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21 

Je souffle longuement en reprenant ma courte marche jusqu'au bureau de Mr Archer. Je remplis mes poumons d'oxygène et de courage au moment où je toque à sa porte. Pas de réponse. Je sais pourtant qu'il est dans cette pièce, alors deux solutions s'offrent à moi: soit il ne m'a pas entendue, soit il n'a aucune envie de répondre. Je décide d'opter naïvement pour la première proposition et mon poing s'écrase à nouveau sur le bois de sa porte.

-QUOI ??? aboie-t-il brusquement.

Je me fige sur place. Je savais que son accueil ne serait pas des plus chaleureux mais de là à récolter un rugissement si féroce... Allez Candice, débarrasse toi de cette corvée et tu seras enfin libre pour ta soirée d'anniversaire !

J'abaisse doucement la poignée, ouvre délicatement la porte et me faufile légèrement dans l'entrée du bureau. Mon boss est debout, derrière son bureau, en train de tourner en rond en faisait les cent pas face à l'immense baie vitrée. Les rayons éclatants du soleil d'hiver baignent la pièce de lumière. Mr Archer, quant à lui, semble se débattre avec une profonde noirceur. Son visage transpire l'épuisement physique et nerveux. Ses traits sont tirés, ses yeux d'habitude si envoûtants sont aujourd'hui vides de toute expression. Seuls ses poing serrés à l'extrême et ses jambes martelant frénétiquement le sol trahissent la colère qui l'a envahi ces dernières minutes. En entendant mes talons taper le sol, il se retourne vivement et manque de justesse de faire tomber une valise négligemment posée à côté de son bureau. Je n'ai pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il me lance déjà :

-Qu'est-ce que vous voulez, vous encore ?

Son attitude dédaigneuse est plus que déstabilisante. Je me fais violence pour rester de marbre et lui réponds dans la foulée:

-Je voudrais savoir si vous avez besoin de moi ce soir ?

Mr Archer hausse un sourcil puis lâche un rire froid, presque moqueur.

-Parce que vous croyez que j'ai déjà eu besoin de vous ? Redescendez sur terre ma pauvre Candice, votre incompétence ne m'est d'aucune utilité, crache-t-il sur un ton hargneux.

Je reste coite devant la virulence de sa réponse. Je savais que la partie s'annonçait difficile, que j'allais probablement me prendre des balles perdues mais certainement pas qu'il allait délibérément me viser en plein cœur afin de m'achever d'une seule phrase. Je ne lui laisserai pas ce plaisir. Je suis peut-être une employée arrangeante mais je ne suis définitivement pas un souffre-douleur.

Je m'avance de quelques pas afin de me tenir droite devant son bureau puis je lui réponds calmement, en le fixant avec le plus de détermination dont je suis capable.

-Mr Archer, je ne suis pas ici pour que vous passiez vos nerfs sur moi. Je veux simplement savoir si nous allons travailler ensemble ce soir. Mais apparemment, vu votre humeur et le peu d'estime que vous me portez, la réponse est non. Je me trompe ?

Mon patron ne s'attendait pas à ce que je lui réponde effrontément. Vu le regard noir qu'il me lance, il compte effectivement passer ses nerfs sur moi. Tout en préparant une réponse toujours plus blessante, il contourne son bureau et se plante face à moi. Il insère ses poings tellement serrés qu'ils en deviennent blancs dans ses poches et cette posture le rend encore plus impressionnant. Mince, je crois que je me suis attaquée à Goliath...

-Écoutez-moi bien Candice, il marque une pause tout en me fixant de son regard noir puis reprend. Je n'ai pas de temps à perdre avec vos jérémiades. Je pense vous avoir déjà supporté assez longtemps ces derniers jours. Alors gardez votre petit dossier minable et nous en reparlerons lundi, après votre présentation qui s'annonce d'ores et déjà pitoyable.

            

              

                    

Au fur et à mesure qu'il déverse son venin, je sens ma confiance s'effriter et ma rage gronder. Il a prononcé ces mots avec un tel dégout, que je ne peux retenir ma colère plus longtemps.

