Joyeux anniversaire
Yseult
Je sursaute presque quand je l'entends se mettre à siffler, je n'ai pas bougé du sol depuis son départ, ne sachant plus comment je dois faire pour me mouvoir. Je claque littéralement des dents et je sens une goutte me tomber dessus au niveau de la bouche ; c'est rouge. Je comprends que Lloyd est en train de me renverser du vin rouge sur le visage, et celui-ci me pique les yeux, me faisant enfin cligner des yeux.
Je referme ma bouche qui était restée ouverte, et j'avale le fond de vomis qui me reste dans la gorge. C'est dégoutant, mais moins que ce vin amer qui dégouline sur mes lèvres, alors que je sens son souffle se rapprocher de mon oreille, et je tressaille. Tout mon corps se contracte, alors qu'il fait une pichenette à ma tempe et je me recroqueville enfin.
- Bon, tu veux aller sur le lit, ou on continue ici ? Me demande-t-il en portant le reste de son verre à sa bouche et je tremble de plus belle, n'arrivant plus à sortir un son de ma bouche.
- Yseult, décide-toi ! M'ordonne-t-il, mais je n'arrive pas à réfléchir.
Non, je réfléchis justement de trop à ce moment, et je sais que si je reste sur le sol, il ne pourra rien me faire de plus que de me frapper. Je décide donc de refermer mes lèvres, et de serrer mes bras plus fort contre moi, pour lui faire comprendre que je ne bougerai pas.
- C'est toi qui vois. Mais tu risques d'avoir plus mal sur le sol. Me lance-t-il en m'enjambant et je ferme les yeux, en voyant qu'il est encore nu comme un ver.
Mon dieu, dites-moi qu'il va reprendre ses esprits et aller enfin dans sa chambre, pour me laisser mourir sur le sol ?!
Mais ce fut trop lui demander ! Il ne lui faut qu'une seconde pour venir m'attraper par les cheveux et me ramener à son pénis. Je suffoque totalement cette fois-ci, sentant la totalité de son sexe à nouveau dans le fond de ma gorge et je crache littéralement quand il l'extrait de ma bouche. Je n'ai pas le temps de penser à reprendre mon souffle que Lloyd attrape mes seins de ses mains froides et dures, qu'il y a peu me semblait si chaude et qu'il pince mes tétons.
- Aaah ! M'écrié-je en ramenant mes mains sur ses avant-bras pour qu'il me lâche, j'enfonce mes ongles dans sa peau sans me contenir, et il lâche mes tétons pour m'asséner un coup de poing dans la figure. Mes lèvres brûlent sous l'impact de son poing, et je tombe en arrière.
- Non ! Supplié-je en le voyant se pencher sur moi et son regard bleu comme le mien est flamboyant de haine, le tatouage au-dessus de son sourcil me paralyse en le voyant se lever et je reçois un deuxième coup de poing au niveau de l'arcade cette fois-ci et c'est le noir total...
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Je me réveille à nouveau recroquevillée sous mon bureau, où je somnole depuis plus de vingt-quatre heures. Lloyd ne m'a plus approché, ni touché depuis que je me suis évanouie sous ses coups l'autre nuit. Mais bien qu'il se tienne loin de ma chambre depuis, je ne cesse de trembler sans cesse et mon coeur s'arrête, à chaque fois que j'entends ses pas dans l'appartement, ou même sa voix quand il est au téléphone.
Je resserre mes bras autour de mes jambes, et je passe doucement ma langue sur ma blessure à ma lèvre qui semble se cicatriser plus vite que je ne l'aurais cru. Mais ce n'est qu'une marque voyante, contrairement à la terreur qui vit en moi depuis cette nuit et qui ne sera pas la dernière à l'entendre dire.
Car aujourd'hui, nous sommes le dix juillet, et c'est mon quinzième anniversaire. Je devrais être heureuse de le fêter, comme je l'avais promis sur la tombe de mes parents, mais au lieu de cela je suis dans la terreur de ce jour depuis vingt-quatre heures. Lloyd me pensant toujours inconsciente alors que les heures avaient passé, est venu me lécher ma lèvre qu'il avait blessé, avant de me dire que mon anniversaire serait le meilleur jour de ma vie. J'ai dû retenir un cri de terreur en l'entendant dire cela, et depuis, il reste loin de moi.
