Chapitre 4
Son dos était fermement appuyé contre la porte, comme un petit chaton énervé qui n'a d'autre choix que de résister à la colère.
Sous ses sourcils épais, les yeux de Damien se rétrécirent légèrement. Sa pomme d'Adam bougea imperceptiblement tandis qu'il tapotait lentement les cendres de sa cigarette et dit : — D'après la façon dont Yanis t'appelle maman, tu es en effet plus appropriée que Fiona. Mlle Harris est peut-être jolie, et je l'aime bien aussi, mais il n'est pas nécessaire que ce poste soit occupé par Mlle Harris. Si Mlle Harris ne veut pas, personne ne vous forcera. Vous devriez retourner dans votre chambre, vous reposer et faire comme si rien ne s'était passé.—
Les oreilles de Cassandra s'échauffèrent, qualifiant intérieurement Damien de bête déguisée en humain. Il avait clarifié les choses, ce qui la mettait en colère et l'embarrassait.
Elle resta debout un moment au lieu de partir, alors Damien tapota l'espace à côté de lui, faisant signe à Cassandra de s'y asseoir.
Elle ne bougea pas. Le regard profond de Damien se posa sur elle, lisant dans ses yeux les émotions qu'elle ne parvenait pas à cacher. Cela lui rappela le but de sa venue ici, et elle ne put qu'ajuster ses sentiments et s'approcher de lui.
À l'âge de 25 ans, alors qu'elle approchait de la trentaine, Cassandra savait qu'elle serait responsable de ses propres actions.
Depuis qu'elle était sortie de la chambre d'amis, qu'elle avait franchi la porte et prononcé tous ces mots, elle savait qu'elle avait deux choix : soit elle gardait sa fierté et s'en allait, soit elle abandonnait sa dignité et restait pour plaider, laissant Damien obtenir ce qu'il voulait.
Ils étaient tous deux adultes. Bien que vierge, Cassandra savait que lorsqu'un homme et une femme se retrouvaient seuls dans une chambre à coucher - et au milieu de la nuit -, des images inappropriées leur venaient à l'esprit.
Elle portait un pyjama d'homme au col trop large. Son cou clair et fin, ses clavicules proéminentes, étaient complètement exposés, donnant une impression sensuelle.
Sa peau était trop claire. En ce moment, sa peau légèrement rosée et ses yeux rougis étaient suffisants pour que n'importe qui connaisse sa lutte intérieure.
Damien était exceptionnellement patient aujourd'hui - il observait Cassandra sans aucune anxiété.
Cassandra était en pleine guerre intérieure.
Elle ne voulait pas que Karel revienne pour découvrir qu'il n'avait plus rien.
Elle serra les poings et se tint fermement à côté de la table basse au lieu de s'asseoir à côté de Damien sur le canapé comme il le demandait.....
Elle-même était une femme fière et réservée.
Aller trouver Damien était une sorte de soumission qui allait à l'encontre de son cœur, et défiait déjà ses limites.
— Cassandra Harris, nous sommes tous les deux adultes. Puisque tu as choisi de ne pas partir et de venir ici à la place... Nous savons tous les deux ce que cela signifie, alors tu devrais me montrer ta sincérité au lieu d'agir comme si je t'avais fait du tort...— La voix de Damien était toujours aussi profonde et calme.
La sincérité...
Cassandra comprit ce qu'il entendait par sincérité, et son visage s'enflamma.
Comme si elle avait épuisé tout le courage de sa vie, elle s'approcha de lui et s'assit à ses côtés...
Entre ses respirations, tout ce qu'elle pouvait sentir, c'était le parfum masculin de Damien mélangé à l'odeur des cigarettes. Sa présence était stable et calme, empreinte d'un fort sentiment de pression.
Le terme — prudent— était tout à fait approprié pour décrire la Cassandra actuelle.
Elle baissa les yeux. Bien qu'elle ait clairement fait un geste pour se rapprocher, son corps restait à distance de Damien, s'efforçant de paraître naturel.
Damien retira la cigarette grésillante de sa bouche et la tint dans sa main. Il posa sa main sur le canapé derrière elle, tandis que son corps s'inclinait vers elle.
L'odeur fraîche du savon de l'homme mélangée à l'odeur des cigarettes s'infiltra dans le nez de Cassandra, le lourd parfum masculin la rendit nerveuse.
Damien était très proche d’elle - ses respirations de plus en plus lourdes firent paniquer Cassandra, et son cœur tonna contre sa poitrine.
— Vous n'avez pas mis votre soutien-gorge... Mm ?—
Damien haussa un sourcil, son regard intense était brûlant. Sa voix épaisse et profonde, légèrement rauque, semblait sensuelle et agréable à l'oreille, mais le contenu de ses paroles mit Cassandra dans un état embarrassant.
Elle rougit de la tête aux pieds. Oui... elle ne l'a pas porté.
Parce qu'elle avait compris l'allusion de Damien, elle eut l'idée d'abandonner son propre corps sans le vouloir, lui retirant ainsi le choix de se retirer.
Une femme portant un pyjama d'homme, nue à l'intérieur et assise sur son canapé - Damien devrait comprendre la — sincérité — .
Elle était tellement gênée qu'elle ne pouvait pas affronter le regard profond de Damien. Lorsqu'elle sentit son souffle se rapprocher, elle agrippa nerveusement un coin de sa chemise, les yeux rougis.
— Cassandra…— Les lèvres de Damien effleurèrent sensuellement ses oreilles, et elle sentit immédiatement un picotement lui parcourir l'échine, son corps se crispant tandis que ses oreilles rougissaient.
