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PDV de Mathieu

Aujourd’hui est mon premier jour au cabinet d’avocats de Maître Céline VOLTER. Je m’appelle Mathieu BLAIN, j’ai vingt ans, les cheveux bruns, les yeux bleus, je mesure 1m75. Je viens de commencer un master de droit à l’université. Je suis un fan inconditionnel de cette avocate, j’ai eu la chance d’assister à un de ses procès il y a quelques mois et je suis tombé amoureux de sa façon de plaider pour défendre ses clients. C’est une avocate réputée qui a fait sa place avec son associé à ses côtés en quelques années seulement. En postulant dans son cabinet pour mes 5 prochaines années d’études, j’avais peu d’espoir d’être pris. L’entretien pour le stage n’a pas été une partie de plaisir, les questions qu’ils ont posées étaient complexes mais je m’en suis bien sorti sinon je ne serai pas devant le bureau d’accueil en ce moment même.

« Bonjour, je viens pour faire mon stage » dis-je à la jeune femme à l’accueil en affichant un sourire éclatant.

« Bonjour, quel est votre nom ? » me demande-elle sans me regarder.

« Mathieu BLAIN »

« Très bien, asseyez-vous avec les autres, les patrons vont bientôt arriver pour vous accueillir ! » répond-elle en cochant une case sur un papier devant elle.

« C’est tout ? »

« Pourquoi ? Vous voulez qu’on vous déroule le tapis rouge ? » elle demande en relevant la tête pour me regarder pour la première fois.

« Non ! Bien sûr que non ! » Je sens mes joues chauffées légèrement de honte.

« Très bien, alors allez-vous asseoir ! »

Je m’assois docilement sur les chaises d’attente en face de l’accueil et remarque des dizaines de cartons à côtés de nous. Ensuite, je vois la femme que j’admire le plus au monde après ma mère bien sûr descendre les escaliers et nous accueillir. Je ne peux m’empêcher de la remercier de nous accueillir dans son cabinet. Je m’approche d’elle pour l’aider à porter les cartons mais elle me congédie gentiment. Je ne me laisse pas démonter par son refus et je prends deux cartons avec son nom dessus avant de la suivre jusqu’à son bureau. Lorsqu’elle se retourne et me vois dans l’encadrement de la porte, elle est visiblement agacée par moi et je prends rapidement l’initiative de m’excuser et de lui expliquer que je suis fan d’elle depuis longtemps. Elle semble un peu plus ouverte après et je passe la matinée à ranger avec elle dans son bureau. Nous sommes interrompus après quelques heures par l’autre patron du cabinet, Alexandre COTTON. Ils ont l’air de bien s’entendre tous les deux, je peux le sentir en les regardant interagir ensemble, ils sont peut-être en couple ! Nous nous rendons au restaurant ensemble et ils sont en retrait derrière le groupe. Je suis curieux de savoir quelle est leur relation exactement mais après tout ça ne me regarde pas, je ne suis qu’un stagiaire et je suis déjà aux anges de pouvoir travailler dans son cabinet.

Après le restaurant, nous procédons à un tirage aux sorts des stagiaires qui seront avec tel ou tel avocat. Je prie pour que je sois avec elle et mon vœu se réalise car elle tire mon nom et je saute sur place tellement je suis content d’être avec elle pour les cinq prochaines années par intermittence. Nous avons 2 périodes de stages de trois mois tous les ans et le reste du temps nous sommes à l’université. La première période, d’octobre à décembre, s’est déroulée à l’université. La prochaine période aura lieu en avril. Mais pour le moment, je vais profiter d’en apprendre un maximum auprès de Maître VOLTER.

Nous avons le reste de la journée de libre et partons ensemble entre stagiaires. Rapidement, je me rends compte que j’ai oublié me veste dans le bureau de Maître VOLTER et j’opère un demi-tour pour la récupérer. J’ai de la chance, les bureaux ne sont pas encore fermés. Je me dirige vers son bureau et lorsque j’arrive assez proche, je surprends une conversation que je n’aurais jamais dû entendre. Malgré tout, ma curiosité prend le dessus et je reste écouter aux portes. Je sais, ce n’est pas bien ! Ils parlent de Maître VOLTER qui veut un enfant. La question qu’elle lui pose ensuite me surprend et je recule dans une table d’appoint et manque de faire tomber un vase qui est posé dessus. Quand je relève la tête, je peux voir la colère dans les yeux de Maître VOLTER et de l’amusement dans les yeux de Maître COTTON.

‘Merde, merde, merde ! Je vais me faire virer à coup sûr dès le premier jour’ pense-je.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? » Elle me demande et je sens sa colère me transpercer la peau et son regard noir me dit que je suis fini.

« Euh… rien… enfin si, j’ai oublié ma veste dans votre bureau ! » réponds-je avec une voix hésitante.

« Qu’as-tu entendu ? »

« Rien… Enfin presque ! » dis-je en regardant le sol. « Ne me renvoyez pas s’il vous plaît ! » ajoute-je près à m’agenouiller pour supplier de ne pas perdre le stage dont je rêve depuis des mois.

« Je ne vais pas te renvoyer, c’est ma faute de ne pas avoir fermer complètement la porte de mon bureau. Gardes simplement ce que tu as entendu pour toi, compris ? »

« Oui, oui, je vous le promets, je ne dirai rien ! »

« Très bien ! Récupère-la ! »

« Quoi ? »

« Ta veste, pardi ! Et à demain ! »

« Euh… Oui, à demain. » Je me précipite pour récupérer ma veste et sort de son bureau aussi vite que possible. Avant de descendre les escaliers, j’entends le rire de Maître COTTON et ses paroles me surprennent : « Tu vas le torturer ce pauvre gars ! Tu devrais être plus gentil avec lui et peut-être même te rapp… » Je n’entends rien d’autre car ils ont fermé la porte cette fois-ci. Qu’est qu’il voulait dire exactement ? Et pourquoi parlaient-ils de ne pas être le père ? Est-ce qu’elle est enceinte ? De son enfant à lui ? Mais elle ne veut pas de lui comme étant le père ? Pourquoi ça m’importe de toute façon ? Ce n’est que ma patronne !
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