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Chapitre 2: Le début de la fin
***Houleye Sangaré***
Adama : Merde c’est quoi ça ?
Moi : Attention chéri ! Nous allons faire un…
BAAAMMMM !!! BOOOOOMMMMM !!! BIIIIIIPPPPPP!!!!!!
Combien de temps j’ai perdu connaissance? je ne sais pas, en ouvrant les yeux je voyais des tronc d’arbre. C’est l’inconfort de la position dans laquelle je suis assise qui me rappela à la réalité, je suis dans une voiture renversé.
Ma tête me fait très mal et j’ai des vertiges. Je me suis touché la tempe il y’a du sang qui coule.
Adama était à côté de moi très amoché le visage en sang.Mon cœur à faillit rater un battement en le voyant ainsi. Je me suis alors mise à crier de toutes mes forces.
- A l’aide ! Venez nous aider… que quelqu’un nous aide… Snif, Hé Allah aidez nous ne nous laissez pas mourir s'il vous plait…
C’était le silence total, même les mouches on ne les attendaient plus voler. Je me décida alors de me débrouiller toute seule.
Moi [secouant Adama] : Chéri réveille-toi, Snif… réveilles toi Adama
……
Moi : bébé ouvre les yeux s’il te plait
Il avait commencé à les ouvrir mais les referma aussitôt
Moi [le visage en larme et morveux] : Adama, tu m’entends ? Reste avec moi, ne t’endors pas
J’ai vérifié rapidement son pouls, il n’en a presque plus à peine si je le sentais, la panique m’atteignit et j’ai commencé à suffoquer.
De l’air, il me faut de l’air, je cognai sur la portière de toutes mes forces sans succès, j’ai rampé donc pour sortir par la fenêtre.
heureusement que mon ventre n’est pas gros et que j’ai pu passer sans problème.
Dès que je me suis mis sur pied j’ai senti un liquide couler le long de ma jambe sous ma robe, du sang ou de l’eau je ne sais pas, d’ailleurs ce n’était pas la priorité du moment, je devais faire sortir Adama de là, sur le champ.
L’essence avait déjà commencé à couler et la fumée sortait de sous le capot, cette odeur de fumée associé à l’essence, m’a donné une terrible envie de vomir, ce que je fus sans hésiter.
j'ai fais le tour de la voiture pour aller du côté chauffeur et tenter d’ouvrir la portière qui était elle aussi coincée.
: Madame puis je vous aider ? Madame ?
Mon oreille s’était tellement habitué au silence, j’étais tellement concentré à tirer sur la portière que je n’entendais plus rien.
C’est la sensation d’une main sur mon épaule qui m’a fait sursauté et réalisé que Dieu avait entendu mes prières, enfin quelqu’un.
: Madame laissez-moi vous aider vous êtes blessée
Moi : Snif, je vais bien aidez mon mari, il est coincé dans la voiture
Il tire sur la portière d’un coup sec pour l’ouvrir avant de détacher la ceinture et tiré Adama hors du véhicule.
Au même moment BOOMMMM !!! La voiture venait d’exploser. c’était moins une.
Je me suis jeté par terre pour couvrir Adama contre les séquelles de la détonation.
Adama [gémissant] : bébé
Moi [pleurant à chaud larmes] : chut… garde ta force bébé, ça va aller
: Madame Vous avez appelé les secours ?
………….
: Madame ?
Moi : Foutez moi la paix et appelez ces foutus pompier bordel, vous ne voyez pas qu’il va mourir si on ne bouge pas ?
: Allo ? La protection civile ? Il eut un accident sur la route de Koulouba, à quelques mètres du zoo, la voiture est tombé dans les ravins, nous avons deux blessés.
Cinq minutes plus tard j’entendis les sirènes, j’étais toujours accroupie au sol à côté du corps tendu d’Adama, sa main dans la mienne.
Moi : Tiens bon bébé tiens bon, ils sont là, ils vont t’emmener à l’hôpital te soigner. Tout va bien se passer.
