montrer sa supériorité. Cette attitude vicieuse et perverse me répugne et malgré toute l'attraction que je ressens pour lui, je n'hésiterai pas à m'éloigner définitivement de lui. 

Prenant mon courage à deux mains, j'ouvre les yeux et plante mes iris verts dans les siens. Ce que j'y lis me laisse perplexe. Son visage est submergé par le désir, ses pupilles dilatées passent frénétiquement de mes lèvres à mon cou puis à mes yeux et ses traits sont tendus. Le rictus arrogant qu'il arbore si souvent est aux abonnés absents et ses gestes sont d'une grande douceur. Remarquant que je l'observe, ses yeux se verrouillent aux miens et sa respiration se coupe l'espace d'une seconde. Je suis parfaitement consciente que c'est le moment où tout va basculer mais je suis incapable de le repousser. Mon corps en manque me hurle de lui donner sa dose d'Ethan et un fulgurant désir obstrue toutes mes pensées. 

-Candice... 

C'est exactement à ce moment-là que je faillis. Sa voix rauque si sensuelle et gorgée d'excitation qui prononce mon prénom comme s'il s'agissait là d'une urgence vitale... C'en est trop pour moi. Sans réfléchir davantage, mes mains agrippent le col de sa chemise et j'écrase ma bouche contre la sienne. Mon dieu, que c'est délicieux ! J'ai passé le week-end à essayer de me convaincre que cet homme est néfaste pour moi mais la sensation qui m'envahit en cet instant balaie tout sur son passage. C'est comme si je donnais enfin à mon corps ce qu'il attendait désespérément depuis trois jours. Un mélange d'excitation et de bien-être s'empare de moi et je le laisse m'emporter loin de mes tourments.

Nos lèvres se retrouvent enfin, elles se montrent à la fois impatientes et joueuses et nos langues ne tardent pas à s'entremêler. Nos souffles se mélangent, tout comme nos gémissements incontrôlés et cette mélodie remplit encore plus mon corps de désir. Mes mains parcourent frénétiquement son torse, ses épaules puis son dos avant de se poser dans sa nuque. Je sais que les minutes sont comptées alors j'essaie de l'attirer encore plus vers moi pour ne pas perdre une seule précieuse seconde. Ma bouche quitte la sienne pour butiner sa fine barbe et d'innombrables décharges électriques se répandent en moi quand je l'entends soupirer de plaisir. Ne pouvant apparemment pas se passer de mes lèvres plus longtemps, Ethan tourne vigoureusement la tête pour reprendre ce que j'avais interrompu. Ses dents se mettent à mordiller ma lèvre inférieure puis ma langue et je gémis encore et encore. Cet homme me fait tellement vibrer !

Ses mains partent maintenant à l'assaut de mon corps, descendant délicieusement sur ma poitrine qu'elles effleurent puis se posant tour à tour sur mon ventre, mes fesses puis mon dos. Ethan se sépare alors de moi pour me déshabiller du regard de la tête aux pieds avant de planter ses iris gorgés de désir dans les miens. 

            

              

                    

-Tu es tellement obsédante... tellement excitante comme ça...

Mon souffle se coupe lorsque ses mains descendent langoureusement sur ma jupe puis sur le haut de mes cuisses. Chaque millimètre carré de ma peau se recouvre d'une exquise chair de poule qui me rend plus fébrile encore. Ses lèvres se baladent sur mon cou puis mon visage et je ne peux m'empêcher de fermer les yeux pour profiter encore plus de cette symphonie qu'il m'offre. J'ai réellement besoin de savoir s'il partage la même urgence que moi et lorsque ma main descend sur sa poitrine pour s'imprégner de chaque battement que son cœur m'offre, mon ventre se contracte. Le rythme effréné et erratique de son organe vital fait écho au mien et l'évidence me frappe de plein fouet: nous ne pouvons rien faire contre cette irrésistible attraction qui nous lie. 

