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Chapitre 6. Le retour des Princes au palais

Trois jours plus tard, le soleil brillait haut dans le ciel, projetant une lumière dorée sur la demeure de Kafuma. Autour de la maison du guérisseur, la végétation était luxuriante, un véritable havre de paix où la nature semblait régner en maître. Les grands arbres, aux troncs imposants et aux feuillages denses, offraient une ombre apaisante sous laquelle les trois jeunes âmes trouvaient refuge.

Les princes Jérôme et Jérémie, maintenant en pleine forme, riaient aux éclats en courant autour d’un grand manguier. La jeune fille, bien qu'encore mystérieuse, avait retrouvé des forces et semblait peu à peu s’ouvrir à eux. Son regard, auparavant vide et perdu, s’illuminait désormais d’une lueur curieuse.

— Allez, grimpe ! lança Jérôme en désignant une branche basse du manguier. On va voir qui montera le plus haut !

— Tu crois vraiment que je vais perdre contre toi ? répliqua Jérémie en bondissant vers le tronc.

Ils s’agrippèrent aux branches avec agilité, escaladant le grand arbre sous les encouragements de la jeune fille. Elle, debout au pied du manguier, les observait avec fascination.

— Tu ne veux pas essayer ? demanda Jérôme en s'arrêtant sur une branche solide.

La jeune fille hésita. Elle ne se souvenait de rien de son passé, mais une étrange sensation familière parcourait son corps lorsqu’elle regardait l’arbre. Comme si elle avait déjà grimpé quelque part, autrefois…

Finalement, elle inspira profondément et posa une main hésitante sur l’écorce rugueuse du tronc.

— D’accord, je vais essayer, dit-elle d’une voix douce, mais déterminée.

Avec une aisance surprenante, elle se hissa sur la première branche, puis une deuxième, gagnant rapidement en confiance. Les princes, étonnés, la regardaient progresser.

— Eh bien ! Tu te débrouilles bien ! s'exclama Jérémie.

— C'est comme si… je l’avais déjà fait, murmura-t-elle en regardant ses mains, perplexe.

Arrivée à leur hauteur, elle s’assit sur une branche solide et laissa ses jambes se balancer dans le vide. Le vent léger jouait dans ses cheveux et, pour la première fois depuis son réveil, elle sourit pleinement.

— On va jouer à un jeu, proposa Jérôme. Chacun doit raconter quelque chose qu’il aime, et si quelqu’un aime la même chose, il lève la main !

— D’accord ! fit Jérémie avec enthousiasme. Je commence ! J’aime les courses à pied !

Jérôme leva la main immédiatement, suivi de la jeune fille après une courte hésitation.

— Oh, toi aussi ? s’étonna Jérémie.

— Je ne sais pas… mais j’ai l’impression que oui, répondit-elle, le regard vague.

— À mon tour ! dit Jérôme. J’aime le miel !

Jérémie leva la main, mais la jeune fille resta immobile, la tête légèrement inclinée.

— Je ne crois pas que j’aime ça… dit-elle enfin.

— Et toi, alors ? Demanda Jérémie. Dis quelque chose que tu aimes !

Elle réfléchit un instant, puis un mot lui échappa instinctivement :

— L’eau…

Les deux princes échangèrent un regard surpris.

— L’eau ? demanda Jérôme.

Elle hocha la tête, comme si elle découvrait elle-même cette vérité.

— Oui… je me sens bien près de l’eau.

Un silence s’installa, puis Jérémie se mit à rire.

— Tu es drôle ! On va te donner un nom si tu n’en as pas !

La jeune fille le regarda avec curiosité.

— Un nom ?

— Oui ! s’exclama Jérôme. Tu ne te souviens de rien, alors on va t’appeler comme quelque chose qui te ressemble…

Il réfléchit un instant, puis claqua des doigts.

— Maji ! Ça veut dire « eau » !

