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05

Partie 5 :

… : Lève-toi, tu vas être en retard.

Moi : Non pas envie !

Lili : Allez bichon.

J’ai reçu mon baiser du matin avant d’aller prendre une douche. Ça fait quelques mois que les cours ont débuté, j’aime beaucoup ces cours, ça touche plus la réalité et ce qui est encore plus top c’est que j’aurai à appliquer cela en stage. J’avais hâte.

Le reflet que la glace de la salle de bain donnait me faisait sourire. Je m’appelle Marcus Lilian Alade, j’ai 22 ans, beaucoup plus de kilos et de muscles qu’il y a un an mais plus surprenant je vis une folle histoire d’amour avec la charmante Lyvanne Beckers, 33 ans.

« Sors vite de la douche, t’es en retard ! » cria-t-elle depuis la chambre.

« Une minute chérie ! » répondis-je.

J’aime notre relation aussi particulière soit-elle. Pendant les 12 mois que nous avons été en couple, il n’y a pas eu que de beaux jours. Il y a eu les disputes, les crises de jalousie (des deux côtés), des incompréhensions bref le tralala quotidien mais on a su passer au-dessus de cela. Nous communiquons plus, supposons moins, interprétons moins, partageons plus, craignons moins.

Quoique la crainte reste toujours là car notre relation est restée secrète jusqu’à présent. Il y a juste Kim, son amie qui ne m’aime pas et Marie qui le savent.

Lyvanne a peur du regard des autres et ça me blesse parce que j’ai des fois l’impression qu’elle a honte de moi.

Je lui fais un bisou rapide, prend mon sac de sport et m’en vais.

Nous ne vivons pas ensemble, j’ai refusé quand elle me l’a proposé. Après elle a proposé de me prendre un appart plus grand, j’ai encore refusé, elle l’a mal pris et nous nous sommes faits la gueule pendant des semaines. Au final, j’ai accepté pour elle. L’appart n’est pas extravagant juste assez grand et confortablement meublé. Bien sûr mes parents ont posé des questions, mais j’ai dit avoir travaillé pendant l’été (ce qui n’est pas faux) du coup je pouvais me le permettre. Le loyer mensuel faisait trois fois celui de l’ancien. Je payais le tiers, Lili le reste.

Des fois j’avoue m’être senti comme un gigolo. Je ne peux pas lui offrir des cadeaux à la hauteur de ce qu’elle m’offre et ça blesse mon ego. J’essaie de faire fi de cela mais ce n’est pas facile de lui dire non quand pour elle c’est une simple formalité. En vrai ça l’est, mais ma condition me fait honte et ça elle ne peut pas comprendre. Un couple ça se fait des cadeaux, les miens sont modestes et plutôt sentimentaux et elle semble touchée à chaque fois.

En tout cas, ça m’encourage à bosser dur pour lui donner ce qu’elle mérite réellement.

En général, on dort ensemble les week-ends. Ou des fois en semaine quand l’un d’entre nous n’en peux vraiment plus d’attendre.

Avec elle j’ai découvert le sexe et franchement je ne suis pas déçu. Les gens n’ont pas tort en vantant le plaisir qu’on s’y procure. En plus de cela, Lili est la parfaite amante. Elle est tellement sensuelle. En y repensant, est-ce que je ne vais pas squatter chez elle ce soir ? Le week-end prochain est encore loin ! Mdr…

****************** 2 ans plus tard******************

Papa : Je suis fier de toi mon fils !

Moi : Merci. Ma arrête pleure pas.

Maman : Tu es devenu un grand garçon snifff…

Ne vous emballez pas hein ce n’est pas mon mariage. C’est ma remise de diplôme. Yeaaah !!

J’aperçois un peu à l’écart un corps familier…C’est elle. Je lance l’appel après avoir calmé Marly qui faisait sa folle.

Moi : T’es venue.

Elle : Félicitations mon chéri, je suis fière de toi.

