Bibliothèque
Français
Chapitres
Paramètres

Chapitre 2

Une maison gigantesque se dressait devant eux. La demeure des Koffi était ce qu’on pouvait qualifier de palais royal.

Arrivés devant la grille principale après avoir franchi de nombreux points de sécurité, le chauffeur s’annonça et la grille s’ouvrit en grand devant leur voiture.

Sol s’était endormi durant tout le trajet. Il était pris d’une fatigue écrasante, due à son état de santé et à ses insomnies de ces derniers temps. C’était d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il avait insisté pour qu’Effy vienne avec lui.

Cette dernière manipulait son téléphone, les sourcils froncés, lisant les tonnes de messages qu’un numéro inconnu lui avait laissés. C’était Luc. Il s’excusait et insistait pour qu’ils se voient, car selon lui, il avait quelque chose d’important à lui dire.

Elle doutait de la réponse à lui donner, après tout ce qu’il lui avait fait, en plus de ce matin même. Elle se disait qu’elle était bien trop bête d’hésiter. Alors qu’elle s’apprêtait à lui répondre un grand non, son téléphone se mit à sonner. C’était Luc.

Après quelques secondes d’hésitation, elle décrocha.

— Non, dit-elle sans lui laisser le temps de parler.

— Je comprends que tu refuses, mais s’il te plaît…

— Tu m’as fait trop de mal, Luc. Et je ne parle même pas de ce matin !

— Je suis vraiment désolé, mais comprends-moi s’il te plaît… J’étais jaloux de te voir collée à l’autre là.

— L’autre là a un nom ! Et en plus, tu sais ce qu’il représente pour moi ! Ce n’est absolument pas une raison pour te comporter ainsi. Alors oublie-moi et passe à autre chose.

— Je ne peux pas… je t’aime !

Un silence s’installa. Elle ne répondit pas, et il enchaîna :

— Accorde-moi juste un instant, pour tout ce que nous avons vécu ensemble…

— Non, désolée.

Puis elle raccrocha.

— Nous sommes arrivés, annonça le chauffeur en arrêtant la voiture devant l’allée.

— Merci, répondit-elle en réveillant doucement Sol.

— Le prince au bois dormant, on est arrivés, dit-elle en lui déposant de petits baisers sur la joue.

Il s’éveilla doucement, un sourire aux lèvres. Il caressa les jambes de son amie, ce qui lui arracha un frisson.

— Allez, debout ! reprit-elle en riant.

— J’étais bien là…

— Oui, mais moi j’ai mal aux cuisses !

Il finit par se redresser. Le chauffeur, déjà descendu, leur ouvrit la portière. Sol sortit en premier, puis Effy le suivit, peinant à tenir debout, les jambes engourdies.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Sol, inquiet.

— J’ai des fourmillements dans les jambes.

— Oh… je suis désolé, c’est à cause de moi, dit-il sincèrement, navré.

— Mais non…

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’il la souleva dans ses bras.

— Mais qu’est-ce que tu fais ? s’exclama-t-elle, surprise.

— Je te porte, princesse.

Elle lui sourit. Ils avancèrent ainsi vers la grande porte, qui s’ouvrit automatiquement dès qu’ils s’approchèrent. Le père de Sol avait fait installer une technologie permettant cela.

Il la posa délicatement sur le sol marbré et lui prit la main pour l’entraîner vers l’étage où se trouvaient ses appartements.

— Vous êtes déjà rentrés ? lança une voix derrière eux.

— Oui…, répondit-il simplement.

— Bonjour Madame, salua poliment Effy.

— Bonjour Effy… Comment te portes-tu ? demanda-t-elle en ne la quittant pas des yeux.

— Bien, merci. Et vous ?

Effy était gênée. Elle avait toujours été mal à l’aise face aux regards étranges que lui adressait la belle-mère de Sol. Elle avait l’impression qu’elle ne l’appréciait pas vraiment, même si elle faisait semblant du contraire.

— Bien… Je vous laisse, les enfants. Et surtout, pas de bêtises.

La dernière phrase sonnait davantage comme une menace.

Elle tourna les talons puis disparut de leur champ de vision. Sol resta pensif.

— Sol ?

— Oui… allons-y, répondit-il simplement.

L’appartement de Sol était vaste et sobrement décoré. Malgré son jeune âge, il avait des goûts très matures. L’espace était divisé en une grande chambre contenant un jacuzzi et une bibliothèque, un salon moderne avec des canapés ultra confortables, un écran plasma, un bar peu rempli en alcool, un billard, une cuisine entièrement équipée, ainsi que deux salles de bains modernes avec baignoire.

Ils s’assirent côte à côte sur le canapé. Sol sortit un livre et le tendit à Effy.

— Il n’est pas mal non plus celui-ci.

— Merci !

— Tu peux commencer à le lire, je vais prendre un bain chaud, je me sens un peu frigorifié.

— D’accord. Je vais te préparer quelque chose à manger.

— Non ce… atchoum ! Pas… atchoum… la peine.

— Va prendre ton bain, je te fais d’abord une infusion.

Il finit par acquiescer et se rendit dans la salle de bain attenante à sa chambre.

Sans perdre de temps, Effy alla dans la cuisine et commença à chercher ce qu’il lui fallait.

Après quelques instants, Sol sortit de sa chambre en pyjama. Effy était déjà installée sur le canapé, une tasse de thé à la main. Elle posa ce qu’elle avait dans les mains et se remit à préparer l’infusion pour Sol.

Il l’observait attentivement, ne manquant aucun de ses gestes. Sentant son regard, elle releva la tête.

— Quoi ? demanda-t-elle en souriant.

Une idée lui vint alors. Une idée qui le hantait depuis un moment.

— Ça te dirait qu’on joue à un jeu ?

— Un jeu ? Quel jeu ? demanda-t-elle, toute excitée.

— Un jeu de rôle…

Elle fronça les sourcils, confuse. Il s’approcha alors d’elle, posant délicatement sa main dans le bas de son dos et l’attira vers lui, jusqu’à ce que leurs visages ne soient qu’à quelques centimètres.

— Notre passion pour les livres… tu voudrais qu’on incarne les personnages de nos romans préférés ?

Effy fut surprise, mais une forte envie d’expérimenter quelque chose de nouveau la poussa à prononcer le mot qui allait tout changer.

— Oui.

— Tu es vraiment sûre ? demanda-t-il, pour confirmer.

— Oui… pourquoi pas ? Ça serait intéressant d’essayer.

Il sourit, puis déposa un baiser sur son front avant de reculer. Il prit l’infusion qu’elle avait préparée et la porta à ses lèvres.

Téléchargez l'application maintenant pour recevoir la récompense
Scannez le code QR pour télécharger l'application Hinovel.