Adama : je t’ai..me
Moi : Moi aussi, moi aussi mon cœur, arrête de parler, garde la force, on aura le temps de tout se dire tu sais, [caressant son visage] tu vas t’en sortir pour nous, pour notre footballeur.
Les pompiers ont suivi les protocoles pour installer Adama dans leur ambulance, avant de lui mettre un support au cou et de lui mettre un masque ensuite brancher des appareils sur lui.
Le secouriste : Montez madame vous devez vous faire soigner aussi vous saignez.
Je me suis assise sur le banc à côté de Adama et j’ai tenu sa main jusqu’au centre hospitalier universitaire du point G.
En quelques minutes nous sommes arrivés à l’hôpital, il a été transporté en urgence, je voulais y être mais ils m’ont bloqué l’accès au bloc opératoire.Je me suis laisser choir le long du mur jusqu'au sol.
Assise à même le sol, totalement épuisée et le cœur serré. J’ai commencé à lâcher des gouttes, de grosses gouttes de larme.
Une infirmière s’est dirigé vers moi, je tentais d’essuyer mes larmes et morves du revers de la main.
L’infirmière [me tendant un mouchoir]: Tenez Madame
Moi : Merci
L’infirmière : Madame nous devons soigner vos plaies et vous faire une radiographie et certaines analyses.
J’ai instinctivement posé les mains sur mon ventre, il n’y avait plus de connexion, j’avais le pressentiment que l’objet de mes rêves était parti.
Et cela ne m’étonnera pas vu la quantité de sang que j’ai perdu depuis l’accident. J’ai commencé à pleurer de plus belle.
L’infirmière : soyez forte madame, votre mari s’en sortira, priez pour lui
Moi : snif, je…je suis enceinte
L’infirmière [hurlant] : un fauteuil roulant tout de suite !
Un aide-soignant a emmené un fauteuil roulant dans lequel ils m’ont transporté sur le champ dans la salle Radio pour me faire une échographie et un scan à la tête.
J’ai été faire une prise de sang aussi pour les analyses sanguines. Enfin ils mont transféré dans une chambre en attendant les résultats.
L’attente fut pénible pour moi mais après je ne sais combien de temps le docteur fut son entrée dans la chambre.
Le docteur : Bonjour Madame Traoré
Moi : Docteur comment va mon mari ? Il va s’en sortir n'est ce pas?
Le docteur : Je ne peux rien vous dire Madame, mais mes collègues feront tout leur possible pour le sauver.
Moi : et notre bébé ?
Le docteur : je suis désolé Madame Traoré, vous avez perdu votre bébé, le choc a été brutal pour le fœtus il n’a pas pu résister, nous devons faire une cure rapide afin que cela ne cause d’autres problèmes.
- Vous voulez appeler quelqu’un avant de rentrer en salle?
Moi [en larme] : oui, oui ma petite sœur
Je m’en doutais déjà mais l’entendre dans la bouche du docteur m’a mis dans un état de tristesse profond.
J’ai commencé à pleurer en silence la perte de mon bout de choux, de notre rêve à Adama et moi.
Ils m’ont remis un téléphone et j’ai appelé Raki, elle était à Kati au mariage.
[Composition de numéro]
Raki : Allo Houleye, bon sang tu fous quoi avec ton mari, je vous ai appelé tous les deux sans succès, on a même quitté la mairie
Moi : Raki, nous sommes à l’hôpital du point G, tu peux me rejoindre tout de suite ?
Raki : Il y’a quoi? tu me fais peur
Moi : on a eu un accident, ne dis rien au gens du mariage je ne veux pas gâcher leur fête.
Raki : je suis déjà en route, à tout de suite
Clic
Raki est la seule famille que j’ai, c’est ma petite sœur, nous sommes orphelines des deux parents et il ne reste que nous deux.