Moi : Je te le dois à toi, bébé. T’as mon cadeau ?

Elle : Tu sais où le trouver. Amuse-toi bien avec ta famille, à demain mon cœur.

Moi : Je t’aime.

Je me retourne et Marly me saute dessus…rhaaah cette fille-là !

Moi : Tu m’as foutu la trouille !

Marly : C’est qui ??

Moi : Quoi qui ?

Marly : Bah la fille avec qui tu parlais au téléphone, celle qui te fait sourire bêtement là.

Moi : Marly je vais te frapper hein !

Marly : Avec tous les gens qu’il y a ici ? Whatever !

Moi : Les Etats-Unis te montent à la tête on dirait.

Marly (faisant celle qui n’a pas compris): J’aimerais bien savoir qui est cette fille quand même.

Je n’ai pas répondu mais plutôt rejoint mes parents. Marly a changé et ça me perturbe un peu. Avant elle se serait excusée d’avoir tant voulu s’immiscer dans ma vie privée mais là rien. De plus, elle est devenue trop coquette à mon goût. Elle ne sort pas sans se maquiller, encore pire elle s’habille très sexy et n’hésite plus à mettre des talons malgré sa taille de girafe.

Enfin bon, le soir on s’est fait un bon restaurant avec toute la famille…j’aurais aimé que Lili soit là, qu’elle rencontre ma famille. Le lendemain, ils sont retournés à Bruxelles, j’ai prétexté avoir des choses à régler pour ne pas qu’ils m’emmènent avec eux. « Ce sont les vacances ! » disait ma mère. Moi je voulais juste aller prendre mon cadeau chez Lili.

Et j’ai été bien servi. Elle m’a préparé une soirée relaxante, sensuelle, romantique, érotique. J’étais vraiment bien, petit à petit mes objectifs se réalisaient.

Peu de temps avant la remise de mon diplôme, la société où j’ai effectué mon stage de fin d’études m’a proposé un CDI. Au départ, je ne voulais pas trop car j’avais postuler dans d’autres entreprises qui me plaisaient plus. Mais quand ils ont augmenté l’offre de salaire je n’ai pas pu dire non. J’allais avoir le même salaire que mon père il y a 10 ans. J’étais en joie !! J’allais moi aussi pouvoir offrir de beaux cadeaux chers à ma Lili.

Tout va bien dans le plus beau des mondes.

*

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*

Maman : Marcus tu as une copine ?

J’ai avalé mon jus de gingembre de travers. Ma mère me fixait intensément genre elle me passe au laser.

Moi : T’as dit quoi ?

Maman : Do you have a girlfriend ?

Moi: Ooh avec le travail, c’est dur de faire quelque chose après.

Maman : Tu n’as pas répondu…bon il faut que tu penses à te marier. Tu as 25 ans, tu gagnes bien ta vie depuis deux ans déjà, il est temps de fonder une famille Dada.

Moi : Je vais y penser Ma.

Maman : Tu sais Emenike va emménager à Liège bientôt.

Moi : Emenike ?? La fille de tonton Mboezi ?

Maman : Oui, elle a trouvé un travail là-bas.

Moi : Ah c’est super.

Maman : Je compte sur toi pour l’aider à bien s’installer hein, je lui ai déjà donné ton numéro.

Moi : Je ferai ce que je pourrai. Comme je t’ai déjà dit au boulot c’est chaud.

Maman : Même les week-ends ?

Non les week-ends j’ai d’autres choses plus importantes à faire. Bon je ne peux pas lui dire ça.

Moi : Je vais essayer Ma.

Maman : Tu me caches quelque chose toi.

Moi : Ooh ne pense pas ça.

Nous avons changé de sujet et puis alors que je la regardais vider le poisson, elle s’est retournée rapidement vers moi :

Maman : Mon fils, tu es gay, c’est ça ?

PAUSE ! Seriously Ma ??