Tandis que sa bouche retrouve la mienne avec passion, je ne peux m'empêcher de me cambrer pour connecter encore plus mon corps au sien. J'ai besoin de le sentir entièrement, dans chaque partie de mon corps. Mon mouvement le fait immédiatement gémir et son bras droit passe derrière mes épaules pour m'emprisonner encore plus. Je me fonds alors dans cette étreinte et je me délecte de son souffle chaud qui m'envahit. Les gestes d'Ethan sont remplis d'un désir tellement brûlant qu'ils en deviennent brusques et désordonnés. Sa main gauche auparavant positionnée sur ma cuisse entame une insoutenable ascension qui me rend immédiatement pantelante. Ses doigts passent sous le tissu de ma jupe et remontent sensuellement le long de mes bas noirs, relevant l'étoffe au passage. 

Mon Apollon déplace alors ses lèvres vers mon oreille et me chuchote: 

-Regarde-moi Candice. 

Cette fois-ci, je n'hésite pas, je lui obéis. Ses yeux se font interrogateurs, comme s'ils me demandaient la permission de continuer cette douce torture. Pour simple réponse, je positionne mes mains de part et d'autre de son visage et mes lèvres retrouvent leur place favorite, moulées sur les siennes. Je suivrais cet homme jusqu'en enfer pour qu'il continue de me toucher de la sorte. 

Galvanisé par mon baiser fougueux et mes incessants gémissements, Ethan laisse ses mains prendre possession de mes cuisses et ses doigts rugueux trouvent maintenant la dentelle de mes bas. Le son guttural qui sort de sa bouche se répercute instantanément dans mon bas-ventre et entre mes cuisses. 

-Tu veux me rendre fou, c'est ça ?

Sans attendre la moindre réponse, ses doigts s'enfoncent dans la chair de ma cuisse, m'offrant ainsi la plus délicieuse des douleurs. Mes mains quant à elles sont toujours agrippées à sa nuque et le bout de mes doigts tiraille les fines mèches de cheveux qu'elles peuvent atteindre. Nos gestes se font à la fois doux et langoureux. Nous planons. Nous respirons le même oxygène. Nous sommes seuls, tous les deux, ensembles. 

La chaleur entre nous monte encore d'un cran quand une de ses mains remonte pour atteindre ma poitrine qu'elle masse en douceur. Sa bouche s'attaque à mon cou tandis que les boutons dorés de mon chemisier bleu sautent un à un. Je perds le sens de la réalité lorsque les lèvres humides de mon homme commencent à picorer délicieusement la peau de mes seins pendant que ses mains retournent sous ma jupe taquiner la sensibilité de ma peau. 

A cet instant, je ne saurais dire ce que je ressens réellement. Aucun mot n'est assez fort pour décrire le vacarme que font mon cœur affolé, mes respirations désordonnées, mes jambes tremblantes et ma bouche entrouverte. Je commence à décoller, à quitter la terre ferme et à me laisser emporter dans cette bulle de plaisir qu'Ethan a bâti de ses lèvres enivrantes et de ses mains possessives qui se rapprochent dangereusement de mon intimité. 

Je n'ai jamais, absolument jamais, offert à un autre homme tout ce que je donne à Ethan. Je lui offre mon désir, mon excitation, ma vulnérabilité, mon corps et mon plaisir sans tricher, sans me dérober et sans penser à son regard. Je me dévoile telle que je suis, sans avoir envie de me cacher ou de prétendre être une autre pour lui plaire. Pour la première fois de ma vie, je me mets à nu. À vrai dire, je n'ai jamais eu envie de donner tout ceci à un autre homme car jamais personne ne m'a traité comme Ethan le fait. Malgré son attitude dédaigneuse et blessante, lui aussi s'offre à moi dès que nos corps se connectent. Il me traite en cet instant comme si j'étais son oxygène. Ensemble, nous créons une osmose entêtante. 

            

              

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