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Entre rêves et ambitions

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Amanda Jordy
39
Chapitres
280
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9.0
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Résumé

Hannah pense que devenir riche l’aidera à réaliser tous ses rêves et pour cela ne fréquente que des hommes ayant une bonne situation financière. Elle a essuyé quatre ruptures jusqu’à rencontrer Rafael Taylor, un homme plein aux as qui lui promet tout ce qu’elle désire, mais en échange du mariage. Hannah devient superstitieuse et se demande si ce n’est pas un piège. Elle accepte finalement l’accord, mais se heurte à une situation des plus inattendues. Elle est attirée par Andrew Alsin, le bras droit de Rafael.

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Prologue

Le réveil de ce matin m’a laissé un goût amer dans la bouche. Je suis tombée sur le dernier message de mon mec. Enfin, de mon ex puisque dans ce message il rompt avec moi. Il me jette aux oubliettes après 2 ans de vie de couple. J’en ai la rage au cœur. C’est la quatrième relation qui part en cacahouète. La quatrième chance pour sortir de cette situation misérable dans laquelle je nage depuis toujours. Pourtant je n’ai rien à me reprocher. Absolument rien. Je suis belle et très attirante. La gentillesse fait partie de mes qualités et il m’arrive d’être douce aussi. Je ne comprends donc pas pourquoi on me largue et ce sans aucune raison évidente.

Assise sur le lit et le téléphone en main, je relis pour la énième fois ce message qui est à l’origine de ma mauvaise humeur.

« Hannah, je suis désolé de devoir t’infliger cela, mais on ne peut plus continuer. Je préfère qu’on mette un trait sur nous deux. »

Il me sort ça après deux ans de vie passé ensemble. Et moi qui me voyait déjà mariée avec lui, disant ainsi adieu à cette misérable vie de solitude. Je soupire de lassitude. Ce salaud s’est bien payé ma tête. Je n’ai en plus rien vu venir. Aucun signe pour m’alarmer.

Mon téléphone sonne, m’arrachant à mes déceptions. Un autre soupire m’échappe en lisant le nom affiché sur l’écran. Mais que me veut celui-là encore ?

-Quoi ?

-Euh…Salut Hannah. Je voulais savoir si…euh…

-Si quoi ?

-Est-ce possible que tu acceptes de diner avec moi aujourd’hui ?

-Non !

Je raccroche aussitôt dit. Non mais franchement y’en a pas un pour rattraper l’autre. L’un me largue et l’autre m’harcelle sans répit.

Le téléphone sonne de nouveau. Une rage naissante monte en moi. J’espère que je n’aurai pas à me répéter. Je remarque avec soulagement que le correspondant à changer. Je décroche avec plus d’entrain.

-Salut Esther.

-Hannah, ça va ?

-Ouais, enfin si on veut.

-Si on veut ? Et puis c’est quoi cette voix maussade que j’entends ?

-Oh bof pas grand-chose. Théo vient de me larguer. Sinon ça va.

-Ah je vois. C’est donc ça.

Je remarque à travers sa voix qu’elle n’a pas l’air très étonné. On dirait presque qu’elle s’y attendait.

-Tu ne vas pas me consoler Esther ?

-Bien sûr que si. Dis tout ce que tu veux. C’est moi qui régale.

Je souris. Avec Esther au moins, je ne m’ennuie pas. Une heure plus tard, on se retrouve toutes les deux dans notre bar habituel à siroter des cocktails. Elle me rapporte les derniers potins de la ville. On ne s’en prive jamais. Ici en France il y a toujours de quoi cancaner.

-Alors, que s’est-il passé exactement entre vous ? me demande mon amie.

-Je ne sais pas. Tout allait bien jusqu’à hier. Et aujourd’hui il m’envoie ce message de rupture. C’est insensé.

-Il a peut-être découvert la véritable raison pour laquelle tu es sortie avec lui non ?

Je relève les yeux de mon verre et les plante dans ceux de Esther.

-Impossible. Comment aurait-il pu ? A part toi, je n’en ai parlé à personne.