Maman : Pourquoi tu ne réponds pas ? C’est donc vrai hein ? C’est pour ça on n’a jamais vu l’ombre d’une seule de tes copines ici ! They’re all boys like yourself ! Eeeh je suis foutue ! Comment tu as pu me faire ça ?? Marcus !

Moi : Ma calme-toi, ce n’est pas ça. Je ne suis pas gay, ne dis pas n’importe quoi.

Maman : Tu es sûr ??

Je pense qu’il est temps que je lui dise. Y en a marre des cachotteries inutiles.

Moi : Oui, j’ai déjà quelqu’un dans ma vie.

Maman (visiblement rassurée): Ah bon ?

Moi : Oui.

Maman : Elle est où ? A Liège ?

Moi : Oui Ma. On vit ensemble.

Maman : Vous quoi ?

Moi : Euh on vit ensemble, ça fait juste quelques mois.

Maman : Non, non, non Marcus ! Tu sais bien que ce n’est pas bien ça ! On ne vit pas avec une femme avant le mariage. Est-ce que tu vas l’épouser ?

Moi : Je voudrais bien.

Maman : Tu vis avec quelqu’un que tu n’es même pas sûr de vouloir épouser ?? Marcus que t’arrive donc ?

Moi : Ma tu sais bien que ce n’est plus comme ça aujourd’hui. Les choses ont changé.

Maman : Mais Dieu ne change pas, ses règles non plus.

Moi : Je n’ai pas dit ça.

Et puis elle s’est tue et est retournée à l’évier de la cuisine pour vider les poissons. . Elle était fâchée.

Moi : Ma je vais faire un tour.

Maman : Hun hun.

Je suis sorti de la maison et j’ai fait un petit tour du quartier. J’en ai profité pour appeler Lili…

Lili : T’as deux minutes, je suis vraiment occupée là.

Moi : Ooh bébé calme toi. Je voulais savoir comment tu allais, hier soir t’étais pas bien.

Lili : Désolé mon chéri…C’est le stress qui me tue.

Moi : Tu vas assurer, t’as pas à te mettre autant la pression.

Lili : Je ne m'en ferais pas autant si le mari de ma sœur ne me mettait pas les bâtons dans les roues.

Moi : Je t’ai déjà dit mille fois de me donner leur adresse pour que j’aille lui rectifier le portrait.

Lili (amusée): Tu sais très bien que ce n’est pas la solution. Je vais me débrouiller et puis si ça ne marche pas, je réessayerai ailleurs.

Moi : Mouais. Courage bébé.

Lili : Merci. Et toi ? Ça se passe bien là-bas ?

Moi : Oui on peut dire ça.

Lili : Il y a un problème ?

Moi : Non, non t’inquiète pas. Je rentrerai plus tôt par contre, ça t’ira ?

Lili : Oh que oui, avec toute la fatigue que j’accumulerai d’ici là, un massage ne serait pas de refus.

Moi : A vos ordres Chef. Passe une bonne journée chérie.

Lili : Toi aussi bichon. Mouaaack !

Elle a raccroché et j’ai souri bêtement. Marly avait raison, Lili m’a dressé et surtout elle a rendu ma vie plus agréable. Ce qui me rendrait encore plus heureux ce serait si mes parents pouvaient la rencontrer. Je l’ai toujours voulu, j’ai envie qu’ils connaissent la femme qui me rend heureux.

Le jour même à la maison, l’ambiance était plutôt morose, notamment à cause de mon pseudo accrochage avec ma mère. Elle était fâchée et ça se ressentait. Le pire c’est que la mauvaise humeur de ma mère déteint beaucoup sur celle de mon père. Du coup, les deux étaient en mode vénère…Nous dégustions du bon riz jollof avec du poisson braisé. Moi je me régalais, mon père aussi. Sauf que c’était trop silencieux…un peu trop…

Papa : Pourquoi ce silence ? Quelqu’un est mort ?

