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Ma belle-mère et moi
Episode 06
« Il est bon d’être sobre mais il ne faut pas l’être jusqu'à la stupidité » : Alphonse Karr
( Gérardh Lissouk )
À bord de mon véhicule, l’air tout pensif je me rends chez mes beaux parents. Sur le trajet malgré les embouteillages je ne peux m’empêcher de penser à mon épouse. Les souvenirs jaillissent sans cesse de ma mémoire. Dariska !! Cette femme a toujours été là pour moi, elle m’a soutenu dans chaque étape de ma vie je suis devenu l’homme que je suis aujourd’hui grâce à elle. Ma chérie a toujours été une épouse attentionnée, respectueuse et soumise à souhait.
Jamais elle n’a élevé la voix à mon endroit, jamais elle ne m’a tenu tête au contraire elle a toujours suivi toutes mes consignes à la lettre. Mais aujourd’hui beaucoup de choses ont changé : elle rétorque quand je lui parle, elle devient de plus en plus irrespectueuse, elle prend des décisions sans me consulter. Quand est-ce que j’ai commis une faute ? A quel moment ai-je failli à mes obligations d’époux ? Je reconnais que ces trois dernières années n’ont pas été de tout repos, les choses étaient assez tendues au boulot avec ma nomination au poste directeur général, j’avais trop de responsabilité je rentrais assez souvent tard et je travaillais beaucoup. Je reconnais aussi avoir délaissé ma femme, et le fait de ne pas réagir lorsque ma mère l’irritait a rendu la situation encore plus compliquée. Comment sommes-nous arrivés là ? Nous qui étions un couple exemplaire et enviable de tous ? Nous étions heureux et filions le parfait amour bien avant que maman ne vienne y semer la haine et la discorde. Maintenant les disputes et les prises de tête sont devenues notre quotidien .On s’énerve à tout bout de champ, c’est à peine si nous faisons encore l’amour. Je ne reconnais plus celle que j’ai épousée. Nous ne partageons plus rien elle et moi. Je m’en veux tellement parce que je n’ai pas pris soin de ma femme, je n’ai pas été attentif à ses cris et pourtant à maintes reprises elle m’a mis la puce à l’oreille. Je veux retrouver mon épouse, celle la qui me parlait et me chérissait tant il ya quelques années.
Je me gare au carrefour Obili et je descends la petite colline qui mène chez mes beaux parents. Une fois devant la petite concession j’aperçois Nyango la petite sœur de Dariska
-Bonsoir petite. Lui dis-je
Celle-ci court vers moi et me fait un gros câlin.
-Bonsoir tonton Gérard.
-Comment vas-tu Nyango ?
-Je vais bien, qu’est ce qui t’amène ici ?
-Tes parents sont là ?
-Mama si, mais papa non.
-Okay
Je la prends par la main et nous entrons dans le grand salon. Elle va à la cuisine appeler sa maman qui vient d’aussitôt et cette dernière est surprise de me voir
-Bonsoir mon fils, me dit-elle d’un regard inquisiteur
Je m’assieds sur le canapé.
-Tu veux boire ou manger quelque chose ? demande-t-elle
-Manger peut-être.
-J’ai fait les épinards sautés avec l’igname jaune pour ce midi
-Oui maman j’aimerais bien manger merci.
Elle me sert à manger et m’offre une bière bien glacée pour étancher ma soif. J’ai toujours aimé l’accueil dans ma belle famille. A chaque fois que je viens ici on me reçoit comme un prince et je rentre toujours avec un grand sourire aux lèvres.
-Alors qu’est ce qui t’amène ici mon fils ?
-Maman je voudrais d’abord m’excuser pour ce que ma mère a fait de ton restaurant et je tenais aussi à te remettre une petite somme d’argent pour que tu puisses reconstruire ton petit circuit
-Merci mon fils.
-De rien maman je suis vraiment désolé pour tout.
-C’est déjà passé mais vraiment il faut que tu parles à ta maman de manière à ce qu’elle change de comportement.
-Je suis en train de prendre les mesures nécessaires pour que les choses reviennent à l’ordre.
-Il le faut vraiment avant que quelqu’un ne perde sa vie. Ta mère a atteint un niveau où on doit faire attention à chacune de ses actions. Elle est capable de commettre un crime celle là
-Je sais maman et je voudrais profiter par la même occasion de te parler de ta fille Dariska je pense qu’elle perd aussi la tête. Elle ne parvient plus à se contrôler
-Qu’a-t-elle donc fait ?
