Chapitre 6
Paola GREY
Je me réveille après la sonnerie de mon alarme et chose étonnante je me retrouve dans mon lit avec une couverture. Je me rappelle qu'après avoir coulé un demi litre de larme, je m'étais recroquevillée sur moi même et me suis endormie.
Je sens un odeur inhabituel me caresser les narines. Je me lève de mon lit et me laisse guider par mon odorat. Cela me conduit jusqu'à la cuisine où je vis Ignace en mode cuisinier et faisait le petit déjeuner. Je me cale contre le parois de la porte de la cuisine, la main croisée sur la poitrine et l'observa. Il peut être serviable et très imprévisible parfois celui là.
__Ohh mon cœur, tu es réveillée ? me demande t'il dès qu'il m'aperçoit.
Je ne réponds pas et continue de l'observer. C'est quoi ce mascarade ? Il y avait à peine quelques heures,il m'avait plaqué pour une histoire sans tête ni queue. Et là maintenant.......
__Viens t'asseoir, chérie. Je t'ai préparé le petit déjeuner.
__Est-ce que tu peux me dire à quoi ryme tout ceci ? Parce que là j'avoue, je ne comprends rien du tout.
Il s'arrêta dans ces gestes et s'approcha de moi. Il plonge son regard de le mien avant de commencer....
__Je..... j'ai compris que j'ai été très égoïste avec toi. Toi tu as toujours été là pour moi peu importe la situation.... même lorsque j'ai perdu mon boulot,tu es restée présente pour me soutenir. Je devrais comprendre par là à quel point tu tenais à moi et que tu ne feras jamais rien pour me blesser..... Je...je ne suis qu'un imbécile qui ne comprends rien. Je devrais te soutenir car travailler pour ton ex fiancé sera de la torture pour toi. Mais je n'ai pensé qu'à moi. J'ai été tellement con que je n'ai pas prêté attention à ce bandage qui couvre ta main, termine t'il avec les yeux fixés sur ma main.
__Cela ne me fait pas plaisir de l'avoir comme patron, Ignace. Tu n'as même pas idée de l'effort que j'ai fourni juste dans la journée d'hier pour ne pas lui verser tout mon venin au visage. Et tout ce que je demandais c'est que tu me comprenne et que tu me soutienne. À coup sûr, cet homme me fera vivre un vrai enfer. Mais je ne peux pas démissionner. Cette entreprise est l'une des meilleures qui paye bien. Et cela pourrait nous permettre de vivre comme toute personne normale. Je ne fais pas tout cela uniquement pour moi mais pour nous deux. Est-ce que tu réalises ça au moins ?
__Je sais.....je comprends. Le problème est que j'ai vraiment paniqué à l'idée de t'imaginer dans le même cadre que ton ex. Je sais que tu l'as tellement aimé autrefois au point de mettre tes parents à dos pour lui. J'ai eu peur que tu réalises que tu l'aimes toujours et que du jour au lendemain tu me dise “Écoute Ignace, j'ai passé des agréables moments avec toi mais saches qu'on ne peut plus continuer. Tu es un homme parfait et tu mérites mieux que d'avoir une fille comme moi. J'ai compris que je ne t'aimais pas assez alors mieux on en reste là. Refais ta vie avec une fille qui va t'aimer véritablement”.....je...j'ai imaginé des tas de scénarios dans ma tête et j'ai compris que j'étais pas à la hauteur de cet homme que tu rêverais d'avoir alors je me suis sentie minable et j'ai......
Je pose mes lèvres sur les siennes pour le faire taire. Il parlait déjà un peu trop.
__Cesse de trop réfléchir, chéri. J'avais aimé cet homme dans le passé mais maintenant tu es celui que j'ai choisi. C'est toi que j'aime. Je ne ferai rien pour te faire du mal. Tu as tellement fait pour moi que je n'oserai te faire quelque chose qui va te blesser.
__Je m'excuse d'avoir douté de toi mon cœur.
__Je te comprends. Alors on me sert ce petit déjeuner avant que je ne sois en retard ? fis-je pour détentre l'atmosphère.
Avec un sourire plaqué au lèvre, il me sert une tasse de thé accompagné du croissant. J'avoue que cet homme est un bon cordon bleu. Je me régale toujours à déguster ses plats.
__Tu ferais mieux de te dépêcher si tu ne veux pas avoir ton patron sur le dos, chérie.
Un regard sur ma montre me prouve que je risquais d'être vraiment très en retard. Je me dépêche pour m'apprêter et Ignace me dépose au boulot sur sa grosse moto. Je croise Landerlie juste à l'entrée. Coupe de chance pour ne pas avoir affaire à cette Fadelle je suppose.
__Toujours pile à l'heure, Paola, s'exclama t'elle avec un large sourire au visage.
__La ponctualité est l'une de mes plus grandes qualités....si je peux me permettre de me vanter, je réplique instantanément en lui rendant son sourire. Comment vas-tu Landerlie ?
__Super bien ma belle. Je crois que cette journée sera belle.
__Hé salut les filles, s'écria cette sorcière de réceptionniste dès qu'elle nous voit.
Landerlie et moi on se jettent un regard et lui répond sans trop d'importance. Pour dire vrai, elle était la dernière personne que je souhaiterais voir aujourd'hui.
__Le bureau a l'air un peu plus calme aujourd'hui, j'avoue dès que je pénètre notre couloir.
__Normale ! Il n'y a pas de Alfred dans le coin aujourd'hui. C'est pour cela j'affirme que ma journée sera l'une des plus belle sans des tracasseries et les prises de tête.