Voilà ! Let the show begin !( Que le show commence !)

Moi: Oh rien du tout. Moi je savoure le délicieux plat de Maman, j’en perds les mots.

Papa (souriant à Maman) : Ah, faut avouer qu’elle s’est surpassée aujourd’hui. Merci chérie.

Elle n’a toujours pas changé de visage, lui par contre m’a regardé avec tout sauf un sourire, il m’a relativement sondé sévèrement de la manière qu’il procède toujours d’ailleurs…

Papa : Qu’est-ce que tu as fait à ma femme ? Depuis ce midi elle est dans cet état.

Moi : Rien Papa.

Papa : Et je peux savoir c’est quoi ce rien ?

Moi : Ok. Je vis avec une femme et Maman désapprouve cela.

Papa (raclement de gorge) : Bien, on en parlera après le dîner.

Il a lui-même sûrement compris que Maman exagérait mais bon on ne sait jamais, il est possible qu’il prenne son parti juste pour marquer des points auprès d’elle...

Ça faisait dix minutes que nous étions tous les trois assis dans le salon autour du thé. Ma mère semblait moins contrariée que tout à l'heure. Mon père lui par contre...Bah lui il était étrange, c'est-à-dire ni fâché ni content. Un peu trop sérieux...

Lui : Marcus ?

Moi : Oui Papa.

Lui : Ta mère n'a pas tort à propos de ta relation.

Moi : C'est-à-dire ?

Lui (se raclant la gorge) : Pourquoi tu ne nous as pas présenté ta copine avant de l'emmener chez toi ?

Moi : Je...enfin je n'étais pas sûr.

Lui : Mais tu sembles l'être maintenant vu que tu vis avec elle, non ?

Moi : Oui.

Lui : Bien. Nous voulons la rencontrer alors.

Moi : D'accord.

J'ai moi-même été surpris par ma réponse. Maman exagère un peu mais mon père a raison. J'aurais dû insister auprès de Lyvanne pour qu'elle rencontre ma famille. Mon père semblait satisfait de ma réponse mais ma mère elle...Bon c'est ma mère, je l'aime donc je vais faire le premier pas.

Moi : Ma je suis désolé pour tout à l'heure. Je vous présenterai ma copine, ne t'inquiète pas.

Maman (les yeux fermés) : It's okay Dada.

Je me suis levé pour lui faire un câlin, elle a enfin souri. Aaaw ma petite Maman qui aime se fâcher pour un rien. Nous avons passé une bonne fin de soirée puis je suis sorti boire un verre avec quelques connaissances de l'école. Il y avait Hélène (je sais pas si vous vous souvenez d'elle mais bon c'est pas très grave) qui avait un peu trop bu et qui me faisait discrètement des avances.

Hélène : Pourquoi tu la nous caches ?

Moi (l'air de pas savoir de quoi elle parle) : Qui ça ?

Hélène : Je parle de ta Juliette bien sûr.

Marc : J'avoue, on ne la connaît toujours pas.

Akim : Moi je vous ai dit qu'il est gay, hahaha.

Moi : Vous êtes un peu trop curieux, vous ne trouvez pas ?

Hélène : Non pas assez au contraire. Alors, elle existe ou pas ?

Marc : Bien sûr qu'elle existe ! Akim je suis sûr à 100% qu'il n'est pas gay.

Hélène (le regard à fond sur moi): Je suis d'accord aussi. Ce serait un teeeel gâchis.

Akim : Lena, tu ne serais pas un peu trop directe toi ?

Marc : Comment ça ?

Akim : Bah regarde la.

Marc : Non, elle est juste un peu bourrée notre Léna, elle m'avait prévenu en plus. Je dois la conduire chez elle après.

Hélène : On joue à Cap ou pas Cap ?

Marc : On a passé l'âge de jouer à cela, non ?

Moi : Tout à fait.