Elle a soudainement un regard fuyant, comme si elle me cachait quelque chose. Je repense aussitôt à son attitude au téléphone aujourd’hui quand je lui ai annoncé pour ma relation avec Théo.

-Esther, as-tu quelque chose à avoir avec ça ?

Elle ne répond pas et boit son cocktail. Elle me lance par la suite un air navré.

-Je suis désolée Hannah.

Je manque de tomber à la renverse.

-Tu le lui as dit ? Tu m’as poignardé dans le dos Esther ?

-Non, ce n’est pas moi.

-Qui c’est alors ?

-C’est Adèle.

-Adèle ? Ta sœur ?

-Oui. Elle a entendu une de nos conversations dans laquelle j’essayais de te convaincre d’arrêter de sortir avec des hommes que par intérêt. Elle est allée voir Théo dans mon dos pour tout lui raconter.

Je suis sans voix. Sa sœur ? C’est vrai qu’Adèle ne m’a jamais apprécié. C’est réciproque d’ailleurs. Mais de là à détruire ma seule chance d’atteindre un niveau de vie plus élevé ?

-Je te demande pardon en son nom. Je suis désolée pour ce qu’elle a fait. Même si je considère toujours que cette relation n’avait pas d’avenir, elle n’avait pas le droit d’agir de la sorte.

Je la regarde et ne peut m’empêcher de ressentir de la colère. C’est de sa faute. Tout est de sa faute. Si elle avait su la fermer, je n’en serais pas là. Théo n’aurait pas rompu avec moi.

Elle continue d’implorer mon pardon, mais je ne l’écoute plus. Je me lève pour partir.

-Hannah je t’en prie, dit-elle en se levant à son tour.

-Prie juste qu’il ne soit pas trop tard et que Théo reconsidère sa décision.

Je m’en vais sans plus rien ajouter.

Ça fait deux jours que Théo m’a envoyé ce message. J’ai essayé de l’appeler. Je lui ai même envoyé des messages, mais sans succès. Je n’ai eu aucune réponse. A croire qu’il ne veut vraiment plus me sentir. Mais je ne peux pas en rester là. Il faut que je fasse quelque chose. Je ne peux pas le perdre. Théo a été et de loin le plus aimant, le plus prévenant et le plus fou des amants que j’ai eus. A part le fait qu’il soit riche, c’est aussi un très bel homme. Il arrive que des femmes me jalousent en nous apercevant ensemble dans la rue. Je voyais en lui un homme parfait. Et même si je ne l’ai jamais aimé, je me sentirais mal s’il décide de ne pas me pardonner.

Le grincement de la porte me fait savoir qu’il vient d’arriver. Assise sur le bord de son bureau, je le regarde avancer. Il n’a pas l’air surpris de me voir. Sa secrétaire doit l’avoir déjà avertie de ma présence. Il s’arrête à quelques pas de moi et me reluque ouvertement. J’ai opté en ce jour pour un crop top possédant un décolleté plongeant qui se termine par un nœud papillon. Pour le bas, un legging m’a semblé le plus apte à le stimuler.

-Bonjour Théo.

Il se reprend et rapporte ses yeux sur mon visage.

-Que fais-tu ici ?

-Vu que tu ne répondais à aucun de mes appels, j’ai pensé à venir te voir.

-Il me semble que nous avons déjà rompu. Je ne vois donc pas pourquoi tu te gênes autant, Hannah.

Je me redresse et réduis la distance entre nous. Je le sens troublé par cette proximité. Je sais, c’est fait exprès. On ne se quitte pas des yeux. Il me dépasse en général de taille, mais les talons que j’ai portés me permettent de me hisser à sa hauteur. Je peux sentir son souffle. Il est de plus en plus rapide.

-Je suis désolée pour ce que tu as appris Théo, mais laisse-moi te dire que ce n’est pas vrai.

Je lève la main pour lui caresser la joue, mais il me retient par le bras. Il me lâche et passe près de moi pour aller prendre place derrière son bureau.

-Et qu’ai-je appris au juste ?

Je me retourne pour rencontrer son regard glacial.

-Adèle t’a dit des mensonges.

-Quels mensonges ? Ah tu parles du fait que tu ne m’as jamais aimé ? Ou de celui stipulant que tu n’as été avec moi que pour mon argent ?

