09
[Marcus]
L'hôtesse vient d'annoncer notre arrivée imminente à Accra. Je suis excité, mais vraiment. Ma femme par contre, je n'en dirais pas autant. Elle a une tête bizarre depuis qu'on était à l'aéroport...enfin je comprends, elle n'a connu que Liège toute sa vie du coup aller vivre ailleurs, surtout en Afrique, ça lui fout les jetons. C'est tout à fait normal, quand je suis venu pour la première fois, j'étais vraiment nerveux. Mais la chaleur du pays m'a frappée, les odeurs m'ont un peu choqué mais bon ça dépend des endroits et avec le temps on n'y fait plus très attention.
Moi : Honey ?
Elle (le regard sur le hublot) : Hum ?
Moi : J'aime pas te voir comme ça.
Elle : Je suis fatiguée c'est tout.
Moi : Regarde comment c'est beau, la plage ici est magnifique.
Elle ne m'a même pas calculé. Bon, ce n'est pas bien grave, elle va se sentir mieux une fois qu'on sera à la maison. Parce que notre maison est trop belle, elle n'est pas encore à nous entièrement mais dans moins de cinq ans ce sera le cas. Elle n'est pas totalement décorée mais c'est assez convivial déjà. Elle va se charger du reste et je suis sûr que ça va lui changer les idées.
Bien entendu, je ne m'y suis pas pris assez tôt pour le lui dire. Cette idée de m'expatrier m'était déjà passée par la tête mais je n'y avais pas vraiment porté attention. C'est quelques mois après que le directeur général nous ait annoncé l'expansion de notre société dans le « Tiers-Monde », que j'y ai songé. J'y ai juste songé et plus ça se compliquait avec les parents, plus j'y ai accordé de l'importance. Surtout quand j'ai su que le Ghana faisait partie des pays convoités pour cette vaste expansion. Le véritable déclic a été le très bon impact qu'a eu notre petit voyage à l'Ile Maurice sur notre couple. Plus loin on est, mieux on se porte...Voilà ce qui m'a guidé en gros.
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Moi : Qu'est-ce que tu me dis là ?
Elle (l'air de rien) : Je pense que le mauve irait mieux pour la chambre d'ami, tu ne trouves pas ?
Moi : Non pas ça, ce que t'as dit avant. Hey arrête de jouer là !
Elle : Mais je ne joue pas, je n'ai pas envie de travailler avec toi.
Moi : Tu ne travailleras pas directement avec moi, tu le sais bien.
Elle : Je vais trouver autre chose à faire, j'ai encore assez d'argent pour ne pas devenir une charge pour toi, t'inquiète.
Moi : Mais qu'est-ce que tu racontes bon sang ?!
Elle : Oh crie pas chéri !
Moi : Comment veux-tu que je ne crie pas alors que tu me dis que tu es une charge pour moi ?!
Elle : Arrête stp, tout le monde nous regarde.
En effet, nous étions dans un magasin de décoration avec des meubles et tout le reste. On nous regardait oui vu que je criais vraiment mais elle m'énervait. Je n'aime pas quand elle me parle comme ça ! Pour ne pas m'énerver plus, je suis tout simplement sorti l'attendre dans la voiture. Elle a pris tout son temps en plus, ça m'a vraiment saoulé.
Je ne vous ai pas dit mais ça fait quatre jours qu'on est à Accra et Lili est normale avec une pointe de provocation et pas dans le bon sens. J'ai l'impression qu'elle m'en veut qu'on soit là. Ce qui est bizarre, c'est que en même elle est super excitée de découvrir la ville, de décorer la maison et tout le reste. Je ne sais plus quoi penser mais ce qui est sûr c'est quand on va rentrer à la maison, elle va m'expliquer clairement pourquoi elle ne veut pas travailler. C'est pas que je ne veux pas qu'elle bosse forcément mais je me suis tellement battu pour lui obtenir cette place que ça m'énerve qu'elle change d'avis subitement alors qu'il y a encore un mois elle était d'accord.