Akim : Non moi je suis pour ! Hey Léna, cap ou pas cap d'embrasser Marcus là maintenant histoire de nous prouver son hétérosexualité ?

Hélène : CAP !

Moi (dans un mouvement de recul) : Non, je fais pas ça.

Hélène : Rhoo allez !

Moi : Non Léna, t'es saoule tu sais pas ce que tu fais. Ak, Marc je vais y aller. Rentrez bien.

Akim : Mais te fâche pas, c'était juste pour délirer.

Moi : On peut délirer autrement aussi.

Marc (à Akim) : Toi arrête un peu. Tu es allé trop loin...

Je les ai laissé et j'ai roulé jusqu'à chez mes parents. J'ai essayé d'appeler Lili mais elle ne répondait pas, je lui ai laissé un message et une fois à la maison, j'ai plongé dans mon lit...Et pas que...enfin, je veux dire j'ai beaucoup pensé à ce que mes parents avaient dit. Lili et moi, c'est du sérieux je le sais, je le sens et je le veux. Sauf que...oui il y a toujours un « sauf ». Lili a toujours eu un problème avec la famille. Elle en vient d'une pas très conventionnelle, elle m'a raconté son histoire rien qu'au bout de huit mois de relation. Vous vous rendez compte ? Je n'en ai pas fait cas car je pouvais comprendre qu'il était dur de partager une telle histoire. C'était la sienne alors ça allait. Mais là, j'ai vraiment envie qu'elle m'écoute et qu'on saute le pas. Il est temps que je la présente à mes parents.

Oui, il est temps...

Le lendemain j'ai prétexté avoir un travail à finir à Liège et j'ai pris la route. Déjà que je mourrais d'envie de la voir, en plus de cela ce matin elle m'a envoyé un texto préoccupant : "ça n'a pas marché...je t'appellerai quand je me sentirai mieux."

Je savais qu'elle parlait du cabinet juridique qu'elle voulait ouvrir avec un de ses amis avocat mais comme ce monde là est très petit et qu'elle n'est plus en bon termes avec sa famille, ils lui mettent les bâtons dans les roues. En effet, son beau frère...le mari de sa soeur est avocat également et de par la notoriété de sa famille, il a la main sur tout dans ce domaine là. Je déteste ce genre de personnes. Si une personne te dit clairement de lui lâcher les baskets pourquoi tu t'obstines à vouloir faire de sa vie un enfer ?? Encore pire, si cette personne ne t'a jamais rien fait. Pffff, il mérite une vraie correction ce con !

Je roulais normalement malgré le nervosité qui m'habitait. Je l'imaginais déjà toute déprimante dans son ensemble jogging bleu...elle met toujours celui-là quand elle se sent mal. Il serait fort possible aussi que je retrouve une bouteille de vin presque vide, des nuggets de poulet d'un fast-food et du Barry White en fond sonore. C'est son rituel. Je n'aime pas la voir boire mais comme ça n'arrive pas souvent, je laisse faire.

Une heure de trajet plus tard, j'étais chez moi, chez nous.

Moi: Chérie ??....Je suis de retour.

J'ai pris la direction de la chambre à coucher qui était vide mais "Bring back my Yesterday" de Barry White résonnait depuis la sdb. J'y pénètre et je la vois totalement enfouie dans l'eau de son bain. Je me suis très vite approché de la baignoire avant de sortir sa tête de l'eau.

Moi: LILI !

Elle (apeurée): HAAAAA!

Moi: Qu'est-ce que tu foutais ?

Elle (reprenant son souffle): Je prenais mon bain, ça se voit non ? Mais qu'est-ce que tu fais là d'ailleurs, tu devais revenir en fin de semaine.

Moi: Me prends pas pour un con. Qu'est-ce que tu faisais la tête sous l'eau ?

Elle: Je me vidais le cerveau deux minutes. Attends, tu pensais que je...

