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03

Chapitre 3

Ce type est vraiment un danger public. Jamais un homme n'a eu un tel effet sur moi, j'avoue que ça me donne des papillons dans le ventre et m'effraie aussi un peu. Et j'adore ce sentiment si nouveau dans mon vie.

Alors je vais prendre en compte l'avis des filles sur le faite d'être un peu plus ouverte et en faite pour dire vrai Raphaël me plaît... Beaucoup. J'aime sa grande taille, son style décontracté, sa carrure et surtout son sourire charmeur.

Je discipline mes pensées et me rend dans la douche. Au sortir de là je me nettoie, passe ma crème et mon deo avant de m'habiller d'un ensemble pyjama short et haut.

Je rechauffe mon plat et c'est devant la télé que je mange en discutant avec les filles sur WhatsApp. Dès que j'en ai marre j'éteins et me met au lit.

Le lendemain je suis debout à 5h du matin. D'abord je fais ma petite valise pour deux jours et range les courses que j'ai faite pour la famille. Mon sac prêt je passe dans la salle de bain, me laver et me brossé les dents.

Je prends sur moi de me maquiller légèrement et m'habille. Dernière vérification et je sors de la maison pour arrêter un zem pour l'arrêt des taxi.

J'arrive et par chance prends la dernière place dans une voiture, donc dix minutes plus tard il prend départ, il est 6h15 min. Direction Abomey, je sors aussitôt mon portable et mes écouteurs pour écouter la musique. On en a pour 2h 30 voir 3h de route ça dépend selon que la voie soit encombré ou pas et aussi des arrêts.

Abomey est une ville du sud du Bénin, située à 145 km de Cotonou. C'était l'ancienne capitale du royaume de Dahomey (Danhomé en langue fon) (ou d'Abomey aujourd'hui). Ce royaume à des origines mystérieuse.

On dit royaume parce que dans le temps ( pendant l'esclavage 1625 ) c'était le fief de l'armement militaires qui réussit à conquérir d'autres villes. Plusieurs roi se sont succédé à la tête de ce grand royaume, tous impressionnant redoutable et impitoyable avec leurs voisins et ennemis qui ont donné aujourd'hui lieux à des histoires historique pationnante et unique. Chaque roi avait pour habitude de construire son palais créant ainsi jusqu'à aujourd'hui un patrimoine historique unique ( classé au patrimoine de l'UNESCO).

Même jusqu'à aujourd'hui la royauté est toujours d'actualité, avec le roi Dah Sagbadjou Glèlè.

Je regarde le paysage défilé en respirant mieux. Dès fois je sature de vivre à Cotonou, avec la vie à 100 à l'heure. On a l'impression que la ville ne dors jamais, la pollution, le bruit et surtout le stress quotidien.

Je ne comprendrai jamais ceux qui prétendent ne pouvoir vivre ailleurs. Ou tout simplement c'est moi le problème, ayant connu la majeure partie de ma vie autre chose j'ai du mal à m'adapter totalement. D'où j'ai besoin de faire ce déconnectement de temps en temps.

Enfin arrivé, je descends et récupère mes sacs. Dès que je met pied ici, je me sens différente. La dynamique n'est pas la même qu'à Cotonou, l'ambiance et même l'air n'est pas pareil. En même temps avec ce lieux chargé d'histoire et témoin muet d'un temps passé assez douloureux, il n'est pas étonnant qu'arriver ici ça se ressentent dans l'air.

D'ailleurs une légende ( des plus vrai) sur la création de cette ville en est le parfait exemple. c’est le roi Houegbadja qui fonde le royaume du Danhomè au début du xviie siècle. C’est sous son règne que le royaume prend une idéologie expansionnisme. Il a fait du Danhomè, un État toujours plus grand et plus fort en annexant des États ( autres villes) et faisant la guerre à ses voisins pour prouver sa suprématie ( c'est d'ailleurs le fort de tout les rois de 1925 à 1900).

