Bibliothèque
Français
Chapitres
Paramètres

26

                    

-Maintenant ? C'est à dire que je suis bien occupé, là. 

-Tu es toujours occupé Louis. Et tu ne réponds jamais à ton téléphone quand je t'appelle. 

-Ce n'est pas vrai ! m'insurgé-je, déjà agacé par cette discussion. 

-J'ai essayé de te joindre au moins trois fois ce matin. 

Je tâte mes poches à la recherche de cet objet de malheur. J'ai dû l'oublier quelque part sur mon plan de travail. Et quand je suis plongé dans mes préparations, il en faut beaucoup pour me déconcentrer. 

-Ce n'était pas intentionnel, j'ai encore dû laisser trainer mon téléphone quelque part. 

Je tourne la tête vers la cuisine, tracassé par mon caramel qui doit déjà avoir durci. Je tergiverse mais je finis par ouvrir un peu plus la porte pour indiquer à Ariane qu'elle peut entrer. Elle me sourit en me remerciant. 

-Je veux bien qu'on discute mais je dois retourner en cuisine. Tu me suis ? 

Elle accepte sans faire d'histoire. Je lui indique un haut tabouret au bout du plan de travail. Elle s'exécute silencieusement pendant que je remets ma casserole de caramel sur le feu. Grâce à une thermosonde, je guette le moment où il atteindra la température idéale pour que je termine de le mettre en forme. 

-Je voudrais te parler de Mila. 

Je me crispe imperceptiblement mais je hoche le menton. Bien sûr qu'elle est là pour parler de ma fille, même si je donnerai tout pour la voir disparaitre. 

-Je sens bien que ma présence ne te ravit pas. Je le comprends tu sais, cela ne doit pas être facile pour toi de me voir débarquer dans vos vies et d'essayer de trouver ma place. 

-Non, ce n'est pas facile, rétorqué-je en m'armant de ma spatule en inox. 

-J'ai essayé de te laisser du temps, de ne pas être trop brusque et de ne pas m'imposer mais j'ai besoin de passer du temps avec Mila. Chaque jour, j'apprends à la connaitre un peu plus. Elle est merveilleuse ! Elle me fascine ! 

Je souris sans me retourner. 

-Mais j'aimerais pouvoir passer encore plus de temps avec elle. Je voudrais pouvoir aller la chercher à l'école, passer tout un weekend entier avec elle. 

L'agacement se fait de plus en plus marqué mais je ne dis toujours rien. 

-Je sais que ce n'est pas ce que tu as envie d'entendre Louis. Mais je suis sa mère et j'ai besoin de ces moments pour créer un lien avec ma fille. 

Un long silence prend place entre nous. Si long que je me dis qu'elle va peut-être se lever et enfin partir. Mais j'ai tort. Parce que je devrais savoir depuis longtemps qu'Ariane n'abandonne pas aussi facilement. N'abandonne plus aussi facilement.  

-C'est compliqué pour moi. Je... pendant six ans, je me suis débrouillé seul. Je ne l'ai confiée à personne. Je suis le seul à être allé la chercher à la garderie ou à l'école. A part chez sa copine Ella, elle n'a jamais découché. Et encore, ce n'est arrivé qu'une seule fois et Mila a vraiment eu du mal à me convaincre. 

-Je te comprends Louis, je te jure que je te comprends. C'est pour ça que je veux que tu m'aides. Dis-moi comment faire. Dis-moi ce qui te conviendrait le mieux ? 

-Je n'en sais rien, soufflé-je, dépassé par ses questions. 

-Je... 

Ariane hésite longuement avant de reprendre la parole. 

-Je suis ici depuis un mois. Mes congés touchent à leur fin et je vais bientôt devoir rentrer en France. 

Je me retourne brusquement, ne manquant pas de me brûler avec le caramel dégoulinant de ma spatule. Je jure entre mes dents, pose l'outil en inox pour foncer mettre mon doigt sous l'eau. 

            

              

                    

-Tu vas partir ? 

-Je vais devoir reprendre l'avion oui, mais je reviendrai aussi souvent que possible. 

-Tu... tu l'as dit à Mila ?  