Moi: Je ne pensais rien du tout. Sors, je t'attends dans la chambre.

Elle:...

Oui j'ai cru qu'elle essayait de se tuer. Et à ce moment-là on coeur battait trop vite pour que je puisse dire quelque chose. Je me suis couché dos contre lit, ça m'a calmé direct. Les minutes sont passées et j'avais commencé à m'assoupir quand j'ai senti la chaleur de sa paume contre ma joue. J'ai ouvert les yeux et son visage angélique m'a tout de suite accueilli.

Elle: Je suis contente que tu sois là. Pour tout à l'heure, crois-moi je n'ai pas tenté de..

Moi (la coupant): Shuuut, je sais. Viens là.

Je l'ai serrée contre moi.

Je la regardais. Elle fixait la porte tout en me caressant le torse de sa main gauche.

Elle : Il a tout foutu en l'air. Il m'a fait croire que j'avais réussi avant de m'anéantir cruellement.

J'ai grincé les dents. Elle était mal et cette fois beaucoup plus que d'habitude.

Elle : Dès fois, j'ai juste envie de disparaître tellement c'est injuste ce qu'ils me font.

Je lui ai fait un bisou sur le front avant de jurer fortement contre le mari salaud de sa sœur.

Elle : A vrai dire, ce n'est pas vraiment de sa faute.

Moi : Ah non, tu ne vas pas me dire ça !

Elle : Bah si, c'est Lucie qui dirige tout. Elle est au courant de tout ce que son époux fait alors je n'en veux qu'à elle.

Moi : Tu es trop...bébé il faut que tu ouvres les yeux. Surtout que tu saches prendre ta propre défense, j'ai l'impression que tu te laisses faire sans rien dire.

Elle : Que veux-tu que je dise ?

Moi : Tout ce que tu gardes en toi. Leurs quatre vérités.

Elle : Pourquoi tu es venu plus tôt toi ?

Moi : Voilà, tu changes de sujet.

Elle ::)

Moi : Tu me manquais.

Elle : Pff à d'autres stp.

Moi : Oh ! C'est vrai hein.

Elle : Genre tu n'étais pas dans les jupes de ta mère ?

Moi : Si mais...à propos.

Elle : Quoi ?

Moi : Ils veulent te rencontrer ?

Elle : Qui ça ? Tes amis ?

Moi : Euh non mes parents.

Elle s'est levée et m'a fixé étrangement. Bon, la bataille va commencer.

Moi : Ils ont hâte de te voir.

Elle : Tu leur as parlé de moi ??

Moi : Oui.

Elle : Mais pourquoi ?

Moi : Comment ça ? Ça fait combien de temps qu'on est ensemble ?

Elle : C'est une question piège ?

Moi : Oh arrête ! J'ai quand même le droit de parler de ma petite amie à mes parents !

Elle : On en avait déjà parlé Marcus.

Moi : Et je n'ai jamais été d'accord. J'ai respecté ton choix tout ce temps mais maintenant laisse-moi faire.

Elle : Il n'a jamais été question de tours ici. On aurait dû en parler avant c'est tout.

Moi (me levant) : Ai-je fait quelque chose de mal ? Réponds honnêtement.

Elle :...

Moi : Ça me fait mal de voir que tu réagis de la sorte alors que je souhaite que notre relation soit officielle, je veux que tout le monde sache que tu es celle que j'aime. Ce qui est totalement légitime.

Elle : Marcus..

Moi : Cette discussion n'a pas lieu d'être. Je vais prendre ma douche.

Elle : Marcus...

Je sais que ce n'est pas le moment de la faire culpabiliser mais elle s'éparpille trop des fois. J'ai pris tout mon temps dans la sdb, quand je suis sorti elle n'était pas dans la chambre mais dans la cuisine. Elle était de dos face à l'évier, je l'ai enlacée par derrière un moment dans le silence.

Moi : Tu prépares quoi ?