Les yeux de la jeune fille s’illuminèrent légèrement.

— Maji… murmura-t-elle.

— Ça te plaît ? demanda Jérémie.

Elle sourit timidement et hocha la tête.

— Oui… Maji.

Ce jour-là, sous les grands arbres de la maison de Kafuma, les princes et la jeune inconnue scellèrent une amitié sincère. Sans le savoir, ils venaient de poser une première pierre sur le chemin du mystère que cachait la mémoire perdue de Maji…

Le soleil commençait à descendre lentement sur l’horizon, teignant le ciel de nuances dorées et orangées. L’air était doux, empli des senteurs humides de la végétation environnante. Alors que les rires des enfants résonnaient encore sous les branches du grand manguier, une voix grave et bienveillante les interpella.

— Mes enfants, il est temps de m’accompagner dans la forêt, dit Kafuma en s’approchant d’eux avec un grand panier d’osier à la main.

Les trois jeunes se tournèrent vers lui, intrigués.

— Où allons-nous, Kafuma ? demanda Jérôme.

— Nous allons cueillir des herbes médicinales, répondit le guérisseur en ajustant le tissu noué sur son épaule. Il est bon que vous appreniez à reconnaître les plantes qui guérissent.

Jérémie, toujours enthousiaste à l’idée d’une aventure, bondit de son perchoir et se précipita vers le guérisseur.

— Oh oui ! J’ai toujours voulu savoir comment tu fais tes potions !

Maji, restée en hauteur, observa un instant les arbres qui bordaient l’arrière de la maison de Kafuma. Une sensation étrange lui parcourut l’échine. La forêt… Elle ne savait pourquoi, mais elle sentait une connexion particulière avec ces bois profonds.

— Viens, Maji ! s’exclama Jérôme en tendant une main vers elle.

Elle descendit avec agilité, posant les pieds au sol avec une légèreté naturelle.

— Bien, alors allons-y, dit Kafuma en se mettant en marche.

Le petit groupe s’enfonça dans la forêt en suivant un sentier étroit serpentant entre les arbres immenses. La lumière du jour filtrait à travers les feuillages denses, projetant des ombres mouvantes sur le sol tapissé de feuilles mortes. L’odeur de la terre humide, du bois et des fleurs sauvages emplissait l’air, rendant l’atmosphère presque envoûtante.

— La forêt est vivante, murmura Kafuma en avançant à pas mesurés. Elle respire, elle murmure. Écoutez-la…

Les enfants s’arrêtèrent un instant, fermant les yeux pour tendre l’oreille. Le bruissement du vent dans les feuilles, le chant lointain des oiseaux, le crissement des insectes… tout formait une symphonie naturelle.

— C’est beau, chuchota Maji.

— C’est impressionnant, corrigea Jérémie avec un sourire.

Ils poursuivirent leur marche, Kafuma s’arrêtant de temps à autre pour désigner une plante ou une racine.

— Voici le mbondo, une feuille qui aide à calmer la fièvre, expliqua-t-il en la montrant à Jérôme.

— Et celle-ci ? demanda Maji en désignant une plante aux tiges torsadées.

Kafuma la contempla un instant avant de répondre :

— C’est le mukuta. Elle soigne les blessures profondes quand on l’applique en cataplasme.

— Tu connais toutes les plantes de la forêt ? demanda Jérémie, impressionné.

Le vieux guérisseur esquissa un sourire.

— Pas toutes, mon fils. La nature garde encore bien des secrets.

Ils continuèrent leur marche, s’enfonçant un peu plus loin dans la forêt. Les arbres semblaient de plus en plus imposants, leur canopée masquant presque totalement le ciel. Maji avançait silencieusement, observant chaque détail de cet environnement qui lui semblait familier et étranger à la fois.

Soudain, elle s’arrêta net.

— Qu’y a-t-il ? demanda Jérôme.

