##### Chapitre 7 Les règles du double jeu
L'horloge du salon semblait s'acharner à faire résonner chaque seconde. Chloé venait d'arriver, et l'atmosphère dans l'appartement était déjà saturée d'une électricité palpable. Elle s'était installée à la même place que la veille, ses manuels ouverts, mais sa posture rigide trahissait son immense nervosité. Elle avait fait un effort particulier pour s'habiller : un haut légèrement plus décolleté, un parfum un peu plus soutenu. Elle était venue pour étudier, du moins c'est ce qu'elle essayait de se faire croire.
Gabriel, fidèle à lui-même, affichait un calme olympien. Il s'assit à ses côtés, un sourire mystérieux aux lèvres.
« Alors, Chloé, tu as l'air pressée d'apprendre aujourd'hui », dit-il d'une voix douce mais chargée de sous-entendus.
« Je… oui, je veux vraiment rattraper mon retard avant le blocus », répondit-elle en évitant maladroitement son regard, ses doigts triturant nerveusement le coin d'une page.
Depuis la cuisine ouverte, séparée de la table par un simple comptoir, je faisais semblant de préparer du thé. Mes mains tremblaient légèrement en manipulant les tasses. Mon cœur battait la chamade. Je me tenais exactement là où Gabriel voulait que je sois : aux premières loges de son spectacle pervers, spectatrice impuissante et pourtant complètement envoûtée par la scène.
Gabriel commença à expliquer un concept juridique, sa voix grave enveloppant la pièce. Très vite, la théorie laissa place au jeu physique. Il se rapprocha d'elle, son bras frôlant le sien. Chloé retint son souffle.
Puis, sous mes yeux écarquillés, le jeu prit une tournure bien plus osée. Gabriel laissa sa main glisser sous la table. De ma position surélevée derrière le comptoir, je pouvais parfaitement voir ce que Chloé, hypnotisée par ses notes, ne vit venir qu'au dernier moment : la main de mon frère se posa fermement sur la cuisse de ma meilleure amie, juste au-dessus du genou.
Chloé eut un sursaut imperceptible, ses yeux s'agrandissant de surprise. Elle pointa son regard vers Gabriel, mais celui-ci continua de parler du cours de droit comme si de rien n'était, sa voix restant parfaitement stable, monocorde et professionnelle. C'était un contraste terrifiant et excitant. Les doigts de Gabriel commencèrent à remonter lentement, centimètre par centimètre, le long de la cuisse de Chloé, faisant plisser le tissu de sa jupe.
Chloé laissa échapper un faible soupir, ses lèvres s'entrouvrant. Elle était paralysée par l'audace du geste, totalement incapable de protester. Ses yeux se posèrent un instant sur moi, dans la cuisine. Paniquée, elle craignait que je ne voie quelque chose, ignorant que j'étais la complice secrète de ce supplice charnel.
En croisant son regard implorant et troublé, une vague de chaleur intense me traversa le bas du ventre. La jalousie qui me torturait l'estomac se mua instantanément en une excitation brute, presque insoutenable. Je fixais la main de mon frère s'enfoncer plus haut sous la table, imaginais sa chaleur sur la peau de Chloé, et le désir d'intervenir, de briser le secret ou de les rejoindre à cette table devint presque trop lourd à porter.
Gabriel jeta un coup d'œil furtif dans ma direction. En voyant mes mains crispées sur le bord du comptoir et mon souffle court, son sourire s'élargit. Le piège fonctionnait à merveille, et nous étions tous les trois en train de brûler les dernières barrières de la décence.