-Ni l’un ni l’autre. Elle t’a menti. Crois-moi. Elle m’a toujours jalousé. Elle ne supportait pas que tu sois avec moi.

Un sourire amer se dessine sur ses lèvres.

-Tu sais, Hannah, j’ai toujours cru qu’on était fait pour être ensemble toi et moi. Je croyais avoir déjà trouvé la femme de ma vie.

-Et tu l’as trouvé mon amour. C’est bien moi. Ne laisse pas cette fille détruire notre amour.

-Tu sais comment Adèle m’a prévenu ?

Il prend son téléphone et le manipule. Il tourne ensuite l’écran vers moi. Un audio passe et je reconnais ma voix ainsi que celle d’Esther. La salope ! Elle nous a enregistré. Je reconnais cette conversation qu’on avait eu Esther et moi. C’était il y a une semaine. Esther a toujours été au courant de mes ambitions. Elle savait que je ne sortais avec Théo que pour son argent. Elle me conseillait à chaque fois d’arrêter d’être matérialiste. Bien évidemment je ne l’ai jamais écouté. Tout ce qui m’importe c’est de me marier à un riche et de quitter ce pays pour de bon. J’ai beaucoup trop souffert dans mon enfance pour pouvoir continuer dans cette vie misérable. De plus, je n’ai jamais aimé qui que ce soit et je ne pense pas y arriver un jour. Ce n’est pas mon destin. Lorsque l’audio prend fin, il redépose le téléphone sur la table et me fixe en silence, la mine grave.

-Je suis désolée Théo.

-Inutile d’être désolée. Cela ne changera rien.

-Pardonne moi alors. Laisse-moi tout réparer.

-C’est impossible.

-Je sais que je t’ai fait de la peine Théo, mais je te promets que je ne recommencerai plus.

-Tu ne m’aime pas. Comment veux-tu arranger ça Hannah ?

-Ça viendra avec le temps mon amour.

-Ne m’appelle pas mon amour ! crie-t-il soudainement en se levant.

Il me regarde avec fureur, les poings formés. Le ton dur avec lequel il vient de me parler me surprend. Il n’avait jamais haussé la voix sur moi. Jamais auparavant. Je feins d’être bouleversée par cette attitude des plus déconvenues en m’asseyant péniblement dans le fauteuil qui se trouve devant moi. Il se retourne et se passe la main dans les cheveux.

-Je peux supporter que tu n’eusses pas de sentiment pour moi, poursuit-il sans se retourner. J’aurais tout fait pour que tu m’aimes. J’aurais tout donné pour que nos sentiments soient réciproques. Mais vouloir m’épouser juste pour le confort, je ne peux l’accepter.

-Essaie au moins de me comprendre Théo. J’ai grandi dans la pauvreté, sans personne pour prendre soin de moi. Mes parents sont tous morts dans un accident quand j’étais gosse. Je n’ai jamais eu la chance de faire de grandes études. Et Dieu seul sait comment les gens se moquaient de moi à l’époque juste parce que j’ai grandi dans un orphelinat.

-Ce n’est pas une raison pour me traiter comme tu l’as fait, dit-il en me refaisant face. Qu’est-ce que je représente à tes yeux, Hannah ? Un distributeur de billets ?

-Non, pas du tout.

-Je mets fin à notre relation. Trouve toi une autre source de revenu.

Il ouvre des dossiers sur la table et commence à les lire. Il ne me calcule plus. Ainsi donc il est sérieux ? Théo est le genre de mec qui ne se répète jamais. S’il dit qu’il va faire un truc, il le fera toujours. C’est donc peine perdue. Au moins j’aurais essayé. De toute façon ce n’est pas le seul riche qui existe ici en France. Sans plus demander mon reste, je récupère mon sac-à-main dans un coin et sors de là.

Un taxi me dépose chez moi. En arrivant devant la porte de mon appartement, je remarque Esther de dos, en pleine conversation téléphonique. Elle a l’air joyeuse. Je ne peux m’empêcher de l’épier.

-Je n’y crois pas ! Tu vas enfin te marier ma chérie !

