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Le mariage forcé

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Résumé

Venue en ville pour fuir un mariage forcé, Fatim rencontre un millionnaire avec lequel elle entretien une relation libre. Malheureusement pour Fatim, elle est obligée de quitter Alex lorsqu'elle découvre qu'un mariage a été arrangé pour lui par sa famille et une autre famille. Fatim découvre plus tard qu'elle porte une grossesse mais déçue d'Alex, elle lui cache sa grossesse. 4 ans après, lors d'un mariage Fatim rencontre Ismaël qui découvre l'enfant qui accompagne Fatim est son portrait. Il pique une grosse crise de colère.

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CHAPITRE 1

Debout depuis 4 heures du matin, les femmes de la maisonnée sont occupées à la cuisine pour certaines, et pour d’autres à rendre la cours propre afin qu’elle soit prête à accueillir les nombreux invités du mariage de Mariam.

La pauvre Mariam qui est obligée d’épouser un homme qu’elle connait à peine venu rendre visite à un ami dans le village.

Le futur marié du nom d’Abdoulaye Touré, est venu rendre visite à son ami qui est le fils ainé du plus riche homme du village. Ce dernier a profité de son amitié avec le père de Mariam pour l’encourager à donner sa fille à Abdoulaye qui, selon lui est un riche héritier résidant dans la grande capitale. Il serait propriétaire d’une grande entreprise de construction et de gestion immobilière de la capitale.

Le père sans aucune preuve et se basant sur les affirmations de son ami, a mis la pression sur la mère de Mariam pour qu’elle amène sa fille à accepter ce mariage. Mariam avec l’aide de sa sœur ainée, Fatima et son petit frère Habib ont tenté de s’opposer à ce mariage qu’ils jugent inopportun d’autant plus que les futurs mariés ne se connaissent pas. Profitant d’une soirée paisible après le diner, ils décident d’en parler avec leurs parents, Habib étant le seul fils de la famille prend la parole.

-Papa, maman, nous souhaitons vous entretenir du mariage de Mariam s’il vous plait,

-Nous vous écoutons répondit leur père.

-Nous souhaitons que vous revoyiez votre décision de marier Mariam à cet inconnu ; nous ne disposons d’aucune information sur cet homme, est-il de bonne moralité, est-il vraiment ce qu’il prétend. En plus de risquer d’interrompre les études de Mariam, elle n’est pas amoureuse de cet homme.

-Tu veux dire que mon plus vieil ami ne m’a pas dit la vérité sur l’ami de son propre fils ? Il s’est porté garant pour ce mariage et sa parole me suffit. Pour ce qui est des études de Mariam, ils nous ont promis qu’elle pourra continuer sa formation sans soucis.

-Mais papa, il s’agit de l’union de deux personnes qui ne se connaissent pas et en plus il faut tenir compte de ce que Mariam désire réellement. Que ferons-nous si le mariage est un échec ? Avez-vous imaginé ce que votre fille va endurer dans un mariage forcé ?

-Ecoutez-moi bien les enfants, je suis votre père et je ne ferai rien qui va à l’encontre de votre bonheur et bien être. Les mariages arrangés ne datent pas d’aujourd’hui, nous les parents avons le devoir de veiller à ce que nos enfants soit bien mariés. Ce mariage aura bel et bien lieu.

-Pourquoi ne pas leur donner le temps de mieux se connaitre ? Intervient Fatima

-Ils auront tout le temps de se connaitre dans leur foyer. Je ne veux pas d’enfant hors mariage dans ma famille et nous connaissons votre mentalité de nos jours quand vous parlez de mieux vous connaitre.

-Je te comprends papa, nous vous remercions pour la bonne éducation que vous nous avez donnée. Nous faisons tout notre possible pour préserver l’image de la famille par notre comportement en tant que jeunes filles de bonne moralité. Nous avons été attentifs dans nos études pour vous donner satisfaction. Je suis aujourd’hui titulaire un brevet de technicien supérieur (BTS) en assistanat de direction et Mariam vient d’obtenir son BAC. Habib aussi a réussi dans son domaine en tant qu’infirmier.

-Toute cette histoire pour me convaincre que marier ma fille est une erreur ? Son père lui coupe la parole agacé par leur insistance. Félicitation à vous tous et je vous réaffirme notre fierté en tant que parents pour vos succès. Mais n’oubliez pas que le meilleur succès pour une jeune fille dans notre communauté est le mariage ; c’est pourquoi je vous dis une fois et je n’admets plus de discussion que le mariage de Mariam Ba, ma fille et Abdoulaye Touré aura lieu comme prévu.