Elle fixa un buisson, plissant légèrement les yeux. Quelque chose bougeait derrière.

Kafuma posa doucement une main sur son épaule.

— Ne crains rien, enfant. La forêt nous observe autant que nous l’observons.

À peine avait-il dit cela qu’un petit animal bondit hors du feuillage : un dik-dik, une antilope minuscule, effrayée par leur présence. Il s’arrêta un instant, les regarda de ses grands yeux curieux, puis s’élança à toute vitesse dans la profondeur des bois.

— Oh ! s’étonna Jérémie. Je n’en avais jamais vu d’aussi près !

Maji, elle, observait encore la direction où l’animal avait disparu. Une impression étrange la traversait. Comme si quelque chose de plus grand l’attendait dans ces bois…

— Venez, reprit Kafuma. Nous avons encore des herbes à cueillir avant la tombée de la nuit.

Le petit groupe reprit sa marche, s’enfonçant un peu plus dans les mystères de la forêt.

Alors que le groupe s'enfonçait davantage dans la forêt, Kafuma ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur l'absence du roi. Selon les plans initiaux, le souverain devait venir récupérer ses fils ce jour-là. Cependant, le son puissant de l'olifant de la cour royale, résonnant à travers les arbres, interrompit ses pensées. Ce cor en ivoire, traditionnellement utilisé pour annoncer des événements majeurs, signalait l'arrivée imminente du cortège royal.

Reconnaissant l'importance de ce moment, Kafuma se tourna vers les princes et leur dit :

— Mes princes, vos parents sont arrivés pour vous ramener au palais. Il est temps de retourner à la hutte pour les accueillir.

Les visages de Jérôme et Jérémie s'illuminèrent à l'idée de retrouver leur père et leur mère. Cependant, une ombre de tristesse passa rapidement lorsqu'ils réalisèrent qu'ils devraient dire au revoir à Maji.

De retour à la hutte, le roi et la reine attendaient, impatients de serrer leurs enfants dans leurs bras. Les retrouvailles furent empreintes de joie et de soulagement. Après des étreintes chaleureuses, le moment vint de prendre congé de Maji.

Jérôme, les yeux embués de larmes, s'approcha de la jeune fille et murmura :

— Merci pour ces moments passés ensemble. Tu es comme une sœur pour nous.

Jérémie, la voix tremblante, ajouta :

— Nous ne t'oublierons jamais, Maji.

Incapables de contenir leur émotion, les trois enfants éclatèrent en sanglots, s'étreignant avec force. Le roi et la reine, touchés par cette scène, échangèrent un regard empreint de compassion. La reine, s'approchant de Kafuma, chuchota :

— Peut-être pourrions-nous envisager de l'accueillir au palais ?

Kafuma, observant les enfants, répondit doucement :

— Maji a encore besoin de temps pour retrouver sa mémoire. Ici, dans la quiétude de la forêt, elle pourra guérir pleinement.

Le roi, posant une main sur l'épaule de Kafuma, acquiesça :

— Nous respecterons ton jugement, sage Kafuma. Mais sache que Maji aura toujours une place parmi nous.

Après des adieux déchirants, le cortège royal se mit en route, laissant derrière lui la hutte paisible de Kafuma. Maji, les larmes coulant sur ses joues, regarda ses amis s'éloigner, une promesse silencieuse dans le cœur de se retrouver un jour.

À leur arrivée au palais, une effervescence inhabituelle régnait déjà dans la grande cour. Partout, les villageois et les serviteurs s’affairaient, préparant ce qui allait être une fête mémorable. Les murs du palais avaient été ornés de longues étoffes colorées, symboles de prospérité et de bonheur. Les tambours, installés en cercle au centre de la cour, résonnaient avec une intensité qui vibrait dans l’air, annonçant à tous que l’heure était à la célébration.