Une fois à la maison, je suis monté prendre une douche pour me calmer un peu. J'avais les yeux fermés et la tête sous le jet d'eau froide. Puis j'ai senti sa main sur mon sexe.
Moi : Lili non.
Elle n'en avait rien à foutre, elle s'est placée devant moi, elle s'est abaissée et a englouti mon sexe.
Moi : Tu sais au moins que ça ne va pas régler notre problème ?
Elle : Hun hun.
Moi : Tu m'as vraiment énervé tout à l'heur.e..hummm.
Bon ce n'est peut-être pas le moment de parler...faut dire qu'elle sait s'y prendre. Elle a continué jusqu'à ce que je sois bien dur et là je l'ai relevée pour l'embrasser. On s'est savonné rapidement avant d'aller dans la chambre. On était maintenant sur le lit en position 69, elle au-dessus de moi, son mont de Vénus sur ma bouche. Nous nous faisions plaisir joyeusement. Puis dans un élan d'excitation ultime, je me suis redressé avant de bien accrocher ses jambes à mes épaules puis je me suis levé.
Elle : Qu'est-ce que...hum hummm n'arrête pas.
Je lui bouffais le sexe et elle, la tête à l'envers torturait délicieusement le mien. Après ça, je l'ai posée dans le lit et elle a demandé à ce que je vienne en elle. La voir me supplier comme ça, c'était amusant, ensuite j'ai repensé à la scène qu'elle m'a faite plus tôt et un sourire m'est venu aux lèvres...Je venais d'avoir une idée exquise, elle allait me le payer !
Elle : Aïeee, aïee, oouuuuh !!!! Chééri, vas-y douce..ment, j'ai mal...aïeee ouuuuh....
Moi : SHUT !
Je l'avais prise en levrette et je n'y allais pas de main morte sans être dans l'excès non plus, je ne voulais la blesser...Bon j'avoue être vraiment allé fort. Je lui donnais des grosses tapes sur les fesses en plus. Je ne fais jamais ça mais là je voulais lui donner une leçon.
Quand j'ai été satisfait de la petite punition, je l'ai prise en missionnaire et là j'étais plus doux. Elle avait limite les larmes aux yeux, je jubilais de l'intérieur. Je n'ai pas mis plus de temps à jouir, elle non. Je l'ai laissée dans le lit et je suis allé prendre une autre douche. Quand je suis revenu dans la chambre, elle n'y était pas mais le lit était rangé. Je me suis habillé simplement puis je suis allé me prendre une bouteille d'eau dans la cuisine.
Elle : Je suis désolée pour tout à l'heure.
On dirait que la punition donne ses fruits...
Elle : J'aurais dû te le dire autrement mais j'ai changé d'avis il y a juste quelques jours, ce n'était pas pour te mettre dans une situation embarrassante je te promets.
J'ai pris tout mon temps pour finir mon verre d'eau. Nous étions de part et d'autre du plan de travail de la cuisine.
Moi : Tu comptes faire quoi alors ?
Elle : Je ne sais pas encore mais j'ai une petite idée.
Moi : Ok.
Elle (petite voix) : Ne me fait plus l'amour de cette manière...enfin, le début était bien mais après...
Moi : Tu l'as mérité et tu le sais.
Elle : Qu..quoi ?? Tu l'as fait exprès ?
Moi : Quoi t'as pas aimé ?
Elle: NON ! Tu m'as fait mal et t'arrêtais pas alors que je te demandais de le faire.
Moi (sortant de la cuisine) : Tu éviteras de me manquer de respect à l'avenir.
Je l'ai entendue soupirer puis rigoler...Les femmes d'aujourd'hui ne respectent plus leurs maris, c'est regrettable hein. En tout cas, ça ne marchera pas avec moi. J'ai peut-être reçu une éducation métissée mais la vraie base reste africaine. Ma mère a toujours respecté mon père dans toutes les situations possibles ! Bon, l'exemple de ma mère est un peu inadéquat, en fait je veux bien que ma femme soit de temps à autre derrière, sans me contredire mais pas soumise. Parce que ma mère, c'est un peu le cas. Enfin, c'est mon avis...