-Mais maman, tu n’as rien dit ? Tu peux nous comprendre et intervenir auprès de papa ?

-Ma fille, tu sais bien le dernier mot appartient au chef de famille ; je vous recommande de respecter la décision de votre père. Il ne fait que se soucier du bien être de sa famille. Mariam sera bien traitée.

-Maintenant je vous prie d’aller vous préparer pour le mariage qui est prévu dans deux semaines et merci de nous laisser. Dit Monsieur Ba Mamadou, chef de la famille.

-Ok, bonne nuit à vous répondirent les enfants tout en se retirant déçus de la décision de leur parents

Malheureusement pour les jeunes, la tradition exige une obéissance totale des enfants à leurs parents, la décision du mariage fut validée. C’est ainsi que Mariam âgée de 18 ans et titulaire d’un baccalauréat série G2 en comptabilité fut stoppée dans la progression de ses études pour se marier à un inconnu qui a promis cependant de financer la suite de ses études. L’avenir nous confirmera cela d’autant plus d’expérience la majorité de toutes celles qui ont été mariées avec une telle promesse sont restées sans suite quant à la poursuite leur formation.

Le mariage débuta comme prévu deux semaines plus tard avec la mise en chambre de la mariée par les marraines et les tantes avec les amies de la mariées.

La cérémonie débute par des chants spécialement dédiés à cette cérémonie avec l’application du henné sur la mariée. Elle est ensuite installée dans une chambre totalement isolée des autres. Seules ses sœurs et marraines sont autorisées à la voir. Une matrone s’occupe de la préparer pour son futur marie par des massages, et des secrets pour mieux affronter sa vie de mariée. Le séjour de la mariée dans la chambre dure trois jours jusqu’au jour du mariage.

Résignée, Fatima s’implique dans les préparatifs, et le jour J elle supervise donc le nettoyage et les installations des chaises et nattes dans la cours avec l’aide de ses cousines et amies. Elles seront chargées de distribuer la nourriture et les boissons aux invités durant la cérémonie.

La célébration étant prévue le jeudi pour 16h, la mise en place a pris fin à 15h30. Fatima et ses amies se retirèrent pour se faire belles pour la suite.

La mariée a été parée dans une tenue blanche complètement couverte d’un voile, elle attend la fin de la célébration en compagnie de sa matrone dans la chambre.

La présence des mariés n’étant pas obligatoires dans les mariages religieux, le marié n’était pas non plus là. Il a été représenté par son parrain et son oncle paternel qui sont venus spécialement de la capitale.

Débuté effectivement à 16h, la cérémonie pris fin à 16h35 dans l’allégresse générale avec les cris et chants des griots pour soutirer de l’argent aux parents des mariés.

Les hommes se sont retirés pour laisser la place aux femmes pour la suite de la cérémonie traditionnelle qui se résume à la danse. Une occasion rêvée des femmes pour se pavaner dans leur plus belle tenue. Les griots quant à eux profitent pour se remplir les poches en chantant les louanges des personnes présentes.

La mariée, après les derniers préparatifs avec la matrone, reçoit les conseils de sa maman et ses tantes. Elle est ensuite accompagnée discrètement dans son foyer après la prière du crépuscule ; dans ce cas, une chambre a été mise à leur disposition par le père de l’ami d’Abdoulaye pour la nuit de noce.

Seule Fatima est autorisée à entrer dans la chambre, sa sœur porte en guise de tenue deux morceaux de pagne pour recevoir son mari un morceau attaché autour des hanches et le deuxième sur la poitrine. Elles sont restées ensembles jusqu’à l’arrivée du marié aux environs de 22h, ce qui n’a pas été du gout de Fatima qui lui en voulait déjà pour le mariage forcé de sa sœur.

-Bonsoir Mesdames dit Abdoulaye dès son entrée dans la chambre.

-Bonsoir mon fils répondit la matrone car la mariée n’est pas autorisée à parler à haute voix ; quant à Fatima elle n’a pas manqué de manifester son mécontentement.

-Bonsoir Abdoulaye, c’est maintenant que tu te présentes, tu as vu l’heure ?

-Pardon ma belle, j’étais avec mes amis qui m’ont gardé plus longtemps car ils ne voulaient pas que je me fasse chahuter par les femmes si je venais plus tôt ; il parait que c’est la coutume.