-Elle consulte déjà les charlatans. Dernièrement elle est sortie de la maison disant qu’elle va se faire coiffer chez sa copine Salomé, elle y a passé toute la journée et n’est revenue que tard dans la soirée. Le lendemain elle m’annonce qu’elle était à Nkometou voir un marabout pour ses problèmes d’enfantement et ce dernier lui a dit qu’elle avait un serpent boa dans son ventre qui avalerait ses fœtus et aussi que c’est ma mère qui lui fait tout cela
-Marabout ? Dariska chez les marabouts ? Je n’aime pas cette fille de Salomé et je n’ai jamais approuvé cette amitié superficielle. Cette fille est une envieuse et une grosse jalouse, elle a refusé de fréquenter parce qu’elle voulait très vite toucher de l’argent et les rumeurs courent qu’elle serait à l’origine de la mort de ses deux parents et ma fille s’allie à elle ? Non je ne peux tolérer cela.
-Et en venant ici elle m’annonce qu’elle va passer une semaine chez ce marabout pour soi disant se faire soigner.
-Quoi ? Ce n’est pas possible ça et tu l’as laissé ?
-Je lui ai donné des ultimatums avant de venir ici , même s’il faut reconnaitre qu’ elle m’avait l’air bien entêtée.
Nous continuons notre discussion et je lui remets une enveloppe d’argent qu’elle ouvre toute excitée Après avoir compté le contenu. Elle se met tout de suite à crier.
-Oh mon fils, tu m’as gâtée oh trois millions ? Gérard oh mon fils oh seigneur oh.
-De rien maman ,c’est la moindre des choses que je puisse faire après ce que tu as enduré avec maman.
-Je te prie de m’excuser d’être venue comme ça à l’improvise occasionné ce tintamarre dans ton domicile alors que cette grande soirée comptait pour toi.
-Je te comprends maman, à ta place j’aurai pu faire pareil, ton restaurant était tout ce que tu avais et du jour au lendemain quelqu’un vient détruire ce que tu as pris des années à bâtir.
-Voilà mon fils sans scrupule comme ça elle vient mettre le feu à mon restaurant.
Je déguste avec appétit le plat de nourriture qu’elle m’a servi et quelques temps après je lui annonce que je vais devoir prendre congés d’elle
-Bon maman je dois rentrer déjà je te ferai signe en semaine.
-Merci mon fils et prends grand soin de toi.
Je sors et je remets un billet de dix mille à Nyango, ensuite je monte et démarre pour la maison en espérant que Dariska y est toujours .
( Brigitte Fossi ) : La mère de Dariska
Gérard est vraiment une bénédiction je me demande comment une femme telle que Léna a pu engendrer un ange pareil. Cette femme est l’incarnation même du diable et quand on regarde le cœur de son fils on se pose beaucoup de questions
-Pourquoi tu es heureuse comme ça Brigitte ? me demande monsieur mon mari qui revient de son endroit fétiche le bar.
-Gérard était là il m’a laissé une enveloppe de trois millions pour reconstruire le restaurant.
-Ah oui ? C’est un très grand geste, ce garçon est une vraie source de bénédiction.
-Mais par contre je dois monter chez Salomé elle amène ma fille chez les marabouts.
-Que quoi ?
-Gérard me dit qu’elle a amené Dariska chez les marabouts.
-Attend tu parles de Salomé celle qui a récemment tué son papa ?
-Oui comme tu entends là je monte comme ça chez elle. Je vais lui dire deux mots à celle là
Je garde mon argent dans la chambre, ensuite je monte au carrefour dans le salon de cette petite chipie de Salomé. Elle va me sentir maintenant « Chouagne Ambonguè
-Bonsoir Salomé .
-Bonsoir Ma’a Bri…
Elle appelle qui Ma’a ? l’enfant ci a le vrai « Han » hein !
- Tu peux me dire ce qui t’a pris d’amener mon enfant chez les marabouts ?
-Quel enfant Ma’a Bri ?
-Tu veux jouer aux innocentes hein ? Tu as amené Dariska faire quoi à Nkometou ? Hein dis-moi.
-C’est Dariska même qui a demandé à partir rencontrer le marabout.
-Qui lui a parlé de ça ? Ce n’est pas toi ?
