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24

-C'est-à-dire ? 

-Et bien, il est... arrogant, macho, autoritaire, blessant, dédai-...

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que mon amie me coupe: 

-Et sexy aussi, non ? 

Je ne peux décemment pas lui répondre que c'est l'homme le plus sexy et excitant que je n'ai jamais rencontré, alors je me contente de hocher la tête. Cassiopée semble presque déçue quand elle reprend la parole en soufflant. 

-Est-ce que tu te rends compte de ce que tu es en train de me dire, Candice ? On est en train de parler de ton patron, là. Vu ce que tu m'as raconté, il ne semble pas être un gentil petit garçon mais plutôt un homme dangereux pour toi. Et toi, tu ne trouves rien de mieux à faire que de succomber à son charme ?? Cette homme va te faire souffrir et tu vas devoir le croiser tous les jours sur ton lieu de travail. Tu ne pourras pas l'éviter et pire encore, il est ton supérieur ce qui signifie qu'il peut facilement décider de te pourrir la vie et que tu vas te retrouver dans des situations impossibles ! Candice, bon sang, réveille-toi ! 

-Non mais arrête Cass, premièrement je n'ai pas "succombé à son charme"... 

FAUX ! me hurle ma conscience

-et ensuite, je suis tout à fait consciente que je ne peux pas envisager quoi que ce soit avec lui, ne t'en fais pas... c'est juste que... je ne sais pas comment t'expliquer cela... euuuh... il m'attire et je ne saurais pas t'expliquer pour quelle raison...

Ma meilleure amie me regarde avec des yeux ronds comme des billes puis me lâche, sur un ton sec: 

-Tu es clairement en train de te fourrer dans la plus grosse embrouille du siècle, j'espère que tu en es consciente ? Elle marque une pause puis continue. J'en ai marre que tu ne m'écoutes jamais ! Alors ne viens surtout pas te plaindre le jour où tu auras le coeur brisé !

Ces mots me blessent profondément. Elle ne cherche même pas à me comprendre. Mais comme d'habitude, je préfère ne rien dire et laisser couler. 

-Ne t'emballes pas s'il te plaît ! Je t'ai simplement dit que son attitude et son caractère sont difficiles à gérer au quotidien et parfois cela crée des étincelles...

Et quelles étincelles ! Mon dieu que c'était bon ! 

-Ok... mais s'il te plaît ma Candice, fais attention à toi. Je te connais, tu as un coeur d'artichaut. Et je tiens trop à toi pour te voir souffrir.

-Je sais Cass, je sais... 

Je ne me suis jamais sentie aussi mal qu'à cet instant. Je viens de mentir à ma meilleure amie. J'ai regardé dans les yeux celle que je considère comme ma sœur et j'ai cédé à ma lâcheté. Je me répugne. Mais d'un autre côté, elle n'a fait aucun effort pour essayer de me comprendre.

-Et Gabriel dans toute cette histoire ? Tu ressens quelque chose pour lui ? 

-Je... je ne sais pas vraiment. Il est... gentil, vraiment gentil et il se comporte en vrai gentleman avec moi. Mais je ne le connais pas. Il est encore trop tôt pour dire si je ressens quelque chose. 

-Si je peux te donner un conseil ma Candice, rappelle toi ce que tu m'as toujours dit. Tu as toujours voulu trouver un homme gentil et doux pour prendre soin de toi. Je connais Gabriel et quand je vois la manière dont il te regarde, je peux t'assurer que c'est un homme bien pour toi. 

Je ne sais pas quoi répondre à ses paroles. Ma meilleure amie a raison. Elle a tout à fait raison. Gabriel est l'homme qu'il me faut. Je dois me laisser aller avec lui et je tomberai amoureuse. Il ne doit pas en être autrement. 

            

              

                    

-Merci ma Cass. Je suis désolée, cette dispute m'a vraiment mise sens dessus dessous... 

Si seulement... me murmure ma conscience que je n'arrive décidément pas à faire taire. 