Elle a vingt quatre ans, étudiante en médecine, très intelligente, belle et joviale.
Les coups durs de la vie ne nous a pas empêché de sourire aux gens.
Elle est plus fine que moi mais moins élancé avec de jolies jambes et une belle poitrine comme moi.
Le teint et la poitrine sont de famille chez nous. J’envie souvent la taille fine de Raki mais elle aussi ne cesse de réclamer mon fessier.
Comme quoi on ne peut pas être parfait dans la vie. Malgré nos formes différentes Raki et moi nous nous se ressemblons beaucoup, il suffit de voir nos visages pour savoir qu’on est parents.
Nos tempéraments sont bien sûr différents, mais nous nous aimons d’un amour inconditionnel.
vint minutes après le coup de fil elle à fait son entrée dans la salle.
Raki : Tu vas bien ma chérie? Adama est où ?
Moi: moi ça va mais Adama est au bloc depuis notre arrivée
Raki : ça va aller tu as fait des analyses ?
Moi : Oui j’attends les résultats ?
Raki : Ne t’inquiète pas trop, ce n’est pas bon pour le bébé
Moi [regardant Raki en secouant la tête] : il est parti, mon bébé est parti…
Raki [triste] : Allahou Akbar ! (Dieu est grand !) Tout ira bien, tu en auras plein d’autres tu verras, Adama se remettra et tout sera comme avant.
Moi : [priant dans ma tête] : Ya Allah, faites qu’il s’en sorte indemne, aidez le mon Dieu.
*** une heure après***
Docteur2 [entrant dans ma chambre] : Bonjour Mesdames, je suis le docteur Coulibaly
Nous : Bonjour
Docteur2 [se raclant la gorge]: j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer, vous devez rester fortes.
Nous avons perdu Monsieur Traoré au bloc.
Dès que j’ai entendu cette phrase, mon cerveau s’est déconnecté.
Tout le reste que le docteur a dit a glissé sur moi comme l’eau. Je n’entendais plus rien je voyais juste Raki entrain de pleurer et se jeter au sol.
Le docteur m’a ensuite fixé d’un regard triste et désolé avant de sortir de la chambre.
J’ai fait 30 minutes assise là avant de commencer à réagir.
Moi : je veux le voir, emmenez-moi voir Adama, emmenez-moi voir mon mari
L’infirmière m’a aidé à descendre du lit et m’a tenu le bras jusqu’au couloir. Raki nous a suivis complètement sonnée
C’est aux portes de l’urgence que nous avons croisés le Monsieur qui m’a aidé tout à l’heure, je l’avais oublié à cause des événements.
C’est un homme beau, qui a du tonus, bien bâti et bien habillé pour un chauffeur de camion.
Le voir a fait monter une colère indescriptible en moi, je me suis précipite à sa direction, mon geste fut tellement rapide que l’infirmière a dû lâcher mon bras, Raki quant à elle était très étonné de ma réaction.
Elles m’ont toutes les deux suivis avant de s’arrêter derrière moi.
Moi : c’est vous n’est-ce pas ?
Lui [arquant le sourcil] :……
Moi [hurlant] : vous êtes le chauffard qui nous a foncés dessus ?
Lui : Non
Moi [lui donnant des coups sur la poitrine] : Menteur, vous ne vous en sortirez pas comme ça, je déposerai une plainte.
Je comprends pourquoi vous vous acharniez à m’aider, vous croyez quoi ?
Que cela effacera ce que vous avez fait ?
Figurez-vous que non, vous avez tué deux innocents aujourd’hui.
Vous avez tué mon mari et notre bébé dans mon ventre. Assassin !
L’infirmière [posant sa main sur mon épaule] : Madame arrêtez, on est dans un hôpital et c’est formellement interdit de faire des scandales ici.
Les gens dans la salle d'attente et la cour avaient cessé leurs activités pour nous regarder mais je m’en foutais royalement,
Qu’ils me regardent bien, c'est tout ce qu'ils savent faire non? Tchrrrr.