-Si, mais c’est elle qui a insisté pour y aller.
Je m’approche d’elle et je la fixe droit dans les yeux pour la déstabiliser. Les sorciers ont peur lorsqu’on les menaces
-Ecoute moi bien Salomé, tends bien tes oreilles. Je sais que tu as tué ta mère pour aller en Europe tu as demandé plus de dix mille visas on ne t’a jamais donné. Puis tu as ouvert ce trou à rats que tu appelles salon pour coiffer et puisque tu es une grosse envieuse, jalouse et sorcière pour t’attirer la clientèle tu as tué et vendu l’âme de ton papa sans scrupule. Tu devrais avoir honte une petite fille de ton âge tu refuses de travailler dur pour t’offrir ce que tu veux tu as préféré vendre ton âme au diable maintenant tu ne veux pas couler seule en enfer tu prends ma fille avec toi mais je te préviens fais attention à moi Salomé parce que je ne vais pas te laisser faire du mal à mon enfant. Si tu touches à un seul cheveux de Dariska je vais te dépiécer crois moi
-Je ne sais pas de quoi tu parles Ma’a Bri
-Je t’ai dit et je suis ici pour te prévenir, si quoi que ce soit arrive à ma fille tu auras affaire à moi occupe toi d’abord de ta misérable vie que tu n’arrives pas à gérer un enfant comme toi tu passes ta vie chez les marabouts mais sache que tout se paye ici bas si tu as déjà vendu ton âme laisse celle de ma fille en paix
-Je n’ai rien fait Mama , je ne sais pas de quoi tu parles
-Tant mieux pour toi mais je te jure wallaye Salomé si mon enfant a seulement des maux de tête tu entendras parler de moi tu penses que tu es sorcière ? je suis plus que toi
-Je ne sais pas de quoi tu parles Ma’a Bri
-Continue de ne pas savoir mais si ma fille m’appelle et me dit qu’elle a un problème tu vas m’entendre
Je sors de son cachot qu’elle appelle salon de coiffure et je descends à la maison pour essayer de faire déjà un plan pour mon restaurant je pense que je pourrais même changer d’emplacement. Dariska aussi je n’ai jamais vu un enfant aussi conne qu’elle trop influençable elle n’a aucune personnalité même la petite Nyango réfléchit plus qu’elle tsippp
( Dariska Lissouk )
-Tu ne bouges pas de cette maison ! Mais tu ne comprends pas ce que je dis ?
-J’ai dit que je pars me faire soigner je ne reste pas ici
-Chérie s’il te plait nous n’avons pas besoin des marabouts pour nous en sortir dans notre vie. Depuis des années que nous partageons tout ce n’est pas aujourd’hui que tu vas lâcher prise Dariska
-Oui c’est ça qu’est ce que tu en sais ? Tu sors chaque matin et tu reviens le soir c’est moi qui reste ici cloitrée dans cette maison avec ta mère qui me turlupine dans tous les sens. J’en ai marre Gérard laisse moi aller me faire soigner
-Chérie pardon seulement , je sais que je t’ai délaissée depuis un moment mais je veux me rattraper mon amour , laisse moi t’aider et ensemble nous allons trouver une meilleure solution
-Quelle solution ? Pendant des années tu as laissé ta mère m’humilier, m’insulter me traiter de tous les petits noms d’oiseaux combien de fois j’ai voulu te parler ? Combien de fois t’ai-je mis la puce à l’oreille ?
-Je comprends bébé tu as raison et j’ai réalisé tout le mal que je te faisais en me comportant ainsi alors je te demande pardon. S’il te plait Dariska ne va pas chez ce marabout.
Depuis que Gérard est revenu de chez mes parents il n’arrête pas de me conter fleurette et veut m’empêcher d’aller passer mon séjour chez Malam. Mais je suis décidé à y aller et rien ne va m’empêcher de le faire.
Mama Mado sort de sa chambre et vient nous retrouver au salon où j’étais placée avec ma valise
-Ma fille si tu pars et me laisse ici moi je vais rentrer à Matomb. Je ne vois pas l’importance de ma présence ici. Te souviens-tu de ce que tu me disais quand tu es venue me chercher ? Je menais une vie tranquille tu es venue tu m’as convaincue de tout laisser tomber pour te suivre en ville et aujourd’hui tu viens m’abandonner ici parce que tu vas chez les marabouts ? Moi je préfère rentrer sache que si tu pars tu ne vas pas me trouver ici et ne reviens plus jamais me voir à Matomb on dirait que ce marabout t’a fait quelque chose là-bas
-Il ne m’a rien fait Mama si tu trouves que tu ne peux pas rester m’attendre pour une petite semaine alors le chauffeur va te ramener à Matomb.