-Pas encore. Je voulais t'en parler avant, pour voir comment on pourrait s'organiser. 

-S'organiser ? demandé-je bêtement. 

-Et bien... ma vie est France et...

-Et la notre en Irlande, la coupé-je sans ménagement. 

-Mais la tienne a commencé en France. Et je me demandais s'il serait envisageable que vous... enfin, que vous... reveniez vivre en France. 

-Q-quoi ? 

-Ce serait plus simple pour tout le monde, tu sais. Tu pourrais facilement trouver un logement et un boulot, moi je serai à côté et ensemble on pourrait s'occuper de Mila.

-Ecoute-moi bien parce que je ne le dirai qu'une seule fois, m'énervé-je avec mon index levé. Nous n'irons jamais vivre en France. Tu m'entends ? Jamais. Notre vie est ici, les amis de Mila, son école, son environnement, notre maison même si elle n'est sûrement pas aussi jolie que celle de mes rêves, mon travail... tout est ici. Nous ne partions pas de ce pays. 

Ariane soupire en baissant les yeux au sol. Ses mains se rejoignent entre ses cuisses, elle joue distraitement avec ses doigts pour masquer sa gêne. 

-Je me doutais de cette réponse. 

-Je ne comprends même pas comment tu as pu me poser cette question ! 

-Mets-toi un peu à ma place, aussi ! s'emporte-t-elle. Je viens de retrouver ma fille, j'essaie simplement de trouver un moyen de faire partie de sa vie.

-Si tu ne l'avais pas abandonnée, tu n'aurais pas besoin de chercher un moyen de faire partie de sa vie. 

Mes mots fendent l'air tels des missiles lancés pour tuer. Ariane relève précipitamment la tête pour planter son regard humide dans le mien. 

-Alors quoi ? Tu vas me le reprocher toute ma vie, c'est ça ? Tu crois que je ne m'en veux pas déjà assez ? Que je ne me déteste pas de l'avoir abandonnée ? J'en pleure tous les soirs depuis six ans Louis. Tous. Les. Soirs. Je sais que je suis la pire mère au monde mais qu'est-ce que je devrais faire ? La laisser tomber définitivement ou essayer de me rattraper et de sauver les années à venir ? 

Sa réponse brise un peu l'armure qui entoure mon coeur quand il s'agit d'elle. Assise sur son tabouret, les épaules recroquevillées et les joues baignées de larmes, Ariane me regarde. Et soudain, je n'ai plus les mots. Je lui en veux pour ce qu'elle a fait à Mila, pour ce qu'elle m'a fait mais elle est là, non ? 

-Pardon, je... excuse-moi. C'était méchant et inutile, soufflé-je alors que mes paroles peinent à se faufiler à travers ma gorge serrée. 

Ariane passe ses mains sur son visage pour faire disparaitre toute trace de sa vulnérabilité mais je la vois encore, dans chacun de ses gestes, dans la lueur qui brille derrière ses paupières. Elle reste silencieuse et je ne sais plus quoi dire. 

-Tu veux vraiment faire partie de sa vie alors ? questionné-je un peu naïvement. 

-Je le veux plus que tout. 

-Mais tu vas repartir. Ça va lui faire du mal, tu sais. 

Elle baisse les yeux. 

-Je sais mais je n'ai pas le choix. J'ai déjà soldé l'intégralité de mes congés. Si je ne retourne pas travailler la semaine prochaine, je vais perdre mon boulot. 

            

              

                    

-Qu'est-ce que tu as imaginé alors comme arrangement, une fois que tu seras en France ? 

-Déjà, j'aimerais lui acheter un téléphone portable pour qu'on puisse garder le contact au quotidien. 

-C'est non. 

-Louis ! Tu prétends vouloir trouver une solution mais en réalité, tu passes ton temps à me mettre des bâtons dans les roues !   

-Je ne te mets pas des bâtons dans les roues mais je ne suis pas d'accord pour qu'elle ait un portable à six ans. Elle est bien trop jeune pour ça ! 

-Ce serait notre seul moyen de pouvoir nous parler tous les jours ! 

-Non, vous pourrez aussi... 