Dès que les princes mirent pied à terre, une clameur s’éleva dans l’assemblée. Hommes, femmes et enfants s’étaient rassemblés pour voir de leurs propres yeux le retour des héritiers du royaume, désormais guéris et en pleine forme. Des chants de réjouissance s’élevèrent, portés par la voix des griots, accompagnés de la mélodie rythmée des balafons et des tambours.

Le roi Mukengwa et la reine Mwabana, debout sur l’estrade royale, regardaient leurs fils avec une immense fierté. Le visage du roi, habituellement impassible, laissait transparaître une émotion contenue. La reine, quant à elle, ne put se retenir et serra ses enfants contre elle avec une tendresse maternelle qui fit sourire l’assemblée.

Les réjouissances commencèrent alors. De grands bœufs et des chèvres, spécialement choisis pour l’occasion, furent immolés selon les rites ancestraux, accompagnés de prières adressées aux esprits des ancêtres pour qu’ils veillent sur la santé des princes et la prospérité du royaume.

Les femmes du palais et du village s’étaient organisées en groupes pour préparer un festin digne de ce nom. De grandes marmites bouillonnaient au-dessus des feux de bois, exhalant des parfums de viandes grillées, d’épices rares et de sauces riches. Le foutou de banane, le manioc pilé et le riz parfumé remplissaient d’immenses plateaux que l’on apportait au fur et à mesure aux convives installés sur des nattes tressées.

Les boissons coulaient à flot : du vin de palme fraîchement récolté, des décoctions de fruits et de plantes aromatiques, et des bières de mil fermentées selon la tradition. Les hommes riaient bruyamment, échangeant des toasts à la santé du roi et de ses fils.

Puis vint le moment tant attendu de la danse. Les griots prirent place au centre, entonnant des chants racontant l’histoire glorieuse du royaume des Bakenga et les exploits du roi Mukengwa dans sa jeunesse. Les tambourinaires frappèrent leurs instruments avec plus de vigueur, et les danseurs entrèrent en scène.

Hommes et femmes, jeunes et vieux, se levèrent pour participer à cette danse collective. Leurs mouvements, synchronisés avec la musique, traduisaient la joie et l’excitation du moment. Certains sautaient avec agilité, d’autres frappaient des mains ou faisaient claquer leurs pieds contre le sol en un rythme frénétique.

Jérôme et Jérémie, grisés par l’ambiance, se joignirent à la danse sous les acclamations enthousiastes de la foule. Ils frappaient le sol de leurs pieds avec agilité, tournoyant au rythme effréné des tambours. Leur jeunesse et leur énergie faisaient briller leurs visages de bonheur, et les villageois, émerveillés, les encourageaient de leurs voix puissantes :

— Ooh, les héritiers du trône dansent comme les ancêtres !

— Regardez-les ! La sève royale coule en eux comme un fleuve en crue !

— Que les esprits des Bakenga les bénissent !

Les tambours redoublèrent d’intensité, et c’est alors que le roi Mukengwa, dans un geste inattendu, se leva de son siège. Un silence bref s’abattit sur l’assemblée, les regards se tournant vers lui avec stupéfaction. Puis, sous les yeux ébahis de tous, il esquissa quelques pas de danse.

Une explosion de cris et d’applaudissements retentit immédiatement :

— Le roi danse ! Notre grand Mukengwa danse !

— C’est une bénédiction, le lion du royaume se laisse emporter par la joie !

— Que les tambours battent plus fort, que la terre se souvienne de cette nuit !

Le roi, habituellement imposant et grave, s’abandonnait à la musique avec une grâce surprenante. Il levait les bras, frappait le sol avec force et tournait légèrement sur lui-même, faisant voler les pans de sa tunique royale. L’euphorie gagna l’assemblée tout entière. Les anciens, pourtant d’ordinaire réservés, se levèrent à leur tour et s’engagèrent dans la danse, leurs mouvements rythmés par l’ivresse du moment.