PAF PAF PAF
Mama Mado m’assène deux bonnes gifles.
-Tu t’adresses à qui comme ça hein ? Je t’ai demandé quelque chose ? J’étais dans mon petit coin tranquille là-bas au village tu es venue me supplier de toutes tes forces pour que je vienne vivre avec toi en ville et aujourd’hui tu réagis comme si j’étais une inconnue ? minalmi !!
Elle va dans la chambre et ramasse son sac pendant que Gérard la supplie de rester.
-Je ne reste pas mon fils désolée mais ta femme est d’une stupidité incommensurable et si elle s’amuse elle va tout perdre dans sa vie ! Pff !! Maintenant pourrais-tu me raccompagner ? Je veux rentrer chez moi à Matomb s’il te plait je n’ai rien à faire ici
-Le chauffeur va te raccompagner maman mais j’aurais vraiment aimé que tu restes avec nous on a besoin de toi dans cette maison. Lui dit Gérard pendant que moi je tire ma petite valisette pour sortir de là et prendre un taxi.
Gérard court vers moi et me rattrape par la main
-Dariska reste tu vas où ?
- Lâche-moi s’il te plait je pars me faire soigner ça te plait de me voir souffrir ? huit ans de mariage sans enfants ça te plait ?
-Si tu pars sache que tu ne reviendras plus dans cette maison
-Tant pis alors
Je tourne mes talons, cours et prends le premier taxi qui s’arrête devant moi une fois dedans, j’essaye d’appeler Salomé pour qu’elle m’indique bien la route
Dring dring son téléphone sonne
-Oui allô ?
-Oui Salomé c’est Dariska comment tu vas ma puce ?
-Je vais bien et toi ?
-Je suis entrain d’aller chez Malam comme ça je suis dans le taxi pourrais-tu m’indiquer où je peux prendre les cars pour Nkometou
Elle me dit comment je dois marcher, je la sens un peu bizarre au bout du fil
-Tu vas bien ? Je te sens bizarre je lui demande
-Oui je vais bien t’inquiète tu vas faire combien de temps là-bas ?
-Une semaine
-Seulement ? Tu es sûre qu’une semaine va suffire pour qu’on t’enlève le gros mboma du ventre ?
-Tu penses que je devrais faire combien de temps alors ?
-Deux semaines voir même un mois ma chérie tu blagues mal hein
-Okay tu as raison je verrais avec Malam là-bas
-D’accord surtout appelle-moi pour me donner ta position et je crois que je pourrais même venir te rendre visite chaque weekend
-D’accord merci pour tout Salomé tu es vraiment un amour grâce à toi je vais enfin vivre dans la paix
-De rien ma copine tu pourras enfin connaitre les joies de la maternité
-Merci
J’arrive à l’agence et je paye mon billet pour Nkometou et quelques minutes plus tard le car démarre en direction de ladite ville.Une heure après que nous ayons quitté la capitale, avant de traverser l’axe lourd un grand grumier vient à toute vitesse devant nous et nous tamponne en laissant échapper une bille de bois sur notre car : résultat accident de circulation. Les gens crient de partout le chauffeur est mort sur le champ, les passagers assis derrière sont les seuls qui s’en sont sortis sans égratignures parmi lesquels moi bien évidemment. Les ambulances transportent les gens pour l’hôpital
-Madame vous montez ? Me demande un ambulancier
-Non désolée je n’ai rien je cherche plutôt à rattraper un autre car pour Nkometou
-Madame vous devez au moins aller à l’hôpital pour qu’on vous examine
-Monsieur je dis que je n’ai rien ok ? Laissez-moi tranquille dis-donc !
Pff je me mets en route et je stoppe un autre car pour Nkometou je suis même déjà en retard car Malam m’attend depuis 15 heures et il est déjà presque 17 heures. Je suis décidée à aller voir le charlatan pour me faire soigner. Je parie que c’est encore Léna qui est à l’ origine de cet accident pour m’empêcher de voyager mais elle ne réussira pas son coup cette fois. Je pars mouillé c’est mouillé il n’ya pas de mouillé sec