-Je sais que je ne l'ai pas éduquée mais je l'ai mise au monde. J'ai quand même mon mot à dire dans son éducation. 

-Ne t'aventures pas sur ce terrain où je te mets à la porte ! m'emporté-je. J'essaie d'être patient et compréhensif donc ne me sors pas de telles inepties s'il te plait ! 

-Alors tu me proposes quoi ? 

-Que vous vous parliez par Skype. C'est ce qu'elle fait déjà avec Bastien et mes anciens tuteurs. Vous pourrez vous appeler quand vous le voulez, on a un ordinateur à la maison. 

Ariane soupire mais elle capitule en grommelant des mots dont je ne veux même pas connaitre le sens. 

-Et tu penses revenir quand en Irlande ? 

-Je ne travaille pas le weekend alors je me disais que je pourrais peut-être venir un weekend sur deux ? J'ai regardé les prix des billets d'avion, des locations de voiture et des hôtels. Avec le peu que j'ai mis de côté, je pense pouvoir tenir ce rythme sur la durée. 

-Un week-end sur deux, répété-je, le regard perdu dans le vide. 

Je réfléchis à ce que cela impliquera. Tous les quinze jours, les samedis et les dimanches de Mila seront réservés à Ariane. Cette idée me provoque un pincement au coeur mais je pense que ma fille apprécierait cet arrangement. Cela nous laisserait quand même un peu de temps pour nous. 

-Ça me parait pas mal, avoué-je à contrecoeur. 

-Vraiment ? 

Ariane me regarde avec de grands yeux exorbités. 

-Oui. Bon, il faut tout de même qu'on demande l'avis de Mila mais je pense que cette organisation lui plaira. Par contre, ne t'avise pas de prendre ces rendez-vous à la légère et de lui faire faux bond, elle ne s'en remettrait pas. 

-Tout ce que je veux Louis, c'est que Mila soit heureuse. Je sais que tu n'as pas confiance en moi mais je te prouverai que j'ai changé. L'idée de la perdre à nouveau aujourd'hui, c'est... c'est insoutenable. 

Je hoche le menton, un peu rassuré par ses propos. 

-Je suis contente qu'on soit arrivés à se mettre d'accord. Je... je vais te laisser maintenant, tu dois avoir du travail. 

-Oui, j'ai encore pas mal de choses à faire. Quand penses-tu parler à Mila ? 

-Le plus tôt sera le mieux, pour qu'elle ait le temps de se faire à mon départ. Ce soir ? 

-D'accord. 

Alors qu'elle abaisse la poignée de la porte de la cuisine, je prends une grande inspiration et je me lance, avant de regretter mes paroles. 

-Tu veux venir à l'appartement pour lui parler ? Je pense que Mila sera contente de te montrer sa chambre.

Le bonheur étincelle dans ses yeux. Sa voix tremble un peu, mélange d'incrédulité et de surprise. 

            

              

                    

-Oui, je... merci. Oui, c'est d'accord. 

Je souris brièvement avant de me concentrer sur le semblant de pièce montée qui me dévisage. Il est déjà l'heure d'ouvrir le pub et je n'ai pas du tout avancé. J'entends Ariane quitter les lieux mais je prends une minute pour enregistrer tout ce que nous nous sommes dit. A ma grande surprise, j'appréhende son départ. J'espère qu'il ne bouleversera pas trop ma fille. 

La journée me passe dessus comme un tsunami. Je suis distrait, préoccupé, et bien sûr, cela se traduit par des verres cassés et des préparations renversées au sol. Quand arrive l'heure d'étudier avec Holly, je suis à la fois soulagé de la retrouver et embêté par mon manque de motivation. 

-Louis, ne lâche rien, me réprimande-t-elle en passant ses bras autour de mon cou. Tu as fait des progrès incroyables en seulement quelques mois, tu arrives maintenant à lire des petits textes et des recettes. Tu fais encore pas mal de fautes quand tu écris mais bien moins qu'avant. Alors s'il te plait, fais moi le plaisir de laisser de côté tes soucis et de t'accorder un moment pour toi, rien que pour toi. Nos séances sont fastidieuses, je te l'accorde mais quand tu y repenseras dans quelques temps, tu seras fier d'avoir tenu et de pouvoir enfin lire et écrire. 