-…

-Oh je suis si contente pour toi Adèle. Roger a enfin officialisé les choses entre vous. C’est…

Je suis à la fois surprise et agacée par ce que j’entends. Adèle va bientôt se marier. Cette pimbêche vient de porter un coup mortel à mon couple et pourtant elle a trouvé le bonheur. Je suis tellement frustrée que je n’ai pas remarqué qu’Esther venait de se retourner.

-Hannah.

Je la toise et commence à chercher mes clés dans mon sac.

-Hannah, je suis désolée. Pardonne-moi je t’en prie.

Je prends mes clés et ouvre la porte de mon appartement. Esther me retient par le bras.

-S’il te plait Hannah.

Elle fait le chien battu. Je lève les yeux au ciel.

-Fais comme tu veux, dis-je en rentrant.

Je fonce directement dans ma chambre me changer. Au retour, je retrouve dans le séjour Esther assise sur l’un des petits meubles qui me servent de canapé. Je l’y rejoins en attrapant au passage une vielle magazine de mode.

-Comment il a réagi Théo ?

Je la regarde et elle comprend que c’est mort.

-Je suis vraiment désolée. Adèle n’aurait pas dû.

-Laisse tomber. Ce n’est plus d’actualité.

-Cela dit, je pense toujours que tu devrais revoir tes priorités si tu veux te mettre en couple avec quelqu’un d’autre.

-Esther, ne recommence pas s’il te plait. Je ne changerai jamais d’avis. Ce n’est pas parce que Théo m’a rejeté que cela sera toujours pareil. Je finirai par trouver celui qu’il me faut. Et il sera plus friqué que Théo. Ça je te le garantis !

-Ça fait le quatrième homme que tu fréquentes Hannah, soupire-t-elle. Et ça s’est toujours mal terminé.

-Les deux premiers n’étaient pas loyal. Le troisième m’a quitté. Raison pour laquelle ça n’a pas marché.

-Mais Théo était loyal lui.

-Oui, il était loyal. Il était parfait. Tout était parfait jusqu’à ce que ta sœur s’en mêle.

Et c’était vrai. Théo était tout ce dont je rêvais. Beau, riche et attentionné. Avec lui, j’aurais eu une vie de rêve.

-Hannah, ce que je voulais dire c’est que tu ne te rends pas compte de ce que tu rates à cause de ton ambition démesurée.

-Mon ambition démesurée ?

-Oui. Tu utilises les hommes justes pour arriver à tes fins. A cette allure, tu risques de ne jamais être heureuse.

Je ne dis plus rien, irritée par la tournure que prend cette conversation. Cette fille n’arrêtera jamais de me bassiner les oreilles avec ça.

Esther se met à pianoter sur son téléphone. Je remarque en jetant un coup d’œil qu’elle écrit à Adèle. J’attends qu’elle termine avant de lui parler à nouveau.

-Au fait, quand comptais-tu m’annoncer la bonne nouvelle concernant ta sœur ?

Elle est légèrement surprise par ma question, mais se reprend très vite.

-Roger l’a demandé en mariage ce matin. Ils vont bientôt se marier.

-Je vois. C‘est bien pour elle.

Je lui souris et elle fait de même. Si seulement elle savait ce que j’avais en tête.

Esther rentre un quart d’heure plus tard. J’en profite pour mettre mon plan à exécution. J’attrape mon téléphone et compose un numéro.

-Hannah ?

-Salut Roger, dis-je d’une voix mielleuse. Ça va ?

-Euh oui. Et toi ?

-Je vais bien, merci. J’ai pensé à toi alors je t’ai appelé.

Je l’entends glousser au bout du fil.

-Je suis flatté. Que puis-je faire pour toi ma belle ?

-En fait, je suis seule chez moi et je m’ennuie beaucoup. Ton invitation à diner de l’autre jour tient toujours ?

-Oui, bien sûr. Où veux-tu aller ?

-Je t’envoie l’heure et l’adresse.

-D’accord. Je t’espère ma belle.

Je raccroche, le sourire aux lèvres. Adèle va payer pour son impertinence. Je m’appelle Hannah Marta et personne ne se fout de ma gueule.