Ma meilleure amie pose son verre pour m'offrir un câlin des plus réconfortants. Je me promets intérieurement de ne plus la décevoir et de me concentrer sur Gabriel. C'est évident, il est l'homme qu'il me faut. 

Nous sortons de la cuisine pour rejoindre le reste des convives alors que j'enfile mon masque et dégaine mon plus beau sourire de façade. Au bout de plusieurs minutes, je me détends au contact de tous mes amis et j'arrive à apprécier cette soirée. Je remarque Maxime en train de discuter avec son cousin qui ne me lâche pas du regard. Je sais que c'est lui qui a préparé les amuse-bouches ce soir et je me décide à utiliser ce prétexte pour approcher les deux garçons. 

Arrivée à leur hauteur, tout deux s'arrêtent de parler et tournent la tête vers moi en souriant. Je passe mon bras dans le dos de Maxime et l'enlace tout en le remerciant pour cette soirée. Nous échangeons brièvement et je me tourne vers Gabriel. Maxime s'éloigne en prétextant devoir surveiller la cuisson de je ne sais quel plat et je me retrouve donc seule avec mon prétendant. Je suis soudain vraiment gênée et je ne sais pas quoi lui dire. Je n'ai jamais dragué personne et ma nature timide devient encore plus exacerbée lorsqu'il s'agit d'un homme. Heureusement, Gabriel prend les devants. 

Il attrape délicatement ma main et entrelace nos doigts tout en me déposant un chaste baiser sur le front. J'aurais tellement voulu apprécier ce geste ! J'aurais aimé frissonner sous la chaleur de ses lèvres mais en cet instant, j'use seulement de toute ma volonté pour ne pas le repousser violemment. Quand ses lèvres se sont posées sur le haut de mon visage, j'ai eu la frappante impression qu'il était en train de me salir et d'effacer tous les baisers d'Ethan. Même si je suis bien résolue à ne jamais laisser mon patron m'approcher de nouveau, je veux au moins conserver la sensation de ses baisers sur ma peau et le souvenir de son toucher, de son odeur. Je refuse que Gabriel me prive de tout cela. 

Sentant mon corps se crisper sous son contact, il souffle silencieusement et passe sa main libre sur ma chevelure. Arrête de me toucher ! Laisse moi encore un peu d'Ethan ! J'ai de plus en plus de mal à supporter sa proximité. Je relève alors la tête et lui demande en souriant: 

-Et si on trinquait ? 

Ma demande a le mérite de l'éloigner quelques instants et quand il revient avec deux verres à la main, je ne fais pas la difficile. Je fais rapidement claquer mon verre contre le sien et je laisse l'alcool couler dans ma gorge. Je repousse le souvenir d'Ethan me baisant la gorge, puis le cou et j'essaie de me recentrer sur l'homme en face de moi. 

-Merci d'être venu ce soir. 

Je ne sais tellement pas quoi lui dire que cette remarque des plus bateau est la seule phrase que j'arrive à prononcer. Il n'a pas l'air de s'en formaliser puisqu'il me sourit sincèrement en me répondant. 

-J'avais très envie de te revoir. Et je dois dire que je suis gâté ce soir. 

Je fronce les sourcils car je ne comprends pas ce qu'il sous-entend. Il explicite alors ses paroles: 

-Ton jean's et ton petit pull te dessinent un corps de rêve... 

Je pouffe comme un adolescente tout en rougissant. Cet homme n'a décidément pas froid aux yeux ! 

-J'ai vraiment passé un très bon moment avec toi samedi soir, me confie-t-il soudainement hésitant. 

Je sais que je ne lui facilite pas la tâche. Je me montre plutôt distante et réservée mais il ne s'en formalise pas et continue de me courtiser. Et je dois dire que c'est une chose assez réconfortante de savoir qu'il sera là malgré tout. 

            

              

                    

-Moi aussi Gabriel, je lui avoue timidement. 

Et je ne mens pas. Notre soirée poker a été un vrai bon moment et je l'ai découvert sous un nouveau jour. En rentrant ce soir-là, je me suis surprise à vouloir passer plus de temps avec lui. Mais cette journée du 9 décembre a tout chamboulé. Heureusement pour moi, mes copines de fac s'approchent de nous et je délaisse mon interlocuteur pour les enlacer chacune à leur tour. 