Raki [larmoyant]: viens Houleye ce n’est pas la peine, le mal est déjà fait
Nous sommes restés cinq seconde à se défier du regard le Monsieur et moi. Il avait l’air sincèrement triste mais qu’est-ce que j’ai à foutre moi de son état d'âme?
Raki [me tirant vers elle] : viens, on y va
Je me suis résigné enfin à la suivre mais pas avant d’avoir toisé le monsieur du regard et le faire un gros tchiiiiiiiip.
Moi [m’adressant à lui] : On se reverra
Raki : il faut appeler les parents d’Adama, tu connais leurs numéros ?
Moi {secouant la tête] : j’ai perdu mon téléphone et mon agenda est à la maison
j’ai juste le numéro de son cousin en tête
Raki : donne, je l’appelle il se chargera d’informer les autres
Nous sommes rentrés à la morgue, devant le corps sans vie de mon chéri, j’ai commencé à parler seul sans me rendre compte
Moi : Snif… bébé, qu’est-ce que tu me fais ? Tu m’avais promis de veiller sur nous pour la vie, tu me l’avais promis.
Pourquoi est-ce que tu me fais ça ?
Pourquoi tu me laisse seule ? Que vais-je devenir sans toi à me cotés ? Que sera ma vie sans ton sourire et tes yeux?
Je continuais à parler et à caresser le visage d’Adama.
J’avais envie de pleurer encore et encore mais aucune larme ne sortais plus de mes yeux. A croire qu'ils ont fini par secher.
Raki ne pouvant plus d’écouter mes lamentations est sorti prendre l’air.
Je suis resté dans le froid, à côté du corps pendant un bon moment avant qu’elle ne revienne me tirer de là.
Ils nous ont rendu nos vêtements et chaussures tous imbibés de sang dans un sachet, dans un autre sachet il y’avait nos bijoux, et nos portefeuilles.
un acte de décès a été remis par l'administration de l’hôpital
Nous sommes sortis de l’hôpital complètement abattus et incapables de parler.
heureusement qu'il y'a une place de taxi à la porte de l’hôpital. Nous avons pris un taxi pour rentrer à la maison,
Taximan: où allez vous mesdames?
Raki: Magnambougou fasso kanou
Taximan: cela fera 2500f cfa
Raki: Allons y
Nous sommes arrivés devant la maison , le gardien Kara et la femme de ménage Sira nous ont accueilli en pleurant
Sira : Mes condoléances tantie, snif… hé Allah est grand, il nous a pris notre bon patron ho
Moi: merci Sira, donne-moi une bassine et de l'eau je vais laver ces vêtements (lui montrant le sachet contenant nos vetements)
Raki : Houleye repose toi cela peut attendre tu viens de faire une fausse couche
Sira [en sanglot] : houiii… houiii hee le bébé hooo…. hee Dieu pourquoi tu nous fais ça ?
Tout le monde était en pleure sauf moi qui n’arrivais pas à faire quoi que ce soit, les larmes ne venaient plus, seule ma gorge était nouée et sèche.
Raki : viens t’allonger dans la chambre je te fais une infusion, cela te fera du bien.
Moi : non je ne peux pas me coucher toute seule dans la chambre
Racki : d’accord allonge toi dans ce fauteuil dans ce cas, je serai juste à coté dans la cuisine.
Racki a fait deux tasses de thé qu'on a pris, elle s’est ensuite couché dans le fauteuil en face du mien.
je commençais à somnoler quand tout d’un coup nous entendîmes des bruits dehors.
Moi [regardant Raki] : c'est quoi ce vacarme?
Raki : reste là je vais voir
Je suis resté au salon les oreilles tendu pour entendre ce qui se disait quand j’entends
: Sorcière, sors ici, c’est toi qui l’a tué personne d’autre, sors
Raki [s'adressant à eux]: pourquoi ce bruit ?