J'écrase fougueusement mes lèvres contre les siennes pour la remercier. Durant plus de deux heures, je fais de mon mieux pour venir à bout de mots et de textes. Holly a raison, j'ai vraiment beaucoup évolué grâce à elle et je ne compte pas m'arrêter là. Pendant que nous sommes assidument plongés sur nos fiches, Mila profite de sa mère qui lui a proposé de l'emmener se balader après qu'elle ait terminé ses devoirs. 

Elles regagnent l'appartement une dizaine de minutes après que nous ayons mis un point final au travail du jour. Mila est folle de joie de pouvoir enfin lui montrer sa chambre. Quand Ariane passe devant le salon, elle m'adresse un remerciement silencieux. Elle parait particulièrement émue. Elle découvre avec des yeux émerveillés l'univers de sa fille qui prend le temps de lui présenter chacun de ses doudous, chacun de ses livres. Je me poste à la porte de la chambre pour aider Mila à communiquer avec sa mère. Même si cette dernière a déjà appris beaucoup de signes, c'est encore difficile pour elle d'avoir une vraie conversation construite. Pour la première fois depuis le retour d'Ariane, je réalise à quel point elle est heureuse de partager un moment aussi simple avec Mila. Elle la couve du regard, caresse souvent ses cheveux. Elle prend plaisir à poser délicatement sa paume sur la joue de sa fille pour l'étreindre tendrement avec son pouce. C'est une multitude de petits gestes auxquels je n'avais pas fait attention qui me sautent aux yeux aujourd'hui. 

Une fois que ma lilliputienne a terminé l'inventaire de sa chambre, sa mère lui propose de lui parler un peu plus sérieusement. Je propose aux deux filles de nous installer dans le salon. Je vois aussitôt le regard de Mila se voiler, l'angoisse ternir son doux visage. Nous rejoignons Holly qui dépose un petit baiser sur le sommet du crâne de ma fille quand elle s'assoit à côté d'elle. 

-Est-ce tu veux que je vous laisse ? me demande ma jolie blonde. 

-Non, tu peux rester. 

Ariane se tourne vers Mila qui attend sa sentence. Elle pose sa main sur sa cuisse. 

-Cela fait déjà un mois que je suis là et je vais bientôt devoir repartir en France ma chérie. 

Je ne m'attendais pas à une déclaration aussi brusque. Les grands yeux noirs de Mila se remplissent de larmes qu'elle ne peut contenir. Son petit corps se met à tressauter et soudain, elle suffoque. Je me précipite vers elle, m'agenouille à sa hauteur en prenant ses mains dans les miennes. Holly pose une paume rassurante sur son épaule tandis qu'Ariane, visiblement paniquée elle-aussi, ne cesse de lui caresser les cheveux. 

            

              

                    

-Regarde-moi Mila, signé-je en plantant mon regard dans le sien. Tout va bien. Respire doucement. Inspire, expire. Voilà, comme ça. 

Mila fait l'effort de suivre mes directives et rapidement, elle reprend le contrôle de son corps. 

-Ta mère n'a pas fini de parler, écoute-la jusqu'au bout. Tout va bien. 

Je me tourne vers Ariane qui ne semble plus vraiment quoi dire. De mes yeux noirs cachés derrière mes lunettes, je lui intime de rassurer ma fille, de ne pas laisser planer le suspense plus longtemps. 

-Je... je vais revenir Mila, je ne vais pas te laisser. Je suis obligée de rentrer à cause de mon travail, parce que mes vacances se terminent et que je dois y retourner mais je vais revenir. J'ai adoré tous les moments qu'on a passés ensemble et je veux faire partie de ta vie, même si j'habiterai un peu loin. Je te promets que je ne te laisserai plus, d'accord ? On pourra se parler par skype tous les soirs et je reviendrai un weekend sur deux. Je vais essayer de trouver un petit appartement ou sinon j'irai à l'hôtel, je ne sais pas trop encore. Mais ton papa est d'accord pour qu'on passe un weekend sur deux ensemble. Est-ce que ça te convient ? 