Trois mois plus tard...
[Olanna]
Il est cinq heures du matin et je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Dans quelques heures, je vais travailler pour un spot publicitaire, c'est Chanel qui avait le contrat mais elle a dû partir à Sekondi voir sa mère qui est malade. Elle était vraiment bouleversée, ça m'a fait penser à ma mère que j'ai appelée juste après. Elle était contente que j’eus enfin pu trouver un contrat d'apprentissage...
Maman : Dieu est grand ma fille. Et cette dame est tellement gentille. Quand est-ce que tu viens à Kumasi ?
Moi : Avant que je ne commence à travailler au nouveau centre d'esthétique, donc dans une semaine.
Maman : Ah c'est bien, ça me laisse du temps pour préparer du bon savon noir. Tu vas donner ça à la gentille dame et à ta nouvelle patronne.
Moi : Oui, c'est une bonne idée Mama.
Maman : Tu as encore assez de savon noir ?
Moi : Oui Maman, ne t'inquiète pas pour ça. Mama, je n'ai plus beaucoup d'unités, je te rappellerai dès que je pourrai.
Maman : Da yé Olanna (au revoir) !
Moi : Prend soin de toi Mama.
Click !
Elle me manque tellement...J'étais assez triste ce jour-là.
J'ai finalement pu dormir au moins une demi-heure avant de me préparer pour le studio. J'étais moins stressée que la veille, je veux absolument assurer aujourd'hui, d'abord pour Chanel et pour moi aussi. Par contre, j'ai peur de ne pas être à la hauteur pour le contrat au centre d'esthétique qui va ouvrir bientôt. Si je travaille bien pour ce spot publicitaire, j'aurai plus confiance en moi.
Cet immeuble est immense, il y a même des vigiles à l'entrée. Je me suis dirigée vers l'accueil...
Moi : Bonjour, je suis la maquilleuse pour le spot publicitaire **bip bip bip ** .
La demoiselle : Bonjour, votre pièce d'identité s'il vous plaît.
Moi : Oui...La voici.
La demoiselle : Désolé mais votre nom ne figure pas sur la liste des employés pour ce spot.
Moi : En fait, je pense que mon amie a oublié de vous prévenir qu'elle ne sera pas là aujourd'hui, elle m'envoie la remplacer.
La demoiselle (réticente) : Quel est son nom ?
Moi : Chanel Omotu.
La demoiselle : Hm son nom est bien dans la liste mais vu qu'elle ne nous a pas prévenus, nous ne pouvons pas vous faire travailler.
Moi : Mais...comment ça ?
La demoiselle : C'est notre politique Mlle.
Moi : Comprenez-la, elle a eu une urgence familiale, ça a dû lui passer par la tête.
La demoiselle : J'aurais bien voulu vous aider mais hélas je ne peux rien.
J'étais déboussolée, la pauvre Chanel. Elle avait besoin de cet argent pour soigner sa mère, j'étais censée le lui envoyer dès qu'on m'aurait payée mais là...
La demoiselle : Mlle ?
Moi : Oui ?
La demoiselle : Je comprends votre situation mais comme je ne peux rien pour vous, je vous propose au moins de rester dans la salle d'attente là-bas. Ils auront sûrement besoin de vous puisque Mlle Omotu est la seule maquilleuse dans la liste. Peut-être que là, ils laisseront passer le fait qu'elle ne nous a pas prévenu de son absence.
Moi : D'accord, merci beaucoup.
Je suis allée m'asseoir à l'endroit qu'elle m'a indiqué et j'ai tout simplement attendu.
9H27 à l'horloge et toujours rien de nouveau. J'étais censée commencer il y a presque 30 minutes mais la demoiselle de l'accueil ne m'a pas fait signe depuis. J'ai voulu aller lui demander si je ne pouvais pas parler à celui qui s'occupe de la pub pour lui exposer le problème mais elle semblait occupée avec un Mr. De là où j'étais, je ne pouvais absolument rien entendre mais il semblait crier sur elle. Je le voyais juste de dos mais il faisait des mouvements avec ses bras qui montraient son agacement. De plus, la demoiselle semblait être sous pression.