Mon cœur a failli sortir de ma poitrine, je viens de reconnaître la voix de ma belle-mère
Ma belle-famille est là ce qui va suivre sera tout sauf bon
*** Petite histoire du passé***
Raki et moi sont orphelines, enfin c’est ce qu’on pense car notre père est parti en aventure il y’a de cela 25 ans, à l’époque j’avais 3 ans et maman était enceinte de Raki.
Cette dernière n’a jamais connu notre père biologique.
C’est le frère de maman tonton Aly qui était notre figure paternel durant notre enfance.
Maman m’a dit qu’ils ont recherché papa en vain et pendant plusieurs années même qu’ils ont contactés des gens dans la sous-région, en France et en Espagne sans succès.
On a espéré pendant plusieurs années qu’il revienne mais il n’est jamais revenu. Nous nous demandons souvent s’il est encore de ce monde.
Maman est décédée quand j’avais 14 ans et Raki avait 10 ans, ce fut le jour le plus triste de notre vie.
Tonton Aly s’est occupé de nous mais est décédée deux ans après.
Nous n’avions pas d’autres parents, j’étais mineure avec un enfant en charge qui est Raki.
Nous avons été expulsé de la maison à cause du non payement de loyer.
Nous nous sommes réfugié dans un centre d’accueil pour mineur mais quelques mois après j'avais mes dix-huit ans et j’ai dû quitter le centre.
c'etait leur loi, le centre n’accueillait que des enfants mineurs.
Pour nous nourrir et payer les effets scolaires de Raki, j'ai fait plusieurs boulots : vendeuse d’eau ou d’orange, laver les assiettes dans les petits coins de vente de nourriture.
Il y’a des jours où Raki et moi dormions sans manger, lorsqu'on me renvoyait d'un boulot pour des raisons de jalousie le plus souvent.
Nous restions collés l’une à l’autre et nous nous réconfortions mutuellement jusqu’au petit matin, en buvant de l'eau pour faire passer la faim.
Et quand ces jours arrivaient, Les lendemains je rentrais de famille en famille pour les proposer de faire leurs tâches ménagères contre la nourriture comme récompense.
ceci nous permettait de de pouvoir rester sur pieds et continuer de chercher l’argent.
C’est dans cette lancée que j’ai eu un jour le travail de servante chez une dame.
Je lui ai expliqué ma situation et elle a eu pitié de moi. Elle m’a engagé comme sa bonne, je m’occupais de la maison et de la cuisine.
Mais trois mois après, elle m’a chassée en disant « Je ne peux plus te garder car mon mari commence à te faire les yeux doux. Tu es trop belle pour une servante et je ne veux pas risquer mon foyer ».
Il faut dire que malgré la pauvreté, et le fait que jetais maigre de jour en jour, ma beauté et ma forme étaient visibles. Je faisais de mon mieux avec le peu que j’ai pour rester propre.
J’ai donc continué à chercher du travail jusqu’au jour ou une autre dame m’a prise comme Nounou, j’y ai passé un bon moment avant de trouver le travail de caissière par le biais d’une ancienne camarade de classe Mina que j’ai croisé un jour dans la pharmacie.
Ce jour-là ma patronne m’a envoyé payer le lait du bébé dont j’étais la nounou.
Raki était toujours au centre mais elle était la plupart du temps renvoyé des cours souvent pour non achat de livres ou non payement de certains frais d’inscription.
Quand Raki a eu 18 ans à son tour, je travaillais déjà comme caissière dans ce super marché. Nous avons donc pris un studio d’étudiant.
Elle a continué avec l’université et moi je continuais à prendre en charge nos dépenses. j'avais abandonné l’école depuis longtemps.
C’était moi lainée et c’était mon devoir de prendre soin de nous.
C’est dans ce débrouillement que j’ai rencontré Adama, jeune entrepreneur, il était venu au supermarché où j’étais la caissière.
