Chapitre 1
Hortavie se remémorait la conversation qu’elle a eue quelques jours plutôt avec Roxane.
— ROXANE : La nouvelle du jour c’est que le prince va bientôt revenir au pays pour chercher sa femme !
— HORTAVIE : Ah ! c’est bien, ça le regarde !
— ROXANE : Hum ! C’est quoi cette réponse ? Je m’attendais à ce que tu jubiles !
— HORTAVIE : Jubiler parce que ?
— ROXANE : Non, mais ça fait pas mal d’années déjà tu es mère célibataire ! Il est temps pour toi de penser à avoir un homme à tes côtés et tu dois aussi penser à Mimie ! La pauvre, elle mérite d’avoir un père à ses côtés. Oui, Daniel t’a blessée, mais laisse-moi te dire que tous les hommes ne sont pas comme lui !
— HORTAVIE : Pardon, je t’en supplie, épargne-moi cette conversation ! J’ai déjà dit que les hommes et moi c’est terminé et ça va rester ainsi jusqu’à ma mort.
Roxane et Hortavie sont les meilleures amies depuis près de cinq ans déjà. Elles se sont connues en classe de première quand elles avaient respectivement 18 et 17 ans. Roxane était une fille un peu haut placée socialement, mais cette classe sociale ne lui disait rien. Elle s’en foutait d’ailleurs, c’est pourquoi elle avait choisi de fréquenter un lycée public et non un collège privé consacré uniquement aux enfants de riches. Elle était sociable et elle acceptait tout le monde sans exception. L’argent ou plutôt son rang social n’était pas une barrière pour elle. À l’époque, elle vivait avec ses parents : papa Ebenezer et maman Mado. Il faut dire qu’elle est enfant unique hein, mais ça ne la dérangeait pas puisqu’elle considérait sa meilleure amie Hortavie, qu’elle avait rencontrée en début d’année, comme sa meilleure amie et sa petite sœur en même temps. Hortavie était un peu le contraire de Roxane. Elle venait d’une famille pauvre qui n’avait que le nécessaire pour survivre et non un superflu pour des besoins secondaires. Sinon, c’était une fille très calme et posée surtout heureuse
puisqu’à l’époque, elle sortait avec Daniel, son premier amour. Les deux s’étaient rencontrés en classe de troisième donc, ça faisait trois ans qu’ils étaient ensemble. Hortavie était tellement amoureuse de lui. Elle ne parlait que de lui et ne jurait que par lui jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte en terminale, c’est-à-dire à ses 18 ans et que sa famille ne la chasse de la maison. En fait, elle était triste certes, mais ce qui avait accentué cette tristesse, c’était ce qui avait suivi juste après. Elle avait pris ses bagages pour aller s’installer chez Daniel qui vivait seul, mais ce dernier a refusé et il lui a même dit qu’il ne savait pas qu’elle était sérieuse quant à la grossesse et qu’il n’était pas prêt à assumer cet enfant. Hortavie, assise devant sa porte, avait coulé toutes les larmes de son corps. Elle avait imaginé que tout le monde pouvait l’ignorer, mais pas Daniel quand même, mais, il l’avait fait jusqu’à la traiter de fille pas sérieuse. Elle n’a pas eu d’autres choix que d’appeler sa meilleure amie Roxane qui est venue la chercher en voiture.
— ROXANE : Oh, ma chérie, je suis là, ne pleure plus ! Roxane a tenu son bras pour l’aider à se relever.
— HORTAVIE : J’avais tout imaginé Roxie (diminutif de Roxane), tout, sauf ça ! Qu’est-ce que j’ai fait à Daniel ? Hein ? Roxie, une relation de trois ans où tout s’est toujours bien passé. Daniel jurait qu’il m’aimait à la folie et qu’il ferait de moi sa femme et la mère de ses enfants. Maintenant que je suis enceinte de lui, il me rejette. Roxie, dis-moi que je rêve s’il te plaît !
Hortavie pleurait, tellement elle avait mal. La morve coulait de ses narines au point d’entrer dans sa bouche. Ses yeux étaient devenus tout rouges et pâles. Elle tremblait de partout et n'arrivait même plus à bien marcher.
— ROXANE : Calme-toi d’abord ma chérie, okay !? Entre dans la voiture et laisse-moi gérer ça avec lui !
Elle s’est assise dans la voiture et Roxane a mis ses bagages sur la banquette arrière, puis elle est allée frapper à la porte de Daniel. Toc ! Toc ! Toc !
— ROXANE : Ouvre la porte, espèce d’irresponsable ! Donc c’est maintenant comme ça ? Connard ! Laisse-moi te dire que ta fin sera merdique, idiot ! Tu oses briser le cœur de mon amie ? Celle avec qui tu as
passé les plus beaux moments de ta vie ? Celle qui porte ton enfant ? Non, mais les hommes sont incroyables, putain !
Daniel était couché dans sa chambre et il manipulait son téléphone comme si de rien n’était. Il entendait très bien ce que Roxane disait, mais il s’en foutait. Après avoir passé plus de dix minutes à toquer et à le blâmer pendant que Hortavie pleurait dans la voiture, Roxane a décidé de laisser tomber puisqu’elle savait qu’il n’allait pas ouvrir la porte. Elle est allée démarrer la voiture et elle est partie avec son amie.
— ROXANE : Ne pleure plus, ma chérie. Laisse, ça va passer ! Je sais ce que tu ressens, car moi aussi j'ai vécu une déception qui a failli me coûter la vie, mais aujourd’hui quand j’y repense, ça me fait rire. Je suis très heureuse maintenant et ce sera de même pour toi donc, reste tranquille d’accord ?