Le fils de Houegbadja, Yangodo, va jeter son dévolu sur le petit État du roi Dan, qu’il finit par attaquer et décapiter, avant de jeter son cadavre mutilé dans les fondations de son futur palais. En effet, le nom même du Danhomè signifie littéralement « sur le ventre de Dan », allusion à peine voilée au meurtre perpétré à l’encontre de cet ennemi qui était jugé trop encombrant et dérangeant.

Et ce n'est là que l'une des histoires parmi tant d'autres de cette ville chargé d'histoire.

J'arrête un zem et négocie le prix avec lui en lui indiquant ma destination. Ne vous étonnez pas qu'au Bénin on se déplace plus à zem qu'en taxi.

Au départ il y a bien longtemps, on pouvait circulé en ville en taxi, mais l'appât du gain fait que tu te retrouvais serré comme une sardine et du coup beaucoup préférais prendre les taxi moto appelé chez nous "Kèkènon" ou "zémidjan" qui sont même moins chère.

Au fil du temps tout le monde à arrêter de prendre les taxi qui devenait vieux et sale pour les zem ( diminutif de zémidjan), qui se sont eux multiplier dû aux chômage et aussi aux jeunes des villages qui viennent le pratiquer à Cotonou pour avoir de quoi nourrir leurs familles.

Aujourd'hui ils se retrouvent partout dans les quartiers de ville où village et sont devenus le moyen de déplacement n1 au bénin saturant la circulation en plus de crée parfois le désordre.

Constatant qu'il y a un marché à prendre, on apprend la création d'une ligne de taxi. Nouvelle accueilli par beaucoup d'enthousiasme jusqu'à ce qu'ils apparaissent et qu'on se rende compte des prix.

Pour une distance 500fcfa par zem, en taxi tu débourse 5000 voir 7000fcfa. Très vite on comprend que les fameux taxi sont destinées à une élite et non pour les poches moyenne. Donc ce n'est sûrement pas demain la veille que les taxi moto disparaîtront du sillage de la circulation béninoise.

Le zem me dépose à l'entrée de notre quartier. La rue est un peu difficile d'accès, et je pouvais continuer à zem mais ça aurait été avec difficulté et j'aurai été balancé de tout les côté mieux je marche en plus ce n'est que quelques pas.

À peine descendue que les enfants me reconnaissent et viennent m'aidé avec les sacs. Quelques personnes sortent de leurs maisons pour me regardé comme une curiosité pourtant tous me connaissent et m'ont vu grandir. Mais j'avoue avoir beaucoup changé et ça fait quand même 4 mois j'étais pas venu stressée par mon examen final.

Je salue au passage tout le monde et arrive enfin en vue de notre maison. Je vois ma mère assise entrain de chargé son étale sûrement pour aller au marché. Les enfants qui m'ont précédé la trouve, et juste après elle lève les yeux vers moi.

Je presse le pas et c'est tout ému qu'elle me prend dans sa bras les larmes aux yeux.

Moi( ému): Maman arrête...

Elle : C'est que je suis très contente de te voir, tu as tellement changer ma fille.

Elle me palpe et examine sous toutes les coutures puis fronces les sourcils.

Elle : Est-ce que tu fais les bains avec les plantes que je t'ai donné ?

Moi: Heu... Plus depuis un moment...

Elle : Eva, tu n'es pas sérieuse ? Donc tu te promène comme ça dans la ville depuis combien de temps ?

Moi: Comme ça comment maman ?

Elle : Hum. Ce soir je te ferai un bain là je suis en retard.

Moi: Très bien, je vais me changer et venir avec toi.

Elle ( scandalisé): et attirer encore plus sur toi les yeux des sorciers et sorcières? Non, tu restes à la maison.

Moi: Maman ne commence pas tes choses stp, je viens c'est tout. Tu es trop superstitieuse.

Je la laisse et entre dans la maison en même temps que les enfants qui m'ont aidé en ressortent je leurs donnent un billet à partager. Puis réceptionne Béni ( 10ans) le benjamin.

