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Oh que oui ! Tu ne crois pas si bien dire Cassiopée ! J'ai beaucoup de difficultés à émettre des pensées cohérentes et je tarde à répondre, si bien que ma meilleure amie commence à trouver mon attitude un peu louche.
-Tu m'as entendu Candice ? Ne me dis pas que tu es encore au boulot et que tu vas une nouvelle fois finir à pas d'heure ce soir ?
Cette fois, ses paroles me font réagir. Je dois m'enfuir au plus vite de cet endroit de malheur.
-Non !! Non, ne t'inquiètes pas, j'étais justement en train de partir. Je te rejoins chez toi quand je suis prête, ok ?
-Parfait ! À tout à l'heure ma Candice, me lance-t-elle avant de raccrocher.
Je contemple silencieusement mon téléphone en réalisant que je vais devoir faire illusion toute la soirée. Je ne sais pas comment aborder le sujet Ethan-patron-interdit avec Cassiopée et elle ignore absolument tout ce qui s'est passé ces dernières semaines. C'est la première fois que je lui cache un tel secret et cette pensée me conforte dans l'idée que tout cela n'est vraiment pas sain pour moi.
Alors que je suis en train de ranger mes affaires et d'attraper mon sac à main, un imperceptible frisson se met à me parcourir de la tête aux pieds. Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir qu'il est là. Une vague d'angoisse s'empare de moi à la simple pensée de me retrouver à nouveau seule avec lui. J'ai peur de replonger mais j'en ai tellement envie en même temps !
Je m'arme du peu de courage qu'il me reste et je lui fais face. Ses mains sont positionnées dans les poches de son pantalon sombre et il se tient droit, dans l'embrasure de ma porte. Le silence qui règne dans l'étage m'informe que nous sommes seuls, et je ne sais pas si c'est une bonne chose. Ses cheveux légèrement en bataille me rappellent à quel point y plonger mes doigts était enivrant et je dois refouler l'envie de me jeter dans ses bras pour replonger dans cette bulle de désir avec lui. Ses yeux ne peuvent plus cacher l'irrésistible attraction qui nous lie désormais et je rassemble toutes mes forces pour ne pas me perdre dans son regard fou. Je dois quitter ce bureau, c'est la seule pensée raisonnable qui doit accaparer mon cerveau. Malheureusement, j'ai tout le mal du monde à agir dans ce sens et je ressens un véritable crève-cœur au moment où je me détourne de lui pour m'emparer de mon manteau.
Il me regarde rassembler mes affaires et m'approcher de lui sans dire un mot. Le regard brûlant qu'il pose sur moi parle pour lui. Ethan occupe toujours l'entrée de mon bureau si bien que je ne peux pas en sortir sans qu'il ne se décale. Ce qu'il n'a pas l'air disposé à faire en cet instant. Au contraire, il fait un pas en avant et sa main retrouve la base de mon cou qu'elle étreint sensuellement. Malgré toute ma volonté, je plie un instant sous cette divine caresse et penche délicatement ma tête tout en fermant les yeux. Je m'autorise une seconde, rien qu'une seconde...
Bien sûr, la seconde s'éternise et ses doigts se montrent plus fermes, plus possessifs. Je sens sa bulle d'excitation m'engloutir à nouveau et je ne sais plus si je dois fuir ou rester avec lui. Sa voix grave légèrement éraillée par le désir brise le silence au moment où il me murmure lascivement :
-Pourquoi êtes-vous partie ? Nous n'avions pas terminé...
Son arrogance m'ancre à nouveau dans la réalité et me permet de reprendre mes esprits. Je m'écarte alors subtilement de lui et parviens à lui bafouiller une réponse reflétant le chaos qui habite maintenant mon cerveau.
-Je... on... c'est une erreur. Une grosse erreur. Je... je n'aurais pas dû vous... laisser faire. Il ne faut plus recommencer. Jamais.
La panique qui s'empare de moi semble le troubler. Il laisse retomber sa main le long de son flanc et j'en profite pour le dépasser et atteindre la sortie de mon bureau. Son insolent rictus se dessine doucement sur son beau visage et cela me prouve encore une fois que ce jeu dangereux ne peut que me mener à ma perte. Tout en marchant rapidement en direction de l'ascenseur, je l'entends quitter ma pièce et rejoindre son antre. A travers le son de nos pas foulant le sol, ses paroles me frappent de plein fouet.
-Bien sur...
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent heureusement au même moment et je m'engouffre dedans. J'agresse le bouton « RDC » afin de m'extraire de cet enfer si délicieux et je rejoins le parking en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Je décide d'éteindre mon cerveau afin de m'accorder un peu de répit et je regagne mon domicile telle une automate. Je ne prends pas le temps de me poser tranquillement sur mon canapé et me dépêche de me préparer pour la soirée. Je veux éviter à tout prix d'avoir le temps de réfléchir, tant pis si j'arrive beaucoup trop tôt chez Cass.
En roulant en direction de l'appartement de ma meilleure amie, je monte le volume de la radio au maximum. Je me fiche d'en avoir mal aux tympans, je veux juste ne pas penser. Ne pas entendre ma culpabilité se réveiller. Ne pas me perdre dans de délicieux souvenirs.
Lorsque je franchis la porte d'entrée, je remarque immédiatement que Cassiopée et Maxime ont réuni tous mes amis les plus proches. Mon cerveau toujours en mode automatique ne m'autorise pas à me réjouir de la soirée qui m'attend mais au moment où mes yeux se posent sur le visage souriant et attendri de Gabriel, je me retiens de m'enfuir en paniquant. Mes jambes me conduisent alors jusqu'aux bouteilles d'alcool et mes mains tremblantes me servent un shooter que j'avale cul sec. Le liquide ambré descend dans ma gorge mais n'anesthésie pas mes pensées, c'est pour cette raison que j'en avale un deuxième. Puis un troisième.
La soirée va être rude.