J'ai signé le discours d'Ariane pour que Mila n'ait absolument aucun doute. Au fil des mots de sa mère, sa respiration s'est apaisée et son sourire est revenu. 

-Tu promets que tu reviendras et qu'on passera deux jours ensemble à chaque fois ? 

-Je te le promets ma fille. 

Il y a tellement d'émotions dans la voix d'Ariane que je regrette que Mila ne puisse pas l'entendre. Elle comprendrait sûrement que sa mère dit vrai. Parce que j'en suis maintenant persuadé. Elle dit vrai. Elle regrette vraiment le passé et elle fait tout pour se racheter. 

Mila saute dans les bras de sa mère qui laisse échapper quelques larmes. Je les regarde, un peu ému moi aussi, s'étreindre fougueusement. Je sens le regard d'Holly sur mon visage, je relève le nez pour lire de l'inquiétude dans ses belles billes bleues. Moi aussi je suis inquiet, à vrai dire. Mais pour moi, pas vraiment pour ma fille. J'ai peur de devoir la partager et de rompre notre lien, qu'il se distende et s'étiole au fil du temps. Je me relève et m'installe à côté d'Holly qui attrape aussitôt ma main pour la serrer entre ses doigts. Je pose ma tête contre son épaule, elle penche son visage pour qu'il repose sur le mien. Et je me sens mieux. 

Mila se redresse et décrète qu'elle a encore d'autres jouets à montrer à sa mère. Cette dernière s'apprête à la suivre quand je les interromps toutes les deux. 

-Mila, est-ce que tu peux rester ici quelques minutes s'il te plait ? 

Ma fille me rejoint, se poste devant moi. 

-Si tu es d'accord, j'aimerais que tu expliques à Ariane comment tu te sens. 

Elle fronce les sourcils, l'air de ne pas trop savoir où je veux en venir. 

-Elle va bientôt partir, c'est peut-être le moment que tu lui ouvres ton coeur et que tu lui parles de ce qui te fait peur. 

Elle s'empourpre immédiatement, se cache le visage entre les mains. Délicatement, je chasse ses doigts pour lui rappeler qu'elle n'a pas à avoir honte de ce qu'elle ressent. Alors elle se retourne et le regard un peu fuyant, elle commence à signer. 

-Tu sais maman, j'ai beaucoup peur que tu m'abandonnes encore. 

Ariane porte une main tremblante à sa bouche à mesure que des larmes cascadent ses joues. 

-J'aime beaucoup quand tu es là, quand tu joues avec moi, quand tu m'aides à faire mes devoirs et quand on se balade. Et je veux pas que tu me laisses. 

-Je ne te laisserai plus jamais, je te le promets ma chérie. Je reviendrai toujours, toujours. 

Mila hoche la tête et laisse retomber ses bras le long de son corps. Dans son dos, je prends la parole sans qu'elle ne m'entende. 

-Je crois que Mila s'est mise en tête que si elle n'était pas parfaite, tu n'allais pas l'aimer. Et cette idée est en train de l'asphyxier. Est-ce que tu peux la rassurer ? demandé-je à Ariane.  

Cette dernière attire ma fille dans ses bras. Ses lèvres se mettent à bouger et j'espère sincèrement que ce qu'elle y lira pourra l'apaiser. 

-Je te trouve magnifique ma chérie. Tu es belle, intelligente, passionnante, rigolote et je suis fière d'être ta maman. Surtout ne change pas. Reste comme tu es parce que c'est comme ça que je t'aime. 

De nouvelles larmes sont versées. Je me recroqueville un peu plus contre Holly pour leur laisser un peu d'intimité. Bizarrement, je ressens comme un poids qui se décroche de ma poitrine et me laisse respirer un peu plus sereinement. Ma vie d'avant ne sera plus, c'est un fait. Mais Mila semble heureuse d'avoir retrouvé sa mère et c'est le principal. Avec Holly à mes côtés, avec le sourire étincelant de ma fille qui brille tous les jours, je commence à penser que l'avenir s'annonce surprenant mais tout aussi beau. Du moins, je l'espère.  

            

Téléchargez l'application maintenant pour recevoir la récompense
Scannez le code QR pour télécharger l'application Hinovel.