Elle : Des tortillas.

Moi : Ça sent bon en tout cas.

Elle : Tu...penses qu'ils vont m'apprécier ?

Moi : Mes parents ? Oui bien sûr.

Elle : J'ai peur...et si ça se passe comme avec les miens ?

Moi : Ecoute je ne sais pas...mais quoi qu'il arrive...(la retournant) je ne cesserai pas autant de t'aimer...ça c'est sûr.

On s'est embrassé puis on a cuisiné ensemble. Le reste de la journée s'est passé dans la paix.

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Moi : Chérie, on va être en retard !

Elle : Mais elle est froissée la robe.

Moi : Et ça fait une heure que tu changes de robe, que tu les repasses encore et encore.

Elle : Je veux juste faire bonne impression Marcus.

Moi : Tu risques de ne pas en faire une à cette allure, mon père déteste les gens pas ponctuels.

Elle : Ok, ok je me dépêche !

Moi : T'as pas encore fait tes cheveux ?

Elle (perdue) : Euh si...non en fait.

Moi : Ok, je t'aide.

Pendant qu'elle mettait sa robe, j'ai envoyé un texto à mon père pour lui dire que le trafic était mauvais, donc on aurait un peu de retard...mais je savais qu'il n'y croirait pas.

Lili se maquillait ENFIN quand je suis revenu dans la chambre. J'ai lissé quelques unes de ses mèches avec le fer à lisser. Don't judge me, ça peut arriver. Et puis on n'avait pas le temps voilà !

Une fois dans la voiture, elle m'a fait un bisou sur la joue avant de passer sa main là-dessus pour enlever la trace de rouge à lèvres.

Elle : Merci, tu es un amour.

Moi : Hm je sais.

Elle : Tu es très beau en plus, cette chemise te va à ravir.

Moi : Merci. Mais bon, je le savais ça aussi.

Elle : Oh un peu de modestie quand même.

Moi : Laisse-moi ma minute de gloire.

Elle : Hm quand tu vas voir ta mère, tu te fais toujours particulièrement beau, je me trompe ?

Moi : Non, c'est parce que c'est la femme de ma vie.

Elle : Eh poor me ! (pauvre de moi ??)

Moi : Toi tu es ma petite femme.

Elle : Pourquoi « petite » ?

Moi : Parce que tu viens après elle.

Elle :...O-KAY !

Je sais pas pourquoi mais c'est comme si ma dernière tirade avait jeté un froid dans l'habitacle de la voiture. Nous avons fait le trajet en silence et une fois garé devant l'appartement familial, je lui ai serré la main.

Moi : On y va ?

Elle : Ai-je réellement le choix ?

Moi : Li...ne recommence pas stp.

Elle : Je suis prête, allons-y !

Et elle est sortie de la voiture. J'essayais de comprendre pourquoi elle avait changé d'humeur à ce point en juste une heure..enfin ça me disait rien tant qu'elle restait là, tout m'allait.

Ma mère nous a ouvert et nous a joyeusement accueilli. J'appréhendais un peu puisque d'après moi elle avait déjà une mauvaise image de Lili car on vit ensemble. Apparemment je me suis trompé et c'est tant mieux.

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Tout se passait bien...Ma mère avait adoré le gâteau à l'ananas que Lili avait apporté et mon père avait aimé la bouteille de liqueur qu'elle lui avait offerte. Lili semblait apprécié le Kenkey de Ma, elle n'en avait jamais goûté et ça me faisait plaisir qu'elle aime les plats de chez moi.

Nous en étions au dessert quand ma mère a posé une question inattendue...

Maman : Dîtes moi Lyvanne, vous croyez en Dieu ?

Eh merde...j'avais la mâchoire crispée à l'idée que Lili réponde comme elle le fait toujours...

Lili : Il fut un temps où j'y croyais.

Maman (fronçant les sourcils) : Comment ça ?