Moi : Please God help me.
J'ai commencé à parler toute seule. Je me suis assise à nouveau et j'ai baissé mes yeux sur ma partie de Tetris. J’aimais jouer à ça depuis que j’ai eu mon premier téléphone, sans raison particulière. Je jouais, je jouais, et j’ai battu mon propre record :D
Yeaaaaaaah j’étais contente !! J’allais passer au niveau suivant quand j’ai senti une main sur mon épaule…
… : VOUS ÊTES SOURDE OU QUOI ?
C’était le monsieur qui parlait à la demoiselle de l’accueil il y a quelques minutes. Il était en colère et moi, j’étais restée bloquée sur sa question…Etais-je sourde ? Oui…malheureusement oui.
J’ai planté mon regard et lui ai dit…
Moi : Excusez-moi de ne pas vous avoir entendu.
Mr (soupirant fortement) : Nevermind (peu importe) ! Apparemment vous êtes la maquilleuse qui remplace Mlle Omotu, m’a-t-on dit.
Moi : Oui, elle a eu une urgence, donc elle n’a pas pu vous prévenir à l’avance de son absence.
Mr : Ici c’est pas la foire ! Tâchez de le lui faire savoir ! J’espère que vous êtes prête car nous avons déjà beaucoup de retard sur le tournage !
Moi : Yes, Sir. (Oui Monsieur)
Il s’est retourné vivement et je l’ai suivi jusqu’au plateau où l’actrice principale de la pub tirait la mine. Je ne la sentais pas du tout bonne cette journée. J’ai pris le matériel mis à ma disposition et on m’a donné un exemple du type de maquillage qu’ils voulaient pour la pub. Et là j’ai commencé…Je lui ai nettoyé la peau du visage avant d’appliquer un hydratant. Il fallait faire un maquillage super neutre et ça m’allait, j’excellais en matière de maquillage neutre. Quand j’ai fini, l’actrice s’es mise à se plaindre…
L’actrice : Mais qu’est-ce que c’est ?? Tu as passé 20 minutes sur moi pour ça ?? Je n’ai rien sur le visage !
Moi : C’est ce qui y a été demandé.
L’actrice : Bah à moi ça ne plaît pas du tout ! Recommence vite stp, je n’ai pas que ça à faire.
Moi : Je vais voir avec Mme Kendié.
L’actrice : Mais tu vas où toi ??
Elle a voulu se lever de la chaise mais en bougeant brusquement elle a fait tomber tous les produits de maquillage posés sur la petite table à sa droite. Cela a fait un véritable vacarme, au même moment le Mr qui m’a crié dessus tout à l’heure arrivait. Tout d’un coup, j’ai surpris un sourire narquois sur le visage de l’actrice. Et là, le pire s’est passé, elle a joué la comédie. Elle a fait en sorte que presque tout le monde pense que c’est moi qui ai fait tomber le tout. Pour éviter de faire encore plus de drame, je me suis excusée auprès de tout le monde, et j’ai tout ramassé. Dieu merci, Mme Kendié est arrivée juste après et m’a félicité pour le maquillage qu’elle trouvait parfait. Ca me rassurait, au moins un truc de positif. J’ai dû ensuite maquiller deux, trois autres personnes puis j’ai attendu que le tournage finisse.
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Il était presque 15H et je m’apprêtais à m’en aller. Je venais de finir de nettoyer une partie du studio parce que le staff y a mangé tout à l’heure et il y avait des débris un peu partout. Vu que je ne faisais rien et que je m’ennuyais j’ai nettoyé le tout. Je sentais des regards interrogateurs sur moi mais je m’en foutais, j’espérais juste que le maquillage gaspillé par l’actrice folle ne coûte pas trop cher. Je ne suis pas dupe, va falloir que je rembourse ça. J’ai pris mon sac bandoulière juste après m’être dépoussiérée.
… : Mlle Boateng ?
Moi : Yes Sir ?
Le Mr : Merci, vous avez fait du bon boulot…Et désolé pour tout à l’heure.