-Vous n'avez aucun droit de me parler de cette manière ! Depuis que je suis arrivée ici, je donne le maximum pour relever le défi que vous m'avez lancé et vous, vous passez votre temps à me rabaisser. C'est totalement injuste et je n'accepterai pas de telles paroles plus longtemps ! Je vais vous dire une dernière chose, j'ai hâte de vous faire taire avec ma présentation lundi. Et j'espère que vous aurez la décence de vous excuser !

Je suis moi-même surprise par la virulence que j'ai insufflé dans ma voix et mes paroles. Je veux bien accepter les critiques mais pas la méchanceté gratuite. Si monsieur-le-patron-imbuvable a passé une mauvaise journée, je n'ai pas à en faire les frais. Je réalise soudain que je me suis approchée de lui sans m'en rendre compte et cette proximité ne fait qu'attiser ma colère. Bon sang, pourquoi ne suis-je pas capable de garder mes distances avec cet odieux personnage ?

Pour toute réponse, Mr Archer brise la faible distance restant entre nous et baisse la tête pour poser son front contre le mien. Ce contact déclenche une étincelle dans mon ventre qui se contracte intensément. Si je veux le regarder dans les yeux, je suis obligée de lever la tête et mes lèvres se rapprocheront dangereusement des siennes. Alors je ne bouge pas, seuls mes iris se redressent pour lui envoyer des éclairs. Ses pupilles noires de colères sont encore plus hypnotisantes qu'à l'accoutumée et je suis incapable de lire en lui. Son visage est fermé et cela ne présage rien de bon. 

Je tente de décoller mon front de sa peau et de m'éloigner mais il m'en empêche en empoignant fermement ma hanche droite. Son geste est brusque et désordonné. C'est comme s'il avait réagi par réflexe, comme s'il redoutait que je m'éloigne. Son regard indéchiffrable commence à muer, envahi par une vague que je n'arrive pas à distinguer. Ses doigts s'agrippent de plus en plus fortement à ma hanche quand il prononce ces mots à quelques centimètres de mes lèvres.

-Ne jouez pas l'effrontée Candice, on sait tous les deux que si j'ai accepté de vous embaucher, c'est uniquement pour votre magnifique petit cul.

Mes mains me démangent dangereusement et je dois user de tout mon self-control pour ne pas me laisser emporter. Je pose alors ma main sur la sienne toujours accrochée à ma hanche et relève fièrement la tête. Nos regards se vrillent en un instant et nos bouches se frôlent presque. J'ignore comment je réussis à ne pas trembler... L'adrénaline probablement.

-Vous avez de la chance que nous soyons sur notre lieu de travail. Dans un autre contexte, soyez sûr que je vous aurais collé la gifle la plus monumentale que vous n'avez jamais reçue. Maintenant, vous m'excusez mais je vais vous laisser ruminer votre hargne et je vais rentrer chez moi.

Tout en prononçant ces mots, j'ai planté mes ongles dans sa main pour l'obliger à défaire son emprise sur ma hanche. Son visage surpris s'éloigne légèrement du mien et j'en profite alors pour m'échapper. Je tourne précipitamment les talons et tente de me diriger vers la sortie de cette pièce quand je sens sa main agripper brutalement mon bras et me tirer vers lui. Je manque de trébucher sous la violence de ce geste et me retrouve plaquée contre son torse, pratiquement dans ses bras. Je pose alors mes deux paumes contre sa chemise pour me stabiliser et conserver une certaine distance entre nos deux corps mais ce mouvement ne fait qu'augmenter mon trouble. 

Sous mon toucher, je perçois son cœur battre à une vitesse fulgurante, faisant écho au mien totalement chamboulé par toute cette scène. Ses muscles bandés étirent sa chemise sous mes doigts et je ne peux m'empêcher de me satisfaire de cette sensation. Avant de me laisser submerger par cette dangereuse attraction, je ravive la colère qui gronde en moi en plantant mon regard enragé dans le sien.

            

              

                    

Ses yeux me dévorent littéralement et je manque de faiblir sous l'intensité de ses pupilles dilatées. Sans me lâcher du regard, Ethan ôte sa main qui tenait fermement mon bras et enchaine des mouvements chaotiques avant de la reposer vigoureusement dans le bas de mon dos. Dans le creux de mes reins plus précisément. Ses gestes sont imprécis et fougueux, j'ai l'impression que lui non plus ne maitrise plus ce qui est en train de se passer. 