— Ce royaume vivra longtemps, aussi longtemps que Mukengwa portera son peuple dans son cœur !

La nuit entière fut un tourbillon de chants, de danses et de célébrations. L’air vibrait d’une énergie festive, où l’amour du peuple pour son souverain s’exprimait à travers chaque cri, chaque battement de tambour, chaque pas de danse. Cette nuit-là, plus qu’un roi, Mukengwa était un homme comblé, un père fier et un souverain aimé.

La nuit tomba, mais la fête continua de battre son plein. Les torches, placées tout autour du palais, illuminaient la cour d’une lumière dorée, projetant des ombres dansantes sur les murs en terre battue. Les rires fusaient, les chants s’élevaient, et l’on savait que cette nuit resterait gravée dans les mémoires comme l’une des plus belles célébrations du royaume des Bakenga.

Alors que la fête battait encore son plein, Mukengwa se pencha doucement vers son épouse Mwabana et lui murmura à l’oreille :

— Ma reine, cette nuit est mémorable, mais la fatigue pèse sur moi. Il est temps pour nous de regagner notre chambre.

Mwabana hocha la tête en souriant. Elle aussi sentait le poids de la longue journée, bien que son cœur débordât encore de joie.

Mukengwa balaya du regard la foule en liesse. Les tambours résonnaient toujours, les danseurs tournoyaient avec une énergie inépuisable et le vin de palme coulait encore à flots. Mais au-delà de cette euphorie, son devoir de père lui rappelait qu’il devait s’assurer que ses fils se reposent après ces jours éprouvants.

— Allons d’abord chercher nos enfants, déclara-t-il en tendant la main à Mwabana.

Ils se frayèrent un chemin à travers la foule dense, évitant les danseurs exaltés et les serviteurs portant encore des plateaux de nourriture. Après quelques instants, ils aperçurent enfin Jérôme et Jérémie, au milieu d’un groupe de jeunes qui riaient aux éclats en tentant de reproduire les pas de danse du roi.

— Mes fils, il est temps de rentrer, annonça Mukengwa d’une voix douce mais ferme.

Jérôme, essoufflé, fit une légère moue, tandis que Jérémie, plus jeune, frotta ses yeux déjà alourdis par le sommeil.

— Mais père, la fête n’est pas finie ! protesta Jérôme.

— Non, mais la nuit, elle, avance, répondit Mwabana en lui caressant les cheveux. Vous avez besoin de repos, et demain est un autre jour.

Les princes comprirent qu’aucune négociation n’était possible. Mukengwa prit Jérémie dans ses bras, sentant la chaleur du petit corps fatigué se presser contre lui, tandis que Mwabana posa une main tendre sur l’épaule de Jérôme, l’encourageant à avancer.

Dans la discrétion que permettaient l’ombre et la clameur de la fête, ils disparurent lentement dans la foule, se dirigeant vers le palais.

Une fois à l’intérieur, ils accompagnèrent d’abord leurs fils dans leur chambre. Mwabana borda Jérémie, qui s’endormit presque instantanément, et Mukengwa embrassa le front de Jérôme, qui luttait encore contre le sommeil.

— Dors bien, mon fils, murmura-t-il.

Jérôme acquiesça lentement, ses paupières s’alourdissant.

Enfin, Mukengwa et Mwabana quittèrent la chambre de leurs enfants et marchèrent silencieusement vers la leur. À peine avaient-ils refermé la porte que Mukengwa laissa échapper un soupir profond.

— Quelle nuit... dit-il en retirant sa tunique royale.

— Une nuit que nous n’oublierons jamais, répondit Mwabana en s’approchant de lui.

Mukengwa la prit tendrement dans ses bras, savourant un instant de calme après le tumulte de la fête. Puis, sans un mot de plus, ils se glissèrent dans leur lit, bercés par les derniers échos lointains des tambours et des chants du peuple en liesse.

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