-C’est vrai rétorque la matrone, il risquait d’y laisser des plumes avec les accompagnatrices qui allaient le malmener. Ne lui en veut pas ma petite. En effet, le plus grand groupe est arrivé aux environs de 20h composé principalement des sœurs et amies de la mariée, elles accompagnent une fausse mariée qui présente les mêmes caractéristiques que la mariée pour tromper la vigilance des hommes. Lorsqu’elles trouvent le marié sur place elles lui font passer un sale quart d’heure.

-J’ai compris tantie, s’adressant à Abdoulaye, tu as eu la chance j’allais me faire plaisir en te malmenant comme il faut pour m’avoir arraché de force ma petite sœur chérie.

-Désolé pour toi, je suis un homme bénit de Dieu.

-Ne me provoque pas, tu ne me connais pas bien Abdoul,

-Ca suffit Fatima laisse le tranquille il est tard, prépare toi à rentrer.

-Je vais demander à Issouf de t’accompagner, dit Abdoul, il se fait tard.

-Fait comme tu veux, je dis au revoir à ma petite sœur chérie et je vous rejoins. Ma chérie prend soin de toi, je suis désolée de n’avoir pas pu convaincre papa mais saches que je te soutiendrai quel que soit l’endroit où tu seras. Je t’aime bisous

-Je t’aime aussi ma grande sœur chérie, répondit Mariam à voix basse que juste sa sœur entendit en pleurant entrainant Fatima avec elle-même la matrone n’a pas pu résister à une larme.

-Arrêtez de pleurer s’il vous plait les filles, c’est la vie vous naissez un jour et un autre jour vous vous mariez et quittez la famille. Que Dieu veille sur vous.

-Amine répondirent les jeunes filles. Fatima prend congé et va rejoindre Abdoul et Issouf qu’elle salut.

-Bonsoir la plus belle, tu es encore plus belle ce soir.

-S’il te plait, Issouf, épargne moi je ne suis pas d’humeur. Veux-tu m’accompagner à la maison ou dois-je marcher ?

-Toi aussi Fatima, tu sais que ne peux pas résister à l’envie de passer quelques moments avec toi, c’est un plaisir pour moi de t’accompagner. Quant à toi Abdoul va rejoindre ta femme, elle s’impatiente surement.

-Ne rêvez pas s’il vous plait au contraire Mariam prie pour qu’il ne retrouve pas la route de la chambre en ce moment.

-Rires

-Je t’aime ma belle-sœur chérie, dit Abdoul en souhaitant bonne nuit à Fatima.

-Moi je ne t’aime pas Abdoul. Au revoir.

Ils sont montés à bord du véhicule d’Issouf, une 4x4, que ce dernier conduit avec dextérité. Fils de Diakité Karim, le plus riche producteur de la région et aussi Président du plus grand groupement des coopératives agricoles de la région, Issouf Diakité est l’ainé de la famille. Il a obtenu un Master en management dans une prestigieuse école de management en France. Après plusieurs années dans une multinationale dans la capitale, il a décidé de retourner auprès de son père afin de participer dans la gestion des activités familiales.

-Dis-moi Fatima, pourquoi tu n’aimes pas Abdoulaye ?

-Je ne t’ai jamais dit que je ne l’aime pas, je n’ai pas apprécié la décision de nos parents quand ils ont obligé Mariam à l’épouser. Et je le tiens personnellement responsable de la souffrante de ma sœur.

-Qu’est ce qui te prouve que ta sœur ne va pas l’aimer avec le temps ?

-Nous n’avons aucune preuve que cela peut arriver. Je base mon jugement sur le présent et non sur le futur.

-Je fais confiance à Abdoul il va arriver à se faire aimer j’en suis sûr.

-C’est toi qui le dis. Merci de m’avoir accompagné

-Fatima, s’il te plait, tu ne m’as toujours rien dit qu’en à ma proposition de mariage.

-Tu es sérieux ? Je ne suis pas prête pour le mariage je n’ai que 23 ans mais surtout j’ai d’autres objectifs.

-De quoi as-tu besoin ? Si c’est de l’argent j’en ai et je pourrais t’offrir un emploi dans la société familiale si tu désires travailler.

-Merci pour ta proposition, mais laisses moi le temps d’y réfléchir s’il te plait.

-Ok, je ne vais pas te mettre la pression mais saches que je t’aime et désire faire de toi mon épouse.

-J’ai compris, bon retour et passe une agréable nuit.

-C’est tout ? Même pas un bisou ?

-Déjà descendue du véhicule, Fatima lui envoie un bisou à distance.

-J’aurais voulu un vrai bisou, tu es trop dure avec moi Fatima.

Elle ne l’entendait déjà plus ; déçu il démarre.