Mais aujourd'hui, nous sommes ce fameux jour tant redouté, et je ne sais pas comment je vais survivre à mon frère. Je n'arrête pas de pleurer en silence, retenant mes cris de colère et de peur dans mon coude qui est marqué par la morsure de mes dents. Lloyd a toujours été proche de moi depuis que nous sommes enfants, et surtout depuis la mort de notre oncle avec qui il trainait souvent. J'étais pourtant si heureuse quand il venait dans ma chambre, même si c'était pour cuver son alcool comme disait papa.
Maman quant à elle, le regardait toujours d'un mauvais œil. Est-ce d'ailleurs pour cela qu'il a fait ce tatouage juste au-dessus de son sourcil ? Comme pour la narguer elle et son regard sur lui.
Mon coeur est pris à nouveau de tremblements incontrôlable, alors que le bruit de ses bottines est dans le couloir. Je ferme les yeux en respirant tel un petit chiot, priant qu'il ne vienne pas ici, mais les pas continuent dans le couloir et je sais qu'il se rend dans ma chambre.
" Non, pitié ! Laisse-moi là !"
Je me sens dévisagé, mais je me force à garder mes yeux ouverts, tandis qu'une odeur de chocolat me chatouille, si on peut dire, les narines.
- Joyeux anniversaire petite sœur. Fait-il de sa voix simple que j'ai entendue durant toute mon enfance. Une enfance qu'il est en train de me faire devenir un enfer. Je ne bouge pas, et je resserre une fois de plus mes bras et mes jambes contre moi. Si je pouvais rentrer dans le mur qui se trouve derrière moi pour lui échapper, j'y serais certainement.
- Allez, souffle les bougies avant que je ne perde patience. Me lance Lloyd un peu plus froidement et je tressaille.
Tout mon corps est si contracté en sa présence, que je ne suis même pas certaine d'arriver à souffler ses bougies, avec le peu de souffle que j'ai encore. Mais je sais que si je ne le fais pas, il va finir par m'y forcer et je souffrirai encore plus. Je dois prendre sur moi pour le faire, et il me laissera en paix. Il ne faut pas que je l'énerve plus qu'il ne semble déjà l'être.
Je relève doucement ma tête et j'entrouvre les yeux, espérant ne pas croiser son regard qui me glacera littéralement sur place et m'empêchera de souffler ses foutues bougies. J'ai mal au cou à force d'être restée dans cette position depuis des jours, et j'ai beaucoup de mal à ouvrir les yeux, mais la vue de ses lumières qui brillent devant moi, me réchauffent instinctivement le coeur. Ce sont les bougies que maman a acheté la veille de sa mort, et que je lui ai supplié d'acheter.
Qui aurait cru qu'une dizaine de jours après, je regretterais plus qu'amèrement ce choix ; ce sont des bougies qui se rallument...
- Bon, tu t'actives ! Claque cette fois-ci la voix de Lloyd et je suis prise de soubresauts intolérables dans l'état que je suis.
La douleur de mon corps meurtrit et la peur me font ressentir tout cela encore plus atrocement et je me mets à hoqueter de peur maintenant.
- Putain, tu fais chier ! S'exclame Lloyd en se levant et je me recroqueville de peur. Mon pouls s'accélère, alors qu'il balance certainement le gâteau contre un mur dans la chambre, au bruit de la vaisselle qui casse.
Je panique totalement à cet instant, parce que je l'ai énervé plus que je n'aurais du. Je me mords l'intérieur du coude, craignant sa réaction qui ne tarde pas et je pousse un cri de terreur quand il m'attrape durement en me tirant les cheveux.
- Sors de là maintenant ! Rage-t-il et je me sens tirée de dessous le bureau.