Moi : Non ce n’est rien. Vous aviez raison, je suis sourde…à 60%, je lis sur les lèvres la plupart du temps mais comme je ne vous avais pas vu et que j’étais ailleurs, ça s’est passé ainsi.
Le Mr (embarrassé) : Je…enfin je suis désolé.
Moi : Bonne fin de journée Mr, je m’assurerai de rembourser le maquillage perdu aujourd’hui.
Le Mr : Pourquoi ? Plusieurs personnes m’ont assuré que Ginger (L’actrice) a causé tout cela. Pourquoi vous laissez-vous faire ?
Moi : Je ne voulais pas causer plus de problèmes à mon amie que je remplace, c’est tout. Je dois vraiment y aller, merci pour tout.
D’habitude, je ne me justifie pas sur mon état en général, limite jamais parce que les gens me donnent toujours ce regard, ce regard que j’ai vu à l’instant sur le visage du Mr. La pitié...
Le Lundi qui a suivi, l’entreprise m’a appelée pour que je vienne prendre ma paye, enfin celle de Chanel. Je la lui ai envoyée aussitôt par un service de transfert d’argent national. Elle m’avait dit de prendre la moitié mais je lui ai envoyé la totalité. Elle en avait plus besoin que moi. Quelques jours plus tard, sa mère se portait mieux, j’étais contente pour elle, elle s’est tellement fait de soucis pour sa mère que j’ai cru qu’elle allait mourir. Pourtant ce n’était qu’un palu, mais ici un simple palu peut tuer.
De mon côté j’attendais avec impatience de débuter dans ce fameux centre d’esthétique. J’ai un peu pris confiance en moi en travaillant pour la pub malgré les « petits incidents » qui s’y sont passés. J’espère de tout cœur que tout va bien se passer. Mme Nelson m’a dit que la propriétaire du centre était super gentille. Je croise les doigts pour que ce soit le cas...
[Lyvanne]
Quand je lui ai dit à Marcus ce que j’avais en tête, il était sur le cul. Oui, j’avoue que moi-même j’ai été surprise quand j’y ai pensé mais au fond ce n’est pas une mauvaise idée. Hmmm je reviendrai là-dessus plus tard ! Oooh mon Dieu, j’adore ce pays !! Le Ghana ! Qui l’aurait cru hein ?? J’ai beaucoup appréhendé notre arrivée ici mais au final tout se passe merveilleusement bien. Je suis déjà allée dans plusieurs coins d’Accra mais j’ai toujours l’impression d’avoir TELLEMENT de choses à découvrir ici ! Whaoouh je pense que je vais vivre les plus belles années de ma vie ici, j’en suis même certaine.
Les gens sont chaleureux ici, après tout il est connu qu’en Afrique les gens sont ainsi. Je kiffe ! Bon la langue ça va, je suis loin d’être nulle en Anglais. Après il y a un peu de mots de Twi à connaître pour mieux s’infiltrer dans la population, je compte sur Marcus pour ça ;)
J’avais perdu l’envie de travailler dès mon premier jour à Accra. Je voulais glander en fait. Puis quelques jours après notre arrivée, et surtout après nos sorties dans Accra, j’ai commencé à mûrir une certaine idée…Une reconversion professionnelle ?? Pourquoi pas ? De toute façon, le poste que Marcus avait pu me dénicher n’était pas vraiment dans mes cordes. Et le fait de travailler dans la même société que mon mari me met mal à l’aise. Enfin, c’est ça qui a fait qu’en passant devant le centre commercial Marina Mall, il y avait ce petit local commercial à vendre. La grosse affiche m’a perturbée un moment avant que je n’ai l’ultime illumination….
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Marcus : Je sais que tu aimes bien tout ce qui est maquillage, beauté et mode mais de là à…(il rigole tout seul)…bébé t’es sûre que ça va ?