__Ah bon ? Et pourquoi le patron ne serait pas présent ? je demande toute curieuse.
__Aujourd'hui c'est un vendredi. Et qui dit vendredi dit....
__Journée entre famille pour lui, je termine avec elle.
__Ooh donc tu le savais alors.
__J''avais été sa fiancée autrefois je te rappelle encore une fois et c'était toujours comme une règle pour lui. Sauf que j'ignorais qu'il a continué avec cela.
__Hum. Tu parles. Il y a assez de choses qui n'a pas changé chez cet homme depuis que je le connais.
__Depuis que tu le connais ? Ça fait déjà combien de temps tu le connais ?
__Assez pour savoir qui il est vraiment.
Sa réponse était trop vague. Je voulais savoir encore plus mais j'avais peur de dire quelque chose de déplacer qui pourrait l'énerver. Ont-ils flirter ensemble ? Quel lien entretien t'elle exactement avec Alfred ? Parce que j'ai remarqué qu'ils partageaient un lien très solide. J'avoue avoir un petit grain de jalousie d'un coup. Je me suis retournée pour me rendre dans mon bureau lorsqu'un bruit me fait retourner.
__Chéri, mais que fais-tu là toi ?, dit-elle en riant.
__J'avais envie de te voler un petit baisé.
__Tu m'en as volé des tonnes à la maison. Tu as juste envie de profiter de l'absence de ton ami pour......
__Ne parles pas trop. Salut mademoiselle. Je suis désolée de cette......,il se stoppa dans sa phrase avant de crier, Paola ? Mais....
__Ricardo ?, criais-je dès que je remarque enfin de qui il s'agissait.
__Woh woh woh est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qui se passe là ? Vous vous connaissez ?
J'éclate de rire dès que je vois le visage qu'elle me présente. La jalousie est une femme croyez-moi.
__Eh relaxe meuf, dis-je en pouffant de rire. Je ne suis pas l'ex de ton homme. Ne te fais pas des idées. Je ne peux pas être l'ex de deux amis à la fois.
__Tu réfléchis très loin ma chérie. Elle était la fiancée de mon pote.
__Celle dont tu m'avais toujours parlé ? Celle dont il était fou amoureux ?
__Elle même en personne. Mais que fais-tu par ici, Paola ?
__Elle est la nouvelle assistante personnelle de Alfred et je t'assure qu'il lui a déjà fait vivre des braises sous les pieds, réponds Landerlie à ma place.
__Tu ne mérites pas de telles choses. Ne laisse pas Alfred te marcher sur les pieds peu importe ce qui est arrivée entre vous.
__Ne t'en fais pas pour moi. Au passage, tu as une femme très magnifique et très géniale, j'ajoute pour changer le sujet.
__Toujours aussi douée pour changer le sujet. Merci.
Cela me met tellement mal à l'aise d'en parler. Il l'avait remarqué alors il se retient de revenir sur le sujet. La pitié est de loin ce que j'attends de voir dans le regard des autres. Je n'ai jamais dit à quelqu'un que j'étais désespérée et que je voulais de leur pitié. Il me lance un regard désolé. Je ne pouvais plus supporter ce regard sur moi alors je me rends dans mon bureau.
Je ne savais pas pourquoi mais j'avais très mal. Avez-vous déjà tellement espéré et cru en quelque chose pour avoir finalement que déception ? J'avais tellement envie que les choses se passent bien entre Alfred et moi. J'ai sacrifié mon bonheur familial pour être avec lui. Ce serait que mensonge si je vous dis que je ne sens pas son manque. Parfois j'ai envie qu'il soit là,me prendre dans ses bras comme il sait si bien le faire,me dire des mots doux à l'oreille......merde ! Je l'ai dans la peau cet homme.
Les propos de Ignace me passent par la tête **J'ai eu peur que tu réalises que tu l'aimes toujours et que du jour au lendemain tu me dise “Écoute Ignace, j'ai passé des agréables moments avec toi mais saches qu'on ne peut plus continuer. Tu es un homme parfait et tu mérites mieux que d'avoir une fille comme moi. J'ai compris que je ne t'aimais pas assez alors mieux on en reste là. Refais ta vie avec une fille qui va t'aimer véritablement”.....je...j'ai imaginé des tas de scénarios dans ma tête et j'ai compris que j'étais pas à la hauteur de cet homme que tu rêverais d'avoir alors je me suis sentie minable**
Ces propos me passaient en boucle dans la tête. Ignace est la dernière personne à qui j'aurai envie de faire du mal. Sans lui je serai certainement déjà morte. J'ai.... j'ai tenté de me suicider lorsque Alfred m'avait relâché. Il était venu au moment où j'avais vraiment besoin d'une épaule pour être consoler. J'avais perdu mon travail parce que Alfred n'avait pas fait que me quitter,il a aussi sali tellement mon nom que personne n'a voulu de moi comme employé. Même pour serveuse et domestique, personne ne voulait de moi.
PUTAIN j'en ai souffert. Mais Ignace a été mon repère. Il mettait en ma disposition tout ce dont j'avais besoin. Son salaire et ses économies étaient en majeur partie dépensé sur moi pour mes soins,mes factures,mes loyers..... absolument tout.
Et j'ai tellement honte de moi même lorsque je me perds à penser à cet homme qui m'a fait autant de mal au détriment de cet homme qui m'a tout donné et tout sacrifier pour mon bonheur. Quel idiote je suis. Et à croire que personne ne sait que j'ai.........mon Dieu !