Hortavie n’a pas eu la force d'ouvrir sa bouche pour dire quoi que ce soit. Elle s’exprimait uniquement par les pleurs.
— ROXANE : On va aller à la maison, hein ? Je vais bien aménager la chambre d’amis, car elle sera désormais habitée par une femme enceinte, ikiiiii (waouh). Attends, est-ce que tu sais même que tu vas mettre un beau bébé au monde ? Je suis déjà heureuse à l’idée de l’imaginer m’appeler tata, hein.
Hortavie avait beau pleurer, mais Roxane a su trouver les mots justes pour la faire sourire... Elle a souri, mais elle n’a rien dit.
— ROXANE : Voilà, j’aime quand tu souris comme ça !
Il était 2h du matin quand les deux jeunes femmes sont arrivées à la maison.
— HORTAVIE : Paa Ebenezer et maa Mado dorment déjà, j’en suis sûre !
— ROXANE : Oui oui, c’est la raison pour laquelle nous devons faire entrer tes bagages sans faire de bruit.
— HORTAVIE : D’accord !
Elles ont déposé les bagages dans la chambre des invités ou plutôt la future chambre d’Hortavie et de son bébé et elles sont allées dans la chambre de Roxane.
— ROXANE : Je préfère qu’on dorme ensemble aujourd’hui, car je sais que si je te laisse seule, tu vas encore plus pleurer. Ah oui hein, je te dis que moi-même je suis passée par là !
Hortavie a encore fondu en larmes et elle s’est réfugiée dans les bras de Roxane.
— HORTAVIE : Merci pour tout Roxie, tu es la meilleure !
— ROXANE : Non, c’est toi la meilleure ici parce que tu es maintenant deux et non un. Haha !
Même Hortavie a éclaté de rire bien qu’elle avait les larmes aux yeux. Les deux filles ont dormi jusqu’au matin et c’est le bruit qui s’est fait entendre quand les parents ont toqué à la porte qui les a réveillées.
— MAMAN MADO : Roxane, ton père et moi on part au travail hein.
— PAPA EBENEZER : Et il est huit heures, donc tu ferais mieux de te lever pour ne pas rater ton cours de langue.
Roxane a été la première à se lever et elle a ouvert la porte. C’est là que Hortavie s’est aussi levée.
— ROXANE : Bonjour papa et maman (en s’étirant et en bâillant). Ah, je vais faire le cours là après seulement, car aujourd’hui va être une journée un peu chargée. Regardez !
Elle a ouvert la porte largement et ils ont jeté un coup d’œil et ils ont vu Hortavie assise sur le lit, toute pâle.
— HORTAVIE : Bonjour paa Ebenezer, bonjour maa Mado.
Les parents n’étaient pas étonnés de la voir là puisqu’ils savaient que les deux étaient les meilleures amies au monde et ils les appelaient même souvent « les jumelles » et que de ce fait, elles partageaient presque tout ensemble. Mais ce qui les intriguait, c’était la mine que faisait Hortavie.
— MAMAN MADO : Oui, bonjour. Hortavie, pourquoi tu fais cette tête, ma fille ?
Hortavie a senti ses os se broyer et son cœur se briser en mille morceaux puis elle est écroulée par terre et a fondu en larmes. Roxane est allée la relever et la prendre dans ses bras. Les parents sont entrés dans la chambre.
— PAPA EBENEZER : Qu’est-ce qui se passe ?
Elle a voulu répondre, mais elle n’a pas pu, du coup Roxane a pris le relais.
— ROXANE : En fait elle est enceinte et ses parents l’ont chassée de la maison et ce qui est encore pire c’est que Daniel a refusé d’assumer la paternité et il l’a chassée.
Le père et la mère se sont regardés. Ils étaient décontenancés !
— MAMAN MADO : Waouh c’est chaud hein ! Elle est allée faire un câlin à Hortavie et le père a fait de même.
Les trois étaient donc en train de faire lui faire un câlin au même moment, tout en la réconfortant.
— PAPA EBENEZER : Ne t’en fais pas, tu sais que tu es la bienvenue ici !
— MAMAN MADO : En plus c’est vrai ! Tu n’as pas à t’inquiéter, Hortavie, tu sais que nous tous on t’aime ici et qu’en plus tu as ajouté une touche de bonheur dans la famille, car Roxane a appris beaucoup de toi. Regarde par exemple, depuis qu’elle te connaît elle est forte en maths, car elle apprend chez toi. Si on te rejette, c’est qu’on n’a pas compris la vie, ma petite. Ici c’est chez toi et tu le sais...
— HORTAVIE : Mer... merci beaucoup !
— ROXANE : De rien, c’est normal ! Bon, papa et maman vous pouvez aller au travail hein, je vais m’occuper d’elle en attendant votre retour pour que vous m’aidiez.
Tout le monde a ri, même Hortavie. Les parents sont partis et Roxane est restée en retrait pour arranger la chambre d’amis comme prévu pendant que sa meilleure amie était dans sa chambre à elle, en train de digérer ses déceptions.
Eh oui, c’est cette histoire qui avait fait en sorte que Hortavie décide de ne plus jamais être en couple de peur d’être déçue une seconde fois. Elle avait décidé d’être un père et une mère en même temps pour sa fille, Mimie, qui avait 3 ans désormais.u
À suivre…