Moi: Ouh là là là tu grandis trop vite toi...

Lui: Oui parce que j'ai 10 ans maintenant.

Moi( amusé): Tu as raison.

Je le pose et traverse le salon pour le couloir j'ouvre la porte de la chambre que je partage avec Suzy qui est encore couché à l'heure là.

Moi( fermant la porte): Tu es sérieuse de dormir à 9h passé ?

Elle ( remettant les couvertures sur sa tête): J'ai eu cours toute la semaine, là je profite de ma grasse matinée.

Moi: Tu as largement dépassé la grasse matinée.

Bref je la laisse et pose mon sac sur mon lit. Je me change pour une tenue plus simple jean et tee-shirt puis sort de la chambre en tombant sur Marcel 14 ans habiller comme pour sortir.

Lui: Dada ( grande sœur en langue fon) Eva tu es arrivé quand ?

Moi: Juste à l'instant et toi tu vas où ?

Lui: au TD.

Moi : D'accord, à tout à l'heure alors.

Lui( s'en allant): Ok.

Je le rappelle et ouvre mon sac pour lui donner 2000f. C'est celui sur qui je compte les yeux fermés, il est sage et n'apporte aucun problème pas comme Suzy par exemple.

J'arrive au salon sur ma mère qui m'attend avec des feuilles qu'elle me demande de marché. Je le fais en grimaçant, parce que essayé de discuter avec elle c'est peine perdue.

Ma mère est animiste. Étant initié aux rythmes du vodoun il y a quelques années, il arrive comme maintenant qu'elle me disent de faire ci ou ça sans vraiment me l'expliquer. Ça à commencer lorsque j'étais petite victime de cauchemar effroyable qui à entraîner une maladie dont jusqu'à présent on ne m'a jamais expliquer.

Je me rappelle avoir été envoyé chez une guerrisseuse et au sortir de là, j'ai commencé à avoir droit à ses bains chaque trois mois pour encore une fois je ne sais quel raison.

J'ai confiance en mes parents, ils ne peuvent me vouloir du mal, mais il m'arrive d'oublier de le faire. Ce n'est pas intentionnel, même si j'avoue cela me fatigue de le faire.

Après ça, elle m'a fait boire une boullie pour faire passer le goût. Ensuite on a enfin pu aller dehors et prendre les sacs qu'elle à préparer pour se rendre à pied à la descente avant de prendre un zem pour le marché.

Arrivé à son emplacement, j'ai balayer et c'est ensemble qu'on à tout mis en place pour commencer notre journée.

Toute la journée, ça n'a pas arrêté, ma mère était super contente et j'ai pu passer du temps en tête à tête avec elle et discuter surtout de ma vie à Cotonou.

Elle ( souriante en faisant la recette): Quand tu es là mes journées sont toujours excellente.

Moi(occupé à couper la viande): Ça c'est parce qu'on est samedi maman.

Elle ( mettant l'argent dans son porte-monnaie) : Si tu veux. Bon laisse ce que tu fais et asseois toi. Tu travailles toute la semaine et aujourd'hui on a été au marché. Je ne veux pas que le lundi tu arrives tout fatiguée au boulot.

Moi: Ok, mais je vais t'aider quand même.

Elle(ferme) : Non.

Elle me tire et me fait asseoir sur un tabouret. Elle sort et reviens avec une Suzy pas ravi pour l'aider à faire la cuisine.

Je les laisse en entendant la voix de mon père. Donc je sors pour le salué. Mon père contrairement à ma mère est très réservé. C'est un homme simple, honnête et humble.

Je le décharge de ce qu'il tient et il s'en va se rafraîchir puis me retrouve avec les garçons assis devant la télé. Il m'appelle près de lui et prend de mes nouvelles jusqu'à ce que la cuisine soit prêt et qu'on s'installe pour manger tous ensemble dehors sur la natte vu qu'il fait chaud dans la maison.