Adama est tout de suite tombé sous mon charme et a admiré mon courage. Quand nous avons commencé à se fréquenter, il n’était pas trop riche mais très généreux, c’est lui qui m’a inscrite en cours du soir pour que je puisse avoir ma licence en comptabilité.
Raki a quant à elle eu droit à une moto, nous avons ensuite quitté le studio pour un appartement deux chambres salon avec douche intérieur.
Adama a fini par demander ma main à l’anniversaire de mes 25 ans et on s’est marié officiellement une année après.
Mon arrivé dans la famille d’Adama a été un véritable fiasco du fait que ses parents voulaient donner à Adama une de ses cousines qui s’appelle Diahara.
Celui-là s’y est opposé en m’épousant, ça a suscité des tensions entre eux. La cousine en question et Raki se sont bagarré le jour même du minassiri (cérémonie durant laquelle les parents de la mariée présentent à la belle-famille tout ce qu’ils ont pu récolter pour leur fille].
Diahara nous avait traités de crève la faim et de mendiantes ce jour-là devant toutes les familles et les amis.
Elle a même prétendu que si on est arrivé à nous gérer seule alors qu’on n’a plus de parents c’est parce qu’on a vendu nos culs comme des putes.
ensuite de rajouter que Adama n’a pas pu trouver mieux que de ramener des sorcières qui ont tués leurs propres parents.
Elle n’a pas fini de terminer sa phrase que Raki a bondi sur elle, cette dernière ne l’a pas raté ce jour.
Les membres de leur famille ont dû voler à son secours pour ne pas que Raki la termine.
Depuis lors c’est la guerre entre les deux familles, Raki et Diahara ne peuvent plus être dans la même pièce sans se crêper les chignons.
Les parents d’Adama ont tout fait pour que je divorce, ils ont même payé des gens pour me menacer ou payer des putes pour qu’elles couchent avec Adama.
Il y’avait tout le temps une dispute entre moi et les sœurs d’Adama ou souvent c’est la maman qui passait ses journées à m’insulter.
Les frères et le papa d’Adama bien que dans le camp adverse essayaient de se maîtriser souvent mais ne m’adressaient plus la parole
Adama a eu marre de devoir tout le temps régler nos conflits il nous a fait donc déménagé 4 mois plus tard dans cette maison q'il a hériter de son grand père paternel.
Elle était loin d’être achevé mais on n’est mieux que chez soi.
Même après notre déménagement sa famille surtout ses sœurs ne manquaient pas d’occasions pour se pointer chez nous afin de m’insulter.
Adama a vite mis terme à cela en les interdisant de mettre pied chez lui si c’est pour venir se bagarrer encore. Dès lors ils ont pris leurs distances et chacun reste chez soi.
Il passait chaque weekend saluer les parents mais sans moi. Et il avait réussi à finir la maison car voulait que tout soit prêt avant l’arrivée du bébé. C’est dans cette situation qu’on était jusqu’à aujourd’hui.
***Fin du récit***
Maman Hawa (mère d'Adama) [hurlant en jetant à terre sur la terrasse]: hééé Houleye tu es mauvaise, tu es une sorcière, sors ici, vient me rendre mon fils.
- C’est donc pour ça que tu l’as éloigné de nous ? Nous qui l’avons mis au monde et vu grandir ? C’était pour le tuer ?
Ina (grande sœur d’Adama) : Snif maman elle avait tout planifié, j’ai toujours su qu’il y’avait anguille sous roche, petit frère hooo… pourquoi tu es parti nous laisser ?
Diahara [regardant Raki] : voilà… voilà maman celle qui est à la base de tous ces problèmes.
Quand je disais que c’était des sorcières vous avez dit quoi ?
Que j’exagère n’est-ce pas ?
Ces filles tuent tous ceux qui s’approchent d’elles si ce n’est pas la sorcellerie c’est quoi même ?
Raki [élevant le ton]: Diahara tu la ferme ! Sinon je vais te corriger et tout de suite !