Cette soirée qui s'annonçait si chaotique se déroule finalement à merveille. Nous sommes tous réunis dans le salon de mes meilleurs amis, à rire et à papoter dans une ambiance festive et chaleureuse. Les nombreux verres d'alcool que j'ai ingurgités m'ont aidée à me détendre et je me sens maintenant légère, comme flottant au-dessus de mes problèmes et du manque qui m'a envahi à l'instant où j'ai quitté les bras d'Ethan. Je suis entourée de mes amis, je plane et je ris. 

Gabriel est assis en face de moi et j'ai ressenti une vague de soulagement quand je l'ai vu se diriger vers cette place. Je suis persuadée que s'il s'était assis à mes côtés, il aurait passé la soirée à me toucher la main ou la cuisse et je ne suis pas prête à laisser un autre homme poser ses doigts sur moi. Au début de la soirée, ses incessants coups d'œil et son sourire enjôleur me mettaient mal à l'aise. Maintenant, ils ne me dérangent plus, ils m'amusent presque. Merci le rhum ! Avec lui, j'ai l'impression que je pourrais dire ou faire n'importe quoi, il me couvera toujours du regard. 

Alors que Cassiopée augmente le volume de la musique et que les verres se vident aussi vite que les éclats de rire fusent, Maxime nous rejoint les bras chargés de gâteaux. Il dépose ses œuvres sur la table basse devant moi et les larmes me montent aux yeux quand je remarque qu'il a choisi tous mes gâteaux préférés. Je me lève et l'étreins vivement pour le remercier quand Cass me saute littéralement dessus en me mettant dans les bras un paquet cadeau. 

-Ouvre-le vite, je ne peux plus attendre ! Max m'a empêché de t'offrir ton cadeau plus tôt.

S'il y a bien une qualité que Cass ne maîtrise pas, c'est la patience. Je suis déjà impressionnée qu'elle ait tenu toute la soirée sans envoyer bouler les instructions de son petit-ami. Je me rassois donc avec le sourire et m'empresse de déballer ce présent. Quand un tissu soyeux glisse délicatement sur mes doigts, je reconnais immédiatement les deux pièces. 

Il y a environ un mois et demi, nous sommes allées faire du shopping et j'ai craqué pour une tenue présentée dans la vitrine d'une enseigne chic que j'adore. Cassiopée m'avait proposée de rentrer pour essayer cette jupe et ce chemisier, mais à l'époque j'étais au chômage et le calme plat de ma vie me déprimait. Je lui avais alors rétorqué que je reviendrai acheter cette tenue quand ma vie aura retrouvé un peu de piquant. Mon amie à du s'en souvenir et aujourd'hui, je suis très heureuse de tenir ces deux merveilles dans mes mains. 

La jupe est absolument sublime. Elle est assez courte, droite, avec une base noire mais des broderies d'un bleu électrisant et des sequins dorés la rende unique. Le chemisier en soie est du même bleu que les broderies et six petits boutons dorés ornent le devant, descendant en dessous-de la poitrine et dévoilant un très joli décolleté. Cet ensemble est sublime ! Je me lève précipitamment et enlace Cassiopée aussi fort que je le peux. Je la remercie et ce merci sonne comme un "je t'aime" mais aussi comme un "pardonne-moi" dans mon coeur. 

Mes autres amis me couvrent eux aussi de cadeaux et je déballe avec plaisir des paquets contenant des bracelets, un foulard, des livres, un mug... Car oui, j'adore les mugs, je pourrais en acheter un par jour si je m'écoutais. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça. Pendant toute cette distribution, Gabriel reste en retrait et me regarde à peine. A un moment, il part même aider Maxime en cuisine. Cette attitude ne lui ressemble pas. On dirait qu'il me fuit. N'ayant aucune envie de subir une autre altercation aujourd'hui, je décide de le laisser tranquille. 

            

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