Cette petite maison de 3 chambre salon et cuisine et une douche avec les WC à l'extérieur. La maison est simple même pas crépi mais c'est notre chez nous et on en est fière, surtout parce que c'est mon père qui l'a construit à la sueur de son front.

J'ai la chance d'avoir des parents consciencieux, toujours à notre écoute c'est pourquoi je me suis moi même imposé cette rigueur. Croyez moi j'ai vu de tout ici, des foyers où l'alcool rythme les humeurs, les disputes à n'en plus finir, des foyers où tout les jours c'est le catch. Alors j'apprécie d'autant plus les miens pour avoir toujours été unie. Si même mes parents se sont disputés un jour, je n'ai jamais su alors.

Après manger, j'en profite pour donner à chacun ses cadeaux. Ensuite c'est ma mère qui s'amuse à nous raconter des histoires qui nous font rire même mon père.

On ne sait comment on se retrouve que tout les deux. Je pose ma tête sur ses genoux et elle sourit en me caressant mes cheveux.

Elle ( poussant un gros soupire): Ta sœur connais déjà les hommes...

Je me relève en ouvrant grand les yeux.

Moi: quoi?

Elle( continuant) : ses notes ont chuté, elle se cache pour sortir la nuit et le pire elle à raté plusieurs cours. Ton père n'est pas encore au courant, j'ai peur de ses réactions quand il est en colère...

Je hoche la tête pensive. Aussi calme que soit mon père ses colères sont terribles. Il est capable de te tapé au point de t'accompagner après à l'hôpital.

Mam: Je lui parle et elle n'écoute pas. Qui que soit cet homme en l'encourageant à 17 ans à faire tout ça est-ce qu'il veut alors quelques choses de sérieux ?

Moi: Non.

Elle : Voilà, je vous protège tous mais à un moment je finirai dépassé et le dirai à votre père.

Moi: laisse moi d'abord lui parler, si ça ne change pas, hé ben...

Je ne peux finir mes mots tellement ça me glas le sang la suite.

Elle : Hum, bon et dit moi de ton côté pas de petit ami?

Moi( riant): Non, je suis bien comme ça.

Elle : Hum, il faut arrêter, on t'a encourager à être sérieuse c'est vrai mais aujourd'hui que tu as presque fini il faut aussi te détendre et chercher à fondé ton foyer...

Moi: Pourquoi tout le monde me dit ça dernièrement ?

Elle : Parce que tu commences à inquiété, et tu es à l'âge où on commence à construire une relation. Passé 30 ans célibataire et avec un bon boulot les hommes commence à se dire qu'il y à forcément problème quelques part...

Moi: Ses même homme à la recherche de femmes travailleuse et non consommatrices ? Pourquoi être effrayé par la suite ?

Elle : ils disent que les femmes sont compliqués mais eux ne sont pas mieux, premier à jugé, il veulent le beurre, l'argent du beurre et la beurrière...

Je ris.

Moi( mdr): Crèmière maman!

Elle ( souriante): moufff! (J'éclate de rire et elle continue) On dit que le temps évolue mais pourtant les mentalités sont les mêmes. Leurs égo sont surdimensionné, dès que tu les dépasse c'est fini il te fuieront et ceux qui accepteront de se frotter à toi chercherons à te rabaisser pour booster leurs égo. Ils cherchent certe des femmes qui travaillent mais seulement celles qui se débrouille et n'émascule pas leurs virilités.

Moi: Hum!

Elle : Et il n'y a pas de règle sans exception. Je te souhaite l'exception qui t'aidera à aller loin dans ta carrière.

Moi: Amen maman.

Après cela on se lève pour plié la natte et je rejoins la chambre pour me coucher.

Sous les draps je repense à tout ce qu'on s'est dit avec maman et mes pensées s'envole vers Raphaël. Je souris bêtement, je vois son visage, ses yeux, son corps, sa bouche. Je me mords la lèvre en souriant, sans savoir quand je m'endors.

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