Moi : Mais oui ! J’ai remarqué que les filles d’Accra sont très coquettes mais malheureusement elles n’ont pas souvent accès aux services adaptés et de bonne qualité. J’en ai vu avec des couleurs de mèches qui n’allaient PAS du tout avec leur couleur de peau. Encore pire, la qualité des mèches qu’elles utilisent. Bref, tu ne peux pas comprendre.
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C’était la réaction de Marcus quand je lui ai dit que je voulais ouvrir un salon de coiffure. Pas en tant que coiffeuse mais en tant que responsable. J’ai 37 ans et je n’ai plus envie de passer mes journées dans un bureau, en plus je n’ai jamais aimé mon boulot. Là j’ai l’occasion de recommencer tout à zéro, et c’est ce que je compte faire. Vivre aussi librement que je le veux, suivre mes pulsions sans aucune restriction, me laisser aller. C’est ce que je veux pour Marcus, pour nous. Il a mieux compris mes intentions quand je lui ai dit ça. Je me suis renseignée sur comment ça se passait dans ce pays pour ouvrir un commerce et tout le tralala. Ce n’était pas aussi compliqué que je ne le pensais. Par contre, je n’avais pas prévu de voir beaucoup plus loin. Plus je réfléchissais à mon projet, plus les idées me venaient. Je ne voulais plus d’un simple salon de coiffure, je voulais en plus un espace où on pourrait faire du maquillage, de la manucure/pédicure…plein d’autres choses…J’arrêtais pas de penser à mille et une manières de mettre tout en ordre, car une fois que je pensais avoir tout finalisé, une autre idée me venait.
Il y a longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi créative, aussi bien. Oui je me sentais très bien.
Quelques mois plus tard…
Moi : Hummm…
Marcus : Plus que trois semaines. Tu te sens comment ?
Moi : BIEEEEN !!
Marcus : Tu es radieuse mon amour, je crois bien que tu n’as jamais été aussi belle depuis que je te connais.
Moi : Sérieusement ?
Marcus : Oui. Très.
Moi : Peut-être parce que je fais enfin ce que j’aime.
Marcus : Je veux être papa.
Moi : Hm ??
Marcus : On est maintenant loin de nos problèmes, on commence une nouvelle vie dans un nouvel endroit, on doit célébrer ça.
Moi : Et la meilleure manière de célébrer cela, c’est de faire un bébé ?
Marcus : Tout à fait.
Moi : Je veux bien aussi.
Marcus : T’arrêtes la pilule alors ?
Moi : J’arrête la pilule.
Marcus (les yeux fiévreux): T’as un petit air sexy quand tu es aussi docile…
Moi : Oublie, j’ai mes règles.
Marcus : Daaamn ! On peut faire autre chose, non ?
Moi : Ok, à condition que tu fasses la vaisselle.
Marcus : ça marche ! Autre chose ?
Moi : Hahahahaha non non ça ira.
Marcus : A vos ordres chef !
Moi : Ah il me faudrait aller voir un gynéco.
Marcus : Je vais me renseigner au boulot, ce ne serait pas prudent d’y aller à l’aveugle.
Moi : J’ai juste besoin d’un petit check-up à ce niveau-là et aussi des petits conseils.
Marcus (avec le gros sourire) : J’ai hâte qu’on le fasse ce bébé.
Je lui ai rendu son sourire. C’est vrai que ça m’enchantait mais je craignais plus autre chose.
Quelques semaines plus tard, les travaux avaient bien avancé, j’en étais satisfaite. Il manquait juste la peinture et quelques éléments de déco ainsi que les appareils de coiffage et tout le reste du matos !
A vrai dire, ça a l’air super pas prêt du tout mais j’ai la situation sous contrôle, notamment grâce à la petite armée que je me fais. Les ouvriers sont trop sympas, et pour ce qui est des coiffeuses, j’ai décidé d’en prendre deux dans un premier temps. Pour mon coin maquillage, je compte engager une maquilleuse. On m’a parlé d’une très bonne école dans le coin où les filles sont très douées. J’ai déjà contacté la directrice et elle a dit qu’elle me rappellera. En attendant, je m’en vais à mon rendez-vous chez le gynéco. On a un peu galéré pour en trouver un, enfin une, parce que Marcus ne voulait pas que ce soit un homme mon gynéco.