Lili : Je suis athée, pour moi Dieu existe mais n'aide que certaines personnes...Pas tout le monde.

Maman (essayant de cacher son étonnement) : Vous êtes encore jeune, vous ne savez pas ce que vous dîtes.

Lili : Si 36 ans est jeune pour vous Madame Alade, je me sens flattée.

Maman (lâchant sa cuillère) : Quoi ? Vous avez quel âge ?

Lili : Euh...

Je suis sûr qu'elle vient de se rendre compte qu'elle parlait un peu trop. Bon c'est pas comme si je cherchais à cacher son âge à ma famille mais...pas le dire de cette manière.

Papa : Je crois qu'elle a dit avoir 36 ans.

Maman :...

Moi : L'amour n'a pas d'âge, n'est-ce pas ?

J'ai essayé d'égayer l'atmosphère mais c'était peine perdue. Mes parents sont restés silencieux, jusqu'à ce qu'on finisse le dessert.

Lili (à Maman) : Je peux vous aider ?

Maman (froide) : Non ça ira.

Lili : J'insiste.

Maman : Marcus aide-moi stp.

Ça ne présageait rien de bon ça.

Moi : Chérie va t'asseoir dans le salon, j'arrive.

Elle a acquiescé avant de s'exécuter. Mon père lui était parti dans sa chambre.

Je venais de déposer les assiettes dans l'évier. Maman avait fermé la porte derrière elle. Une fois de plus, cela ne présageait rien de bon.

Maman : Tu es devenu fou ma parole ?!

Moi : De quoi tu parles Ma ?

Maman : Qu'est-ce qui te prend de venir nous présenter une femme qui a plus de 10 ans que toi Marcus ??

Moi : Ma, c'est ma copine et son âge m'importe peu.

Maman : Je vois maintenant pourquoi tu vas moins à l'église. Cette vieille vipère sans aucune foi te détruit.

Moi : Tu ne la connais pas Ma !

Maman : C'est toi qui ne la connais pas.

Moi : Arrête stp.

Maman : C'est toi qui doit arrêter ton histoire avec elle si tu ne veux pas te perdre. Maintenant, tu vas la faire sortir de ma maison et vite.

Moi (choqué) : Ma ??

Maman : Oui tu as très bien entendu.

Moi : Tu me mets à la porte Ma ?

Maman : Si tu souhaites y aller avec elle , c'est ton problème. Je veux juste qu'elle quitte ma maison.

Je suis sorti de la cuisine totalement déçu par la réaction de ma mère. Lili était dans le salon complètement nerveuse, elle se tripotait les doigts, elle fait toujours ça quand elle est stressée ou quand elle ne sait pas quoi faire.

Moi : On y va.

Lili : Co...comment ça ? Déjà ?

Moi : Oui.

Lili : On va quand même leur dire au revoir, non ?

Moi : Non. Suis-moi.

Lili : Marcus ?

Moi : Je t'expliquerai tout à la maison, alors suis-moi juste.

Elle s'est exécutée mais une fois dans la voiture elle m'a harcelé de questions auxquelles je n'ai pas voulu répondre de peur de la blesser. Mais elle est intelligente, elle a fini par comprendre toute seule quel était le problème. Au final, elle avait raison. Ma famille la rejette exactement comme sa famille m'a rejeté. Pour eux, je suis le nègre qui veut profiter de ses biens. Leur opinion m'importait peu car je me disais que c'était l'amour que Lili me portait qui m'importait réellement. Je n'avais pas pensé à la possibilité que mes parents aussi la rejettent pour son âge. Age qu'ils n'ont même pas pu déceler avant qu'elle même n'en parle. Quelle déception !

Moi : Je suis désolé mon cœur.

Cette seule phrase a réussi à provoquer en elle un torrent de larmes...Un nouveau combat nous attendait...ou plutôt s'ajoutait aux autres qu'on avait déjà...

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