L'atmosphère entre nous a totalement changé en quelques secondes. Le désir se mêle à la colère et crée une tension électrisante qui nous lie silencieusement. Son corps est si près du mien que chacune de ses oscillations résonne au plus profond de moi. Son regard suit le mien, mes poumons s'emplissent d'oxygène au même moment que les siens et sa langue humecte sa lèvre inférieure au même rythme que la mienne. Je crois même que les battements frénétiques de mon cœur se sont alignés sur les siens. J'ai autant envie de le frapper que de me perdre dans ses bras. Je suis en train de me noyer dans ce tourbillon de sensations dévastatrices.

Je tente en vain de me défaire de son emprise quand sa main droite logée dans le bas de mon dos se fait plus dominatrice. Tout en raffermissant sa prise, Ethan glisse sa main gauche à la base de mon cou et perd ses doigts dans mes cheveux qu'il agrippe fermement. A cet instant, je comprends qu'aucun retour en arrière n'est maintenant possible. Je vois une vague de désir grandissante imprégner ses beaux iris et se refléter dans les miens. Mon corps tout entier se met à frémir lorsque ses lèvres charnues effleurent les miennes tout en émettant un son rauque des plus excitants.

-C'est moi qui décide quand tu peux partir et je n'en ai pas encore fini avec toi.

Soudain, sa bouche fond sur la mienne avec une urgence encore inconnue. Ses lèvres se moulent parfaitement aux miennes et entament des mouvements saccadés mais langoureux qui propulsent mon désir à son apogée. Je sens son souffle chaud se répandre en moi et je ne sais pas si je dois savourer cet instant envoutant ou le repousser pour m'enfuir. Alors que je tente désespérément de m'éloigner une dernière fois des flammes de l'enfer, la main insoumise de mon assaillant tire encore plus mes cheveux pour me forcer à relever la tête et lui offrir ainsi un meilleur angle d'attaque. Son baiser se fait plus fougueux encore quand ses doigts autrefois posés dans le bas de mon dos remontent frénétiquement pour atteindre mon cou et ainsi encadrer mon visage. Mon corps est maintenant collé à celui d'Ethan, je ressens notre attirance mutuelle exploser dans la pièce et des sensations encore inconnues détonent en moi.

Une délicieuse bulle de désir se loge dans mon bas ventre et grossit chaque seconde un peu plus. Mes jambes flageolantes m'obligent à me fondre encore plus dans les bras de cet homme qui se montrent dominants mais rassurants. Mon cœur cogne toujours plus fort dans ma poitrine et de savoureux frissons recouvrent entièrement ma chair partout sur mon corps. Je comprends à cet instant que je viens de goûter à une drogue dont je serai dorénavant incapable de me passer. Je suis shootée. Je suis accro. Plus fortes que l'héroïne, ses lèvres ont posé leur marque indélébile et je suis désarmée, impuissante. 

Son parfum suave si viril m'ensorcelle et j'ai l'impression que tous les pores de ma peau s'imprègnent de cette odeur si fascinante. Je suis littéralement enjôlée par l'action des mains d'Ethan qui m'enveloppent dans un cocon de désir tout en étant brutales et pressées. Sa langue se fait maintenant plus impérieuse et essaie de franchir la barrière de mes lèvres. Je montre une dernière résistance en ne les ouvrant pas immédiatement mais mon beau combattant use de moyens déloyaux pour me faire craquer. Ses dents se mettent à mordiller subtilement ma lèvre inférieure et je ne peux retenir un gémissement quand sa langue trouve enfin la mienne pour l'accompagner dans une danse endiablée. Ethan quant à lui, lâche un râle rauque qui se diffuse dans ma bouche pour envahir ma gorge et faire vibrer mon corps tout entier. Il n'en fallait pas plus pour déclencher un raz-de-marée de désir brulant qui part de ma bouche pour s'accaparer chaque parcelle de ma peau.