Dr Eniang : Bonjour Madame, qu’est-ce qui vous amène ?
Moi : Mon mari et moi souhaitons avoir un enfant, je viens donc pour vérifier si tout va bien.
Dr Eniang : D’accord. Quel âge avez-vous ?
Moi : 37 ans.
Dr Eniang : Avez-vous déjà eu des enfants ?
Moi :…
Dr Eniang : Mme Alade ?
Moi : Euh oui ?
Dr Eniang : Avez-vous déjà eu des enfants ?
Moi : Non.
Dr Eniang : Vous menstrues sont plutôt régulières ou pas ?
Moi : Plus ou moins, ça dépend….
Je ne vais pas vous donner tous les détails de ma vie intime quand même ! Pour faire court, elle m’a posé des questions pour en savoir plus puis elle m’a examiné. Elle a fait un frottis vaginal et une radiographie par la suite. Elle m’a fait une autre tonne d’examens avant de me dire de revenir dans deux jours pour les résultats et de préférence avec mon mari. Je trouvais ça déjà un peu étrange, mais elle m’a dit avec humour que les bébés on ne les faisait pas seule. J’ai tout simplement ri, elle est bien drôle ce bout de femme.
Deux jours après, Marcus et moi étions dans son bureau. Elle avait une expression mi grave mi sérieuse et elle avait un sourire de façade.
Dr Eniang : Mr Alade, comme je l’ai déjà dit à votre épouse, elle ne peut pas faire un bébé toute seule alors vous devez absolument être présent.
Marcus (gêné) : Oui, en effet. J’en suis désolé.
Moi (morte de rire) : Dr, il faut l’excuser, c’est qu’il travaille beaucoup mon chéri.
Dr Eniang : Hm si vous le dîtes. Bien, j’ai ici les résultats des tests que je vous ai fait passer il y a deux jours et…
Moi : Et ?
Dr Eniang : Il y a un petit problème au niveau de votre ovulation.
Moi : Comment ça ?
Dr Eniang : Il y a des irrégularités au niveau de votre glaire et si je me fie aux dates de vos dernières menstrues, il y a deux jours vous étiez en période d’ovulation sauf que la radio n’a rien montré encore moins l’échographie. Je pense bien qu’on a affaire à une anomalie de l’ovulation. Vos menstrues sont très irrégulières comme vous l’avez dit et quand vous les avez elles ne sont pas abondantes et ne durent que 2 à 3 jours.
Moi : Mais c’est à cause de la pilule peut-être. Je l’ai arrêtée il n’y a pas longtemps.
Dr Eniang : Cela peut être un facteur aussi, je ne tire pas de conclusions hâtives mais vous avez 37 ans et ça peut-être plus compliqué qu’on ne le pense.
Marcus : Dr, je ne pense pas avoir réellement compris. Qu’est-ce qui se passe au juste ? Elle a un problème de santé ou le problème se trouve au niveau de la conception ?
Dr Eniang : Avant de vous répondre, je voudrais m’entretenir quelques minutes seule à seule avec votre femme ?
Marcus : Pourquoi ? Vous avez dit que ma présence était nécessaire et maintenant que je suis là, vous voulez me mettre à la porte ?
Dr Eniang : Non, ce n’est pas dans ce sens-là, calmez-vous Mr.
Moi : Dr, vous pouvez tout dire devant lui.
Dr Eniang : Vous en êtes sûre ?
Moi : Oui.
Dr Eniang : Bien, je vais vous poser la même question que la dernière fois : avez-vous déjà eu un enfant Mme Alade ?
Moi :…
Je la regardais elle, puis Marcus…C’était bizarre, je ne savais pas s’il fallait que je le dise ou pas. Cela s’est déroulé il y a tellement longtemps, je n’ai pas envie de revenir là-dessus…
Moi : Non.
Dr Eniang : Eh bien, j’ai les preuves du contraire.
Marcus m’a lancé un regard curieux. J’aurais dû lui dire mais je n’en ai jamais eu la force…