Mon corps est tellement endolori et contracté à la fois de la terreur que je subis depuis quarante-huit heures, que je n'ai aucune force pour me tenir debout. Lloyd, le remarquant certainement, m'attrape par la taille, et mes yeux se révulsent quand il me lance sur mon lit.
- Passons directement à ton cadeau. Me fait Lloyd et mon corps réagit enfin, comprenant ce qui va se passer en voyant qu'il défait son pantalon.
- Non, Non ! Arrivé-je à dire en essayant de descendre du lit, mais Lloyd me coince une main sur le matelas fortement, et de l'autre, il m'attrape la gorge pour y mettre toute sa force.
Je suffoque, pas un son ne sort de ma bouche alors qu'il se met à hauteur de mon bassin pour y appuyer son poids et m'empêcher de gigoter.
"Pitié, mais laisse-moi mourir !"
Je ne veux rien d'autre à ce moment quand je vois ce sourire sadique se former sur ses lèvres, avant qu'il ne vienne me lécher une nouvelle fois le visage de sa langue humide. Un relent de dégout s'échappe de ma bouche, et je sens ses doigts se desserrer autour de ma gorge.
- Ne t'inquiète pas, tu ne vomiras pas maintenant. Me fait-il d'un air amusé et je tressaille encore plus. Mon corps entier s'immobilise pourtant quand il bouge de moi, pour placer une jambe entre mes cuisses.
- Écarte tes jambes ! Rage-t-il voyant que je force comme je peux pour ne pas le laisser faire.
Je ferme les yeux, et je me concentre pour ne pas laisser mes jambes s'écarter, mais il est plus fort que moi et je sens limite ma hanche craquer quand il écarte mes cuisses durement.
- J'aurais pu être plus gentil avec toi, mais tu ne le mérites pas. Grommelle-t-il et il frotte son sexe contre mon intimité.
- S'il... S'il te plait, laisse-moi. Parvené-je à dire la voix écorchée de peur, alors que je sens son pénis à l'entrée de mon intimité, et que je comprends ce qui va se passer.
Je me contracte de plus belle, et Lloyd n'en a clairement rien à foutre de mes pleurs à cet instant. J'agrippe ma couette en dessous de moi, et mes doigts s'y crispent comme jamais auparavant quand il force mon intimité d'un coup et j'hurle instinctivement, voulant m'échapper de son emprise.
- Arrête de bouger ! M'ordonne-t-il en m'assénant un coup de boule et mon souffle se coupe, comprenant l'horreur qu'il me fait.
Son pénis entré en moi, me fait hurler de douleur intérieurement à chaque mouvement qu'il fait. Mais quand il voit que je n'ai certainement pas assez mal à son goût, il replie mes jambes contre mon ventre pour asséner plus fermement ses coups en moi et je hoquète de douleur et de dégout.
- Oh bordel, depuis le temps que j'aurais dû le faire. Semble-t-il s'amuser à dire.
Mes yeux s'ouvrent tout seul à cet instant, écœuré de me rendre compte qu'il a toujours eu ses intentions envers moi et mon regard troublé de mes larmes se posent sur la photo de nos parents.
" Maman aide-moi ! "
Mais une douleur atroce me ramène à fermer les yeux quand LLoyd commence à me tordre les tétons et je pleure de plus belle. Je veux mourir, je veux qu'il me tue là maintenant. S'il veut me faire souffrir, je préfère qu'il en finisse maintenant.
Je ressens ses coups partout dans mon corps, alors qu'il émet des sons étranges avec sa bouche et je ne veux pas l'entendre. Je porte mes mains de dégout à mes oreilles.
- Non, écoute bien ! Grince-t-il entre ses dents, tout en ramenant mes mains sur le lit, me serrant les poignets qui brûlent à son contact.
- Écoute comme ton corps m'envoie du plaisir. Me fait-il et je hoquète encore plus de dégout en l'entendant pousser des bruits de plus en plus étranges.
- Là, tu vas être seulement bonne pour recevoir ton cadeau. Me glisse-t-il à l'oreille, avant de sortir de moi.
Et si je pensais que mon enfer ne pourrait pas être pire, il ne fait pourtant que commencer...