Ina [se tapant les mains] : ouwéé ouwééé ouwéé, et tu as l’audace de nous insulter ?
- Qu’est-ce qui vous suit ? Le diable ? Han ?
Moi [sortant de la maison] : Bonjour maman, Bonjour belles sœurs.
Maman [pleurant] : Houleye mon enfant hoooo rend moi mon enfant
Moi : maman calme toi, on est tous triste ici et moi la première, j’ai cas même perdu mon mari et mon enfant le même jour Snif...
Ina [en larme] : hummm c’est arrivée la bas donc même son héritier tu as réussi à tuer aussi ?
C’est quoi ton diplôme de sorcellerie Houleye ? Le doctorat non ?
Diahara [jouant la fausse malheureuse]: voilà, voilà hoo…. Adama, quand on dit prend une femme de chance tu refuses, voilà ! kpa (bruit qu’elle fait avec sa bouche).
Moi : maman je pensais que vous êtes là pour qu’on se serre les coudes et qu’on essaie de voir ensemble comment faire pour organiser le lever du corps et informer les parents lointains ainsi que les collègues.
Mais si c’est pour venir m’accuser à tort chez moi je vous prie de partir, quand les choses seront calmes on y pensera.
PAN !
Je venais de recevoir une gifle de Maman Adama.
Je pose ma main sur ma joue qui me faisait un mal de chien mais je ne réponds pas.
Raki a essayé de parler mais je lui ai fait signe de la main pour l’arrêter.
Diahara me regardais d’un air moqueur que sournois.
Moi [reprenant mon souffle] : maman, j’étais dans la même voiture et j’ai vécu cet accident, je n’ai à aucun moment songé à faire du mal à ton fils depuis que nous nous sommes mariés.
C’était lui l’amour de ma vie
PAN !
Cette fois ci c’était Ina qui venait de m’insérer une autre gifle
Ina : ne t’avise jamais de t’adresser à ma mère de la sorte espèce de petite fille mal éduquée, impolie et effrontée.
PAN !
Raki venait de riposter en donnant une claque à Ina
Raki : on peut supporter pour maman mais toi tu ne t’avise plus de lever la main sur qui que ce soit ici, vieille fille aigrie, va chercher un mari au lieu d’emmerder le monde.
Le reste s’est passé tellement vite que je n’ai plus rien compris, quand j’ai retrouvé mon esprit maman était au sol faisant une crise, la femme de ménage Sira entrain de la ventiler.
Raki était assise sur Diahara, Ina et moi les mains liés en train de se taper l’une sur l’autre.
Moi [me détachant du combat] : maman…. Mon dieu !
Cette phrase a sonné comme un cessez- le feu chez tout le monde. On est tous couru vers elle pour voir.
Maman : Houleye ne me touche pas… je ne veux pas que tu me tue hoo… ta sorcellerie me dépasse.
Moi : ça suffit, partez d'ici
Ina [ricanant] : Tu nous met à la porte Houleye? Toi tu vas déguerpir d’ici aussi vite que tu es venu.
Cette maison ne t’appartient pas Houleye, c’est la nôtre et tu vas dégager aussi vite que tu es venu.
La seule personne qui pouvait te défendre c’etait Adama et tu l'a mangé sans pitié alors fais tes bagages ton heure a sonné
Diahara [se moquant] : tu as entendu ? Tes clics et claques, fin de ton règne dans la famille Traoré.
Moi : Mon Dieu ! Que nous réserves-tu encore ?
Raki[en pleur] : snif snif, pourquoi… Pourquoi devons-nous toujours subir ces humiliations ?
Moi : le destin Raki, c’est notre destiné, sèches tes larmes et prend ma voiture, va faire un tour chez toi, ramène des affaires car tu resteras ici un peu de temps, je me sens très seule.
Raki : d’accord, je fais vite
je me suis assise sur le canapé la tête entre les mains, quand est ce que ce cauchemar prendra fin?