            

              

                    

Je me laisse alors totalement aller dans ce baiser. Je n'ai jamais rien vécu de si intense avec un homme. La fougue se mêle au désir, l'urgence s'immisce dans notre extase et la colère exacerbe notre ardeur mutuelle. Mes mains se montrent alors avides de son toucher et je les pose fiévreusement sur ses larges épaules puis sur son torse sculpté avant de les abandonner impétueusement dans ses cheveux. Sa langue se fait plus ardente encore et elle vient maintenant taquiner fougueusement mes lèvres, puis ma mâchoire et descendre le long de mon cou pour dévorer ma gorge. Ses baisers sont absolument divins et je suis incapable de tenir sur mes jambes tellement les sensations qu'il m'offre sont inespérées.

Sentant que je suis en train de littéralement défaillir, les mains d'Ethan quittent rapidement mes cheveux pour se plaquer dans mon dos afin de me maintenir toujours plus fermement contre lui. Ses lèvres retrouvent alors fébrilement les miennes, comme si chaque minute nous était comptées. Le plaisir qu'il me procure est à la fois exquis et saisissant, à tel point que je ne compte plus les gémissements qui sortent malencontreusement de mes lèvres.

A travers le brouillard qui embrume mes yeux, je parviens à percevoir les pupilles magnétiques du beau brun qui me fait sienne. Ses yeux me couvent du regard, comme s'il avait besoin de capter chacune de mes réactions face à ses baisers. Le voir me fixer si intensément de ses iris noircis par le désir ne fait qu'augmenter le feu qui me brule. Je raffermis ma prise dans ses cheveux et suis prise d'une irrépressible envie de le toucher, de le parcourir, de le découvrir. Mes doigts s'aventurent alors dans son dos par-dessus sa chemise qui cache une peau que je rêve de picorer puis viennent caresser son torse où ses muscles s'étirent imperceptiblement sous mon toucher. Poussée par l'audace dont font preuve mes mains, ma langue quitte brutalement sa bouche chaude et humide pour tourmenter tous ses sens. Je veux qu'il me sente, qu'il me ressente partout en lui, de la même manière qu'il s'est infiltré en moi. Au moment où nos lèvres se séparent, un souffle rauque émane de sa bouche et je lis dans son regard qu'il est aussi surpris que moi de cette réaction. Ses lèvres cherchent à butiner les miennes avec une envie fiévreuse mais j'ai d'autres projets.

Je me mets sur la pointe des pieds pour que mon visage soit à hauteur du sien et je commence à taquiner sa barbe naissante de mes lèvres humides. Ses yeux se ferment intensément et il penche légèrement la tête pour agrandir mon terrain de jeu. Je ne peux m'empêcher de sourire en le voyant savourer mes baisers. Je suis soulagée de voir que je ne suis pas la seule à perdre complètement mes moyens, Ethan me rejoint dans ce cocon dans lequel il m'a enfermée et se laisse aller avec moi. Alors qu'une de ses mains se perd à nouveau dans mes cheveux et que l'autre caresse fermement mais langoureusement ma joue, je continue ma douce torture et trace un chemin de baisers humides entre sa bouche et son lobe. Je m'apprête à lui assener le coup de grâce en collant plus fermement ma poitrine contre son torse quand mon téléphone se met à vibrer dans la poche arrière de mon pantalon.

Cette vibration me ramène instantanément à la réalité et je repousse Ethan par réflexe, comme si je découvrais seulement en cet instant qu'il n'était fait que de poison. Ne comprenant pas ma réaction, ce dernier chercher à me retenir mais je réussis à me défaire définitivement de son emprise. Notre bulle de désir explose, notre cocon se désintègre et il ne reste plus que lui m'interrogeant de son regard noir de désir et moi, pantelante et paniquée. Je me retourne vivement pour lui échapper et me dirige presque en courant vers la porte. Je ne distingue aucun bruit derrière moi et je suis secrètement soulagée qu'il ne cherche pas à m'étreindre ou à me suivre. Trop heureuse d'avoir un prétexte pour éviter toute discussion embarrassante, je décroche sans regarder qui est l'auteur de cet appel salvateur.

-A-allo ?

J'arrive à peine à articuler tandis que ma voix semble venir d'outre-tombe.

-Can-can ? C'est moi. Bon, ce soir tu me rejoins à la maison et je te promets qu'on va s'éclater. Tu verras, tu vas t'en rappeler de tes 27 ans !

            

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